Le ministère de l'Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail est un ministère du gouvernement du Nouveau-Brunswick chargé de .
Dans l'accomplissement de son mandat, le ministère supervise les domaines suivants : les universités et collèges publics de la province, le système provincial de prêts aux étudiants, les bibliothèques publiques, le travail et l'emploi, l'apprentissage et la formation pour adultes, ainsi que l'immigration. Diverses lois relèvent de la compétence du ministère, notamment la Loi sur les normes d'emploi, la Loi sur les accidents du travail et la Loi sur les droits de la personne du Nouveau-Brunswick.
De plus, plusieurs organismes indépendants et sociétés de la Couronne rendent compte à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick par l'intermédiaire du ministre responsable du ministère, notamment la Commission du travail et de l'emploi, la Commission des droits de la personne, Travail sécuritaire NB et les collèges communautaires du Nouveau-Brunswick.
Structure organisationnelle Le ministère, dirigé par le sous-ministre qui agit à titre d'administrateur en chef, est divisé en quatre divisions, dont chacune est dirigée par un sous-ministre adjoint, à savoir :
Travail et Services stratégiques, qui comprend les directions générales des Finances, des Ressources humaines, des Normes d'emploi et des Politiques, ainsi que la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick; Éducation postsecondaire, qui comprend les directions générales des Relations postsecondaires et de l'Aide financière aux étudiants; Apprentissage pour adultes et emploi, qui comprend Travail NB, Métiers spécialisés NB et le Service des bibliothèques publiques du Nouveau-Brunswick; Immigration, qui comprend les directions générales des Opérations, de la conformité et de l'intégrité, du Développement de la main-d'œuvre et des Partenariats stratégiques et de l'intégration.
En , le gouvernement provincial a annoncé que le ministère assumerait la responsabilité d'administrer et d'appliquer la nouvelle Loi sur l'accessibilité du Nouveau-Brunswick, qui comprendra un Bureau de l'accessibilité au sein de la Division du travail et des services stratégiques du ministère, ainsi qu'un Conseil consultatif de l'accessibilité chargé de conseiller le ministre responsable.
Controverses et critiques Au fil des ans, le ministère a fait l'objet de critiques sur un certain nombre de fronts.
Annulation du programme de droits de scolarité gratuits En , le ministère a annoncé la fin du Programme de droits de scolarité gratuits, ressource qui cumulait les fonds fédéraux et provinciaux pour compenser entièrement les frais de scolarité pour les étudiants inscrits dans une université publique dont la famille gagnait moins d'un certain seuil. On a remplacé ce programme par la Bourse renouvelée pour frais de scolarité, dans le cadre de laquelle les étudiants recevraient désormais une subvention provinciale allant jusqu'à 3 000 $ pour les étudiants universitaires ou 1 500 $ pour les étudiants collégiaux, et ce, selon la taille et le revenu de leur famille. Il s'agit d'une réduction substantielle par rapport aux montants précédents, qui permettaient aux étudiants universitaires de bénéficier d'une bourse provinciale allant jusqu'à 10 000 $ et, pour les étudiants collégiaux, à 5 000 $. Le gouvernement a soutenu que la Bourse renouvelée pour frais de scolarité était plus équitable parce qu'elle permettait aux étudiants des établissements publics et privés de bénéficier de l'aide financière. Cependant, des organisations étudiantes comme l'Alliance étudiante du Nouveau-Brunswick ont vivement rejeté ces changements, arguant qu'ils entraînaient une diminution du financement initial pour les étudiants postsecondaires et, en fin de compte, une augmentation de leur dette.
