Raymond Renard, né à Auderghem le et mort à Ixelles le est un graphiste, illustrateur, affichiste, scénographe, costumier et artiste-peintre belge. Il est particulièrement connu comme décorateur de théâtre. Á raison d’une dizaine de projets par saison, il a plus de à son actif en Belgique et à l’étranger.

Raymond Renard a reçu le prix du Meilleur Décor au Festival du théâtre latin à Barcelone pour la pièce de Paul Willems Il pleut dans ma maison dans une mise en scène de Pierre Laroche pour le Rideau de Bruxelles.

À propos de ce décor, Paul Willems raconte, dans ses écrits publiés en 2004 : « Il fallait aussi un décorateur qui puisse faire pousser un arbre dans un salon, faire naviguer une barque sur une scène non machinée, et faire descendre un rideau qui soit tissé de pluie, de roseaux et de lumière, un décorateur qui rende tout cela faux et vrai à la fois, c'est-à-dire crédible. Et ils choisirent Raymond Renard. »

Biographie Raymond Renard est né à Auderghem en 1929

À l’Institut supérieur des arts décoratifs (La Cambre) dans la section Publicité, Raymond Renard a pour professeur Joris Minne et Lucien De Roeck. Encore étudiant, il crée des décors pour le Rataillon, laboratoire de théâtre, fondé et dirigé par Albert Lepage et pour la Tour de Babel, la Poubelle et le Cheval Blanc, cabarets littéraires animés par Jo Dekmine.

En 1950, il obtient son diplôme de capacité en publicité avec la plus grande distinction et commence une carrière dans ce domaine. Il fonde la société Publicité Nouvelle et est sollicité, par différents clients, pour des créations publicitaires, des stands, des dépliants, des brochures…

Orienté vers le théâtre, il se présente, en 1955, au Théâtre de Poche (Ixelles), avec quelques dessins. Il y fait la connaissance de Roger Domani, directeur, qui lui propose un contrat à l’année de décorateur, costumier et graphiste. Dès le lendemain, il imagine le décor de Pièces détachées mis en scène par Roland Ravez.

Ainsi débute sa longue carrière de décorateur de théâtre au cours de laquelle il travaillera avec de grands metteurs en scène belges et étrangers. C’est à cette période qu’il réalise, également, ses premières affiches de théâtre.

Après de collaboration avec le Théâtre de Poche, d’autres théâtres bruxellois lui ouvrent les bras. Il travaille, en Belgique, pour le Théâtre de l’Équipe, le Théâtre Molière, Le Théâtre National de Belgique, le Rideau de Bruxelles, le Théâtre royal du Parc, la Compagnie des Galeries, l’Atelier théâtral de Louvain-La-Neuve, le (nouveau) Gymnase et l’Opéra de Liège, l’Opéra National (La Monnaie), le Koninklijke Vlaamse Schouwburg, le Théâtre royal de Toone… et à l’étranger pour le Centre Dramatique du Nord (France), la Haagse Comedie (Pays-Bas), le Théâtre de Cologne (Allemagne) et bien d’autres.

Avec la « Ronde du Théâtre National », les tournées et les festivals, ses décors voyagent en Belgique et au-delà : Amsterdam, Arnhem, Barcelone, Cologne, Cracovie, Léopoldville, Lisbonne, Londres, Maastricht, Madrid, Montréal, Moscou, Paris, Posen, Varsovie, Venise

Il participe au Festival off d’Avignon en 1989 avec le Théâtre de Poche et en 98 créant le décor du Voyage de Noël d’Alain Gras dans une mise en scène de Paul Anrieu.

Raymond Renard a également été chargé de cours à l’Institut des Arts de Diffusion (I.A.D.)

Pendant ses « heures gagnées », comme il se plaisait à dire, il peint et expose.

Raymond Renard décède le alors qu’il préparait une exposition de peintures pour la Maison du Spectacle La Bellone : son projet consistait à illustrer trente pièces de théâtre connues du grand public. Il a eu le temps d’en peindre vingt-six.

Créations publicitaires : brochures, catalogues, stands Raymond Renard crée des dessins publicitaires et décore des stands pour Les Arts et leurs moyens d’expression a.s.b.l., les Ets BERG (concession FIAT), la Compagnie Générale d'Automobile et d'Aviation au Congo, le Centre d’Encouragement Épargne et Placements Immobiliers, le Commissariat Général au tourisme, l'Écran du Séminaire des Arts, les éditions Arts et Voyages, la S.A. de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1958, le Ministère des Affaires Économiques et des Classes Moyennes, le Ministère de la Santé Publique et de la Famille, la SABENA, la Maison Louis Sanders (produits pharmaceutiques et parfumeries en gros), TUBAX S.A. (mobilier de style industriel), les Éts Weissenbruch.

