vignette|Logo de 2013 du Parti national-démocrate allemand (Nationaldemokratische Partei Deutschlands)

Karl-Heinz Priester (né le à Francfort-sur-le-Main et mort le à Wiesbaden) était un directeur des Jeunesses hitlériennes ; il sera ensuite éditeur d'ouvrages négationnistes et révisionnistes en République fédérale d'Allemagne.

Biographie

Avant 1945 Priester grandit à Francfort, et est bénévole dans un journal après l'écoleHans Frederik: Die Rechtsradikalen. Humboldt-Verlag, München 1965, p. 70.. Il est ensuite rédacteur en chef du Frankfurter Post, un journal du Parti national allemandKarl Heinz Priester zum Gedächtnis. In: Nation Europa. Heft 10, Oktober 1960, p. 43..

Durant la République de Weimar, il rejoint les Jeunesses hitlériennes (JH). En 1932, il est responsable de la presse des JH dans la région de Hesse-Nassau.

En 1933, il devient chef de l'Oberjungbann, une autre association de jeunes affiliés aux Jeunesses hitlériennes de la même régionKurt P. Tauber: Beyond Eagle and Swastika: German Nationalism Since 1945. Band 2, Wesleyan University Press, 1967, p. 1018.. Il travaille ensuite au sein du « Front allemand des travailleurs »Richard Stöss: Vom Nationalismus zum Umweltschutz. Westdeutscher Verlag, 1980, p. 56.. Il fut également directeur de la sous-organisation Kraft durch Freude de 1935 à 1939Richard Stöss: Parteien-Handbuch: die Parteien der Bundesrepublik Deutschland. 1945–1980. Westdeutscher Verlag, 1984, p. 1898..

Il adhère à la Schutzstaffel (SS). Certaines sources le décrivent comme un membre de la Waffen-SS qui atteint le rang de « SS-Sturmbannführer »so etwa Eberhart Schön: Die Entstehung des Nationalsozialismus in Hessen. Hain-Verlag, 1972, p. 207.. D'autres le cantonnent au rang de « SS-Angänger »Der Spiegel. 3/1950 vom 19. Januar 1950, p. 10. qui a finalement été supprimé par les SS.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est reporter de guerre pour la Luftwaffe à partir de 1939, puis premier lieutenant dans l'infanterie et officier de liaison auprès de la Waffen-SS.

Après 1945 En 1945, Priester n'est pas poursuivi dans la zone occupée par la France en Allemagne. En 1946, il s'installe en Hesse ; il est interné par les forces d'occupation américaines et libéré en 1948Hans Frederik: NPD, Gefahr von Rechts? Verlag Politisches Archiv, 1966, p. 102..

Après sa libération, il reste un militant politique d'extrême droite. Il fonde sa maison d'édition, basée à Wiesbaden. Il se fait connaître par ses publications de négationnistes : les Français Maurice Bardèche, Paul Rassinier ou les Américains Harry Elmer Barnes et F.J.P. Veale.

En 1948, il rejoint le Parti national démocrate dans son Bundesland de Hesse et devient un collaborateur du fondateur du parti, Heinrich Leuchtgens. Aux élections municipales de Wiesbaden en 1948, le NPD, dominé par les proches de Priester, obtint 24,4 % des voix et 15 siègesRichard Stöss, Vom Nationalismus zum Umweltschutz, Opladen 1980, p. 56.

Priester se brouill avec Leuchtgens lorsque celui-ci décide en de transformer le NPD en Parti du Reich allemand (DRP). Priester et ses partisans appelaient à un parti national-révolutionnaire et non national-conservateur. Ils fondèrent alors l'éphémère Parti national-démocrate – Nationale Reichspartei . Sous la direction de Priester, celui-ci faisait office d'association régionale de Hesse du SRP, nouvellement fondé par Fritz DorlsManfred Jenke: Verschwörung von Rechts: Ein Bericht über den Rechtsradikalismus in Deutschland nach 1945. Berlin 1961, p. 88.Horst Schmollinger: Die nationaldemokratische Partei Deutschlands. In: Richard Stöss: Parteienhandbuch. Westdeutscher Verlag, Opladen 1986, , p. 1908..

Priester est tête de liste dans le land pour le SRP et est brièvement membre de la direction du partiHenning Hansen: Die Sozialistische Reichspartei (SRP): Aufstieg und Scheitern einer rechtsextremen Partei. Droste-Verlag, 2007, p. 68..

Priester s'engage politiquement au niveau européen. En , il rencontre le néonazi suédois Per Engdahl, lors d'une conférence à Rome organisée par le Movimento Sociale Italiano (MSI). Ils discutent de l'idée de fonder un mouvement rassembleur européen. Malgré une interdiction d'entrée sur le territoire suédois, Priester est élu au conseil d'administration du Mouvement social européen fasciste sous la direction du MSI italien à Malmö (Suède) en . Le , il fonde la branche allemande, le Mouvement social allemand (MSA).

Priester était en relations avec divers dirigeants d'organisations fascistes ou réactionnaires européennes, dont Francisco Franco. Il soutenait également les mouvements indépendantistes arabesHans Frederik, NPD – Gefahr von rechts?, Verlag Politisches Archiv München-Inning 1966, p. 102. Selon l'historien Kurt P. Tauber, Priester entretenait des liens étroits avec les autorités égyptiennes et était considéré comme un quasi-représentant européen de la Ligue arabeKurt P. Tauber, Beyond Eagle and Swastika: German Nationalism Since 1945, Band 2, Wesleyan University Press 1967, p. 1101.

Il a travaillé temporairement pour l'agence de renseignement américaine CIAFriedrich Paul Heller, Anton Maegerle, Die Sprache des Hasses: Rechtsextremismus und völkische Esoterik, Jan van Helsing, Horst Mahler, Schmetterling Verlag 2001, p. 83.

En 1951, Priester cofonde avec l'ancien SS Sturmbannführer Arthur Ehrhardt et l'écrivain et ancien SA Obersturmführer Herbert Böhme la revue Nation und Europa, conçue comme un organe du MSA. Avec Ehrhardt, il fut rédacteur en chef du magazineJens Mecklenburg (Hrsg.): Handbuch Deutscher Rechtsextremismus. Elefanten-Press, Berlin 1996, , p. 609.. Parmi ses autres activités, Priest fonda ou développa de nombreux groupes et partis néo-nazis jusqu'à sa mort.

Références

Catégorie:Naissance en mars 1912 Catégorie:Personnalité politique allemande Catégorie:Waffen-SS Catégorie:Personnalité néofasciste Catégorie:Décès en avril 1960 Catégorie:Décès à 48 ans