Altametris est une entreprise française créée en 2017, filiale à 100 % de SNCF Réseau. Issue du pôle drone du gestionnaire d'infrastructure ferroviaire, elle produit des modèles tridimensionnels d'infrastructures à partir de données lidar et photographiques, édite les logiciels servant à les exploiter pour la maintenance, et exploite une flotte de drones pour le compte du groupe SNCF, notamment à des fins de surveillance... Elle est l'une des filiales industrielles de SNCF Réseau..

Histoire

Le pôle drone de SNCF Réseau (2014-2016)

SNCF Réseau met en place en 2014 un pôle dédié à l'exploitation des drones, chargé de missions d'inspection, de cartographie et de surveillance des installations du réseau ferré national. La photogrammétrie alors employée présentant des limites pour les mesures sous couvert végétal, le pôle acquiert un système lidar aéroporté afin de cartographier le risque lié à la végétation, deuxième poste de coût de maintenance du réseau.. La SNCF s'impose dès 2015 comme l'un des principaux utilisateurs français de drones civils.., et les premiers vols de surveillance des voies remontent à cette année-là, émission Première Édition...

Création de la filiale (2017)

La filiale est présentée publiquement le par Patrick Jeantet, alors président de SNCF Réseau, en présence du secrétaire d'État chargé des Transports Alain Vidalies.... À cette date, l'équipe compte une vingtaine d'ingénieurs, de télépilotes et de développeurs et dispose d'une flotte de douze drones.. La nouvelle entité doit réaliser l'essentiel de ses prestations pour les entités du groupe, tout en proposant ses services à d'autres gestionnaires d'infrastructures..

Diversification vers le traitement de données (2018-2022)

Les travaux menés au sein de l'entreprise portent d'abord sur l'exploitation des nuages de points acquis par drone. Une chaîne de classification automatisée est mise en production pour distinguer, dans les données lidar, les rails, les fils et poteaux caténaires et la végétation, et pour hiérarchiser les arbres selon leur dangerosité ; ces travaux d'ingénierie remportent le premier prix de l'Association française de topographie en 2018. Un second projet mené dans l'entreprise, primé par la même association en 2020, porte sur la reconnaissance automatique d'objets de voie — balises KVB, armoires et regards de signalisation — sur orthophotographies au moyen d'un réseau de neurones, en vue de leur report automatique dans les plans topographiques..

En 2020, alors que la SNCF est le premier consommateur français de glyphosate — 38 tonnes épandues par an, principalement pour désherber les abords des voies —, l'interdiction annoncée de cet herbicide conduit l'entreprise à développer des algorithmes identifiant par apprentissage automatique les zones nécessitant une intervention mécanique ciblée plutôt qu'un traitement systématique. Les caméras embarquées sur les drones, couplées à un logiciel de traitement d'images, permettent par ailleurs de détecter des fissures d'ouvrages d'art de l'ordre de ..

En 2021, l'entreprise lance Altametris Suite, une plateforme en mode SaaS destinée au traitement, à la visualisation et à l'analyse de données 2D et 3D.. L'activité se déplace alors de la seule acquisition par drone vers le traitement de masse de données collectées par d'autres vecteurs : en 2022, 80 % de la collecte est réalisée par train ou par hélicoptère, le reste provenant d'une flotte d'environ 130 drones répartis sur le territoire et, marginalement, de relevés terrestres.

Industrialisation (2023-2025)

En 2024, le partenariat entre SNCF Réseau et ses filiales aboutit à la mise en production de « l'Usine 3D », un outil de traitement en masse des données tridimensionnelles destiné à produire les analyses utilisées par les entités de maintenance..

En 2025, l'entreprise emploie une cinquantaine de personnes, majoritairement des spécialistes du numérique, pour un chiffre d'affaires de 8,7 millions d'euros ; elle réalise aussi des prestations pour d'autres gestionnaires d'infrastructures, ferroviaires ou non, tels que RTE. Elle intervient par exemple par drone, dans les heures suivant l'accident, sur la rame TGV déraillée à Tonneins en mai 2025, afin de documenter l'état de l'infrastructure et d'orienter les méthodes de remise en état.

