Les manifestations de 2024 contre l'extrême droite en France, également appelées manifestations anti-RN, sont des manifestations qui commencent le , en réaction à la victoire du Rassemblement national (RN) aux élections européennes, puis à la dissolution de l'Assemblée nationale et aux élections législatives anticipées convoquées par le président de la République Emmanuel Macron. Elles visent également à s'opposer aux médias d'extrême droiteÀ Paris, des milliers de personnes au meeting festif contre l’extrême-droite , L'Humanité, Bérénice Paul, 27 juin 2024.
Elles sont organisées à l'appel de syndicats, d'ONG, de partis politiques et d'associations de gauche et d'extrême gauche.
Le , les manifestations se terminent deux jours avant le second tour des élections législatives.
Contexte
Le , la liste du RN, présidée par Jordan Bardella, obtient 31,36 % des voix aux élections européennes. Dans la foulée, le président Emmanuel Macron décide de dissoudre l'Assemblée nationale et de convoquer de nouvelles élections législatives à deux tours, les et , pour élire les 577 députés de la Assemblée nationale de la Cinquième République.
Déroulement 9 juin Plusieurs centaines de personnes manifestent contre la victoire du RN place de la République à Paris et appelent à l' aux prochaines élections législatives.
À Lille, plusieurs dizaines de personnes scandent .
10 juin vignette|Graffiti sur un mur à Paris . Trois mille personnes se rassemblent place de la République à Paris. Un manifestant tombe de la statue de la place de la République et est , selon une source policière. Alors que la foule se disperse peu après , plusieurs milliers de manifestants se dirigent vers le siège des Écologistes, où les partis de gauche se réunissent pour trouver un accord en vue des élections législatives. Sur leur passage, plusieurs panneaux électoraux sont vandalisés. Peu avant minuit, la police disperse le cortège à l'aide de grenades de désencerclement.
Toujours à Paris, des centaines de jeunes se rassemblent devant le lycée Henri-IV.
vignette|Une partie du cortège toulousain, boulevard de Strasbourg, à Toulouse.
À Toulouse, sont mobilisées. Le cortège, parti des allées du Président-Franklin-Roosevelt, suit les boulevards jusqu'à Saint-Cyprien. Des incidents éclatent vers la fin de la manifestation, les participants s'emparant brièvement d'un engin de chantier, brisant des vitrines et brûlant des poubelles. La police fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la fouleMarie Maison, « Plusieurs milliers de personnes manifestent contre l'extrême droite à Toulouse : "Le moment est historique" », France Bleu Occitanie, 10 juin 2024, mis à jour le 11 juin 2024..
À Marseille, se rassemblent à l'appel de plusieurs syndicats devant la préfecture de région.
Plusieurs milliers de personnes se rassemblent également à Nantes, Rennes, Rouen, Grenoble, Montpellier, Saint-Étienne et Besançon. À Nantes, la police fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, et des poubelles sont incendiées au passage du cortège, puis la manifestation se disperse dans le calme. Un drapeau français accroché à la fenêtre d'un logement est arraché. Les militants caillassent également la fenêtre de l'appartement où était accroché le drapeau.
À Angers, des militants encagoulés et vêtus de noir saccagent la devanture d'un bar prétendumenent lié à .
À Bordeaux, , se rassemblent place de la Victoire. Un bar est vandalisé rue Sainte-Catherine. Peu après 22 heures, une église est vandalisée.
À Lyon, quelque , à l'appel de mouvements de gauche et d'ultra-gauche, se sont vus empêchés de franchir un pont vers le Vieux Lyon, fief de l'ultra-droite, par un cordon de police des manifestants dans sa direction, selon la préfecture. Des poubelles sont également incendiées en fin de soirée.