« Si son travail d'affichiste fait parfois figure d'ovni dans le monde de la publicité, la poésie de ses réalisations témoigne de la fidélité d'un homme à une forme d'art pour tous ».

Affiches de théâtre Dans les années 50, il est important, pour les théâtres, d'être reconnus rapidement par le public. Ils s'attachent des personnalités qui réaliseront des affiches au graphisme original et caractéristique. À Bruxelles, le Théâtre de Poche et le Rideau de Bruxelles portent leur choix sur Raymond Renard pour créer leurs affiches. L'illustration n'est pas en rapport avec le spectacle annoncé. La mise en page se répète d'un spectacle à l'autre, seul le texte change.

Ainsi, pour le Théâtre de Poche, Raymond Renard dessine, sur le thème du théâtre, deux affiches « signature »: sur l'une, Arlequin tient lui-même une affiche; sur l'autre, c'est Monsieur Loyal qui tient la pancarte. Il va également dessiner des cartons d'invitation et illustrer la couverture de plusieurs programmes.

Sur le même thème, Raymond Renard signe, pour le Rideau de Bruxelles, deux affiches « cadre de scène » : l’une pour « le Rideau » et l’autre pour les « Midis du Rideau ». Il dessine également des affiches qui annoncent les spectacles de la saison. Il illustre le journal périodique.

Pour le Théâtre des Galeries, il réalise des affiches et des dépliants annonçant les de l’année.

Il travaille également avec d'autres organisations hébergées sous le toit du Palais des Beaux-Arts. Sur une affiche destinée à l'Ecran du Séminaire, ses illustrations représentent le Palais comme un cinéma et ses environs comme le parc royal, le Palais Royal et le Mont des Arts avec une typographie manuscrite serif.

On lui doit, également, de nombreuses affiches qui se rapprochent du contenu de la pièce. « Il établissait une osmose entre le décor et l'affiche qui restaient pour lui étroitement liés. »

1959-1960 : Tchin-Tchin de François Billetdoux, mise en scène François Darbon, Rideau de Bruxelles. 1961-1962 : Les Possédés d'Albert Camus, mise en scène Pierre Laroche, Rideau de Bruxelles. 1961-1962 : Les Rivaux de Richard Brinsley Sheridan, mise en scène Henri Billen, Rideau de Bruxelles. 1961-1962 : Tueur sans gages d'Eugène Ionesco, mise en scène Emile Lanc, Rideau de Bruxelles. 1961-1962 : Il pleut dans ma maison de Paul Willems, mise en scène Pierre Laroche, Rideau de Bruxelles. 1961-1962 : La Demoiselle à la cruche de Lope de Vega, mise en scène Julien Bertheau, Rideau de Bruxelles. 1963-1964 : Volpone de Ben Jonson, mise en scène Jo Dua, Compagnie des Galeries 1963-1964 : Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, mise en scène Roger Planchon et Claude Lochy, Compagnie des Galeries 1963-1964 : Une Femme qui attend de Jacques Joël et Jean Welle d’après Eva Hunter, mise en scène Jean-Louis Colmant, Compagnie des Galeries 1973-1974 : Le Nosferat du Groupe de Chambre de Maurice Rabinowicz, Théâtre de Poche. 1986-1987 : Mambo et son juge de Richard Bégault, mise en scène Jean-Daniel Laval, Théâtre de Poche. 1986-1987 : Camille de Pam Gems, mise en scène Jules-Henri Marchant, Rideau de Bruxelles. 1987-1988 : Le journal secret d'Adrian Mole, 13 ans 3/4 de Sue Townsend, mise en scène Daniel Scahaise, Théâtre de Poche. 1987-1988 : Le Chemin de la Mecque d'Athol Fugar, mise en scène Frédéric Latin, Théâtre de Poche. 1988-1989 : La Chute d'Albert Camus, mise en scène Paul Anrieu, Théâtre National de Belgique. 1988-1989 : L'art d'aimer d'Ovide, mise en scène Roland Mahauden, Théâtre de Poche. 1988-1989 : La Métamorphose de Franz Kafka, mise en scène Steven Berkoff, Théâtre de Poche 1992-1993 : Les Satires de Juvénal de Michel Grodent, mise en scène Roland Mahauden, Théâtre de Poche.

