Unity Mitford est une noble britannique, née le à Londres et morte le à Oban (Écosse).
Amie personnelle d'Adolf Hitler, elle souhaitait une alliance entre le Royaume-Uni et l'Allemagne nazie. En , apprenant la déclaration de guerre envoyée par son pays au , elle tente de se suicider dans le Jardin anglais à Munich car, selon sa sœur Diana, . Selon d'autres sources elle était amoureuse de Hitler qu'elle vénérait, et elle ne voulait pas se séparer de luiMichael Gove, The Times du , , .. Sa tentative ratée, elle revient vivre près de sa mère, où elle finit par mourir de ses blessures, .
Elle est l'une des six soeurs Mitford.
Biographie Enfance Née au tout début de la Grande Guerre, Unity Mitford est la fille de David Freeman-Mitford, de Redesdale. Son grand-père, Algernon Freeman-Mitford, de Redesdale, était un ami de Richard Wagner ainsi qu'un traducteur de l'idéologue antisémite Houston Stewart Chamberlain.
Unity Mitford naît à Londres en Angleterre mais a été conçue à (Ontario, Canada), où la famille possède des mines d'or.. La famille Mitford est nombreuse : Unity est la cadette de de trois filles Nancy née en 1904, Pamela née en 1907, Diana, née en 1910 et d'un garçon Thomas, né en 1909. Deux filles viendront compléter la fratrie : Jessica en 1917 et Deborah en 1920.
Les enfants Mitford sont des cousins de Clementine Hozier dite Clemmie, qui a épousé Winston Churchill.
Issus de l'aristocratie, les enfants Mitford sont élevés au château et n'ont pas de relations extérieures à leur milieu social. La biographe de Unity Mitford, Jane Dalley, estime que , parce qu'elle était née après ses grandes sœurs, plus intelligentes, jolies et accomplies qu'elle.
Elle est éduquée à la St Margaret's School de Bushey (Hertfordshire, Angleterre).
Sympathies politiques et découverte du national-socialisme vignette|redresse=1.0|Le congrès de Nuremberg, fin , où elle voit pour la première fois Hitler. Sur la photo, celui-ci prononce un discours à la tribune. En 1932, sa grande sœur Diana quitte son mari pour une aventure avec l'homme politique d'extrême droite Oswald Mosley, qui vient de fonder le mouvement British Union of Fascists. Leur père est furieux de la honte provoquée par cette rupture et interdit à sa fille de voir Mosley. Unity désobéit et le rencontre lors d'une fête, où elle obtient même un badge du parti. Nicholas, fils d'Oswald Mosley, raconte : . Selon lui, son père appréciait l'engagement politique d'Unity mais considérait qu'elle était plutôt dans l'exhibition.
Unity se rend en Allemagne, avec sa sœur Diana, au congrès de Nuremberg de 1933, le rassemblement annuel du parti nazi qui se tenait dans la ville bavaroise. Elle fait partie de la délégation britannique invitée. Elle y voit le chancelier et chef du parti, Adolf Hitler, pour la première fois. La biographe Anne de Courcy analyse la portée de l'évènement : .
Arrivée en Allemagne et amitié avec Hitler Unity Mitford retourne en Allemagne à l'été 1934. Afin de se perfectionner en allemand, elle s'inscrit dans une école de langue à proximité du siège du parti nazi de Munich. Elle veut alors rencontrer Adolf Hitler. Jane Dalley déclare : . vignette|redresse=1.4|Hitler au Berghof, assis sur sa table de travail.
Pryce Jones insiste sur le côté très accessible de Hitler pendant ces années : . Ainsi, après dix mois, Hitler finit par l'inviter à sa table où ils ont parlé pendant une demi-heure d'un projet de loi. Dans une lettre à son père, elle écrit : .
