droite|vignette| Des drapeaux blancs et rouges, représentant respectivement les décès irakiens et américains, sont installés dans le quadrilatère d'herbe de la bibliothèque Valley sur le campus de Corvallis, dans l'Oregon, de l'université d'État de l'Oregon. Dans le cadre de l'exposition itinérante Iraq Body Count de 2008 à 2009 (non liée au projet Iraq Body Count ), les drapeaux visent à « faire prendre conscience du coût humain de la guerre en Irak ». (mai 2008) Les pertes humaines pendant la guerre d'Irak sont les victimes de cette guerre menée par une coalition conduite par les Etats-Unis en Irak entre 2003 et 2011. Le nombre des victimes est compris entre 151 000 et 1 million de morts, irakiens dans leur immense majorité. L'incertitude concernant le nombre de morts est liée aux méthodes utilisées pour le décompte ; elle affecte uniquement le nombre d'Irakiens morts ; celui des soldats américains tués, estimé à 4431, n'est pas sujet à débat.
L’estimation des décès causés par la guerre pose de nombreux défis. Les experts font la distinction entre d'une part les décomptes de cadavres, qui comptabilisent les décès officiellement signalés et, d'autre part, les enquêtes auprès des familles permettant de comparer le nombre de morts en excès après l'invasion de l'Irak au nombre de morts avant l'invasion.
La méthode consistant à dénombrer les corps dans les hôpitaux, les morgues, ou à se fonder sur les décomptes dans des sources médiatiques, sous-estime en général le nombre de morts parce qu'une partie des décès n'est pas déclarée : des victimes meurent dans des zones dangereuses, peu couvertes par les journalistes, certaines sont enlevées, exécutées et enterrées clandestinement dans des fosses communes. Le décompte des cadavres a dénombré au moins 110 600 morts violentes en (selon Associated Press). Le projet Iraq Body Count documente selon cette méthode entre 186 901 et 210 296 civils victimes de mort violente.
L'autre méthode consistant à interroger les familles engendre un risque inférieur de sous-estimation, mais ce risque demeure, parce que de nombreuses familles ont fui le pays après y avoir perdu un des leurs, et se trouvent exclues de l'enquête. Les sondages auprès d'échantillons de population produisent des estimations du nombre de victimes de la guerre en Irak allant de 151 000 morts violentes en (selon le Iraq Family Health Survey) à 1 033 000 décès excédentaires en 2007 (selon l' enquête Opinion Research Business (ORB) de 2007). D'autres enquêtes couvrant différentes périodes temporelles évoquent un total de 461 000 décès en (dont plus de 60 % de mort violente) selon PLOS Medicine 2013 ; et un total de 655 000 décès en (dont plus de 90 % de mort violente), selon l'étude The Lancet de 2006.
Les résultats varient aussi selon que l'on considère uniquement les morts liées au combat, ou si l'on inclut les morts liées à l'effondrement du système de santé, de police et de justice. Ils varient de manière évidente selon la date à laquelle on arrête le décompte, et selon que l'on considère les civils uniquement, ou les civils et les combattants ensemble. Certaines études sont évaluées par les pairs, et considérées comme scientifiques (The Lancet, Plos Medecine), d'autres non (Iraq Body Count).
Le sujet est sensible, ayant des implications politiques. Toutes les estimations des victimes de la guerre en Irak sont contestées.
Près de 60% des décès sont dus à une mort violente, selon Plos Medicine (étude de 2013). Parmi des morts violentes, 35% sont imputables à la coalition, 32% aux milices, selon la même étude. La plus grande part des Irakiens victimes de mort violente ont été tués par balles ; viennent ensuite les voitures piégées, les explosions et les bombardements aériens, selon plusieurs études qui, sur ce point, sont concordantes.
On entend par « guerre d'Irak » la séquence historique comprenant l'invasion de l'Irak en 2003, l'occupation du pays par les Etats-Unis et la coalition, l'insurrection irakienne et la guerre civile en Irak qui ont suivi.
