Les Krakus sont une unité de cavalerie légère polonaise de l'armée du duché de Varsovie. Créés en 1813 à partir d'une levée de polonais afin d'arrêter l'armée russe qui talonne la Grande Armée à la suite de la retraite de Russie, ils ont une durée d'existence assez courte de 1813 à 1814, mais s'illustrent lors des campagnes d'Allemagne et de France. Du fait de la petite taille de leurs chevaux, ils sont surnommés la par Napoléon .
Historique
Organisation
En , à la suite de la désastreuse campagne de Russie, la Grande Armée doit trouver de nouvelles recrues pour reformer ses rangs. Le prince polonais Joseph-Antoine Poniatowski s'occupe de préparer le duché de Varsovie à résister à l'armée russe. C'est ainsi que sont levés dans la région de Cracovie, en voïvodie de Petite-Pologne, à cheval équipés aux frais des villages et des seigneurs locaux. Leur nom de Krakus vient précisément du fait qu'ils sont originaires de la région de Cracovie. Ces unités sont d'abord assez mal perçues et, sur les du départ, la moitié est reversée dans l'infanterie de l'armée du duché de Varsovie. Les restants sont organisés par le major Kajetan Rzuchowski. À partir du , ils sont commandés par le colonel Alexandre Oborski..
Les recrues composant l'unité, elles-mêmes d'assez petite taille, sont montées sur de petits chevaux appelés « konias ». Les Krakus ne reçoivent qu'un entraînement rudimentaire et, en lieu et place d'un trompette, utilisent un bountchouk pour la transmission des ordres.
Campagne d'Allemagne (1813)
Les Krakus partent pour la Saxe au sein du corps de l'armée du duché. Divisés en quatre escadrons de 220 chevaux chacun, ils font partie, avec le régiment de cuirassiers polonais, de la brigade de cavalerie légère de l'avant-garde du général Jan Nepomucen Umiński.
Sur le terrain, ils suivent des tactiques semblables aux cosaques et, de même que les éclaireurs et les tartares lituaniens de la Garde impériale, font partie des unités ayant ce rôle de harcèlement et de reconnaissance ; comme le souligne Jan Rutkiewicz, le régiment , soit .
L'unité connaît son baptême du feu à Friedland le . À Ebersbach, le , les Krakus, pour leur premier engagement d'importance contre les cosaques, se mesurent avec succès à leurs adversaires.. Le , les Krakus capturent l'étendard du régiment russe des cosaques de Grékov à Strahwalde. Ils sont très estimés du général Poniatowski dont ils forment l'escorte habituelle.
Le , Napoléon les rencontre à Zittau. Il est d'abord amusé par le caractère chétif de ses cavaliers, mais le récit de leurs exploits par le général Umiński l'incite à les passer en revue. Il déclare à Caulaincourt : ; puis, à Poniatowski, il dit : .
Par la suite, les Krakus se signalent en diverses occasions comme à Zetlitz, le , où Poniatowski se jette dans la mêlée avec un détachement de Krakus de sa garde personnelle. Quelques jours plus tard, lors de la bataille de Leipzig, ils chargent à Wachau et y mettent en déroute le régiment de cosaques de la Garde impériale. Leur effectif n'est plus que de 21 officiers et 257 soldats à la fin de la bataille.. Un décret du visant à réorganiser le régiment à six escadrons de 250 hommes chacun n'est pas suivi d'effet.
Campagne de France (1814)
vignette|Les Krakus en 1814, par Bronisław Gembarzewski.
En 1814, après avoir été réorganisés à Sedan, ils participent à la campagne de France durant laquelle ils combattent sous les ordres du général Pac à la suite de la Garde impériale, aux côtés des deux régiments de lanciers polonais de la ligne. Ils mènent une dernière charge lors de la bataille de Claye en compagnie d'un détachement du régiment d'éclaireurs de la Garde. Alain Pigeard évoque cependant leur participation à la défense de Paris en ; alors stationnés au dépôt de Versailles, ils sont engagés contre les troupes prussiennes dans le secteur de Clichy et déplorent sept officiers hors de combat.
Après l'abdication de Napoléon, les soldats qui composent le régiment regagnent leurs foyers, non sans escorter, sur le trajet du retour, la dépouille du maréchal Poniatowski depuis Leipzig jusqu'à Varsovie. L'unité est dissoute à la fin de l'année 1814.
Uniforme et équipement
Les Krakus ont un uniforme proche des chevau-légers polonais. Les tenues, écrit Jan Rutkiewicz, sont . La coiffe est une krakuska, une toque de forme carrée traditionnellement portée par les paysans de la région de Cracovie. Les cavaliers du régiment sont théoriquement équipés d'une lance sans fanion, d'un sabre et d'un pistolet à silex.
Les cartouches ne sont pas stockées dans une giberne mais dans des poches, en fait des étuis en fer, placées de chaque côté de la poitrine. Le ceinturon, auquel est fixé le sabre, est en cuir rouge.
Notes et références
Bibliographie
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Catégorie:Histoire militaire de la Pologne Catégorie:Unité militaire des Guerres napoléoniennes Catégorie:Relations entre la France et la Pologne