Contre le libelle de Calvin, en forme longue le Contre le libelle de Calvin dans lequel il tente de montrer que les hérétiques doivent être réprimés par le droit de l'épée (en latin : ) est un traité théologique sous la forme de dialogue écrit par Sébastien Castellion en et publié de manière posthume, en 1612.

Dans ce texte, écrit peu après le Traité des Hérétiques, Castellion se met en scène comme contradicteur de Jean Calvin et s'attaque aux persécutions visant les personnes perçues comme hérétiques. Il y défend la liberté de religion. L'ouvrage est célèbre pour être la source de la citation la plus connue de Castellion : . Le texte est considéré comme étant l'un des premiers débats sur la question de la tolérance religieuse.

Histoire

Contexte Castellion est un théologien humaniste protestant ; il évolue à Strasbourg puis se rend à Genève pour assister Jean Calvin. Rapidement déçu par la jeune théocratie, il devient critique du prêcheur de manière croissante. Cette opposition atteint son paroxysme avec l'exécution de Michel Servet, un théologien protestant perçu comme hétérodoxe, brûlé vif à Genève. Il apparaît, sans que ce ne soit complètement certain, que Castellion aurait essayé de lui sauver la vie avant son exécution.

Castellion, qui est réfugié à Bâle, entreprend d'écrire contre Calvin. En , il pubie le Traité des Hérétiques, où il s'oppose à la théologie qui sous-tend les persécutions contre les hérétiques.

Rédaction Castellion rédige le Contre le libelle avec peu de distance temporelle avec le Traité des Hérétiques, ce qui explique la proximité idéologique entre les deux ouvrages. Il s'agit d'un recueil d'articles, où Castellion débat avec les positions soutenues par Calvin. Il les présente d'abord en citant les Institutions de Calvin directement puis les contredit ou y apporte des critiques. Le texte est écrit en latin. Comme pour le Traité des Hérétiques, il s'agit d'une contre Genève et Calvin, et achève de consommer la scission entre les deux anciens collègues.

Sa citation la plus connue se trouve à l'article 77 du traité :

Le texte n'est pas publié du vivant de Castellion et circule plutôt sous des formes manuscrites avant sa première édition, en 1612.

Analyse

Thèses défendues Castellion défend l'impunité complète des hérétiques, même s'il ne montre pas particulièrement de sympathie pour leurs idées. Les attaques contre Calvin sont nombreuses ; il l'accuse notamment d'avoir sombré dans l'orgueil et la démesure. L'auteur vise aussi les fondements théoriques que son adversaire établit pour légitimer l'exécution d'hérétiques. Il semble que Castellion soit très opposé à la peine de mort dans tous les cas, ce qui le rangerait, peut-être un peu anachroniquement, dans la catégorie des abolitionnistes.

Postérité Baruch Spinoza est influencé par son contact. Le texte est considéré comme étant l'un des premiers débats sur la question de la tolérance religieuse.

En 1936, Stefan Zweig publie Conscience contre violence, une biographie de Castellion où il lui rend hommage.

Références

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