Les forces armées du royaume uni des Pays-Bas (nederlandse krijgsmacht en néerlandais) constituaient la puissance militaire du Royaume-uni des Pays-Bas, tel qu'il a existé de se création par le congrès de Vienne en 1815, jusqu'à la révolution belge, puis la déclaration d'indépendance de la Belgique le .
Elles étaient composées de trois branches : l'armée royale (Koninklijke Landmacht), la maréchaussée royale (Koninklijke Marechaussee) et la marine royale (Koninklijke Marine). Elles sont les ancêtres des forces armées de la Belgique ainsi que des forces armées des Pays-Bas.
Elles étaient sous le commandement du roi des Pays-Bas, Guillaume Ier d'Orange-Nassau.
Contexte Origines vignette|Le Prince d'Orange, fils du roi Guillaume Ier, lors de la bataille des Quatre Bras le contre Napoléon Bonaparte. Vu l'histoire du pays, les forces armées du royaume uni des Pays-Bas, se basent sur l'ancienne armée des Provinces-unies, la (l'« armée de l’État » en néerlandais), ainsi que sur sa flotte : la marine de la république des Provinces-Unies. Les troupes sont composées d'un grand nombre d'anciens militaires ayant servi dans la Grande Armée de Napoléon Bonaparte puisque le territoire néerlandais avait été envahi par la France dès 1795, pour fonder la République batave puis le Royaume de Hollande, tandis que les Pays-Bas méridionaux avaient, quant à eux, été annexés à la Première République française (qui devint le Premier Empire) sous la forme des départements réunis, après les guerres de la Révolution française.
En 1813, l'armée et l'administration française quittent progressivement les départements des Pays-Bas et la principauté souveraine des Pays-Bas unis est créée avant que Guillaume d'Orange-Nassau n'en devienne le souverain. C'est lors de cette période que les forces armées néerlandaises sont fondées le . À cette date, elle comprend de troupes de campagne plus de miliceRonald Pawly, Wellington's Belgian Allies 1815, Men-at-Arms 355, Osprey, 2012.. L'armée de campagne comprend : 6 bataillons de chasseurs à pied ; 14 bataillons d'infanterie de ligne ; 9 bataillons étrangers, principalement des Suisses et des Nassauviens ; 4 régiments de cavalerie dont : 2 régiments de carabiniers à cheval, 1 régiment de dragons, 1 régiment de hussards ; 4 bataillons d'artillerie à pied ; 1 corps d'artillerie à cheval ; 1 bataillon de génie, sapeurs et mineurs ; 1 bataillon du train ; 1 bataillon de garnison pour les colonies.
Plusieurs batailles accompagnent le départ des Français jusqu'à la première abdication de Napoléon Ier en , dont le siège d'Anvers de janvier à mai, le siège de Berg-op-Zoom dès le ou encore la bataille de Courtrai le . Toutefois, avec son retour de Napoléon lors des Cent-Jours, l'armée néerlandaise affronte l'armée française pendant la campagne de Belgique, notamment lors de la bataille des Quatre Bras le où les troupes sont menées par le fils du roi et ses principaux généraux, Jean-Victor Constant de Rebecque et Henri de Perponcher Sedlnitsky. Elles font dès lors partie de la Septième Coalition, victorieuse lors de la bataille de Waterloo deux jours plus tard.
Le royaume uni des Pays-Bas vignette|Le royaume uni des Pays-Bas comprenait également l'empire colonial néerlandais (carte).
Après la chute de Napoléon Bonaparte et du Premier Empire français, les puissances européennes victorieuses se réunissent lors du congrès de Vienne pour redessiner les frontières des états européens. Elles décident de créer de toutes pièces un état-tampon entre la France et la Prusse, souhaitant disposer d'un rempart contre les éventuelles nouvelles ambitions expansionnistes françaises.. C'est ainsi que, le , le royaume uni des Pays-Bas voit le jour avec, comme souverain, Guillaume Ier de la maison d'Orange-Nassau. Le pays se dote de forces armées composées de troupes terrestres, d'une marine (la marine royale néerlandaise) et d'une force de maintien de l’ordre (la maréchaussée royale).
