La guerre est un racket (en anglais War is a Racket) est un discours et un livre de 1935 de Smedley D. Butler, major général à la retraite du Corps des Marines des États-Unis et deux fois récipiendaire de la médaille d'honneur, la plus haute distinction militaire américaine. Butler y explique comment les intérêts commerciaux bénéficient de la guerre, à partir de l'expérience de sa longue carrière militaire.

Contexte

L'auteur du livre, le général Smedley Butler, est un militaire de carrière ayant servi dans le corps des Marines durant 34 ans. Il a été envoyé dans de nombreux pays en Amérique latine, dans les Caraïbes, et en Asie, ainsi qu'en France durant la Première Guerre mondiale. Cependant, après sa retraite en , il devint extrêmement critique à l'encontre de l'impérialisme et de la politique militaire américaine. Il fit une tournée nationale en prononçant son discours « La guerre est un racket ». Ce discours fut si bien accueilli qu'il en écrivit une version plus longue sous la forme d'un petit livre publié en 1935. Le livre a été condensé dans le Reader's Digest sous forme de supplément de livre, ce qui a contribué à populariser son message. À propos de ses années de service, Butler déclare :

En 1933, Butler se retrouva au centre d'un scandale lorsqu'il révèle au public l'existence du Business Plot. Un groupe de riches hommes d'affaires conspira afin de préparer un coup d'état visant à établir une dictature fasciste aux États-Unis et projetait d'y placer à sa tête Butler, général auréolé de gloire. Celui-ci cependant refusa ce rôle aussitôt informé et alarma la Chambre des représentants du complot. Même si la presse fut au début sceptique face à son témoignage, l'enquête révéla qu'il était fondé, bien que le stade d'avancement d'un tel projet est toujours débattu. Personne ne fut inquiété par la justice dans le cadre de ces investigations.

Contenu Dans La guerre est un racket, Butler cite une variétés d'exemples, principalement tirés de la Première Guerre mondiale, où des industriels, subventionnés par des fonds publics, ont pu générer d'importants profits en temps de guerre, gagnant de l'argent sur la souffrance humaine en masse.

L'ouvrage est divisé en cinq chapitres :

La guerre est un racket Qui bénéficie des profits ? Qui paie l'addition ? Comment briser ce racket ! Au diable la guerre !

Recommandations Dans l’avant-dernier chapitre du livre, Butler formule trois recommandations pour mettre fin au racket de la guerre :

Rendre la guerre non rentable. Butler suggère que les moyens de guerre devraient être réquisitionnés par l'État, avant d’enrôler les populations, afin d'empêcher quiconque de profiter financièrement de la guerre : On ne peut l’écraser efficacement qu’en retirant les bénéfices de la guerre. La seule façon de briser ce racket est de conscrire le capital, l’industrie et le travail, avant que les hommes de la nation ne puissent être enrôlés. […] Que les officiers, les directeurs et les cadres supérieurs de nos usines d'armement, de nos aciéries, de nos usines de munitions, de nos constructeurs navals, de nos constructeurs d'avions et des fabricants de toutes autres choses qui génèrent des profits en temps de guerre, ainsi que les banquiers et les spéculateurs, soient enrôlés – pour recevoir 30 dollars par mois, le même salaire que celui que reçoivent les gars dans les tranchées. Les actes de guerre doivent être décidés par ceux qui la combattent. Il suggère également un référendum limité pour déterminer si la guerre doit avoir lieu, où seuls pourraient participer ceux qui risquent la mort en étant envoyés au front. Limitation des armées à l’autodéfense. Pour les États-Unis, Butler recommande que la marine soit légalement contrainte à opérer dans un rayon de 200 milles des côtes, et que l'armée soit confinée aux frontières du pays, garantissant ainsi que la guerre, si elle est menée, ne pourra jamais être une guerre d'agression..

Voir également

Industrie de l'armement Complexe militaro-industriel Confessions d'un tueur à gages économique

Notes et références Notes

Références

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