Christian Tein (prononcé //) est un homme politique français, né en 1968 sur l'île Ouen.

C'est une figure politique indépendantiste kanak de Nouvelle-Calédonie. Il occupe le poste de secrétaire général adjoint puis de commissaire politique de l'Union calédonienne (UC), une des formations historiques du nationalisme kanak et composante du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), et il est également le porte-parole de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), accusée par les autorités françaises d’avoir joué un rôle dans les violences de mai 2024.

Christian Tein est désigné président du FLNKS en par deux des composantes de cette alliance, les deux autres ne le reconnaissant pas. Ces deux composantes suspendent à la suite leur participation au FLNKS puis le quittent définitivement mi-novembre 2025.

Biographie

Enfance et formation Christian Tein naît en 1968.

Issu d'une famille de huit enfants appartenant à la tribu kanake de Saint-Louis, il est le fils d'Emmanuel Tein, élu de l'UC à l'Assemblée territoriale de Nouvelle-Calédonie et grand chef de l'île Ouen à partir de 1977, mort en 2019. Son frère aîné, Tani Tein, président du conseil coutumier de la grande-chefferie du Mont-Dore, a fait de la politique et a été emprisonné en 1987, lors des Évènements. Il a un autre frère aîné, Désiré Tein, responsable de la CCAT à partir de 2024.

Carrière politique

Union calédonienne Il est en 2023 commissaire général de l'Union calédonienne.

Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) En tant que porte-parole de la CCAT, Christian Tein a été activement impliqué ces dernières années dans la mobilisation sur le territoire de Nouvelle-Calédonie contre le projet de révision constitutionnelle. En , pendant les émeutes, il lance des appels à ne pas piller les commerces. Mais, après une rencontre avec Emmanuel Macron lors de sa visite le au cours de laquelle le président de la République réclame une levée des barrages, Christian Tein répond par des vidéos adressées aux militants de la CCAT. Il y concède vouloir pour permettre un approvisionnement en carburant, médicaments ou permettre un accès aux dialyses, mais aussi qu' et que : .

En , Tein est élu président du FLNKS. Cette désignation n'est toutefois pas reconnue par le Parti de libération kanak (Palika) ni par l'Union progressiste en Mélanésie (UPM), deux des quatre formations membres du FLNKS...

Accusations, détention, non-lieu À la suite des émeutes en Nouvelle-Calédonie en mai 2024, il est interpellé sous l'accusation de participation aux troubles. Il est ensuite détenu en France métropolitaine (au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach). Il nie toute implication dans les violences.

Environ 200 personnes manifestent à Mulhouse en pour réclamer sa libération.

Le 3 juillet 2024, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Nouméa décide de le maintenir en détention provisoire en France métropolitaine. La cour estime que sa présence en Nouvelle-Calédonie pourrait raviver un ressentiment conséquent auprès des milliers de victimes des émeutes, qui ont perdu leur emploi, leur entreprise, leur maison, ou des proches faute d'avoir pu accéder à des soins médicaux en raison des barrages érigés et tenus sur instruction de Christian Tein par les émeutiers. Il se pourvoit en cassation pour contester sa détention en métropole, et la Cour invalide en effet cette décision en octobre 2024, sans le remettre en liberté. Les charges retenues contre lui incluent « complicité de meurtre », « vol en bande organisée avec arme », « destruction en bande organisée du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes », « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime et d’un délit », et « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction de biens ». Selon l'accusation, les émeutes du 13 mai ont été méthodiquement organisées par la CCAT, avec des référents de quartier pour canaliser l'action des jeunes issus des quartiers populaires.

En , Christian Tein, alors en détention, est nommé président du Front de libération nationale kanak et socialiste, par un congrès réunissant les composantes de ce dernier, sauf deux partis associés.

La cour d'appel de Nouméa décide le de maintenir sa détention.

En , les juges ordonnent sa remise en liberté et celle de trois responsables de la Cellule de coordination des actions de terrain, mais un contrôle judiciaire requis les empêche de se rendre en Nouvelle-Calédonie. Les juges considèrent que rien ne démontre que Christian Tein aurait organisé ou encouragé des attroupements armés ; au contraire, il aurait appelé au calme. Il est libéré sous conditions en , malgré l'appel du parquet, et demeure ainsi sous l'interdiction de contacter les autres protagonistes du dossier et de retourner en Nouvelle-Calédonie.

En , le contrôle judiciaire de Tein est modifié : il est autorisé à rentrer en Nouvelle-Calédonie et à rencontrer d'autres leaders indépendantistes. Cette mesure s'applique aussi aux militants Guillaume Vama, Dimitri Qenegei, Brenda Wanabo et Steeve Unë..

Le retour de Tein provoque des vives réactions, notamment une pétition s'opposant à son retour. Cette pétition recueille le plus de 3000 signatures, puis en décembre. L'Union calédonienne voit dans ce retour une .

La cour d'appel de Paris autorise le Tein à retourner en Nouvelle-Calédonie. Il participe à une conférence de presse tenue à la Bourse du travail. Tein rentre en Nouvelle-Calédonie en ..

En juin 2026, l'enquête sur les émeutes impliquant Christian Tein et les autres militants kanak de la CCAT se clôt par un non-lieu général, mais le parquet fait appel.

Plainte devant la Cour de justice de la République Le 9 septembre 2026, afin de dénoncer les conditions de leurs arrestations et leurs transferts en prison en France métropolitaine, Christian Tein et cinq autres militants indépendantistes kanaks portent plainte devant la commission des requêtes de la Cour de justice de la République pour « actes arbitraires attentatoires à la liberté individuelle », « abus d’autorité aggravé » et « association de malfaiteurs » contre quatre ministres en fonction en mai-juin 2024, Gabriel Attal, Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti et Sébastien Lecornu.

La plainte s'appuie notamment sur des propos de ces ministres tenus lors d'une cellule interministérielle de crise le 16 mai 2024, diffusés le 6 juillet 2024 dans le documentaire Tempête : 100 jours dans les tourments du ministère de l'Intérieur. Gérald Darmanin y déclare  puis Gabriel Attal y affirme :

Vie privée Christian Tein est en couple avec Olga Nassele, sage-femme et militante au sein du Front de libération nationale kanak et socialiste. Celle-ci milite pour sa libération pendant sa détention au centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach, le 26 septembre 2024 devant le tribunal judiciaire de Lyon et le 7 avril 2025 à la Bourse du travail de Paris.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Politique en Nouvelle-Calédonie Référendum de 2021 sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie Émeutes de 2024 en Nouvelle-Calédonie Cellule de coordination des actions de terrain Nationalisme kanak

Liens externes

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