Estimations chiffrées {| class="wikitable" | Iraq Family Health Survey, de mars 2003 à juin 2006 | L'Iraq Family Health Survey publie en 2008 pour l' Organisation mondiale de la santé. des résultats dans le New England Journal of Medicine. L'étude a porté sur 9 345 familles à travers l'Irak et estime que 151 000 décès sont dus à la violence (plage d'incertitude de 95 %, 104 000 à 223 000) de à Boseley, Sarah (January 10, 2008). "151,000 Civilians Killed Since Iraq Invasion – Figures Up to June 2006 from Household Survey – Government Accepts New estimate on Death Toll. The Guardian. Retrieved September 2, 2010... |- valign="top" | Revue Lancet, de mars 2003 à juin 2006 | Une étude publiée dans la revue The Lancet établit le chiffre de 654 965 décès excédentaires jusqu'à la fin en se fondant sur les données d'une enquête auprès des ménages. L’estimation concerne tous les décès violents et non violents excédentaires. Le chiffre inclut également les décès dus à une augmentation de l’anarchie, à des infrastructures dégradées, à des soins de santé de moins bonne qualité, etc. On estime que 601 027 décès (fourchette de 426 369 à 793 663 en utilisant un intervalle de confiance de 95 %) sont dus à la violence. 31 % d’entre eux sont attribués à la Coalition, 24% à d’autres, 46% à des agents inconnus. Les causes des morts violentes sont les coups de feu (56%), les voitures piégées (13 %), d'autres explosions/munitions (14 %), les bombardements aériens (13%), les accidents (2%) et les causes inconnues (2%). Une copie d'un acte de décès était disponible pour une forte proportion de décès déclarés (92 % des ménages invités à en produire un)Lancet surveys of Iraq War casualties- 2006 Lancet study. . By Gilbert Burnham, Riyadh Lafta, Shannon Doocy, and Les Roberts. The Lancet, October 11, 2006Supplement to 2006 Lancet study: . By Gilbert Burnham, Shannon Doosy, Elizabeth Dzeng, Riyadh Lafta, and Les Roberts.Opinion essay (numerous signatories) (October 21, 2006). . The Age. Retrieved September 2, 2010 |- valign="top" | Revue PLOS Medicine, de mars 2003 à juin 2011 | Le chiffre de l'étude publiée dans PLOS Medicine d'environ 460 000 décès excédentaires jusqu'à fin se fonde sur des enquêtes auprès des ménages. L’estimation concerne tous les décès violents et non violents excédentaires. Elle inclut également les décès dus à l'aggravation de l’anarchie, à la dégradation des infrastructures, à des soins de santé de moins bonne qualité, etc. Les auteurs estiment qu'au moins 55 000 décès supplémentaires manquent dans l'enquête, car les familles des défunts avaient émigré hors d'Irak. Plus de 60% de décès sont directement imputables à la violence. 405 000 décès (plage de 48 000 à 751 000 en utilisant un intervalle de confiance de 95%) ont été estimés comme un excès de décès attribuable au conflit. L'enquête indique que même si les attentats aux voitures piégées ont fait l'objet d'une plus grande couverture médiatique à l'échelle internationale, les blessures par balle sont responsables de la majorité (63%) des morts violentes. L'étude estime également que 35 % des morts violentes sont attribuées à la Coalition et 32% aux milices. Les maladies cardiovasculaires représentent environ la moitié (47%) des décès non violents, les maladies chroniques 11%, les décès de nourrissons ou d'enfants autres que des blessures 12,4%, les blessures non liées à la guerre 11 % et le cancer 8 %. |- valign="top" | Opinion Research Business | Un sondage Opinion Research Business (ORB), , mené du 12 au estime à 1 033 000 le nombre de morts violentes dues à la guerre en Irak. La fourchette donnée était de 946 000 à 1 120 000 décès. Un échantillon représentatif à l'échelle nationale d'environ 2 000 adultes irakiens a répondu à la question de savoir si des membres de leur foyer (vivant sous leur toit) avaient été tués à cause de la guerre