Celsius Network LLC était une société spécialisée dans la cryptomonnaie. Basée à Hoboken, dans le New Jersey, Celsius possédait des bureaux dans quatre pays et opérait à l'échelle mondiale. Les utilisateurs pouvaient déposer une gamme de cryptomonnaies, notamment du Bitcoin et de l'Ethereum, dans un portefeuille numérique Celsius afin gagner un pourcentage de rendement, et contracter des emprunts en utilisant leurs cryptomonnaies comme garantie. En , l'entreprise avait prêté de dollars à ses clients et disposait de près de d'actifs sous gestion.

En , la société s’est fait connaître en suspendant indéfiniment tous les transferts et retraits en raison de « conditions de marché extrêmes », entraînant de fortes baisses du prix du Bitcoin et d’autres crypto-monnaies.Le , Celsius a déposé son bilan selon le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. La société a annoncé le qu'elle était sortie de la faillite dans le cadre d'un plan de restructuration impliquant la cession des actifs, y compris une société spécialisée dans le minage de Bitcoins nouvellement créée, à ses créanciers. Celsius a l'intention de mettre un terme à ses propres activités dans le cadre de sa sortie de faillite.. Elle a fermé ses applications mobiles et Web le .

Modèle économique L'entreprise facilitait les prêts et les emprunts à ses utilisateurs. Les déposants recevaient des intérêts en y déposant des crypto-monnaies éligibles avec un taux d'intérêt dépendant de la crypto-monnaie déposée (par exemple, jusqu'à 6,2 % d'intérêt sur le Bitcoin ). La société payait les intérêts en crypto-monnaies, y compris avec son propre jeton intitulé CEL. Les emprunteurs payaient entre zéro et 8,95 % sur les prêts garantis par Bitcoin, en fonction du rapport prêt/valeur. Une partie de l’argent utilisé par Celsius pour financer les prêts provenait de fonds spéculatifs qui recherchaient des rendements supérieurs à ceux payés par les banques.

Celsius générait des revenus grâce à la vente de jetons, aux prêts, au minage de Bitcoins et au trading discrétionnaire de crypto-monnaies. Celsius affirmait que jusqu'à 80 % de ses revenus étaient restitués à sa communauté d'utilisateurs sous forme de paiements d'intérêts sur les dépôts effectués via sa plateforme. L'entreprise ne facturait aucuns frais à ses utilisateurs.

Le , l'ancien gestionnaire d'investissement Jason Stone a poursuivi Celsius en justice, alléguant que l'entreprise dirigeait un système de Ponzi. Arkham Intelligence, une entreprise spécialisée dans l’analyse des blockchains et crypto-monnaies, a estimé une perte de de dollars en raison d'un protocole de trading inapproprié, information incluse dans le procès intenté par Stone contre Celsius. Le , Celsius a poursuivi Stone, alléguant qu'il avait perdu ou volé des dizaines de millions de dollars en crypto-monnaie. Le rapport de l'examinateur indépendant déposé le , dans le cadre du dépôt de bilan, indique qu'une source interne à Celsius a décrit certains aspects du modèle commercial comme « très semblables à ceux de Ponzi ». Dans une note interne, Dean Tappen, spécialiste du déploiement des monnaies, a déclaré « que son titre chez Celsius devrait être « Consultant Ponzi ».»

Histoire Celsius a été fondée en 2017 par Alex Mashinsky, Daniel Leon et Nuke Goldstein.

Croissance En , Celsius a récolté de dollars dans son initial coin offering (ICO) de la crypto-monnaie CEL. En , la crypto-monnaie CEL commence à être négociée sur des échanges de crypto-monnaies. Avant l'ICO, Celsius a inscrit sa monnaie comme titre. En , Celsius lance son application mobile. En 2019, Celsius lève de dollars en fonds propres, menant l’entreprise à une valorisation de de dollars.

Celsius était un acheteur majeur de son propre jeton, achetant les intérêts CEL qu'il devait aux clients sur le marché libre. La société Arkham Intelligence a estimé que Celsius avait dépensé de dollars en achats depuis .