Sous l'insistance du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, de nombreuses fortifications sont édifiées à partir de 1816 en vue de barrer la route à la France : la barrière de Wellington.
Le Grand-duché de Luxembourg vignette|La puissante forteresse de Luxembourg devait théoriquement abriter une garnison mixte de soldats néerlandais et prussiens, en vertu de l'appartenance du grand-duché de Luxembourg à la confédération germanique.
Avant de devenir roi des Pays-Bas, Guillaume possédait une série de principautés en Westphalie (Nassau-Dillenbourg, Siegen, Hadamar et Dietz) qu'il dut céder au royaume de Prusse après des négociations signées le avec son beau-frère et cousin, Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse. En échange, le congrès de Vienne décide de lui attribuer un territoire au sud de son nouveau royaume : le grand-duché de Luxembourg, créé le et dont Guillaume devient le premier grand-duc. Cela entraîne une situation d'union personnelle entre les deux États mais, bien qu'ils soient officiellement distincts, le roi grand-duc administre le Luxembourg comme s'il était la dix-huitième province du royaume uni des Pays-Bas, modifiant notamment ses frontières en les mélangeant à celles du royaume en 1817.
Toutefois, bien que le Grand-duché soit devenu une possession personnelle héréditaire de la maison d'Orange-Nassau, le territoire était également un État-membre de la confédération germanique, aussi créée en 1815 comme première tentative d'unification allemande. A ce titre, la puissante forteresse de Luxembourg, située à la frontière occidentale de la confédération, abritait une garnison mixte de l'armée prussienne et de l'armée néerlandaise. La Prusse avait en effet le droit de nommer le gouverneur de la forteresse et la garnison était théoriquement composée d'un quart de soldats néerlandais et de trois quarts de prussiens.
Autre preuve que Guillaume traitait le Grand-duché comme l'un des provinces de son Royaume, il crée en 1829 une dix-huitième Afdeeling (il y en avait initialement une dans chacune des dix-sept provinces) qu'il base officiellement à Namur mais dont il place un bataillon à Arlon et un autre dans le château de Bouillon, donc dans le Grand-duché.
En plus de cela, le Luxembourg disposait de sa propre maréchaussée pour assurer le maintien de l'ordre : la maréchaussée grand-ducale.
Organisation Armée L'armée de terre néerlandaise était répartie en différentes armes : l’artillerie, la cavalerie, le génie et l'infanterie. Elle défendait la métropole, et disposait également de subdivision dans l'empire colonial néerlandais comme la KNIL (armée royale des Indes néerlandaises) ou la TRIS, .
Artillerie En 1830, l'artillerie néerlandaise se répartissait en seize batteries : Quatre batteries d'artillerie de campagne Six batteries d'artillerie légère Six batteries d’artillerie de siège
Cavalerie vignette|Un hussard néerlandais vers 1825.
La cavalerie néerlandaise était répartie en dix régiments, dont un à Java, dans les Indes néerlandaises. Numéro Type Date de création Garnison Effectif Commandant(s) Dissolution et devenir 1 2 Cuirassiers 5 mai 1815 Liège 1er régiment de cuirassiers 3 4 Dragons Malines 5 Dragons Édouard de Mercx de Corbais 1er régiment de lanciers (Belgique) Hussards Mons Guillaume François Boreel 7 8 Hussards Gand Constantin d'Hane-Steenhuyse 2e régiment de chasseurs à cheval 9 10
Génie Le génie militaire de l'armée néerlandaise était initialement composé du formé le , à l'époque de la république des Provinces-Unies. Le est créé le régiment du génie qui regroupe : Un corps de pontonniers Deux bataillons de sapeurs-mineurs Une batterie du train
Infanterie vignette|L'emblème du Garderegiment Grenadiers en Jagers (« Régiment de la Garde de grenadiers et de chasseurs ») créé en 1829 pour assurer la garde personnelle du roi des Pays-Bas, à l'époque Guillaume Ier d'Orange-Nassau. L'infanterie était répartie en plusieurs unités. Il y avait d'abord les dix-sept afdelingen (équivalent d'un régiment) pour chacune des dix-sept provinces du royaume. En 1829 s'ajoute une dix-huitième afdeeling basée à Namur avec deux bataillons présents dans le grand-duché de Luxembourg, état théoriquement à part du Royaume mais avec lequel il formait une union personnelle, le roi des Pays-Bas, Guillaume Ier, étant également le grand-duc de Luxembourg et le propriétaire du territoire à titre privé.
