Alberta Charlayne Hunter-Gault ou Charlayne Hunter-Gault, née le à Due West en Caroline du Sud, est une militante des droits civiques et journaliste américaine. Elle est la première femme afro-américaine à fréquenter l'université de Géorgie.

Lorsqu'elle a une douzaine d'années elle est confrontée aux deux sujets auxquels elle va consacrer sa vie : le journalisme et la ségrégation scolaire.

Son parcours scolaire débute en Alaska où elle est la seule enfant noire de son école. Ses excellents résultats scolaires au lycée devraient lui ouvrir les portes de l'université de Géorgie mais l'institution refuse sous de faux prétextes. Avec un autre étudiant, , elle gagne le procès intenté auprès de la cour du district et le , ils sont les premiers afro-américains à s'inscrire à l'université. Elle y est harcelée pendant toutes ses études et le doyen tente de l'exclure mais elle décroche son Bachelor of Arts en 1963.

Après ses études elle entame son riche parcours journalistique. Il débute à The New Yorker, à The New York Times où elle dirige un bureau à Harlem. Elle occupe différents postes à PBS NewsHour puis travaille à à Johannesbourg comme correspondante de la National Public Radio avant de devenir cheffe de bureau à CNN International. Au cours de cette carrière, elle reçoit une bourse et remporte plusieurs prix, notamment pour son travail sur . Elle publie également plusieurs essais et participe à des documentaires télévisuels.

Lorsqu'elle épouse Walter Stovall, un camarade de classe blanc, ils bravent l'opinion publique hostile aux mariages mixtes et renoncent à fréquenter des lieux qui pratiquent encore la ségrégation. Après leur divorce, elle épouse Ronald T. Gault, un homme d'affaires noir. Ils vivent en Afrique du Sud puis au Massachusetts à leur retour.

Biographie

Jeunesse Alberta Charlayne Hunter naît le à Due West en Caroline du Sud aux États-Unis. Elle est la fille du colonel Charles Shepherd Henry Hunter, Jr., aumônier de l'armée américaine, et de son épouse, Althea Ruth Brown, responsable administrative dans une agence immobilière. Elle a deux frères et voyage avec sa famille au gré des affectations de leur père mais elle passe aussi de fréquentes périodes dans le sud des États-Unis.

Elle s'intéresse au journalisme dès l'âge de après avoir lu le comic strip Brenda Starr, Reporter.

En 1955, un an après l'arrêt de la Cour suprême Brown contre Board of Education qui déclare la ségrégation inconstitutionnelle dans les écoles publiques américaines, Charlayne Hunter est la seule élève noire de son école en Alaska, où son père est en poste. Ses parents divorcent après avoir passé l'année en Alaska. Elle déménage à Atlanta avec sa mère, ses deux frères et sa grand-mère maternelle.

À Atlanta, elle fréquente la , une école pour enfants noirs. Encouragée par sa professeure d'anglais, elle devient rédactrice en chef du journal du lycée, . Elle est également rédactrice adjointe de l'annuaire de l'année.

À l'âge de , Hunter et deux amis se convertissent au catholicisme, après avoir été élevés dans la foi de l'Église épiscopale méthodiste africaine, ce qu'elle qualifiera comme son (premier acte de défiance).

Université de Géorgie En 1958, les membres de l' (ACCA) recherchent les lycéens afro-américains ayant les meilleurs résultats de fin d'études dans les lycées d'Atlanta. Ils souhaitent relancer l’intégration des étudiants afro-américains dans les universités blanches de Géorgie. Ils recherchent les meilleurs pour que les universités n’aient aucune raison de les rejeter à cause de leur couleur de peau. Charlayne Hunter et sont les deux étudiants sélectionnés par le comité pour intégrer l'université d'État de Géorgie à Atlanta. Cependant, Hunter et Holmes préfèrent postuler à l'université de Géorgie à Athens.

