Gwenola Joly-Coz, née le à Étampes, est une magistrate et autrice française.

Biographie

Formation Fille d'un commissaire de police et d'une éducatrice, elle connaît une enfance facile.

Après avoir obtenu un diplôme à sciences-po Bordeaux et d'un diplôme d’études approfondies en droit pénal à l'université de Bordeaux, Gwenola Joly-Coz intègre l’École nationale de la Magistrature en 1990.

Carrière juridique Sa carrière est menée comme magistrate du siège :

juge d’instruction au tribunal de grande instance de Saint-Nazaire (1992-1996) juge d’instruction au tribunal de grande instance de Cayenne (1996-1999) secrétaire générale du tribunal et juge aux affaires familiales au tribunal de grande instance de Nantes (1999-2004) présidente du tribunal de première instance de Mamoudzou (2004-2008) présidente du tribunal de grande instance de Thonon-les-Bains (2008-2010) inspectrice de la justice, secrétaire générale de l’inspection générale des services judiciaires (2011-2014) directrice de cabinet du secrétariat d'État des droits des femmes (2014-2016) présidente du tribunal de grande instance de Pontoise (2016-2020) première présidente de la cour d’appel de Poitiers (2020-2024) première présidente de la cour d'appel de Papeete (2025- )

Elle est membre fondatrice de l’association en 2014, dont elle est la secrétaire générale de à .

En , elle devient présidente de la conférence nationale des premiers présidents (CNPP), cet organe est régulièrement consulté par le pouvoir législatif notamment.

Magistrate et cheffe de juridiction Gwenola Joly-Coz dirige successivement trois juridictions, le tribunal de première instance de Mamoudzou, entre 1996 et 1999 et le tribunal de grande instance de Thonon-les-bains, entre 2008 et 2010. En 2016 elle est nommée présidente du tribunal judiciaire de Pontoise, alors que seuls trois des plus grands tribunaux judiciaires de France sont présidés par des femmes.

En 2020 elle devient la première femme première présidente de la cour d’appel de Poitiers.

Soucieuse de questionner la place juge dans la cité, Gwenola Joly-Coz s’interroge dès 2016 sur la qualité de la justice. Si elle relève que l’excellence a longtemps été la qualité prédominante, la justice française vise désormais la performance. Face à ces nouveaux enjeux, la justice doit définir “une qualité moderne, intériorisée par les magistrats et l'institution, entre sens et performance”.

Concernant la justice civile, elle cherche à mieux comprendre le positionnement fonctionnel d'un juge civil en questionnement sur sa place dans les juridictions, mais aussi en quête d'identité professionnelle.

En 2022, elle travaille sur la question de l'équipe autour du juge, elle insiste sur la dialectique entre la figure sociale et l'assistance juridique, notions reprises par Dominique Lottin dans son rapport sur la structuration des équipes juridictionnelles pluridisciplinaires.

Elle insiste sur la notion de communauté judiciaire, qui selon elle doit entretenir une conversation permanente, un dialogue des juges qui doit s'ouvrir à la société. Elle rédige un article dans ce sens pour les Cahiers de la justice, la revue trimestrielle de l'ENM. Sa réflexion s'intègre dans la suite du rapport Cour de cassation 2030 de .

Gwenola Joly-Coz a toujours voulu faire le lien entre la direction des juridictions mais aussi les réflexions menées par les universitaires. Elle participe aux États généraux de la recherche sur le droit et la justice en 2017, pour insister sur le nécessaire partenariat entre les juridictions et le milieu de la recherche et de l'enseignement. Le elle est nommée membre du conseil scientifique de l'Institut des études et de la recherche sur le droit et la justice (IERDJ), cet institut créé en 2021 est un groupe de réflexion et un laboratoire de recherche sur le droit et la justice.

Outre-Mer Dès son deuxième poste de juge d’instruction, Gwenola Joly-Coz candidate pour la Guyane. Elle est juge d’instruction de 1996 à 1999 au tribunal de grande instance de Cayenne et découvre l’Outre-mer.

Quelques années plus tard elle devient présidente de tribunal pour la première fois sur l'Île de Mayotte dans l’océan indien. Elle préside le tribunal de première instance de Mamoudzou entre 2004 et 2008.

Elle souligne l’apparente contradiction entre le devoir du magistrat de représenter un pouvoir régalien dans des territoires supposés identiques et égaux et la nécessité d’incarner un juge de paix, expert de son pays, connu et respecté de tous. Elle s'interroge sur le rapport du juge à la géographie résumant : .

Après ces passées à exercer ses fonctions en France ultra-marine elle devient une spécialiste de l’Outre-mer, notamment au sein de l'inspection générale de la justice, où elle réalisera plusieurs missions d'inspection (Guadeloupe, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna).

Elle prend de nouvelles fonctions de première présidente à la cour d'appel de Papeete en .

Spécialisations

Égalité femme-homme Gwenola Joly-Coz devient une spécialiste de l’égalité femme-homme et lutte contre l’invisibilisation des femmes au sein de la magistrature. La question des droits des femmes apparaît dans son parcours lorsqu'elle est nommée à l'Inspection générale de la justice en 2010. Son action se traduit par la création en 2014 de l’association femmes de justice qui a fêté son dixième anniversaire le . L’association agit en matière de « mixité, parité et égalité », au sein de la magistrature. Elle propose un mentorat professionnel aux femmes de justice pour lutter contre l’auto-censure et le plafond de verre. Elle participe ainsi au développement de ce qu'elle appelle qui voit à partir de 2012 se créer des associations de femmes dans de nombreux ministères (par exemple : administration moderne et femmes de l'intérieur). Dans la Revue de droit d'Assas en elle s'interroge . En 2020, femmes de justice participe à la création d'un réseau de femmes dans le public et dans le privé : 2GAP.

