Différents tickets du métro de Paris de la période 1900 – 1929 ont été créés comme justificatifs pour les voyages effectués entre l’ouverture de la première ligne du métro, en , par la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris et la fin de l’exploitation des lignes assurée par la Société du chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris, le .

À l'instar des compagnies de chemin de fer, pour justifier du paiement de son trajet sur le réseau du métro, un voyageur devait produire un document communément désigné par les vocables « Billet » ou « Ticket » de métro appelé ultérieurement titre de transport.

L’aspect des tickets de métro (taille, couleur, police de caractère, libellé du nom des stations, inscriptions relatives au transport [classe, prix, condition de validité], etc.) a évolué au fil du temps. Les modifications sont intervenues progressivement laissant coexister pendant une période de transition des tickets aux aspects différents.

La variété des tickets de métro parisien ne permet pas d’en dresser une liste exhaustive ; le présent article se limite à en présenter l’essentiel.

Il est à noter que le Nord-Sud fait imprimer sur le titre de transport le mot « Billet » lorsque le Métropolitain imprime « Ticket », et le « trajet » sur le Nord-Sud est un « voyage » sur le Métropolitain, hormis sur les billets militaire. Introduction Aux termes de l’article 23 du cahier des charges annexé à la loi du relative au chemin de fer métropolitain de Paris : Cette tarification, en 1898, s’aligne sur celle des omnibus et tramways pour une section dans Paris intra-muros.

Le ticket acheté étant valable pour une quelconque station du réseau, le ticket du métro de Paris est un billet dit passe-partoutL. Wiener (bibliographie), .. Généralités au début de l’exploitation L’achat du ticket s’effectue à un guichet dans une salle située sous la voie publique. vignette|Guichet métro 1900. La vente des tickets au guichet (bureau des recettes) est confiée à une femme (receveuse), agente de la compagnie. À côté du guichet de distribution des tickets se trouve toujours un marchand de journaux qui est tenu de faire gratuitement le change de monnaieA. Dumas, Le Chemin de fer métropolitain de Paris, Paris, Béranger, 1901, et .

« Il a donc fallu imaginer une machine qui, sans rendre toutefois inutile la présence d’une employée, fournisse automatiquement et rapidement le nombre suffisant de billets portant toutes les indications nécessaires. » (Raoul Jeffry, « D'ingénieuses machines fabriquent les tickets du métro et ceux des chemins de fer », La Science et la vie, avril-mai 1920, ). car la receveuse ne rend pas la monnaie.

Après l’achat d’un ticket, l’accès au quai est contrôlé par un agent, communément appelé « poinçonneur » car il perfore le ticket au moyen d’une poinçonneuse pour en enlever une « pastille » ronde de . Un second contrôle peut intervenir au cours du trajet perforant le ticket d’une marque spéciale spécifique à chaque ligne.

Arrivé à sa station de destination, le voyageur est invité à jeter son ticket dans un coffre placé dans le couloir de sortie devant l’endroit où se tient le poinçonneur..

La période 1900 – 1929 À l'ouverture de la ligne du métro, le jeudi à 13 heures ( jour de l’année 1900), sont ouvertes huit stations ; Porte de Vincennes, Place de la Nation, Gare de Lyon, Place de la Bastille, Hôtel de ville, Palais Royal, Champs-Élysées et Porte Maillot. Les autres stations sont ouvertes successivement ; le lundi ( jour) : Paul et Châtelet ; le lundi ( jour) : Concorde et Alma ; le lundi ( jour) : Reuilly et Louvre ; le lundi ( jour) : Tuileries et Marbeuf ; le samedi ( jour) : Étoile et Obligado. thumb|upright=4.0|center|L'Illustration, 14 juillet 1900. Au premier jour de son ouverture, de 13 heures à 19 heure 30, le métro a délivré dont de classe. thumb|Femina, , , .

Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP)

Billet à l’unité

Machine « L’appareil contrôleur » vignette|upright=0.7|Machine L'appareil contrôleur de la du chemin de fer du Nord (1898)Noël Nozeroy, « L’appareil contrôleur », Le Monde illustré, , Revue générale des chemins de fer, , et suiv.. À l’ouverture du métro, le ,, l’émission des billets au guichet est effectuée par un agent de la compagnie au moyen d’une machine de la Société « L’appareil contrôleur »L. Wiener (bibliographie), .Les statuts de la société « L’Appareil contrôleur » sont enregistrés le chez Me Pinguet, notaire à Paris (AN, cote MC/ET/LXXIX/1016). Les statuts sont déposés par Emile Bossuet, industriel, demeurant à Paris place de la Madeleine . La société l’Appareil contrôleur a pour objet « la fabrication, la mise en valeur et l'exploitation dans toute la France et les colonies françaises d'un appareil mécanique imprimeur, distributeur, totalisateur et contrôleur de tickets faisant l'objet des brevets apportés ci-après, ensemble l'acquisition, la mise en valeur et l'exploitation de tous autres brevets ou procédés se rapportant à l'objet de la société. » La société est domiciliée à Paris, rue Chanzy . Bossuet apporte à la société : un brevet (du 21 juillet 1893) pour un appareil imprimeur, distributeur, contrôleur et totalisateur pour le pari mutuel ; un brevet aux noms de MM Rigot père (Edouard), Gloeckler (Guillaume) et Bossuet (Émile) (du 2 mai 1892) pour un nouvel appareil distributeur-totalisateur pour le contrôle des Paris mutuels. Bossuet est propriétaire de ce brevet, ensemble de l'invention en faisant l'objet comme cessionnaire de MM. Rigot et Gloeckler ; un brevet de M. Pottin (Henry) (du 26 octobre 1887) pour un système de contrôle mécanique pour les paris mutuels ; un brevet de Moussier (Lucie) (du 10 novembre 1890) pour un système mécanique et automatique de contrôle des paris mutuels. Les actionnaires sont : Marcilhacy (Camille), propriétaire ; Holtzer (Louis), ingénieur des mines ; Holtzer (Marcel), propriétaire ; Leplatre (Edouard), propriétaire ; Leplatre (Edmond), négociant ; Langé (Julien), propriétaire ; Langé (Gabriel), négociant ; Debove (Joseph), rentier ; Bossuet Émile, industriel. dérivée de celle employée par diverses compagnies de chemin de fer dont le modèle du type 1897 est mis à l’essai en 1898 par la Compagnie du chemin de fer du Nord à sa gare de Paris sur la Ceinture. Cette machine destinée aux compagnies de chemin de fer est le fruit des travaux de MM. Bossuet et Langé. La machine imprime, contrôle et distribue les billets ; le mécanisme pour ces trois opérations est identique à chaque classe (, ou classe) et actionné, pour chacune d’elles, par une manette. Son fonctionnement est assuré par un moteur électrique. L’impression est réalisée en une seule fois à l’aide de deux composteurs (clichés encrés qui appuient sur le carton du billet pour l'impression).