Hunter et Holmes sont initialement rejetés par l'université au motif qu'il n'y a plus de place dans les dortoirs pour les nouveaux étudiants de première année. Cet automne-là, Charlayne Hunter s'inscrit à l'université d'État de Wayne dans le Michigan grâce à une aide du programme de scolarité de Géorgie, au motif qu'aucune université noire dans l'État n'offrait un programme de journalisme.

Bien qu'ils remplissent les conditions requises pour être admis à l'université de Géorgie, Hunter et Holmes sont refusés chaque trimestre en raison du manque de place dans les dortoirs, alors que des étudiants blancs transférés dans des situations similaires à la leur sont admis. Le , ils déposent plainte contre Walter Danner, directeur des admissions de l'université avec le soutien de la National Association for the Advancement of Colored People. Cela conduit au procès , dans lequel Walter Danner, était le défendeur. Après avoir gagné le procès, le , Holmes et Hunter deviennent les deux premiers étudiants afro-américains à s'inscrire à l'université de Géorgie. Le , des étudiants protestent contre leurs admissions en jetant des bouteilles et des briques sur les bâtiments de l'université et se rassemblent devant le dortoir de Charlayne Hunter avec une banderole . Le doyen aux affaires étudiantes, Joseph Williams saisit cette occasion pour les exclure de l'université sous le prétexte d'assurer la sécurité du personnel et des étudiants. Le , la justice fédérale annule la décision de l'université et ordonne la réintégration des deux étudiants.

Avant d'intégrer l'université de Georgie, Charlayne Hunter devient la première afro-américaine à travailler pour The Louisville Times. Pendant ses études, elle est rédactrice à . Elle est diplômée d'un Bachelor of Arts en journalisme en 1963.

Carrière Après ses études, elle rejoint le magazine The New Yorker où elle la première rédactrice afro-américaine. Puis elle postule en 1967 à la , une bourse d'études consacrée au journalisme pour étudier les sciences sociales à l’université de Washington à Saint-Louis, Missouri.

alt=Portrait photo en noir et blanc d'une afro-américaine. Elle a une coupe dite afro et porte un pull|gauche|vignette|Charlayne Hunter-Gault en 1975. En 1967, à l'issue de sa bourse, Hunter rejoint l'équipe d'investigation de WRC-TV, à Washington, DC. Elle y anime les informations locales du soir. En 1968, Hunter-Gault rejoint le New York Times en tant que journaliste spécialisée dans la couverture de la communauté noire, elle ouvre et dirige le premier bureau du journal à Harlem. Elle fera évoluer la politique éditorial du pour mettre fin à l'utilisation du mot « » au profit de « ». Elle rejoint le MacNeil/Lehrer Report en 1978 en tant que correspondante, elle en devient correspondante nationale en 1983. Elle quitte le programme en pour travailler à Johannesbourg, en Afrique du Sud, en tant que correspondante en chef de la National Public Radio en Afrique jusqu'en 1999. Elle rejoint CNN International en tant que cheffe du bureau et correspondante à Johannesbourg, poste qu'elle occupera jusqu'en 2005.

Au cours de sa période PBS NewsHour, Hunter-Gault remporte des prix : deux Emmy Awards et un Peabody Award pour l'excellence en journalisme audiovisuel pour son travail sur , une série sur l'Afrique du Sud. Elle reçoit également le prix du journaliste de l'année 1986 de la National Association of Black Journalists, un prix Candace pour le journalisme de la National Coalition of 100 Black Women en 1988 et le prix Sidney Hillman 1991. Elle est membre du conseil des jurés des Peabody Awards depuis 2009 , siège au conseil d'administration de la Fondation Carter et du Comité pour la protection des journalistes.

Charlayne Hunter-Gault est l'autrice de (1992), une autobiographie sur les évènements et son expérience à l'université de Géorgie. En 2006, elle décrit sa vision des événements advenus en Afrique au début des années 2000 dans New News Out of Africa : Uncovering Africa’s Renaissance.

