J. & W. Hilton est une entreprise d'ébénisterie et de décoration d'intérieur fondée à Montréal au Canada en 1820 par l'ébéniste John Hilton, qui s'associe avec son fils William en 1845.
En 1820, l'ébéniste John Hilton crée sa propre entreprise de fabrication de meubles à Montréal. Vers 1823, il s'associe avec James Baird pour créer la Hilton & Baird. En 1833, Edmond Baird remplace James Baird à titre d'associé. Cette association est dissoute en 1844. En 1845, John Hilton s'associe avec son fils William, créant la société J. & W. Hilton. Après la mort de John Hilton en 1866, ses fils William et Edward poursuivent les affaires de l'entreprise. Cependant, des difficultés financières combinées à une crise économique contraignent l'entreprise à déclarer faillite en 1872, et l'entreprise est liquidée en cours d'année. William Hilton continue cependant d'être en affaires sous la raison sociale J. & W. Hilton à titre de marchand de meubles jusqu'à ce qu'il déclare lui-même faillite en 1875.
Cette entreprise . En 1871, sa valeur de production la place en deuxième position des plus importants fabricants de meubles du Québec, derrière l'entreprise de l'ébéniste William Drum de la ville de Québec. Sa réputation et la qualité de ses meubles lui valent notamment d'être choisie pour représenter le Canada à l'Exposition universelle de Londres au Royaume-Uni en 1851, puis à l'Exposition universelle de Paris en France en 1855.
Histoire 1820 à 1844 : Hilton & Baird Peu d'information existent sur la création de l'entreprise de fabrication de meubles de John Hilton. En 1820, il crée sa propre entreprise de fabrication de meubles à Montréal au Canada. Vers 1823, il s'associe avec James Baird, probablement afin d'augmenter les capitaux de l'entreprise et ainsi se procurer des outils supplémentaires à la fabrication de meubles. Dès 1825, ils tiennent boutique au sud-ouest de la Place d'Armes à Montréal, et vendent des ensembles complets de meubles de ménage de leur fabrication (sofas, tables et chaises de salle à manger, buffets, bibliothèques, tables de jeux, commodes, lits, matelas, etc.), des outils ou meubles de travail variés destinés à des entreprises, et même des cercueils. En 1833, Edmond Baird remplace James Baird à titre d'associé. En 1840, l'entreprise se porte acquéreuse de six lots de terre situés sur la rue Saint-Alexandre à Montréal, comprenant , et elle y installe son usine de fabrication de meubles. Le , un feu se déclare dans l'usine qui la détruit ainsi que tout un pâté de bâtiments, entre les rues Saint-Alexandre, Craig, Chenneville et Côté. Le , c'est au tour de leur boutique de la Place d'Armes de prendre feu. Tous les meubles exposés sont alors détruits par les flammes. En 1844, John Hilton et Edmond Baird dissolvent leur association. Ce dernier meurt le à l'âge de 56 ans et 7 mois.
1845 à 1875 : J. & W. Hilton thumb|L'exposition provinciale de 1850 au marché Bonsecours à Montréal. On remarque notamment sur cette gravure le mobilier de la J. & W. Hilton en avant plan. Vers 1845, John Hilton s'associe avec son propre fils, William Hilton, pour fonder la J. & W. Hilton. Ils ouvrent dès lors une nouvelle boutique sur la Grande rue Saint-Jacques alors qu'ils installent leur nouvelle usine rue des AllemandsRenommée avenue de l'Hôtel-de-Ville en 1895 : En ligne. Entre et , l'entreprise se modernise en faisant l'acquisition notamment de machines à vapeur qu'ils font installer à leur usine, rue des Allemands, afin d'augmenter leur capacité de production.
En 1850, en prévision de l'Exposition universelle de Londres de 1851, une exposition provinciale sur l'industrie canadienne est organisée. Les entreprises sont invitées à y présenter leurs produits et concourir pour représenter le Canada à l'Exposition de Londres l'année suivante. J. & W. Hilton y participe et gagne plusieurs prix lui permettant d'être sélectionné.
En 1851, J. & W. Hilton est une des entreprises choisies qui représentent le Canada à l'Exposition universelle de Londres au Royaume-Uni. , écrit-on alors dans le périodique Le Canadien le . La reine Victoria a elle-même l'occasion d'apprécier les meubles des Hilton lors de sa visite de l'exposition le .
