Les élections générales néo-brunswickoises de 2024 ont lieu le afin d'élire les de la de l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

Le Parti progressiste-conservateur (PCNB) du premier ministre du Nouveau-Brunswick sortant Blaine Higgs, est défait par le Parti libéral (PLNB) mené par Susan Holt, qui devient première ministre et la première femme à occuper la fonction. Avec 31 députés, elle prend la tête d'un gouvernement majoritaire.

Contexte Défections et radiation de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick Le , les députés Kris Austin et Michelle Conroy annoncent qu'ils quitteraient l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick pour se joindre au Parti progressiste-conservateur. Selon Kris Austin, la décision a été prise à la suite des élections provinciales de 2020, au cours desquelles son parti perd l'un de ses trois élus, ce qui l'incite à procéder à une certaine . Cependant, il déclare que dans l'ensemble, il pensait que son parti avait changé le paysage politique du Nouveau-Brunswick. Kris Austin et Michelle Conroy ont tous deux déclaré qu'ils pensaient pouvoir mieux représenter leurs circonscriptions en tant que députés au sein du gouvernement.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick et chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs, exprime alors son enthousiasme à l'égard des nouveaux députés de son parti, mais il réitère le soutien de son parti au bilinguisme officiel lorsqu'il est interrogé sur les positions antérieures de l'Alliance des gens sur cette question. En réponse, la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, une organisation qui promeut les droits des francophones dans la province, le critique pour avoir accepté Kris Austin et Michelle Conroy dans son parti, car ils avaient déjà exprimé des opinions contre le bilinguisme officiel. Son président, Alexandre Cédric Doucet, déclare qu'il était heureux de voir l'Alliance des gens se dissoudre, mais que c'était pour les progressistes-conservateurs.

Élections Nouveau-Brunswick confirme la radiation de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick de la liste des partis provinciaux dès le . En , le chef intérimaire du parti, Rick DeSaulniers, annonce son intention de rétablir l'enregistrement de l'Alliance des gens comme parti provincial. Élections Nouveau-Brunswick affirme fin que le parti est de nouveau enregistré dans la liste des partis provinciaux.

Situation pré-electorale +Parti politiqueChefDéputésÉlusen 2020SortantsProgressiste conservateurBlaine Higgs2725LibéralSusan Holt1716 VertDavid Coon33 Alliance des gensRick DeSaulniers20 Indépendants01 Vacant 0 4 Total 49 49 Changements de députés par circonscription (2020 à aujourd'hui)CirconscriptionÉlections de 2020Élections partiellesDateDéputé(e)PartiMotif de démissionDateDéputé(e)PartiMiramichi-Sud-Ouest - Baie du Vin17 août 2021Jake StewartProgressiste conservateurDémission pour se présenter aux élections fédérales de 2021 dans la circonscription de Miramichi-Grand Lake ; il est élu.20 juin 2022Mike DawsonProgressiste conservateurBaie-de-Miramichi - NeguacLisa HarrisLibéralDémission pour se présenter aux élections fédérales de 2021 dans la circonscription de Miramichi-Grand Lake ; elle est battue.Réjean SavoieProgressiste conservateurFredericton - Grand Lac30 mars 2022Kris AustinAlliance des gensChangement d'affiliation politiqueProgressiste conservateurMiramichiMichelle ConroyAlliance des gensChangement d'affiliation politiqueProgressiste conservateurFredericton-Ouest - Hanwell16 octobre 2022Dominic CardyProgressiste conservateurDémission du Cabinet dans une controverse et est expulsé du caucus progressiste-conservateur.IndépendantDieppe21 octobre 2022Roger MelansonLibéralAprès l'élection de Susan Holt en tant que chef libérale, il démissionne pour accepter un emploi dans le secteur privé.24 avril 2023Richard LosierLibéralRestigouche - Chaleur27 novembre 2022Daniel GuitardLibéralDémission pour se présenter aux élections de 2022 comme maire de Belle-Baie ; il est élu.Marco LeBlancLibéralBathurst Est - Nepisiguit - Saint-Isidore27 novembre 2022Denis LandryLibéralDémission pour se présenter aux élections de 2022 comme maire de Hautes-Terres ; il est élu.Susan HoltLibéralSaint-Jean-Havre8 février 2024Arlene DunnProgressiste conservateurDémissionPortland - Simonds30 avril 2024Trevor HolderProgressiste conservateurDémissionHampton30 avril 2024Gary CrossmanProgressiste conservateurDémissionAlbert20 juin 2024Mike HollandProgressiste conservateurDémission (après la fin de la législature) Système électoral L'Assemblée législative est composée de pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales.

