right|thumb|130px|Réplique d'obus Sanshiki de 46 cm au Musée Yamato. Le , parfois juste ou simplement est un projectile utilisé par la Marine Impériale Japonaise lors de la Seconde Guerre Mondiale, dans un but de lutte antiaérienne, combinant des éléments shrapnel incendiaire. Il été également connu comme le .

L'obus se déclinait en plusieurs calibres de canons de marine, allant du au , et était formé de plusieurs couches de tubes incendiaires, eux-mêmes assemblés en structure de "nid d'abeilles", lui valant le surnom d'obus .

Cet obus devait servir pour appliquer des tirs de barrage anti-aériens, dressant un mur de feu détruisant tout avion le traversant. Cependant, la plupart des pilotes américains comparaient ces obus à de simples effets pyrotechniques, tels des feux d'artifice, ne perdant que peu, voir pas d'avions à cause de ces obus durant la guerre du Pacifique (au moins dans les plus grosses déclinaisons de l'obus), , et de rayon d'effet.

Ces obus eurent tout de même une carrière lors des opérations de bombardement côtières, étant plus efficaces que de simples obus incendiaires dans certaines situations, notamment dû à leur plus grand rayon d'action.

Spécifications right|thumb|Explosion d'un obus Sanshiki de 46 cm. Chaque tube de la structure produit un faisceau incendiaire. Ces obus était composé d'un ensemble de : Tubes incendiaires : Les tubes étaient en acier, longs de et d'un diamètre de creux ( et respectivement pour ceux de calibre ), ils étaient remplis de "thermite caoutchouc" (45 % elektron, 40 % nitrate de baryum, 9,3 % caoutchouc synthétique polysulfuré, 5 % caoutchouc naturel, 0,5 % sulfure, 0,2 % acide stéarique), et s'allumaient via chaque côté. Une fois l'obus explosé, les tubes s'allumaient une demi-seconde plus tard et brulaients durant , formant des flammes de de long. Étais d'acier, servant à la tenue structurelle de l'obus lors de son déploiement et faisant partie des fragments de shrapnel, Une charge explosive en son socle, servant à créer un cône de dispersion, pour créer le mur de barrage, Une fusée d'ogive (type 91 Shiki), permettant de régler l'altitude de déclenchement de la charge explosive, et étant ajustée pour chaque tir, Un corps d'ogive en bois, peint en rouge.

Selon le calibre, les compositions des obus pouvaient varier p15 :

CalibreMasse etlongueurCompositionPerformances(dispersion)Notes/45996 tubes1500 étais1500 fragments? de charge explosive 15 ° de dispersion de diamètreDésignation : Obus de Type 3 Model 13/45 940 tubes375 étais1110 fragments? de charge explosive 15 ° de dispersion de diamètre/45 480 tubes199 étais679 fragments? de charge explosive 15 ° de dispersion de diamètre/50 198 tubes57 étais255 fragments de charge explosive13 ° de dispersion de diamètreLa distance maximale d'efficacité n'était que de , avec une altitude maximale possible de /40/50 43 tubes23 étais66 fragments? de charge explosive 10 ° de dispersion de diamètre

Le cuirassé allemand Tirpitz utilisa également un dérivé de cet obus pour ses cannons de 38 cm, notamment après les attaques de l'opération Tungsten.

Utilisation Les obus anti-aériens sanshiki ont été utilisés lors des bombardements de la bataille d'Henderson Field. Le , afin d'assister l'escorte d'un important convoi de 6 navires de transport vers Guadalcanal, le commandant de la Flotte combinée, l'amiral Isoroku Yamamoto envoya un détachement naval depuis Truk commandé par le vice-amiral Takeo Kurita, pour bombarder Henderson Field. Cette force, composée des cuirassés Kongō et Haruna, d'un croiseur léger et de neuf destroyers, a atteint Guadalcanal sans opposition et ouvrit le feu sur Henderson Field le à 01h33. Durant les 83 minutes suivantes, 973 obus furent tirés des canons principaux de des Kongō, dont 104 étaient des obus de type 3 tirés par le Kongō, le reste étant 189 obus explosifs de type 0 et 625 obus perce-armure de type 1, le tout touchant le périmètre de Lunga, dans et autour les des pistes de l'aérodrome. Ces pistes furent très endommagées, brulant également presque tout le carburant aérien présent, détruisant 48 des 90 avions de la CAF présents, et tuant 41 soldats, dont six techniciensMorison, Struggle for Guadalcanal, Frank, Guadalcanal, pp. 315–20, 171–5, Hough, Pearl Harbor to Guadalcanal, pp. 326–27..

Durant la Première bataille navale de Guadalcanal le , une autre force japonaise tenta de bombarder Henderson Field, mais elle fut interceptée par les croiseurs et destroyers américains avant d'atteindre son objectif.

Les salves initiales tirées par les cuirassés Hiei et Kirishima furent ainsi des obus de type 3, initialement chargés pour les opérations de bombardement et non pour un engagement naval. Les quelques premiers obus touchant le croiseur firent ainsi bien moins de dégâts que s'ils avant été des obus perforants standards.

Quand bien même les obus sanshiki représentaient 40 % des munitions totales des cuirassés de la Classe Yamato en 1944, ils étaient rarement utilisés contre l'aviation ennemie . Entre autres, la déflagration des canons principaux interrompait l'opération des canons anti-aériens plus efficaces (pour des raisons de sécurité de l'équipage), et les ceintures de forcement en cuivre des ogives étaient mal usinées, les tirs constants endommageant le filetageSteinberg, p. 54, un de ces obus ayant potentiellement pré-détoné et incapacité un des canons du Musashi lors de la bataille du golfe de Leyte.

Le Yamato utilisa notamment ces obus lors de l'opération Ten-Gō ; une première fois contre les hydravions PBM Mariner l'observant, puis contre la vagues d'attaquants de la Task Force 58.

Les obus de type 3 sont également une des pistes potentielles à l'origine de l'explosion dévastatrice qui causa la perte du cuirassé Mutsu le , où un incendie d'un de ces obus (potentiellement lié à un défaut de fabrication) aurait résulté en ladite explosion.

Voir également VT fuze, la solution principale des Alliés pour la lutte anti-aérienne.

Notes et références

Catégorie:Ogive Catégorie:Arme militaire fabriquée au Japon Catégorie:Arme japonaise de la Seconde Guerre mondiale