En , Celsius récolte de dollars via un financement participatif en fonds propres pour soutenir ses activités. À l’automne 2020, le prix de la monnaie de Celsius grimpe de plus de 230 % en moins d’un mois.

En , la société signale que son PDG, Alex Mashinsky, a vendu pour de jetons CEL en une seule transaction. En , Mashinsky a tweeté : « Tous les fondateurs de @CelsiusNetwork ont acheté du #CEL et ne sont pas des vendeurs du jeton. » Sur la base de données publiques, Arkham Intelligence estime que Mashinsky a vendu pour de dollars de CEL via des plateformes d’échange de cryptomonnaies.

En , Celsius annonce son intention d'ouvrir un bureau en Australie et d'agrandir son bureau en Israël.

En , Celsius gère de dollars d’actifs. En , Celsius a plus de de dollars d’actifs.

En , Celsius recolte 400 millions de dollars de nouveaux capitaux propres provenant d'investisseurs. Le financement a été mené par WestCap, le fonds dirigé par Laurence Tosi, ancienne cadre d’Airbnb, et la CDPQ, le deuxième plus grand fonds de pension au Canada. Le financement valorise Celsius à de dollars. À cette époque, le bureau de Celsius en Israël employait .

En , Celsius acquiert la société israélienne de cybersécurité GK8 pour de dollars.

Controverses et contrôle réglementaire Le , Celsius confirme qu'une faille de sécurité s'était produite dans ses systèmes ; un serveur tiers contenant des données clients a été compromis, ce qui a entraîné la fuite d'une partie de la liste des clients de l'entreprise et l'envoi d'un e-mail d'hameçonnage aux clients de Celsius.

En , les autorités d'un certain nombre d'États américains ont déclaré que les comptes de crypto-monnaie rémunérés par Celsius constituaient une offre de titres non enregistrée. Le procureur général du New Jersey a ordonné à Celsius de cesser d'émettre des produits de crypto-monnaie portant intérêt via une mise en demeure. Les régulateurs de l’État du Texas ont déposé un avis demandant une audience en pour déterminer s’il fallait prendre des mesures similaires. L'organisme de réglementation des valeurs mobilières du Kentucky a demandé à Celsius de cesser d'offrir ses comptes payant des intérêts dans l'État. Le PDG de Celsius, Alex Mashinsky, s'est dit « très confiant » dans le fait qu'aucun des produits de Celsius aux États-Unis n'était un titre. Celsius declare qu'elle travaillait avec les États américains afin de clarifier ses opérations commerciales.

Le , Celsius a reçu une demande d'informations supplémentaires de la procureure générale de New York, Letitia James. Plus tôt ce mois-là, Celsius avait de dollars de nouveaux financements en fonds propres provenant d'investisseurs.

Le , Celsius a annoncé que l'un de ses cadres supérieurs faisait l'objet d'une enquête de la police israélienne liée à des activités professionnelles antérieures ; l'employé a ensuite été suspendu.

Déclin Celsius utilisait le dépositaire de crypto-monnaie Prime Trust pour stocker certains actifs de ses clients depuis . Cette relation a pris fin en , lorsque l'équipe de gestion des risques de Prime Trust a exprimé ses inquiétudes quant à la stratégie de Celsius consistant à « réhypothéquer sans cesse des actifs […] en prêtant les mêmes actifs encore et encore pour obtenir des rendements juteux ». Le fondateur de Prime Trust, Scott Purcell, a suggéré qu'une nouvelle hypothèque « serait vouée à l'échec, car tout mouvement brusque du marché dans un sens ou dans l'autre serait catastrophique pour un modèle économique aussi ridiculement fondé sur l’effet de levier ». Celsius a poursuivi Prime Trust en , accusant le dépositaire d'avoir conservé de dollars d'actifs après la fin de la relation.

CNBC décrit Celsius comme « l’un des plus grands acteurs dans le domaine des prêts de crypto-monnaies » au deuxième trimestre de 2022. La société avait émis des prêts totalisant plus de de dollars et, en mai, elle gérait près de de dollars d'actifs. En , Celsius a déclaré avoir de clients et offrir des rendements pouvant atteindre 17 % par an.

