Claude Ambroise Régnier, duc de Massa, est un avocat et homme politique français, né le à Blâmont (alors dans le duché de LorraineBlâmont est actuellement en Meurthe-et-Moselle. En 1746, la commune ne fait pas encore partie du royaume de France.) et mort le à Paris.
Député pendant la Révolution, devenu soutien de Bonaparte, il participe à la rédaction du Code civil puis est garde des Sceaux (ministre de la Justice) pendant près de onze ans, de 1802 (au cours du Consulat) à 1813 (sur une grande partie du Premier Empire).
Biographie Origines, formation et début de carrière Claude Ambroise Régnier est le fils d’Ambroise Régnier, receveur des Domaines du Roi, et de Marie-Françoise Thiry ; il est le petit-fils de Jean-Antoine Régnier procureur au bailliage de Vôge et, par sa mère, petit-fils de Jean-Baptiste Thiry, procureur du Roi en l'hôtel de ville de BlâmontPaul Delaval, « Le grand juge Régnier, duc de Massa », Le Pays lorrain et le pays messin, , .. Il commence ses études à Saint-Dié, sous la direction d'un oncle prêtre, l'abbé Régnier, curé de la paroisse principale, et il les termine à l'université de Strasbourg avec l'obtention du diplôme de licence en droit. Inscrit au Parlement à compter de , il fait aussitôt l'apprentissage de la profession d'avocat au barreau de Lunéville. Il devient en 1769, à la demande du prince , son conseiller et procureur général à Senones, lui confiant ainsi l'administration de la principautéPaul Delaval, Le grand juge Régnier, duc de Massa, Le Pays lorrain et le pays messin, , ., ..
Avocat sous l’Ancien Régime puis député à la Révolution Devenu Français avec la réunion de la Lorraine à la France en 1766, Régnier est en 1773 avocat à NancyL. Adam, Étude sur trois gardes des sceaux nés en Lorraine : Régnier, duc de Massa ; Comte de Serre ; Henrion de Pansey, 1872.. Enthousiasmé par la Révolution, il est élu le , par le bailliage de Nancy, député du tiers état aux États généraux, où il siège au comité de constitution. Après la fuite du roi, il est envoyé le comme commissaire dans les départements du Rhin pour y recevoir le serment des troupes. Après s'être éloigné de la vie politique sous la Terreur, il est élu le député de la Meurthe au Conseil des Anciens, où il siège à gauche. La même année, il devient secrétaire le , puis président de l'assemblée le ), et fait partie de plusieurs commissions : radiation de la liste des émigrés, successions, examen du nouveau pour les délits et peines des troupes de la République, délits de presse, vérification des pouvoirs des nouveaux députés. Sans soutenir le Directoire, il combat les royalistes du club de Clichy. Adversaire des néo-jacobins, de même, il soutient la proposition de Courtois, conduisant à la fermeture du club du Manège. Il est réélu le .
Participation au coup d’État du et conseiller d’État sous le Consulat Acquis au général Bonaparte, Régnier est l'un des principaux collaborateurs du coup d'État du () ; il fait ainsi partie des membres du Conseil des Anciens qui se réunissent la veille — le soir du — chez leur président, Lemercier, pour préparer la translation des conseils à Saint-Cloud, qui doit être votée le lendemain. Le jour qui suit le coup d’État — le —, il entre à la du Conseil des Anciens, dont il devient président quelques jours plus tard. Le mois suivant, le , il est nommé au Sénat conservateur et au Conseil d'État. Conformément à la Constitution, il renonce au premier poste de sénateur pour se consacrer au Conseil d'État. Ayant une connaissance approfondie des questions juridiques, il devient l'un des principaux rédacteurs du Code civil.
Ministre de la Justice sous le Consulat puis le Premier Empire Bonaparte nomme Régnier grand-juge et ministre de la Justice (garde des Sceaux) le , fonctions qu'il va conserver pendant près de onze ans.
Il prépare pour Napoléon la circulaire du prohibant en France, les mariages mixtes « entre des blancs et des négresses » et « entre des nègres et des blanches »Alain-Jacques Tornare, La Révolution française, EDI8, 2012, .
Jusqu'au , il dirige également le ministère de la Police. À ce poste, il découvre le complot de Cadoudal, dont il instruit le procès. Sa relative incompétence sur les sujets policiers conduit le Premier consul à rappeler Fouché.