Vie privée

Peu de temps avant d'obtenir son diplôme de l'université de Géorgie, Charlayne Hunter épouse un camarade de classe, Walter Stovall, un écrivain, fils d'un fabricant d'aliments pour poulets. Le couple se marie une première fois en en Géorgie, puis se marie à nouveau à Détroit dans le Michigan, le . Ils pensent que, puisqu'il est blanc et elle noire, la première cérémonie pourrait être considérée comme invalide et criminelle, sur la base des lois sur les mariages interraciaux dans l'état dans lequel ils avaient été mariés. Une fois le mariage révélé, le gouverneur de Géorgie, , l'a qualifié de , tandis que le procureur général de Géorgie fait des déclarations publiques sur la poursuite du couple en vertu de la loi géorgienne sur les mariages de couple métis. Les médias ont cité les parents des mariés comme étant contre ce mariage. vignette|alt=Photographie couleur d'un couple afro-américain souriant lors d'une séance photos d'événement |Charlayne Hunter-Gault et Ronald Gault en 2015. Des années plus tard, après le divorce du couple, Charlayne Hunter-Gault prononce un discours à l'université dans lequel elle fait l'éloge de Walter Stovall, qui, a-t-elle déclaré, . Peu de temps après leur mariage, Stovall aurait déclaré : .

Le couple a une fille, Suesan Stovall, chanteuse, née en .

Après son divorce avec Walter Stovall, Charlayne Hunter épouse Ronald T. Gault le , un homme d'affaires noir, alors responsable de programme pour la Fondation Ford. Plus tard, il devient banquier d’investissement et consultant. Ils ont un fils, Chuma Gault, acteur, né en 1972. Le couple a vécu à Johannesbourg, en Afrique du Sud, où ils produisaient également du vin pour une marque appelée Passages. De retour aux États-Unis, le couple réside dans le Massachusetts.

En 2015, elle est invitée ainsi que d'autres militantes des droits civiques à la Maison-Blanche par Michelle Obama dans le cadre d'une discussion pour célébrer le Mois de l'histoire des Noirs et les femmes du Mouvement américain des droits civiques.

Œuvres

Essais

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Filmographie

1993 : actrice, série télévisée, 0h30. 1998 : actrice, téléfilm documentaire, réalisation Rory O'Connor et Danny Schechter. 1999 : narratrice, réalisation Angela Elayne Gibbs et David Massey, documentaire, 1h05. 2021 : Summer of Soul, rôle de reportrice de The New York Times, réalisation Questlove et Hal Tulchin, 1h58.

Distinctions

1985 : Peabody Award pour ; 1986 : journaliste de l'année remis par la National Association of Black Journalists ; 1988 : prix Candace de la National Coalition of 100 Black Women ; 1991 : prix Hillman remis par ; 1998 : Peabody Award pour sa couverture de l'Afrique avec la National Public Radio ; 2005 : intronisation au Temple de la renommée de la ; 2014 : prix Carey McWilliams remis par l'American Political Science Association ; 2014 : prix de la liberté remis par le National Civil Rights Museum en 2014 ; 2015 : intronisation au Temple de la renommée de l' ; 2020 : prix remis par le Georgia Institute of Technology en 2020 ; 2023 : élection à l'Académie américaine des arts et des sciences en 2023 ; 2023 : Anisfield-Wolf Book Awards pour son action et son œuvre.

Héritage En reconnaissance, un bâtiment de l'université de Géorgie (UGA) porte le nom de depuis 2001. Une série de conférences Signature Holmes-Hunter est donnée à l'UGA par . Charleyne Hunter-Gault soutient le programme de financement initié par l'université « » qui encourage le journalise.

La , est établie en son nom par la , en association avec les .

L'artiste Harold Rittenberry Jr. a sculpté deux bancs d'honneur pour Hunter et Holmes. Joseph Schwarz a peint en 1961 un portrait de Charleyne Hunter-Gault qui est conservé dans la National Portrait Gallery de la Smithsonian Institution.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Ouvrages . . . . .

Articles . . . . .

Revues critiques . . .. .

Liens externes

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