Les élections ont lieu tous les quatre ans, le troisième lundi d'octobre. Elles peuvent cependant être déclenchées avant cette date, à condition qu'elles aient lieu un lundi.

Enjeux Éducation Le Nouveau-Brunswick connaît de grandes lacunes en matière d'éducation au cours des années 2020, la province étant confrontée à une pénurie considérable de personnel enseignant et de psychologues scolaires ainsi que de chauffeurs d'autobus scolaires dans certaines régions. Les écoles de la province ont également signalé des taux d'alphabétisation des enfants exceptionnellement bas, un rapport de 2021-2022 concluant qu'environ 40 % des élèves de quatrième année du Nouveau-Brunswick ne répondaient pas aux normes d'alphabétisation, ce qui représente le taux le plus bas depuis 18 ans. Le défenseur des enfants et des jeunes du Nouveau-Brunswick, Kelly Lamrock, annonce en que les taux d'alphabétisation des enfants avaient baissé de 29 % sur les dix précédentes années. Le rapport 2022-2023, publié en , montre que les taux d'alphabétisation des élèves de quatrième année avaient reculé, 43,4 % d'entre eux obtenant un résultat en lecture en anglais, soit 13 points de plus que lors de l'année 2020-2021.

Fin 2023, la New Brunswick Teachers' Association (NBTA), homologue anglophone de l'Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick, exhorte le gouvernement provincial à répondre aux préoccupations soulevées lors d'un sondage mené auprès de ses membres. Ces préoccupations comprenaient . Un grand nombre des répondants à l'enquête ont déclaré avoir enseigné dans des écoles surpeuplées et mal ventilées, et la moitié d'entre eux ont été victimes d'agressions verbales et physiques. La chef libérale Susan Holt et le député vert de Kent-Nord Kevin Arseneau ont joint leur voix à celle de la NBTA pour demander au gouvernement de s'attaquer à ces problèmes.

En , la NBTA prévoyait qu'au cours des cinq prochaines années, plus de enseignants anglophones seraient éligibles à la retraite. Le président de la NBTA, Peter Lagacy, ajoute alors qu'il s'agissait d'un .

Pénurie de personnel Le système scolaire public du Nouveau-Brunswick connaît notamment une pénurie du personnel enseignant, de psychologues scolaires et, dans certaines régions, de chauffeurs d'autobus.

En proposant des modifications à la , le premier ministre Blaine Higgs a proposé d'ajouter pour les élèves. Or, selon les chiffres de , le nombre de psychologues scolaires a diminué, et sur les 28 psychologues scolaires exerçant dans la province, seuls six se trouvent dans le système scolaire anglophone, alors qu'il faudrait en dédier plus de 40 aux élèves du système anglophone.

Lacunes dans le système de transport scolaire Un audit réalisé entre et a conclu que le ministère de l'Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick ne surveillait pas suffisamment la sécurité des autobus scolaires et les exigences relatives aux conducteurs. Sur la base d'un échantillon de 65 chauffeurs de bus sur un total d'environ , l'audit révèle que 46 % d'entre eux n'étaient pas titulaires d'un permis de conduire répondant aux exigences requises pour conduire un bus scolaire. En outre, 20 % avaient été embauchés sans avoir fait l'objet d'une vérification de leur casier judiciaire. Le gouvernement n'avait pas non plus de dossier de formation à la conduite d'autobus pour 37 % des chauffeurs et pas de preuve de formation aux premiers secours pour 42 %. Dans le cadre de l'audit, des inspections ont également été menées sur un certain nombre de bus, dont 45 % présentaient des problèmes.