Après plusieurs années dans la magistrature, elle s’aperçoit ne pas connaître le nom de la première femme magistrate. Elle part dès lors à sa recherche et découvre Charlotte Béquignon-Lagarde à qui elle dédie un article en . Désormais la plus grande salle du nouveau tribunal judiciaire de Paris porte son nom, qu'elle a suggéré à Jean-Michel Hayat.

Pendant quatre ans elle va poursuivre la recherche des pionnières de la magistrature en se posant successivement les questions : quelle femme première présidente d'un tribunal ? première procureure ? première garde des Sceaux ? Interrogeant les familles, elle dresse 17 portraits publiés dans le Journal spécial des sociétés.

Au terme d’un travail de recherche inédit, Gwenola Joly-Coz met en lumière les juges pionnières qui ont ouvert la voie aux magistrates contemporaines. Le récit de ces parcours extraordinaires est l’occasion de fournir des modèles identificatoires. Pour ce corpus, elle reçoit la mention spéciale du Grand Prix de l’ENM 2021.

En elle intervient dans le colloque organisé par Isabelle Rome, haute fonctionnaire à l'égalité femme-homme du ministère de la justice.

Elle poursuit par la direction scientifique d'un cycle de conférences « Figures de femmes » à la Cour de cassation les , et . Elle en présente l'intention : . En , Gwenola Joly-Coz regroupe tous ses portraits dans un ouvrage Femmes de justice, portraits et réflexions auquel elle ajoute des fiches sur les grands concepts de la conversation féministe : mixité, parité, essentialisation, l'usage féminin du langage. .

Les portraits de femmes sont repris dans une exposition itinérante inaugurée en 2023 lors de l'assemblée générale de femmes de justice à la mairie de Paris. Elle a été présentée à la Cour de cassation en (lien expo), en parallèle de documents issus des fonds anciens de la bibliothèque de la Cour de cassation. Elle a depuis été présentée à la Cour de cassation, au ministère de la justice et dans plusieurs juridictions. L'exposition participe a rendre visible le rôle des femmes dans la justice. Ces portraits ont également été installés à l'École nationale de la magistrature à l'occasion de l'arrivée de la promotion historique d'élèves magistrats en .

Lutte contre les violences intra-familiales

Au tribunal judiciaire de Pontoise En tant que présidente du tribunal de Pontoise, Gwenola Joly-Coz met en place diverses mesures pour améliorer le traitement judiciaire des violences intrafamiliales. Elle permet le déploiement de l’ordonnance de protection au sein de la juridiction, notamment par la rédaction d'un guide de l'ordonnance de protection. Des audiences correctionnelles dédiées aux violences intrafamiliales sont mises en place au tribunal judiciaire de Pontoise. De plus, des stages de sensibilisation aux violences faites aux femmes et des stages de sensibilisation à l’égalité femme-homme sont déployés pour travailler sur les mécanismes d’emprise et de domination.

Engagés depuis plusieurs années dans la lutte contre les violences faites aux femmes les chefs de juridiction proposent que le tribunal judiciaire de Pontoise soit une juridiction pilote.. Gwenola Joly-Coz soutient. avec Eric Corbaux, procureur de la République près le tribunal judiciaire de Pontoise, le déploiement du bracelet anti-rapprochement. Le premier bracelet anti-rapprochement est posé au tribunal judiciaire de Pontoise.. Ce dernier a depuis été généralisé dans toute la France à la suite de l'annonce de la garde des Sceaux Nicole Belloubet.

Le pôle famille et le parquet du tribunal judiciaire de Pontoise engagent une réflexion sur la lutte contre les mariages forcés, le principe du consentement libre et éclairé au mariage et sur la lutte contre les unions conclues sous la contrainte, la menace ou la violence.

Elle s'est engagée résolument dans le processus du grenelle des violences faites aux femmes de , animé au niveau ministériel par Isabelle Rome.

Elle est marquée par l'affaire Adèle Haenel qui considère que la justice fait subir une violence systémique aux femmes, et propose le à plusieurs magistrats (François Molins, Edouard Durand, Jöelle Munier-Pacheu, Stéphane Noël, Eric Corbaux) la rédaction d'une tribune publiée dans Le Monde où elle incite les femmes victimes de violences conjugales à se tourner vers la justice, soulignant que les tribunaux mettent en place des politiques de lutte contre les violences intrafamiliales et que les juges se forment.

À la cour d'appel de Poitiers vignette|Elle l'a bien cherché - la justice et la lutte contre les violences faites aux femmes, Gwenola Joly-Coz, ed. dialogues - décembre 2023 En , elle publie une tribune dans Le Monde, avec Eric Corbaux, procureur général près la cour d’appel de Poitiers appelant à une spécialisation judiciaire en matière de violences intrafamiliales. Les chefs de cour y expliquent que la lutte contre ce phénomène massif et complexe doit passer par une réorganisation de la justice, demandant la création d’un juge spécialisé VIF dans chaque tribunal.

En elle publie l'ouvrage "femmes de justice" Indésirables ! Comment les femmes ont réussi à entrer dans la magistrature ? Invisibles ! Pourquoi les femmes juges restent inconnues?