Alicia Cahuiya est une militante écologiste et une dirigeante du peuple autochtone Huaorani, en Équateur. Elle se signale en particulier dans la lutte contre l'exploitation pétrolière en Amazonie équatorienne. La notoriété acquise lors de ce combat lui vaut d'être incluse en 2023 par la BBC dans sa liste des « 100 femmes les plus influentes »Quiénes son las 12 latinoamericanas elegidas en la lista 100 Mujeres de la BBC para 2023, BBC.com, 21 novembre 2023Alicia Cahuiya: “¡Déjennos vivir como waorani!”, planv.ec, 20 septembre 2021.
Biographie Famille et enfance Alicia Cahuiya naît dans les années 1970 dans le territoire intangible de la réserve de biosphère du Yasuni, à Ñoneno, non loin de la limite entre les provinces de Pastaza et d'OrellanaEcuatoriana Alicia Cahuiya entre 100 mujeres influyentes del mundo 2023, TeleAmazonas, novembre 2023. Sa grand-mère Waare, veuve du guerrier Itaca, l'a prénommée « Weya », c'est-à-dire « gardienne de la cascade ». Dans les années 1970, à l'apoque de sa naissance, l'État équatorien ainsi que des compagnies pétrolières comme Texaco font intervenir le SIL International comme outil de médiation avec les communautés locales. Ces trois acteurs organisent le déplacement forcé des populations autochtones de certaines zones vers le « protectorat » de Tiweno afin de libérer les terres convoitées pour l'exploitation pétrolière.
Dans la coutume Huaorani, les mariages sont arrangés à des fins diplomatiques ou de pacification. Alicia Cahuiya est ainsi mariée dès l'âge de 12 ans à un homme nommé Nanto.
Militantisme contre l'exploitation pétrolière
Sa trajectoire militante débute dans les années 2000 au sein d'organisations féminines. Elle améliore alors sa maîtrise de l'espagnol et se rend à plusieurs reprises à Quito pour faire connaître les effets pervers de l'exploitation pétrolière en Amazonie: déforestation, destruction de lieux sacrés et de sépultures. Tandis que certains dirigeants masculins de la nation Huaorani acceptaient de signer des accords avec des entreprises pétrolières ou devenaient des salariés de ces dernières (à l'instar du père d'Alicia Cahuiya), l'Amwae (Association des femmes Huaoranis de l'Amazonie équatorienne) offre aux femmes Huaorani un espace pour renforcer leur implication politique et leur autonomie économique.
Le , malgré les pressions exercées par le président de la Nation Waorani, Moi Enomenga, Alicia Cahuiya prend la parole contre l'exploitation pétrolière devant l'Assemblée nationale à Quito:
Alicia Cahuiya participe aux mobilisations contre l'exploitation pétrolière dans le Parc national Yasuni, se mobilisant notamment en faveur du Oui au référendum d'août 2023 visant à mettre fin à l'exploitation pétrolière dans le YasuniForêt ou pétrole: en Equateur, l'emblématique référendum de Yasuni (AFP via energierecrute.com), 17 août 2023. Le Oui à cette consultation l'emporte avec 58,95% des suffragesConsulta Yasuní ITT: los electores ecuatorianos votan 'sí' para mantener el petróleo bajo tierra, RFI, 21 août 2023CNE proclama resultados de primera vuelta presidencial y consulta del Yasuní, primicias.ec, 31 août 2023.
Participation au mouvement indigène
L'implication d'Alicia Cahuiya dans le mouvement indigène en Équateur remonte à 1990, sa première visite à Quito dans le cadre du « premier soulèvement indigène » de l'Équateur, cette année là. Dès l'âge de 16 ans, elle s'implique dans l'ONHAE (Organisation de la Nationalité Huaorani de l'Amazonie Équatorienne). Face à l'exclusion des femmes du processus de décision dans cette organisation, fonde l'AMWAE (organisation des femmes Waorani de l'Équateur), dont elle devient la présidente. Elle devient en 2013 vice-présidente de la NAWE (Nationalité Amazonienne Waorani de l'Équateur)Cinco mujeres denuncian al gobierno, Plan V, 19 octobre 2015.
vignette|alt=Cinq femmes sont installées à une tribune officielle équipée de micros. Parmi elles, deux portent des ornements remarquables comprenant des plumes et d'autres accessoires. On distingue d'autres personnes à l'arrière-plan et à l'avant-plan.|Alicia Cahuiya (au centre) lors de la session du 19 octobre 2015 de la CIDH.En 2015, en compagnie de quatre autres militantes dont Patricia Gualinga et , Alicia Cahuiya témoigne à Washington DC devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme contre le gouvernement de l'Équateur en en faveur de la défense de l'environnement et des droits des peuples indigènes dans le cadre d'une action menée par les ONG Acción Ecológica et EarthRights.
En 2021, Alicia Cahuiya est choisie comme responsable « de la Femme et de la Famille » à la Confédération des nationalités indigènes de l'Équateur (CONAIE), organisation alors présidée par Leonidas Iza. Elle prend ses fonctions le de cette même année. À ce poste, elle projette d'informer les femmes sur leurs droits pour éradiquer les violences de genre dans les communautés autochtones. Elle veut également favoriser la prise de responsabilité par des femmes en Équateur et plus généralement en Amazonie.
Références
Catégorie:Militante équatorienne Catégorie:Écologiste équatorienne Catégorie:Membre d'une association ou organisme politique de peuples autochtones Catégorie:Mouvement indigène en Équateur Catégorie:Cheffe amérindienne