Daniel Abibi, né en 1942, est un homme politique, mathématicien et diplomate congolais. Au cours des années 1980, il sert dans le gouvernement du Congo-Brazzaville en tant que ministre de l'Information et ministre de l'Enseignement secondaire et supérieur. Plus tard, dans les années 1990, il est représentant permanent du Congo-Brazzaville auprès des Nations unies.
Vie et carrière Abibi est né en 1942Bazenguissa-Ganga, Rémy. Les voies du politique au Congo: essai de sociologie historique. Paris: Karthala, 1997. p. 425. Il obtient son doctorat en mathématiques en 1970 à l'université de Grenoble en France. Il est parmi les premiers Centrafricains à obtenir un doctorat en mathématiquesGerdes, Paulus. African Doctorates in Mathematics: A Catalogue. Maputo, Mozambique: Research Centre for Mathematics, Culture and Education, 2007. pp. 20, 80. Il commence sa carrière à l’Université de Grenoble 1, comme Maître-Assistant Délégué de mathématiques, Il est ensuite nommé en la même qualité, à compter du 1er octobre 1971, à l’Ecole Supérieure des Sciences du Centre d’Enseignement Supérieur de Brazzaville, selon un arrêté du Ministère français de l’Education Nationale en date du 22 novembre 1971.
Sur le plan politique, Daniel Abibi est l'un des cadres congolais formés en France au sein de la Fédération des Etudiants Africains en France (FEANF) et de sa section territoriale, l’Association des Etudiants Congolais en France (AEC). La perspective du rapprochement entre les cadres rentrés de France et le régime de Ngouabi est farouchement rejetée par certains cadres du Parti congolais du travail (PCT). Abibi est kidnappé en juillet 1972, juste avant la Première Conférence nationale du pays, obligeant Ngouabi à ordonner sa libérationBazenguissa-Ganga, Rémy. Les voies du politique au Congo: essai de sociologie historique. Paris: Karthala, 1997. p. 220.
Politiquement, Abibi épouse une ligne idéologique proche du marxisme-léniniste, mais fortement influencée par le nationalisme africain. Il est nommé en 1979, Conseiller Culturel à la Présidence de la République et Recteur de l'université Marien-Ngouabi. En 1983, Abibi est nommé ministre de l'Information, des Postes et Télécommunications, en remplacement du capitaine Florent NtsibaBazenguissa-Ganga, Rémy. Les voies du politique au Congo: essai de sociologie historique. Paris: Karthala, 1997. p. 276. En 1984, Abibi est inclus dans le Comité central du PCT. Toujours en 1984, il est muté de son poste de ministre de l'Information à celui de ministre des Enseignements secondaire et supérieur"Congo Shuffles Cabinet After Politburo Meeting", Reuters, 13 August 1984.. Il perd son siège ministériel lors d'un remaniement en Africa Contemporary Record; Annual Survey and Documents. London: Africa Research Limited, 1988. p. B-198, et est chargé des relations internationales du Parti.
Abibi préside le Comité congolais anti-apartheid et, en 1989, il est nommé président du Comité africain anti-apartheidAfrica Research, Ltd. Africa Research Bulletin. Political Series. Exeter, England: Africa Research Ltd, 1989. p. 9135. Également en 1989, il est inclus dans le Bureau Politique du PCTBazenguissa-Ganga, Rémy. Les voies du politique au Congo: essai de sociologie historique. Paris: Karthala, 1997. p. 425 et chargé de l'éducation, de l'idéologie et de la formation politique et civiqueBazenguissa-Ganga, Rémy. Les voies du politique au Congo: essai de sociologie historique. Paris: Karthala, 1997. p. 295.
Dans les années 1990, il rejoint l'Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale de Pascal Lissouba. Il est nommé Ambassadeur, représentant permanent du Congo auprès des Nations unies au cours de cette décennieHellenic Resources Network. United Nations Daily Highlights, 97-10-14Assemblée générale des Nations unies. Forty-ninth session..
Après la guerre civile de juin à , au cours de laquelle Lissouba est renversé et Sassou Nguesso revient au pouvoir, Abibi reste absent de la politique congolaise. Durant cette période, de 1999 a 2002, Abibi est membre de la MINURSO (Mission des Nations Unies au Sahara occidental).
Il rejoint finalement le parti de Sassou Nguesso, le PCT. En , il est élu au Sénat du Congo-Brazzaville comme candidat du PCT dans le département de la Sangha"Daniel Abibi disposé à mettre son expérience au service du Sénat", Les Dépêches de Brazzaville, numéro 1,352, 20 octobre 2011, page 1 ... Lors de l'élection sénatoriale indirecte, il obtient 61 voix des électeurs de la Sangha, soit 87,14 % du total ; cela place Abibi dans une égalité à trois pour la première place et lui assure l'un des six sièges disponibles pour la Sangha.. Il est réélu successivement en 2017 et 2023 et Il est actuellement le Représentant du Parlement de la République du Congo au Comité Exécutif du Forum des Parlements de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (FP-CIRGL).
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