Le , dans un article de blog intitulé « Damn the Torpedoes, Full Speed Ahead », Celsius a évoqué les rumeurs selon lesquelles l'entreprise aurait perdu les fonds de ses clients en réalisant de mauvais investissements et qu'elle serait confrontée à une crise de liquidité. La société a rejeté ces rumeurs comme étant les actions d'« acteurs vocaux […] diffusant de la désinformation ». Le billet de blog a nié les affirmations selon lesquelles Celsius aurait subi des pertes importantes à la suite de l'effondrement de la cryptomonnaie Luna le mois précédent.

Le , lors de sa session hebdomadaire « Ask Mashinsky Anything » sur YouTube, le PDG nie que Celsius ait des problèmes avec l'accès des clients à leurs fonds et a suggéré que ses détracteurs étaient payés par des concurrents. Mashinsky a déclaré lors de la diffusion en direct : « Celsius dispose de milliards de liquidités, n'est-ce pas, et nous fournissons un accès immédiat à tout le monde ». À cette époque, Mashinsky interrogeait des commentateurs sceptiques sur Twitter, les accusant de répandre la peur, l'incertitude et le doute à propos de Celsius.

Le , la société a suspendu tous les retraits de clients « afin de stabiliser ses liquidités et ses opérations », invoquant des « conditions de marché extrêmes ». Après cette annonce, les prix du Bitcoin et de l’Ethereum ont diminué respectivement de 12 % et 14 % par rapport à la veille. La crytpo-monnaie CEL de Celsius, qui s'échangeait à près de un an auparavant, a baissé d'un tiers après l'annonce de la pause de retrait, tombant à . La valeur marchande totale de toutes les crypto-monnaies est tombée à de dollars, marquant la première fois depuis que le marché des crypto-monnaies valait collectivement moins de de dollars. La nouvelle a également provoqué une baisse de 10 % du cours de l'action de Celsius Holdings, une société de boissons indépendante, le , en raison de la confusion des investisseurs entre les noms des deux sociétés. Les actions de la société de boissons ont augmenté d'environ 5 % le lendemain.

Rod Bolger, qui a rejoint Celsius en tant que directeur financier en , a démissionné le . Celsius a nommé Chris Ferraro, responsable de la planification financière, de l'analyse et des relations avec les investisseurs, pour succéder à Bolger. Celsius Network a licencié , soit un quart de ses effectifs, début juillet.

Faillite Le , un mois après avoir suspendu les retraits, Celsius depose son bilan selon le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Une déclaration déposée le lendemain fait état d'un déficit de de dollars dans le bilan de l'entreprise. Mashinsky a déclaré que l'entreprise avait « pris ce qui, avec le recul, s'est avéré être de mauvaises décisions en matière de déploiement d'actifs ». Selon le dépôt de bilan, la société disposait de de dollars de liquidités, ce qui, selon elle, fournirait « des liquidités suffisantes » pour soutenir ses opérations pendant sa faillite. Sur les de dollars de passif total de Celsius au moment de son dépôt de bilan, la société devait de dollars à ses utilisateurs, qui étaient répertoriés comme créanciers chirographaires. Le choix de Celsius de déclarer faillite selon le chapitre 11 donnerait la priorité aux remboursements aux créanciers garantis, puis aux créanciers chirographaires et enfin aux actionnaires.

Mashinsky a démissionné de son poste de PDG de Celsius le . Chris Ferraro, l'ancien directeur financier de Celsius, a été nommé pour le remplacer au poste de PDG par intérim.

Après que Celsius a déposé son bilan en , Molly White, une autrice sceptique des cryptomonnaies, a tweeté une liste d'extraits de lettres de clients adressées au juge du tribunal des faillites. Parmi les articles figuraient des inquiétudes sur la manière dont Celsius avait gelé ses fonds et des déclarations sur l'impact négatif de l'entreprise sur la vie des clients. Sur son site web, la société a déclaré qu'elle avait l'intention d'offrir deux options aux clients, "[…] soit récupérer une partie de l'argent, soit rester 'long' en crypto".