11 juin vignette|Manifestation lycéenne à Paris. Un millier de personnes manifestent à Nancy. Après le rassemblement, les manifestants défilent dans le centre-ville de Nancy, avant de rejoindre la place Stanislas vers 21h40. Une heure plus tôt, à la sortie du cortège, un affrontement a lieu dans le centre-ville, . La police fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les personnes impliquées, et aucune interpellation n'a eu lieu.
À Orléans, manifestent.
12 juin À Lyon, manifestent et scandent des slogans anti-Jordan Bardella. Selon la préfecture, des manifestants fracturent deux portes d'un commissariat et vident un extincteur à l'extérieur.
À Toulouse, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans la rue, malgré l'interdiction de toute manifestation par la préfecture. Plus tard dans la soirée, après avoir ordonné aux derniers manifestants de se disperser, la police tire des gaz lacrymogènes, tandis que des feux de poubelles sont allumés.
À Lille, environ 700 manifestants participent à la marche hebdomadaire des sans-papiers.
À Gignac, 200 personnes manifestent.
À Alençon, dans l'Orne, une centaine de personnes manifestent.
13 juin Environ manifestent à Lorient, dans le Morbihan.
14 juin À Lyon, des milliers de personnes se rassemblent sur la place des Terreaux. Quelques explosions retentissent dans la foule et des tags ACAB sont peints sur les murs. La façade de l'hôtel de ville de Lyon est également taguée. De nombreuses personnes cagoulées et portant des lunettes noires dégradent le McDonald's de la place Bellecour. Les premiers affrontements avec la police ont lieu sur le pont Bonaparte. Les manifestants lancent des mortiers, ce qui conduit la police à tirer des gaz lacrymogènes. Le cortège se dissipe, mais un groupe important reste rassemblé en amont du pont, où au moins quatre fourgons de police et plusieurs policiers bloquent les manifestants.
15 juin vignette|Manifestation à Paris. Environ sont déployés dans toute la France, pour encadrer les manifestations. à sont attendues dans la rue. Près de rassemblements et manifestations sont organisés à l'appel d'associations et de cinq syndicats (CGT, CFDT, UNSA, FSU et Solidaires). Des manifestations ont lieu partout en France, rassemblant des milliers de personnes à Paris, Marseille, Grenoble, Toulouse et Nice. Neuf personnes sont interpellées en marge des manifestations.
16 juin À Lyon, plusieurs milliers de personnes manifestent. Quelques tensions avec les forces de l'ordre ont lieu en fin d'après-midi. Les manifestants se dispersent vers 17 heures, dans le calme.
À Caen se rassemblent environ 7500 personnes à l'appel de l'intersyndicale.
18 juin Des francs-maçons manifestent à Niort, Perpignan, Nantes et Paris.
19 juin À Amiens, près de personnes manifestent devant la mairie.
À Lyon, un millier de personnes manifestent. Trois manifestants sont interpellés et deux policiers légèrement blessés. Des tags, des dégradations diverses et des feux de poubelles sont signalés.
20 juin À Dijon, environ manifestent.
À Dreux, une petite centaine de manifestants se rassemblent.
À Rennes, un cortège réunit plus ou moins . Des tensions éclatent et les forces de l'ordre font usage de gaz lacrymogènes.
À Marseille, une manifestation se tient.
À Paris, plusieurs centaines de professionnels du monde de la culture manifestent.
À Briançon, des bergers manifestent.
22 juin À partir du , la mobilisation diminue.
En Loire-Atlantique, manifestent à Nantes. D'autres manifestations ont lieu à Clisson, Châteaubriant et Saint-Nazaire.
En Corse, plusieurs slogans contre l'extrême droite sont entendus lors de la première à Ajaccio.
À Périgueux, manifestent.
En Alsace, de l'association SOS Homophobie manifestent à Strasbourg. À Mulhouse, un peu plus d'une centaine de personnes manifestent. À Colmar, un cortège de déambule dans les rues.
À Bayonne, près de manifestent.
À Agen, environ manifestent.
À Cahors, manifestent.