Pour les compagnies de chemins de fer utilisant cette machine, un composteur fixe imprime, en partie supérieure du billet, les indications, toujours les mêmes, de la gare émettrice (nom de la gare suivi du n° du bureau, date [JJ/MM/AA] et heure , classe, catégorie de la place) ; un composteur mobile imprime, en partie inférieure du billet, les indications variables selon la gare de destination (nom de la gare de destination, prix du trajet, n° de la gare, n° du billet). Les composteurs portent des caractères immobiles pour les indications invariables et des caractères mobiles montés sur molettes pour les indications variables (date et heure, gare de destination, prix, n° de la gare et n° du billet). Les composteurs sont placés en partie haute de l’appareil, la bande de carton pour l'impression du billet est placée en partie basse. La bande de carton une fois imprimée est alors découpée à la longueur du billet qui tombe par une ouverture. vignette|upright=1.3|Publicité pour la machine L'Appareil contrôleur (1899)Le Journal des transports, année, , 21 janvier 1899. vignette|left|upright=1.5|Billets de la Compagnie du chemin de fer du Nord vignette|center|upright=0.5|Bande de contrôle de la machine L'appareil contrôleur Le contrôle s’effectue au moyen d’une bande imprimée sur laquelle est enregistrée à chaque émission de billet, le n° du billet, la gare de destination et le prix du billet. La distribution se fait, une fois le billet imprimé, contrôlé et coupé, par trois ouvertures correspondant à chaque classe. thumb|L'appareil contrôleur de la CMP (modèle 1900)A. Dumas, « Chemins de fer : Le Métropolitain de Paris. Exploitation des lignes en service. Usine électrique de Bercy », Le génie civil, Tome XXXVIII, , samedi , .

La machine « L’appareil contrôleur » de type 1900 du métro est adaptée du modèle décrit ci-avant pour correspondre à son système de tarification qui ne comporte qu’un prix unique par classe et catégorie de place quelle que soit la gare (station) de destination ; le composteur supérieur de la machine imprime le nom de la compagnie, la date [JJJ AA] suivie de l’heure [HH], la classe et le prix ; le composteur inférieur imprime, sous un trait horizontal, le nom de la station émettrice et le d’ordre du billet. La bande de carton, enroulée en partie basse de la machine, passe dans un tambour d’entrainement en partie haute de la machine pour arriver sur une table d’impression horizontale qui se déplace verticalement vers le haut pour appliquer le carton contre les composteurs préalablement encrés. Après l'impression du billet, la table redescend vers le bas à sa position initiale en faisant avancer la bande de carton d’une longueur égale à celle du billet, puis le billet est découpé au moyen d’une cisaille ; le billet tombe alors dans l’ouverture de la machine pour être distribuéJ. Hervieu (Bibliographie), colonnes 179-180.. La machine est adaptée pour émettre quatre types de billet ; classe, classe, Aller-Retour et Secours. vignette|left|upright=1.5|Tickets de la Compagnie du chemin métropolitain de Paris (CMP)Le code « 039 01 14 » correspond au jour de l'année 1901 à 14 heures, soit le vendredi à deux heures de l’après-midi.

Il est possible d'augmenter le nombre de billets imprimés, en augmentant la vitesse du moteur. Les bobines de cartons ont une capacité de ticketsL. Wiener (Bibliographie), .. À la différence de la machine employée par la Compagnie du chemin de fer du Nord, celle du métropolitain comporte en partie supérieure des totaliseurs indiquant le nombre de billets émis. L'emploi de l'appareil est économique ; il est garanti quatre ans par le fournisseur qui se charge de l'entretien pendant cette période, la dépense en électricité est négligeable, les frais d'impression ne s'élèvent qu'à par mille de ticketsJ. Hervieu (bibliographie), colonne 178..

vignette|right|L'appareil contrôleur de la CMP (modèle 1905)J. Hervieu (Bibliographie), colonne 184. thumb|upright=0.8|L'appareil contrôleur de la CMP (modèle 1905) conservé (face avant et face arrière)AMTUIR (Chelles). Cette première machine L’appareil contrôleur malgré sa simplicité d’utilisation avait un grave défaut ; son bruit, à tel point que le personnel chargé de la vente des billets avait des difficultés à entendre ce que lui demandait les voyageurs. Aussi un nouveau modèle fournit par la Société « L'appareil Contrôleur » est-il installé à partir d’ à l’ouverture de la section VilliersꟷPère-Lachaise suivie fin de la section Père-LachaiseꟷPlace Gambetta de la ligne 3, après avoir été expérimenté sur la ligne 2 (circulaire nord).