Hitler à son tour, devient obsédé par la jeune Britannique blonde, correspondant parfaitement aux stéréotypes aryens, et par son intérêt pour la culture germanique. De même, son deuxième prénom — Valkyrie — et son grand-père, ami du compositeur préféré de Hitler, Richard Wagner, et traducteur de Houston Stewart Chamberlain, finirent de l'intéresser définitivement. Comme Jane Dalley l'explique, . Celle-ci reçoit par la suite des invitations pour des réunions du parti et les réceptions d'État. Hitler la décrivait comme .
gauche|vignette|redresse=1.2|Photographie (datée de 1942) au Berghof de Hitler avec Eva Braun ; celle-ci était devenue jalouse de la trop grande proximité d'Unity Mitford avec son compagnon. , Hitler aurait peut-être accepté cette amitié dans le but d'exciter la jalousie de sa compagne, Eva Braun. Cette dernière note dans son journal intime à propos d'Unity Mitford : . La jeune femme retrouve pourtant l'attention du Führer après une tentative de suicide.
Elle participe à un rassemblement des Jeunesses hitlériennes à Hesselberg avec un ami de Hitler, Julius Streicher, qui y prononce un discours violemment antisémite. Elle écrit son ressenti de l'événement dans un article du grand journal que possède ce dernier, Der Stürmer : . Le papier provoque l'indignation de la population britannique à son retour en Angleterre, mais Hitler la récompense d'un insigne d'or gravé d'une croix gammée, à l'occasion des Jeux olympiques de Berlin, en 1936, ainsi que d'une promenade dans sa Mercedes lors du Festival de Bayreuth.
Dans l'entourage proche de Hitler gauche|vignette|redresse=0.9|Unity Mitford , assise, portant un badge nazi à la poitrine. À partir de là, Unity Mitford est intronisée dans le cercle privé de Hitler. En 1938, quand il annonce l'Anschluss, elle apparaît avec lui sur le balcon d'où il prononce son discours. Elle est plus tard arrêtée à Prague pour propagande nazie. Pryce Jones rapporte qu'. Cette proximité éveille les soupçons de la SIS britannique. Guy Lidel, directeur du MI5 note dans son journal : .
Un rapport publié en 1936 va encore plus loin en proclamant qu'elle était et qu'elle avait par exemple fait le salut hitlérien au consul général britannique présent à Munich, lequel a immédiatement demandé que son passeport soit confisqué. Plus tard, en 1938, Hitler avait trouvé un appartement à Munich pour elle. Pour cela, il avait dépossédé un couple de Juifs. Mitford aurait alors cyniquement visité l'appartement pour discuter des plans de décoration, alors que l'homme et la femme étaient encore présents, pleurant dans la cuisine. vignette|redresse=1.2|Vue de l’Englischer Garten de Munich, parc où Unity Mitford tente de se suicider le , le jour de la déclaration de guerre du Royaume-Uni à l'Allemagne, en se tirant une balle dans la tête, tentative à laquelle elle survit ensuite près de neuf ans, avec la balle restée logée à l’intérieur de son crâne.
Beaucoup de hauts dignitaires nazis sont suspicieux à l'égard de cette jeune Britannique qui a réussi à accaparer l'attention du Führer. Dans ses mémoires Au cœur du Troisième Reich, Albert Speer, ministre et ami de Hitler, raconte les coulisses du pouvoir : .
Elle passe ses étés dans la résidence privée de Hitler, au Berghof, où elle continue à discuter d'une éventuelle alliance anglo-allemande avec Hitler, allant même jusqu'à fournir des listes de noms de sympathisants britanniques potentiels et d'ennemis de qui se méfier. Ses rêves d'alliance commencent pourtant à s'effondrer quand, au festival de Bayreuth de 1939, Hitler met en garde Unity Mitford et sa sœur Diana sur le fait que la guerre avec l'Angleterre étant désormais inévitable, elles doivent rentrer chez elles. Diana retourne en Angleterre où elle est arrêtée et emprisonnée, tandis qu'Unity choisit de rester en Allemagne. Après la déclaration de guerre du Royaume-Uni à l'Allemagne, le , Unity est bouleversée. Diana Mitford confiera à un journaliste, en 1999 : . Unity envoie alors plusieurs lettres d'adieu, dont une à Hitler et se rend au Jardin anglais de Munich (« l’Englischer Garten ») munie d'un pistolet à crosse en nacre que Hitler lui avait donné pour se protéger, et se tire une balle dans la tête.