Vers 1854, l'entreprise déménage son usine sur la rue Saint-Germain, près des écluses Saint-Gabriel du canal de Lachine, où leur permet .
En 1855, J. & W. Hilton est encore une fois l'une des entreprises choisies pour représenter le Canada à l'Exposition universelle de Paris en France où elle présente plusieurs meubles dont . À cette occasion, elle gagne une médaille de seconde classe pour l'un de ses meubles.
En 1856, l'entreprise cumule un capital de et possède une usine en brique d'une valeur de . Elle emploie alors 82 employés pour une masse salariale de par semaine. Elle produit à cette époque annuellement entre et de meubles, dont les 2/5e sont exportés.
En 1863, l'entreprise se dote de lui permettant de . À cette époque, il s'agirait de . Elle emploie alors 92 employés.
En , les journalistes sont invités à visiter l'usine de l'entreprise située sur la rue Saint-Germain, près des écluses Saint-Gabriel du canal de Lachine. L'usine est composée de deux édifices de quatre étages chacun : l'un mesure alors que l'autre mesure . Dans l'un d'eux, le premier étage sert à recevoir la matière brute pour y être divisée en taille régulière à l'aide de scies mécaniques. Ces pièces prennent ensuite le chemin du étage pour y être subdivisées afin de à l'aide de plus de 150 machines. Ces dernières sont alimentées d'une force hydraulique de cinquante chevaux. L'autre usine renferme une fabrique de miroirs, écrit alors un journaliste de La Minerve. Une forge est également présente sur le site pour les travaux de réparation des machines. À cette époque, plus de 150 sont employés par l'entreprise, dont la moitié sont des .
En 1871, la valeur de production de l'entreprise la place en deuxième position des plus importants fabricants de meubles du Québec, derrière l'entreprise de l'ébéniste William Drum de la ville de Québec.
En 1872, des difficultés financières combinées à une crise économique contraignent l'entreprise à déclarer faillite. Le , l'entreprise se place à l'abri de ses créanciers en vertu de l'Acte de la faillite de 1869, et dépose le à la Cour Supérieure , ratifié par la Cour le . William Hilton continue cependant d'être en affaires sous la raison sociale J. & W. Hilton à titre de marchand de meubles jusqu'à ce qu'il déclare lui-même faillite en 1875.
Hilton et les artistes Au cours de sa carrière, John Hilton s'est entouré d'artistes pour la fabrication de meubles. Sa présence dans la communauté artistique de Montréal lui permet de choisir des artistes de talent. Il est par exemple l'un des fondateurs de l'Institut des Artisans de Montréal en 1845, ainsi que l'un des premiers membres de l'Art Association of Montreal en 1863.
Voici une liste non exhaustive d'artistes ayant travaillé pour John Hilton : Azarie Lavigne, ébéniste, sculpteur chez J. & W. Hilton (années 1860-70)À la fermeture de l'usine de la J. & W. Hilton en 1872, il fonde sa propre entreprise d'ébénisterie.; John C. McLaren, ébéniste, contremaître chez J. & W. Hilton (années 1860); Arthur Mingeaud (de Paris), ébéniste, sculpteur en chef chez J. & W. Hilton (années 1860); James Morice, ébéniste, contremaître chez Hilton & Baird (Années 1840)Il fonde sa propre entreprise d'ébénisterie en 1846. Il est également choisit pour représenter le Canada à l'Exposition universelle de Londres au Royaume-Uni en 1851.; Frank Smith, ébéniste, contremaître chez J. & W. Hilton (années 1860-70); M. Verolle (de Paris), ébéniste, sculpteur chez J. & W. Hilton (années 1860); Robert Williams, designer et tapissier, responsable du département des tissus chez J. & W. Hilton (De 1862 à 1872)À la fermeture de l'usine de la J. & W. Hilton en 1872, il fonde sa propre entreprise de tapissier et ouvre boutique sur la rue Craig à Montréal..
