BlueCo est un consortium de football fondé en 2022 dans le but de racheter le club anglais du Chelsea FC à Roman Abramovitch. En 2023, BlueCo devient actionnaire unique du RC Strasbourg, il se présente alors comme une multipropriété.
Histoire Contexte vignette|Roman Abramovitch en 2019.|gauche Début 2022, Roman Abramovitch, alors propriétaire de Chelsea, fait partie des oligarques sanctionnés par le Royaume-Uni dans le cadre de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, notamment par un gel de ses avoirs et par une interdiction de voyager. La Premier League le disqualifie de ses fonctions de président, ses finances sont gelées à partir du et deux sponsors importants (Three et Hyundai) rompent leurs contrats : Roman Abramovitch est alors dans l'obligation de vendre le club afin que celui-ci puisse poursuivre ses activités financières (vente de tickets, merchandising, transferts).
Achat de Chelsea
250px
Le consortium BlueCo est fondé en et l'achat de Chelsea est effectué le , après validation du gouvernement britannique et de la ligue anglaise de football. BlueCo est dirigé par Todd Boehly (PDG d'), , Mark Walter (PDG de ) et Hansjörg Wyss (). La transaction est estimée à , et sur l'investissement total réalisé, sont utilisés pour acheter les actions du club. D'après Roman Abramovitch, les bénéfices qu'il touchera seront intégralement reversés à des causes caritatives, notamment aux victimes de la guerre en Ukraine. BlueCo investit également au profit du club, ce qui comprend notamment des investissements dans le stade de Stamford Bridge ainsi que dans l'équipe féminine et son stade de Kingsmeadow.
Actionnaire majoritaire de Strasbourg En , BlueCo devient actionnaire majoritaire du club français du Racing Club de Strasbourg. BlueCo annonce alors contribuer sur le plan financier mais également sur le plan des ressources avec des . Cet investissement, évalué à , marque pour BlueCo la première étape dans la construction d’un modèle en multipropriété ; et pour le club strasbourgeois une étape nécessaire pour . Marc Keller reste cependant président du club.
En 2024, les ultras du club strasbourgeois manifestent contre BlueCo, réclamant notamment leur indépendance. La même année, BlueCo annonce de pertes de la période allant du au .
Critiques et controverses Depuis la constitution du consortium et l'acquisition du RC Strasbourg Alsace en 2023, BlueCo fait l'objet de contestations récurrentes émanant de groupes de supporters, d'observateurs médiatiques et d'acteurs du football européen. Ces critiques ciblent principalement les conséquences du modèle de multipropriété sur l'intégrité sportive des clubs et les montages financiers opérés pour contourner les régulations.
Multipropriété et perte d'identité du RC Strasbourg L'intégration du RC Strasbourg dans la galaxie BlueCo suscite de vives inquiétudes quant à la perte d'autonomie du club alsacien vis-à-vis de Chelsea FC. Dès le rachat, une partie des observateurs et des fans a dénoncé le risque de voir Strasbourg transformé en club satellite ou en centre de formation au service de l'entité londonienne. Cette critique s'appuie sur la politique de recrutement du consortium, qui privilégie massivement l'achat de très jeunes joueurs (prospects) afin de valoriser le portefeuille d'actifs du groupe, au détriment parfois de la cohérence sportive immédiate ou de l'expérience au sein de l'effectif. En , Strasbourg aligne l'équipe la plus jeune des cinq grands championnats européens. Lors d'une rencontre contre Lille, le club n'avait d'ailleurs titularisé aucun joueur de champ âgé de plus de 22 ans.
Cette gestion a provoqué une rupture avec une partie du public strasbourgeois. La fédération des supporters et le groupe ultra Ultra Boys 90 organisent régulièrement des actions de protestation au stade de la Meinau, telles que des grèves d'encouragements de quinze minutes en début de match ou le déploiement de banderoles hostiles (« BlueCo Out », « Non à la multipropriété »). Marc Keller, président du club, est fréquemment visé par ces critiques, accusé d'avoir sacrifié l'identité populaire du club au profit d'une logique financière transatlantique.
Gestion des effectifs et fluidité des transferts La perception d'une hiérarchie rigide entre les clubs du consortium est renforcée par la gestion des ressources humaines. Les transferts de joueurs entre Chelsea et Strasbourg sont perçus par les critiques comme des mouvements de « pions » servant les intérêts globaux de BlueCo plutôt que les besoins spécifiques de chaque équipe. Le transfert annoncé d'Emanuel Emegha vers Chelsea, alors qu'il portait le brassard de capitaine à Strasbourg, ou les prêts de joueurs de Chelsea en manque de temps de jeu (comme Ben Chilwell ou Andrey Santos), sont cités comme exemples de cette vassalisation sportive. En , le départ de l'entraîneur Liam Rosenior, quittant Strasbourg en cours de saison pour prendre les rênes de Chelsea, a été interprété par la presse comme l'aboutissement de cette logique, confirmant aux yeux des détracteurs le statut secondaire du club français au sein de l'organisation.
Ingénierie financière et règles de rentabilité Sur le plan économique, BlueCo est également critiqué pour ses méthodes d'ingénierie financière visant à respecter les règles de profitabilité et de durabilité (PSR) de la Premier League. Pour compenser les pertes opérationnelles importantes de Chelsea, le consortium a procédé à des ventes d'actifs internes controversées. En 2024 et 2025, BlueCo a ainsi racheté à sa propre filiale (Chelsea FC Holdings) deux hôtels adjacents à Stamford Bridge pour 76,5 millions de livres sterling ainsi que l'équipe féminine du club pour environ 90 millions de livres. Boosté artificiellement par ces ventes, Chelsea annonce ainsi, en , un profit de 128,4 millions de livres, permettant ainsi au club d'éviter des sanctions financières.
Références
Articles connexes Direction du Racing Club de Strasbourg
Catégorie:Chelsea Football Club