Annulation du programme Connexion AENB En , le ministère a confirmé qu'il annulait le programme Connexion Assurance-emploi Nouveau-Brunswick (AENB), qui avait permis à des milliers d'étudiants de recevoir des prestations d'assurance-emploi tout en poursuivant leurs études postsecondaires. Le programme avait pour but initial de permettre aux personnes en situation chômage d'améliorer leurs compétences professionnelles grâce à l'éducation et à la formation postsecondaires. Toutefois, en réalité, des milliers d'étudiants à temps plein — de plus en plus nombreux chaque année — sans expérience professionnelle significative ont utilisé le programme comme une sorte de régime de revenu de base universel leur permettant de bénéficier de l'assurance-emploi pendant leurs études. Étant donné que l'assurance-emploi est un domaine fédéral de responsabilité et de financement qui a pour mission d'aider les Canadiens sous-employés ou sans emploi à réintégrer dans le marché du travail, le gouvernement fédéral a estimé que le programme Connexion AENB était contraire à la Loi sur l'assurance-emploi et a donc exigé du Nouveau-Brunswick qu'il l'annule.
La nouvelle de l'annulation du programme a été divulguée pour la première fois par Jean-Sébastien Léger, alors président de la Fédération étudiante du Centre universitaire de Moncton, après que le ministère eut envoyé un courriel aux associations étudiantes pour les informer du changement, mais en précisant qu'il n'y aurait pas d'annonce publique à ce sujet. Les étudiants néo-brunswickois ont vivement critiqué cette annulation, citant l'augmentation du coût de la vie et des frais de scolarité, ainsi que le peu de soutien financier étudiant offert par le gouvernement provincial. L'opposition libérale a réagi en disant que, bien qu'elle n'ait pas demandé le rétablissement du programme, elle estimait que le gouvernement devrait faire davantage pour soutenir les étudiants postsecondaires en assurant l'abordabilité et l'accessibilité de l'enseignement supérieur.
Affaiblissement de la législation relative au travail dans les services publics En , le ministre de l'Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, Trevor Holder, a déposé un projet de loi visant à modifier la loi provinciale en matière de relations du travail qui régit les négociations syndicales dans les services publics. Les modifications proposées dans le projet de loi mettent en œuvre des règles plus strictes sur la façon dont les grèves et les lock-out dans le secteur public peuvent se dérouler — en exigeant que les syndicats donnent un préavis de 72 heures avant une grève et en permettant au gouvernement de modifier les horaires de travail des travailleurs désignés comme essentiels pendant une grève et même, dans certains cas, de les remplacer par des travailleurs non syndiqués — des changements qui ont été largement considérés comme un déplacement du pouvoir dans le contexte de négociation, et ce, au détriment des syndicats.
Selon Stephen Drost, président du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) au Nouveau-Brunswick, « il ne s'agit de rien d'autre que de priver ces travailleurs de leur droit à la libre négociation collective. Cette loi ... ne va certainement pas améliorer les relations de travail dans la province ». Pour Jennifer Murray, directrice régionale de l'Atlantique chez Unifor, le plus grand syndicat canadien représentant le secteur privé, « il est très inquiétant de voir le gouvernement Higgs tenter de priver les travailleurs de leurs droits à l'approche d'importantes négociations avec des travailleurs essentiels du secteur public de la province, l'année prochaine ».
M. Holder a répondu à ces critiques à l'Assemblée législative en déclarant que le projet de loi ne visait qu'à apporter de la « clarté » aux règles concernant les travailleurs essentiels, règles qui, selon lui, ont été qualifiées comme « ambiguës » par la Commission du travail et de l'emploi. « Nous devons réduire un peu la rhétorique, travailler ensemble en tant que Néo-Brunswickois et, en fin de compte, voir les choses pour ce qu'elles sont ».
Histoire Le ministère a été nommé ministère de l'Éducation postsecondaire et de la Formation le , lorsque le premier ministre Bernard Lord a réorganisé son Cabinet en fusionnant l'ancien ministère de la Formation et du Développement de l'emploi avec la direction de l'éducation postsecondaire du ministère de l'Éducation. Le premier ministre Shawn Graham l'a ensuite rebaptisé ministère de l'Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail au moment de son entrée en fonction, les syndicats ayant demandé pourquoi il n'y avait pas de ministre du « Travail ».
Entre 2017 et 2018, deux ministres se sont partagé la responsabilité de diriger le ministère, soit un ministre de l'Éducation postsecondaire et un ministre du Travail, de l'Emploi et de la Croissance démographique. À la suite des élections de 2018, qui ont vu l'arrivée au pouvoir de Blaine Higgs, un seul ministre a repris la gestion du ministère.
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