23 juin À Orléans, environ manifestent. De retour à la cathédrale, le cortège se dissout vers 16 heures.
À Caen, des milliers de personnes manifestent.
À Lyon, l'appel du collectif Droits des femmes 69 rassemble plus de 2 500 personnes sur la place des Terreaux, devant l’hôtel de ville.
25 juin À Laon, une centaine de personnes manifestent.
26 juin À Tours, environ manifestent.
À Dijon, à l'appel de plusieurs syndicats, environ , selon les chiffres de la police, et selon les organisations syndicales manifestent.
27 juin À Tarbes, l'appel de l'intersyndical CGT, FSU, Solidaires et la Confédération paysanne rassemble environ sur la place de la mairie, devant l'hôtel de ville.
À Dijon, environ manifestent.
En Bretagne, des manifestations ont lieu à Morlaix et à Douarnenez.
À Tarare, un rassemblement intersyndical d'une cinquantaine de personnes de la CGT, de la CFDT et Solidaires se tient place de la Madeleine. Ils sont rejoints par la Confédération paysanne.
À Brest, près de se réunissent place de la Liberté.
Quelques centaines de personnes se sont également rassemblées à Lille, Marseille et Rennes.
À Paris, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées place de la République. Des militantes du collectif d'extrême droite Némésis, dont sa présidente Alice Cordier, ainsi que des militants d'autres mouvements d'extrême droite masqués, font irruption lors de la manifestation parisienne et, selon le JDD, journal proche de l'extrême droite, sont violemment chassées.
Des centaines de personnes manifestent à Nîmes, Cholet, Thouars, Redon et Pau.
28 juin À Auxerre, environ manifestent.
À Fontenay-le-Comte, environ manifestent.
À Guingamp, à l'appel de la Gauche indépendantiste bretonne War-Sav, manifestent.
Lors des élections législatives de 2024 30 juin Quelques heures avant les résultats du premier tour des élections législatives, une cinquantaine de personnes se sont réunies place de la Libération à Auch.
Des milliers de manifestants de gauche se sont rassemblés place de la République à Paris au soir des résultats du premier tour des élections législatives, où le Rassemblement national est arrivé en tête. Le Nouveau Front populaire (NFP) distribue aux manifestants des drapeaux aux couleurs de l’alliance. Les représentants du NFP Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Manuel Bompard s'adressent à la foule. Jean-Luc Mélenchon déclare que leur parti était le seul capable de battre le Rassemblement national, et qu'être Français représentait un non lié par la religion, la couleur de la peau, ou la langue, faisant ainsi des Français . De nombreux militants l'ont qualifié de lors de son discours. Le leader du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, est légèrement hué à son entrée sur scène, tandis que le discours du leader de la France insoumise (LFI), Manuel Bompard, suscite de vifs applaudissements. De nombreux manifestants critiquent ouvertement le retrait des candidats du parti dans certaines circonscriptions où ils étaient en retard sur Renaissance en matière de vote.
Plusieurs manifestants portaient des drapeaux palestiniens et des keffiehs en signe de solidarité avec la Palestine. De nombreux manifestants font référence au conflit israélo-palestinien, tels que . Les manifestants déploient une banderole en hommage à Nahel Merzouk, un jeune de 17 ans tué par la police à Nanterre en . Plusieurs manifestants scandent des slogans tels que , et .
À la suite des discours du NFP prononcés place de la République peu après minuit, les manifestants se dispersent. Il n'y a eu aucun cas d'affrontements, de violences ou d'autres troubles pendant la manifestation, hormis des graffitis tagués sur la place. Alors que les manifestants quittaient la place, plusieurs poubelles sont renversées, des vitres sont brisées dans un McDonald's de la rue du Faubourg-du-Temple, des feux d'artifice sont tirés et une agence bancaire est endommagée au passage du groupe sur l'avenue Parmentier, la police tirant des grenades lacrymogènes sur le groupe.