L’Archer bassari est un roman de l'écrivain malien Modibo Sounkalo Keita. Paru en 1984 aux éditions Karthala, l’œuvre reçoit le grand prix littéraire d’Afrique noire la même année.
Thème Le livre mélant les genres policier et politique décrit l'anomie et la perte des valeurs dans la communauté bassari du village sahélien d’Oniateh, victime de neuf ans de sécheresse.
Synopsis (début) Dans la ville de Kionda, capitale imaginaire d'un pays du Sahel, Sérigne Ladji, un homme riche et débauché, est assassiné par un mystérieux archer. Pendant que la police mène son enquête sur ce meurtre, Badou Traoré, le propriétaire de la Société Traoré taxis et tous Transports, meurt dans les mêmes circonstances. Un sage, le vieux Sambou, versé dans les arts divinatoires, révèle que l’archer vient du pays bassari. Suit la mort de Papa André Koh, Directeur du Service d’Aide aux désespérés, qui lui est mystérieusement mordu par un serpent, dans un lieu où sa présence est illogique.
En raison de ces meurtres non élucidés, l’angoisse commence à s’emparer de la ville, et augmente encore quand l’archer surgit de nouveau pour flécher Solo Dambo, Directeur général de l’Office de Stockage des Céréales. La police piétine. La cinquième fois l’archer tire sa flêche sur Sanko Kamaga, le Conseiller du Ministre. La suite du roman est consacré aux enquêtes, jusqu'à leur dénouement.
Résumé Après 9 ans de sécheresse, le village d'Oniateh meurt de faim et de soif. L'aide alimentaire qui leur a été promise est détournée par des fonctionnaires véreux, et leur est proposée à prix d'or sur le marché. Pour survivre, les anciens du village décident de vendre l'idole d'or qui assure la fécondité au sein de la communauté. Ils envoient quatre jeunes du village la vendre à la capitale, Ceux-ci ne donnant plus de signes de vie, deux émissaires sont envoyés à leur recherche. Quand ils les retrouvent, ils sont convaincus par eux de partager le prix de la vente et de mener une vie de luxe dans la capitale.
Ayant appris la nouvelle, un groupe de villageois décide d'envoyer à son tour Atumbi le jeune pour les venger. Celui-ci effectue sa mission et les tue un à un avec son arc. Une double enquête, menée par la police et par un journaliste, Simon Dia, permet de trouver les coupables, qui sont finalement épargnés eu égard aux circonstances.
Analyse Outre la dénonciation des effets de la sécheresse sur le délitement de la société, dont l'anomie caractérisée par les détournements successifs, la violence et les abus de pouvoir, ce roman permet à Modibo Keita de décrire les conséquences connues de l'exode rural qui condamne le plus souvent dans de telles conditions les filles à la prostitution et les garçons à l'exploitation ou à l'alcoolisme. Keita utilise par ailleurs la voix de ses personnages pour rejeter l'aide alimentaire internationale et préconiser une modernisation de l'agriculture.
Prix
1984 : Grand prix littéraire de l'Afrique noire 1985 : Grand prix du Syndicat des journalistes et écrivains français
Notes et références
Catégorie:Roman paru en 1984 Catégorie:Roman de langue française Catégorie:Roman malien Catégorie:Roman sur l'agriculture Catégorie:Roman social Catégorie:Roman policier Catégorie:Lauréat du grand prix littéraire d'Afrique noire