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le , grand officier le , grand aigle (grand-croix) le , créé comte d'Empire le . Il devient duc de Massa le . À son départ du ministère de la Justice, le alors qu'il est âgé de , il reçoit le titre de ministre d'État et obtient la présidence du Corps législatif, dont il n'est pourtant pas membre. Napoléon lui offre, lors de son départ du ministère de la Justice, un hôtel particulier, rue de Choiseul.
Derniers mois au service de l’Empire et mort Alors qu'il n'est pas député, Régnier est nommé président du Corps législatif en par Bonaparte.
Longtemps proche de l’Empereur, il est néanmoins favorable à sa déchéance en .
vignette|285px|Le tombeau de Claude Ambroise Régnier au Panthéon.
Régnier meurt peu après, le , dans sa ; il est inhumé au Panthéon.
Famille et descendance Charlotte Lejeune, l’épouse de Claude Ambroise Régnier, est née à Lunéville le ; elle meurt à Paris le .
Le couple a eu deux enfants :
Catherine Charlotte (1775-1856), épouse du baron Thiry ; Nicolas (1783-1851)Daniel Baduel, Saint-Martin-du-Tertre : un village, une histoire, Syndicat d'initiative de Saint-Martin-du-Tertre, 2000.
Daniel Baduel, Le château de Franconville-aux-Bois à Saint-Martin-du-Tertre. Domont 2000., qui devient comte de Gronau en 1809, préfet de l'Empire (dans l'Oise puis le Cher) et pair de France sous la Restauration ; il hérite du titre de duc de Massa.
Au nombre de ses descendants, figure Jean Bastien-Thiry (1927-1963), polytechnicien, ingénieur de l’armement et organisateur en 1962 de l’attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle, pour lequel il a été condamné à mort puis exécuté : il est le dernier condamné en France qui a été fusillé.
Propriétés Le château du Plessis-Piquet a été sa propriété de 1808 à sa mort en ; sa veuve le revendit en 1817 à Jean-Baptiste Henry Collin de SussyRené Pottier, Histoire d'un village, Le Plessis-Robinson, Éditions Fernand Sorlot, Paris, 1941, . Un hôtel particulier, rue de Choiseul à Paris, lui a été offert par Napoléon en 1813.
Armoiries Figure Blasonnement Armes du comte Régnier et de l'Empire
D'hermines à une fasce de sable chargée de trois alérions d'or, le franc-quartier de comte ministre brochant sur le tout.Source : www.heraldique-europeenne.org Armes du duc de Massa et de l'Empire
D'hermines à la fasce de sable chargé de trois alérions d'or, chef des ducs d'Empire. Livrée : aux couleurs de l'écu.
Annexes Bibliographie Adolphe Robert, Edgar Bourloton, Gaston Cougny (dir.), Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Paris, Bourloton, 1889, , de Reboul à Reille, , sur le site de l'Assemblée nationale. . Les papiers personnels de Claude Ambroise Régnier sont conservés aux Archives nationales sous la cote 279APVoir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales..
Liens externes
Ministres 1700-1870 La correspondance et les rapports des ministres de la Justice (dont Régnier, 1802-1813) au secrétaire d’État sous Napoléon sont conservées aux Archives nationales (France).
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Député français du tiers état en 1789-1791 Catégorie:Membre du Conseil des Anciens Catégorie:Membre du Sénat conservateur Catégorie:Député de Meurthe-et-Moselle Catégorie:Ministre du Premier Empire Catégorie:Ministre français de la Justice Catégorie:Président du Conseil des Anciens Catégorie:Président du Corps législatif (Consulat et Premier Empire) Catégorie:Avocat français du XVIIIe siècle Catégorie:Conseiller d'État français Catégorie:Comte de l'Empire Claude Ambroise Regnier Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Personnalité liée à la Lorraine Catégorie:Personnalité transférée au Panthéon de Paris Catégorie:Personnalité liée au Plessis-Robinson Catégorie:Naissance en avril 1746 Catégorie:Naissance à Blâmont Catégorie:Naissance dans la province de Lorraine Catégorie:Décès en juin 1814 Catégorie:Décès dans l'ancien 2e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 68 ans