De plus, un arrêté royal du crée une afdeeling spéciale nommée Garderegiment Grenadiers en Jagers (« Régiment de la Garde de grenadiers et de chasseurs ») composée de trois bataillons de grenadiers ainsi que deux deux bataillons de chasseurs (2256 hommes), destinés à assurer la garde royale en garnison dans les deux résidences du roi : au palais Noordeinde de La Haye et au palais royal de Bruxelles.
Nom Date de création Garnison Province Effectif Commandant(s) (en 1830) Dissolution et devenir 1815 Havelte Drenthe Régiment de Bruxelles 1815 Limbourg 3de afdeeling Lambert Nypels : Régiment de Mons 4de afdeeling : Régiment de Tournai 5de afdeeling 6de afdeeling : Régiment de Bruges 7de afdeeling 8de afdeeling Arnhem Regiment Infanterie Oranje Gelderland Gueldre 9de afdeeling 10de afdeeling 11de afdeeling Citadelle de Liège Province de Liège Cornelis Gerardus Iman van Boecop : Régiment de Liège 12de afdeeling Citadelle de Namur Province de Namur : Régiment de Namur 13de afdeeling 14de afdeeling : Régiment de Maastricht 15de afdeeling : Régiment d'Anvers 16de afdeeling : régiment d'Ypres 17de afdeeling GandAlostAudenardeTermonde Province de Flandre-Orientale Charles Etienne Ghigny. : Régiment de Gand 18de afdeeling 1829 NamurArlonBouillon Grand-duché de Luxembourg : Deuxième régiment de Namur
Maréchaussée
Marine
Formation vignette|L'emblème de la Koninklijke Militaire Academie de Bréda. En 1814 est créée l' à Delft, dans la province de Hollande. Le est fondée la Académie royale militaire à Bréda, dans le Brabant-Septentrional, dans le but de former les officiers de l'armée. L'année suivante, le est c'est au tour de la marine d'avoir son Institut royal de la Marine au Helder, là où se trouve l'amirauté et la plus grande base navale de la marine royale néerlandaise.
Dirigeants Liste des chefs des armées
Ministères Les différentes branches des armées relevaient de différents ministères. Ainsi, la branche terrestre relevait du , la marine dépendait du tandis que l'armée royale des Indes néerlandaises dépendait du .
Controverse à propos de la répartition des officiers belges et néerlandais L'une des revendications de l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux était la disproportion dans le nombre d'officiers d'origine « belge » et « hollandaise » dans l'armée métropolitaine (ce n'était pas le cas dans l'armée royale des Indes néerlandaises). En effet, les belges représentent alors la majeure partie de la population du royaume uni des Pays-Bas avec , contre « hollandais » en 1829., mais ils sont sous-représentés dans les fonctions supérieures de l'armée (ainsi qu'au niveau politique et de l'administration). En effet, l'annuaire de 1830 recense « belges » sur 2377. :
Officiers généraux : 10 sur 76 (dont aucun général, trois lieutenants-généraux et sept Majors-généraux) Officiers d'état major : 9 sur 43 (2 colonels sur 5) Infanterie : 263 officiers sur 1454 (3 colonels sur 25) Cavalerie : 93 officiers sur 316 (4 colonels sur 7) Artillerie : 33 officiers sur 360 (aucun colonel sur 6, un seul major sur 24) Génie : 9 officiers sur 128 (aucun colonel, aucun major, 5 capitaines sur 42)