vignette|alt=L'affiche montre une femme et un enfant tirant une charrue poussée par un homme.|Affiche de propagande, figurant le texte : « C'est comme ça que ça se passerait pour nous en Pologne ! Nous, les agriculteurs, nous votons pour l'Allemagne ! » Cette affiche a été diffusée dans les territoires allemands de Silésie qui devaient choisir, par plébiscite, de rejoindre la Pologne ou l'Allemagne à la fin de la Première Guerre mondiale.
Un plébiscite (du latin plebiscitum — de plebs, « plèbe, peuple », et scitum, « décision, décret ») est une consultation sur la volonté d'un peuple au regard d'une importante décision, comme celle de relever d'un État ou d'un autre. Au sens latin du terme, le plébiscite est conçu comme un instrument véritablement démocratique, et non comme celui du césarisme.
Son acception moderne le définirait plutôt comme un dérivé du référendum qui consisterait à approuver ou non la politique d’un souverain par l’intermédiaire de la question posée. La différence entre les deux est la suivante : un référendum répond à une question, tandis qu'un plébiscite reconnaît ou non la prise du pouvoir d'un souverain (représentant de l’État). Certains référendums peuvent cependant être accusés de , lorsque le peuple répond - ou est invité à répondre - non pas à la question réellement posée, mais à celui qui la pose (le Général de Gaulle est allé jusqu'à promettre de démissionner de la présidence de la République si la réponse majoritaire d'un référendum était négative, le transformant de fait en plébiscite, plus particulièrement lors du référendum de 1969).
Dans l'Histoire Rome antique Durant la République romaine, les plébiscites sont des décisions proposées par les tribuns de la plèbe et votées par les concilia plebis (« assemblée de la plèbe » excluant les patriciens). Les patriciens disaient ne pas être tenus par les plébiscites qui avaient été faits sans leur intervention. Mais dans la suite, la lex Hortensia votée en 286 avant notre ère a disposé que les plébiscites engageraient l'ensemble du peuple, plébéiens et patriciens. C'est ainsi que les plébiscites ont été assimilés aux lois votées par les autres assemblées romainesÉlisabeth Deniaux, Rome, de la Cité-État à l'Empire, Institutions et vie politique, Hachette, 2001 , p. 45..
Temps modernes En principauté de Liège Plébiscite pour le rattachement de la principauté de Liège à la République française, en 1793, à la suite de la révolution liégeoise.
Au duché de Parme Plébiscite au duché de Parme en 1860.
Au comté de Nice Plébiscite pour l'annexion de Nice (15 et 16 avril 1860) à l'Empire français en 1860, faisant suite au traité de Turin.
Au duché de Savoie Plébiscite pour l'annexion de la Savoie (22 et 23 avril 1860) à l'Empire français en 1860, faisant suite au traité de Turin.
En Allemagne Adolf Hitler se fait plébisciter « FührerEn français : « guide ». et chancelier du Reich » le . D'autres plébiscites sont organisés par la dictature nazie, notamment pour légitimer la sortie de la Société des Nations en 1933 et pour l'annexion de l'Autriche en 1938..
En Suisse Lors du plébiscite jurassien, le , le peuple jurassien choisissait de se séparer du canton de Berne pour former le canton du Jura.
À la suite de la Première guerre mondiale
En France Le plébiscite (et par extension le référendum) est souvent associé au bonapartisme. Le Premier et le Second Empire connurent ainsi un certain nombre de plébiscites, tous sans exception largement gagnés par le pouvoir.
Consulat Sous le consul Napoléon Bonaparte en décembre 1799, après le coup d'État du 18 Brumaire, pour instaurer le Consulat ; en août 1802, pour instaurer le Consulat à vie ; en juin 1804, le Plébiscite sur la Constitution de l'an XII pour l'installation de l'Empire.
Premier Empire Sous l'empereur Napoléon en juin 1815, pour l'acte additionnel aux constitutions de l'Empire restauré durant les Cent-Jours.
Deuxième République Sous le président Louis-Napoléon Bonaparte en décembre 1851, pour ratifier son coup d'Étathttp://www.assemblee-nationale.fr/histoire/histoire-1851.asp. ; en novembre 1852, pour le rétablissement de l'Empire.
Second Empire Sous l'empereur Napoléon en avril 1860 pour le rattachement à la France de Nice puis de la Savoie (plébiscites locaux limités au comté de Nice et au duché de Savoie) ; le plébiscite du 8 mai 1870.
Troisième République Sous le Gouvernement de la Défense nationale en novembre 1870, pour faire ratifier en droit par « le Peuple de Paris » (à défaut du peuple français) la proclamation de la République par Léon Gambetta le .
Cinquième République
Sous le président Charles de Gaulle La connotation plébiscitaire chez de Gaulle était assez prégnante. C'est ainsi que l'on vit ce dernier démissionner le 28 avril 1969, soit le lendemain de l'échec du référendum portant sur le transfert de certains pouvoirs aux régions et la transformation du Sénat.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes pronunciamiento Référendum en France
Bibliographie Histoire du plébiscite, roman d'Erckmann-Chatrian publié en 1872.
Liens externes
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