en Irak. 22% des personnes interrogées ont perdu un ou plusieurs membres de leur foyer. L'ORB a rapporté que « 48 % sont morts d'une blessure par balle, 20 % de l'explosion d'une voiture piégée, 9 % d'un bombardement aérien, 6 % des suites d'un accident et 6 % d'une autre explosion/munition. »"More than 1,000,000 Iraqis Murdered" . September 2007. Opinion Research Business. PDF report: Susman, Tina (September 14, 2007). "Poll: Civilian Death Toll in Iraq May Top 1 Million" . Los Angeles Times (via commondreams.org). Retrieved September 2, 2010.Beaumont, Peter; Walters, Joanna (September 16, 2007). "Greenspan Admits Iraq Was About Oil, As Deaths Put at 1.2 Million" . The Observer (via commondreams.org). Retrieved September 2, 2010.Staff writer (September 18, 2007). "The Media Ignore Credible Poll Revealing 1.2 Million Violent Deaths in Iraq" . Media Lens. Retrieved September 2, 2010.. |- valign="top" | Documents divulgués par Wikileaks, de janvier 2004 à décembre 2009 | Des documents militaires américains classifiés publiés par WikiLeaks en font état de 109 032 décès répartis en « civils » (66 081 décès), « nation hôte » (15 196 décès), « ennemi » (23 984 décès) et « amical » (3 771 décès) entre et Staff writer (October 22, 2010). "WikiLeaks Iraq FAQs – What the Logs Really Say" . Der Spiegel. Retrieved November 21, 2010. |- valign="top" | Ministère de la santé irakien, de janvier 2005 à février 2009 | Le ministère de la Santé du gouvernement irakien compte 87 215 Irakiens morts de mort violente entre le et le , en se fondant sur les certificats de décès délivrés par les hôpitaux et les morgues pour morts violentes. Le responsable qui a fourni les données déclare à l'Associated Press que le nombre réel de morts est entre 10 et 20 % plus élevé en raison des milliers de personnes toujours portées disparues et enterrés dans le chaos de la guerre sans documents officiels ; le ministère ne dispose pas ds chiffres pour les deux premières années de la guerreAssociated Press via NBC News. April 24, 2009. Report: 110,600 Iraqis killed since invasion . Full AP article.Associated Press via Boston Herald. April 23, 2009. "AP Impact: Secret Tally Has 87,215 Iraqis Dead" .. |- valign="top" | The Associated Press de mars 2003 à avril 2009 | Associated Press déclare que plus de 110 600 Irakiens ont été tués depuis le début de la guerre jusqu'en , en se fondant le décompte du ministère de la Santé de 87 215 morts pour la période du au , combiné avec le nombre de victimes pour 2003-2004, et à partir de , fourni par des sources hospitalières et des médias. |- valign="top" | Iraq Body Count, depuis | Le Projet Iraq Body Count (IBC) estime que 183 535 à 206 107 civils sont morts de mort violente jusqu'en avril 2019. Ce chiffre comprend les décès de civils signalés dus à l'action militaire de la coalition et des insurgés, à la violence communautaire et à l'augmentation de la violence criminelle. Depuis le Iraq Body Count project. La page précise : . Le site de l'IBC déclare : « de nombreux décès ne seront probablement pas signalés ou enregistrés par les autorités et les médias »Iraq Body Count project . Source of IBC quote on undercounting by media is here.. |- valign="top" |Ali al-Shemari (ministre irakien de la Santé) de mars 2003 à novembre 2006 | Selon le ministre irakien de la Santé, , depuis l'invasion de mars 2003, entre 100 000 et 150 000 Irakiens ont été tués, estimation fournie en novembre 2006, fondée sur une estimation de 100 corps par jour amenés aux morgues et aux hôpitaux, calcul qui devrait conduire au nombre de 130 000 tués au total selon le Taipei TimesStaff writer (November 11, 2006). "Iraqi Death Toll Estimates Go as High as 150,000" . Agence France-Presse/Associated Press (via Taipei Times). Retrieved September 6, 2010.. |- valign="top" |Costs of War Project, de mars 2003 à octobre 2018