Expositions et distinctions Voici ci-dessous une liste non exhaustive d'expositions dont l'entreprise de John Hilton a exposé des œuvres : Année Exposition Période d'exposition Lieu Meubles exposés et prix (le cas échéant)1850 Exposition provinciale du Bas-Canada (Département de l'Industrie) 17 au 19 octobre 1850 Montréal (Marché Bonsecours) Chaise de salon sculptée en noyer noir et recouverte de damas cramoisi : 2 prix; Tête-à-tête sculpté en noyer noir et recouvert de damas cramoisi et or : prix spécial; Table sculptée en noyer noir (aucun prix); Etc..1851 Exposition universelle de Londres (Royaume-Uni) 1 mai au 15 octobre 1851 Londres Chaises sculptées en noyer noir et recouverte de damas cramoisi; Tête-à-tête sculpté en noyer noir et recouvert de damas cramoisi et or; Table sculptée en noyer noir1853 Exposition provinciale du Bas-Canada (Département de l'Industrie)Les juges, choisis par les commissaires de l'Exposition, sont : William Footner, Joseph Bradford, T. McKay. 27 au 30 septembre 1853 Montréal (Terrain McTavish) Fauteuil par J. & W. Hilton : prix spécial recommandé Six chaises en chêne sculpté par J. & W. Hilton : 1 prix Table à dessus de marbre par J. & W. Hilton : 1 prix Fauteuil à dossier élastique par J. & W. Hilton : prix spécial recommandé1855 Exposition universelle de Paris (France) 15 mai au 15 novembre 1855 Paris Sofa à dossier élastique; Table ronde en noyer; Console en noyer; Chaise à dos élastique pour coudre; Six chaises pour salon; et Tête-à-têteL'un des meubles présentés a reçu une médaille d'argent de seconde classe..1857 Exposition provinciale du Bas-Canada (Département de l'Industrie) Du 16 au 18 septembre 1857 Montréal Ensemble de meubles en bois de rose1858 Exposition provinciale du Bas-Canada (Département de l'Industrie) Du 29 septembre au 1 octobre 1858 Montréal (Terrain de la compagnie de chemin de fer du Grand Tronc, à Pointe-Saint-Charles) Meubles de salon en bois de rose1860 Exposition provinciale du Bas-Canada (Département de l'Industrie) 25 août au 8 septembre 1860 Montréal (Palais de Cristal) Table sur pied en bois de rose 1863 Exposition provinciale du Bas-Canada (Département de l'Industrie) Du 15 au 17 septembre 1863 Montréal (Palais de Cristal) Buffet en acajou, 1 prix; Table de salle à manger, 1 prix; Chaise de repos, 1 prix; Secrétaire, 1 prix; Une , 1 prix et diplôme.1865 Art Association Exhibition 27 février au (?) mars 1865 Montréal (Mechanic's Hall)Table en marqueterie; Commode en marqueterie; Porte-chapeaux (description: ) Plusieurs gravures de la main d'Arthur Mingeaud, sculpteur en chef chez J. & W. Hilton; Table (description : ) Exposition provinciale du Bas-Canada (Département de l'Industrie) 26 au 29 septembre 1865 Montréal (Palais de Cristal) Ensemble de mobilier de salon en bois de rose; Ensemble de mobilier de boudoir en marqueterie; EtcExposition de plus d'une trentaine de meubles ou groupes de meubles sortis des ateliers de la J. & W. Hilton..1868 Exposition provinciale du Bas-Canada (Département de l'Industrie) 15 au 18 septembre 1868 Montréal (Palais de Cristal) Collection de meubles 1870 Exposition provinciale du Bas-Canada (Département de l'Industrie) 13 au 16 septembre 1870 Montréal (Terrain du Conseil de l'Agriculture, Mile End) Ensembles de meubles pour chambre à coucher : prix de classe 1; Meubles pour salle à manger : prix de classe 1; Meubles pour salon en noyer noir poli à l'huile : prix de classe 1; Meubles : prix de classe 1.
Réalisations thumb|Chambre des invités à Ravenscrag, entièrement meublée vers 1867 par J. & W. Hilton thumb|La bibliothèque à Ravenscrag, entièrement meublée vers 1863 par J. & W. Hilton Voici ci-dessous une liste non exhaustive des réalisations connues de l'une des entreprises de John Hilton:
Années 1840 : Mobilier de la résidence de J. Benjamin (Montréal); Années 1850 : Partie du mobilier de la résidence de P. Holland, dite Charlderton Lodge, sur la rue Simpson (Montréal);