A l'occasion du 40ème anniversaire du Rideau de Bruxelles, des affiches, dessinées en noir et blanc par Raymond Renard, sont insérées dans les programmes :

1969-1970 : Le Médecin malgré lui de Molière, mise en scène Gérard Vivane, Rideau de Bruxelles. 1969-1970 : La Cantatrice chauve d'Eugène Ionesco, mise en scène Albert-André L'heureux, Rideau de Bruxelles. 1969-1970 : Jacques le Fataliste et son maître de Denis Diderot, mise en scène Denyse Périez, Rideau de Bruxelles. 1969-1970 : Six personnages en quête d'auteur de Luigi Pirandello, mise en scène Julien Bertheau, Rideau de Bruxelles. 1969-1970 : L'Amante anglaise de Marguerite Duras, mise en scène Gérard Vivane, Rideau de Bruxelles. 1969-1970 : La Valse des toréadors de Jean Anouilh, mise en scène Claude Etienne, Rideau de Bruxelles. 1969-1970 : Le Barbier de Séville ou la précaution inutile de Beaumarchais, mise en scène André Ghisle, Rideau de Bruxelles. 1969-1970 : Le véritable inspecteur Hound de Tom Stoppard, mise en scène Frédéric Latin, Rideau de Bruxelles. 1969-1970 : Triangle de James Saunders, mise en scène Jean-Claude Bodson, Rideau de Bruxelles.

Enfin, la peinture est rarement utilisée dans l'affiche de théâtre. C'est pourquoi, il est intéressant de mentionner les affiches que Raymond Renard a réalisé, pour le Théâtre de Poche, en tant que peintre :

1972-1973 : La Noce chez les Petits bourgeois de Bertolt Brecht, mise en scène Derek Goldby. 1980-1981 : Charcuterie fine de Tilly, mise en scène Derek Goldby.

« Ces deux affiches sont conçues comme de véritables portraits de groupes, le style est naïf et n'est pas sans rappeler le Douanier Rousseau. Dans les deux cas, les différents personnages du spectacle sont représentés sans démonstration de sentiments. Tous sont peints de face avec cette tête ronde caractéristique. Raymond Renard présente les différents protagonistes du spectacle en une sorte de portrait figé. intrigant par sa naïveté. Une certaine distance est établie entre la violence des propos tenus par ces deux spectacles et l'image que le peintre nous en donne. »

Théâtre : décors, costumes et autres publications « Pour Raymond Renard, le décor est un acteur comme un autre. Il a un rôle à jouer. Il faut qu’il le joue bien. Si, par bonheur, il peut se transformer comme un comédien change de costume, Raymond Renard est aux anges. Il l’était, par exemple, au Rideau pour Le Timide au Palais. Des portes s’ouvraient, se refermaient. On passait, comme par enchantement, d’un salon à une place publique. Il suffit d’avoir reçu un jour les vœux de Nouvel An de la famille Renard pour savoir que l’ingéniosité est l’une des qualités du décorateur et son plus charmant amusement. »

Entre 1955 et 2002, Raymond Renard réalise plus de .

En Belgique

Cabaret littéraire la Poubelle, Bruxelles 1952 : La femme-rose, mimodrame en réalisé par Raymond Renard et J.Heyndels. 1953 : L’Opéra de quat’sous d’André Demoustier et Robert Thonon d’après Bertolt Brecht, mise en scène, décors, marionnettes, programme et carton d'invitation.

Théâtre de Poche, Bruxelles Le Théâtre de Poche voit le jour en 1951 avec pour ambition de créer des pièces peu connues, de faire du neuf.

Entre 1954 et 1958, Raymond Renard travaille exclusivement pour ce théâtre, lieu d'avant-garde. Durant ces quatre années, il décore une trentaine de pièces de théâtre :

1954-1955 : Pièces détachées, pièces de Jean Tardieu et de Georges Courteline, mise en scène Roland Ravez : décors et carton d'invitation. 1955-1956 : L’Amour en papier de Louis Ducreux, mise en scène Roland Ravez : décors et costumes. 1955-1956 : Les Taureaux d’Alexandre Arnoux, mise en scène Roland Ravez : décors et costumes. 1955-1956 : Les Chaises et La Leçon d’Eugène Ionesco, mise en scène Roland Ravez : décors.