En avril 2025, plusieurs cadres de l'entreprise contribuent à un numéro spécial de la Revue générale des chemins de fer consacré à l'usage de la 3D chez SNCF Réseau, portant notamment sur le traitement de la donnée à grande échelle, le calcul des volumes de ballast, la rétro-ingénierie du tracé de voies et l'analyse des passages à niveau....

Le dispositif de surveillance nocturne par drone qu'elle opère pour le compte de la sûreté ferroviaire fait l'objet d'une attention médiatique accrue à partir de 2025, dans un contexte de hausse des vols de câbles de cuivre et après les sabotages ayant visé les lignes à grande vitesse le , jour de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris, qui avaient affecté environ 800 000 voyageurs...., RTL Événement...

Activités

L'activité se répartit entre trois domaines : l'exploitation de drones, la topographie ferroviaire, et l'édition de logiciels de recueil et de traitement de données réunis dans Altametris Suite.

Modélisation tridimensionnelle et édition logicielle

L'entreprise produit des modèles tridimensionnels géolocalisés des infrastructures ferroviaires puis en extrait automatiquement des mesures. Les données lidar sont acquises sur l'ensemble du réseau tous les huit semaines, principalement par les engins de surveillance de la voie de SNCF Réseau, et représentent environ trois téraoctets par jour. Une architecture logicielle sans serveur permet le traitement parallélisé de ces volumes, les positions étant calculées par trajectographie à partir de corrections GNSS et de centrales inertielles, puis rattachées aux repères linéaires ferroviaires. La précision des modèles est de l'ordre de , ce qui permet de consulter virtuellement n'importe quel point du réseau à une date donnée.

Applications à la maintenance

Les analyses tirées de ces modèles portent notamment sur la détection d'obstacles, le contrôle du gabarit, la géométrie de la caténaire, les volumes de ballast et la surveillance de la végétation, cette dernière constituant le poste de maintenance le plus coûteux pour SNCF Réseau..

La revue de conformité des profils de ballast, jusqu'alors réalisée à pied par les agents de maintenance, est automatisée à partir de l'automne 2024 sur de voie. Les excédents de ballast constatés en voie peuvent atteindre , la méthode permettant d'estimer les volumes à commander et ceux susceptibles d'être réemployés.. D'autres travaux portent sur l'analyse tridimensionnelle des passages à niveau — à l'origine en France de plus de 110 collisions et d'une vingtaine de décès par an en moyenne — afin d'identifier les risques d'accrochage de véhicules à faible garde au sol.

Exploitation de drones

L'entreprise réalise des inspections d'ouvrages d'art et de zones difficiles d'accès, et intervient en appui des équipes de sûreté ferroviaire. Les missions de surveillance se déroulent généralement entre 22 heures et 6 heures, lorsque la circulation est interrompue sur les lignes à grande vitesse, chaque vol faisant l'objet d'une déclaration préalable à la DGAC. Les appareils employés pour ces missions, à voilure fixe et d'une quinzaine de kilogrammes, sont lancés depuis une rampe en plein champ et évoluent à environ d'altitude, hors de vue et de portée acoustique ; leur caméra infrarouge permet de repérer des personnes ou des véhicules aux abords des voies, le télépilote alertant alors une équipe au sol qui lève le doute. L'entreprise assure également la formation au télépilotage et la gestion des demandes d'autorisation de vol...

Les volumes d'activité communiqués varient sensiblement selon les périodes et les modes de calcul retenus, ce qui reflète probablement la montée en puissance rapide du dispositif plutôt qu'une incohérence entre les chiffres : environ survols annuels sont évoqués début 2026, complétés par 200 opérations supplémentaires lors des week-ends de grands départs, contre près de vols par an fin 2025, dont environ 200 consacrés spécifiquement à la lutte contre les intrusions et les actes de malveillance. La flotte, forte d'environ 130 appareils en 2022, dépasse 200 drones en 2025.

Topographie

L'entreprise produit des plans topographiques, des modèles numériques de terrain et des orthophotographies destinés aux projets de modernisation d'infrastructures. Les données lidar dynamiques offrant une précision centimétrique, insuffisante pour l'ingénierie du tracé de voie qui requiert une information millimétrique, elles sont employées pour la documentation et la rétro-ingénierie des tracés existants, notamment en vue de maquettes BIM. L'entreprise propose par ailleurs des prestations de conseil sur le choix des méthodes et des capteurs d'acquisition.

Références

Liens externes

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