En réponse à l'audit, la députée libérale de Madawaska-les-Lacs-Edmundston, Francine Landry, qui est également porte-parole de l'opposition officielle en matière d'Éducation et de Développement de la petite enfance, a critiqué le gouvernement provincial dirigé par Blaine Higgs pour avoir vanté son bilan en matière de sécurité des enfants, alors qu'il n'a pas respecté les exigences les plus élémentaires en la matière. Le ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance, Bill Hogan, a réagi en déclarant qu'il y avait manifestement du travail à faire dans ce domaine pour s'assurer que les inspections soient effectuées à temps.

Politique 713 La est une politique provinciale en matière d'éducation qui fixe des exigences minimales pour les écoles publiques et les districts de la province en ce qui concerne les élèves LGBTQ. Cette politique a fait l'objet d'un vaste débat à la suite de la décision gouvernementale prise en 2023 par le premier ministre et le ministre de l'Éducation et du Développement de la petite enfance de l'examiner et, finalement, de la réviser. À la suite de cette révision, un tiers des députés au sein du caucus progressiste-conservateur ont démissionné ou annoncé qu'ils ne se représenteraient pas, certains d'entre eux critiquant le leadership de Blaine Higgs et soulignant le décalage croissant entre leurs convictions personnelles et les positions du parti. En outre, le gouvernement s'est retrouvé impliqué dans des litiges juridiques avec les conseils d'éducation de district de la province, ainsi qu'avec l'Association canadienne des libertés civiles, qui a intenté une action en justice contre le gouvernement, alléguant des violations de la Charte canadienne des droits et libertés, de la Loi sur les droits de la personne et de la Loi sur l'éducation du Nouveau-Brunswick. La question a fait l'objet d'une large couverture et d'un litige, et a été couverte par les principales publications d'information, notamment le Washington Post, le New York Times et la BBC.

Lindsay Jones du Globe And Mail déclare que le différend relatif à la politique 713 était .

Santé Les soins de santé au Nouveau-Brunswick ont été décrits comme étant dans un « état de chaos », les hôpitaux de la province connaissant une surcapacité de patients, des temps d'attente excessivement prolongés et des travailleurs de la santé souffrant de burn-out. Lors d'une conférence de presse tenue en , Blaine Higgs a déclaré que « si chaque médecin de notre province prenait deux ou trois patients de plus par semaine, nous n'aurions pas d'arriérés ». Dans un sondage effectué par Angus Reid sur la satisfaction des Canadiens à l'égard de leur province en matière de soins de santé, le Nouveau-Brunswick a enregistré la plus forte baisse du taux de satisfaction par rapport aux taux relevés au début de la pandémie de Covid-19, soit seulement 11 %, contre 42 % auparavant.

À la suite de l'engorgement du centre d'urgence de l'hôpital régional Dr Everett Chalmers au début de l'année 2024, le chef du Parti vert, David Coon, a appelé à des "changements immédiats" ainsi qu'à une augmentation du financement de la part du gouvernement.

Le , Rogers TV diffuse un débat des chefs de parti organisé par la section locale 1292 du SCFP sur le thème des soins de santé. On invite Blaine Higgs, Susan Holt et David Coon à y participer, mais le premier ministre refuse d'y assister.

Selon Rob McKee, porte-parole libéral en matière de Santé, à la fin , au Nouveau-Brunswick, soit environ 20 % de la population, n'avaient pas de médecin de famille ou d'infirmière praticienne. Ces chiffres ont été contestés par le ministre de la Santé, Bruce Fitch.