Après la tentative de suicide vignette|redresse=1.2|À Swinbrook, Oxfordshire, la tombe de Unity (au centre avec une croix en relief), entourée de celles de ses sœurs Nancy (à gauche) et Diana (à droite). L'épitaphe sur la tombe de Unity est difficilement lisible. Unity survit à sa tentative de suicide, elle est hospitalisée à Münich. Hitler lui rend visite, paie les frais médicaux et prend des dispositions pour la rapatrier. En décembre, elle est transférée dans un hôpital de Berne, en Suisse, pays neutre. Sa mère et sa plus jeune sœur, Deborah, viennent la chercher. Dans une lettre de 2002 au Guardian, cette dernière rapporte l'histoire : .
Elle est de retour au Royaume-Uni avec sa mère et sa sœur en , au milieu d'un tourbillon médiatique. Elle déclare : , ce qui provoque des appels pour qu'elle soit enfermée pour haute trahison. Cependant, grâce à l'intervention de son père auprès du secrétaire à l'Intérieur, John Anderson, elle est autorisée à finir ses jours auprès de sa mère, dans la maison familiale de Swinbrook, dans l'Oxfordshire. Le professeur Cairns, qui l'a soignée, neurochirurgien à l'hôpital Nuffield, à Oxford, a déclaré . Toutefois, jusqu'au , elle aurait eu une liaison avec le lieutenant d'aviation de la Royal Air Force John Andrews, un pilote d'essai, en poste à la base de Brize Norton. Le MI5 apprend cette information et, en octobre, John est muté à l'extrême nord de l'Écosse où il meurt dans un accident de Spitfire, en 1945.
En 1948, elle meurt à l'hôpital d'Oban, dans le Nord-Ouest de l'Écosse, d'une méningite causée par le gonflement du cerveau autour de la balle. Sur sa pierre tombale est gravée l'inscription : .
Controverses Un faux suicide ? Le , après la publication de documents déclassifiés (y compris le journal de guerre du directeur du MI5 pendant la guerre, Guy Liddell), un journaliste d'investigation, Martin Bright, a publié un article dans The Observer qui affirme que le secrétaire à l'Intérieur de l'époque, John Anderson, est intervenu pour empêcher qu'Unity Mitford ne soit interrogée à son retour d'Allemagne et que la tentative de suicide, qui fait désormais partie du « mythe Mitford », peut avoir été inventée pour excuser cette action.
Dans l'article, il souligne que les photographes de presse qui ont vécu le retour de Mitford et de son entourage incluaient des partisans nazis. Et Linddell de noter dans son journal, le : . Il avait voulu l'interroger à son retour mais en a été empêché par le secrétaire à l'Intérieur. Le , Liddell note dans un rapport, à partir de témoignages des membres du bureau de contrôle de sécurité présents à son arrivée : .
Lord Redesdale, cousin d'Unity Mitford, répond aux accusations : . Deborah, sœur d'Unity, a été plus cinglante et péremptoire, insistant bien sur l'état second dans lequel se trouvait sa sœur après sa tentative de suicide.
Le bébé de Hitler Le , le même journaliste d'investigation, Martin Bright, a publié un article dans le New Statesman indiquant que, à la suite de son article précédent, il avait reçu un appel téléphonique révélant un côté extraordinaire de la vie d'Unity Mitford. Il prétend avoir été sceptique au départ lorsque l'appelant, un dénommé Val Hann, a affirmé que pendant la guerre sa tante Betty Norton était présente dans une maternité privée appelée « Hill View Cottage », à Oxford, où Unity Mitford avait été pensionnaire. Selon Hann, Unity Mitford, à son retour d'Allemagne, aurait accouché sous X d'un enfant, fruit de son amour avec Hitler, et qu'elle l'aurait ensuite placé sur une liste d'adoption.