Les élections municipales françaises de 2026 visaient à procéder au renouvellement des conseils municipaux des communes françaises et des conseils communautaires des intercommunalités. Ces élections se sont tenues les 15 et .

Le scrutin est marqué par le repli des Écologistes, qui ne conservent qu'une partie des grandes villes remportées en 2020, dont Lyon et Tours, perdant Besançon et Strasbourg, ainsi que par une progression du Rassemblement national et de ses alliés, qui gagnent dans l'essentiel des communes déjà dirigées, dont Perpignan, et en remporte de nouvelles, dont Nice. La France insoumise signe quelques succès remarqués à Saint-Denis et Roubaix.

Le camp présidentiel enregistre quelques victoires significatives, comme à Annecy et Bordeaux, prises à la gauche, et conserve Le Havre, Reims et Angers.

La gauche conserve l'essentiel de ses bastions, dont Paris, Marseille, Nantes, Montpellier, Lille, Rennes et Grenoble. Elle défait la droite à Amiens, Saint-Étienne et Nîmes (commune la plus peuplée dirigée par le PCF), mais elle s'incline dans ses fiefs de Brest et Clermont-Ferrand. La droite républicaine maintient par ailleurs ses positions dans quelques grandes villes (Toulouse, Toulon, Aix-en-Provence, Limoges, Metz, Caen) et dans les villes moyennes.

La participation, nettement plus élevée que lors du scrutin précédent perturbé par la pandémie de Covid-19, est toutefois inférieure de plus de cinq points à celle des élections de 2014.

Contexte

Les élections municipales françaises de 2026 se déroulent quelques mois avant des élections sénatoriales prévues en , un an avant le scrutin présidentiel français de 2027, à la fin du deuxième mandat successif pour la présidence d'Emmanuel Macron qui ne pourra pas se représenter en 2027, et après les élections législatives françaises de 2022, les élections européennes de 2024 en France puis les élections législatives françaises de 2024, rendues nécessaires par la dissolution de l'Assemblée nationale cette même année 2024, décidée par Emmanuel Macron. Une succession de scrutins défavorables au parti présidentiel et marqués par la décomposition de la vie politique en France, l'absence d'une majorité dans ce pays et l'affirmation d'un électorat pour les courants considérés comme populistes, à la droite (le Rassemblement national - RN) et à la gauche (La France insoumise - LFI) de l'échiquier politique. Les précédentes élections municipales françaises datent de 2020.

Précédentes élections municipales en 2020

Les dernières élections municipales, en 2020, sont marquées par la pandémie de Covid-19 et par la plus forte abstention lors d'élections municipales en France.

La gauche remporte des villes comme Annecy, Bordeaux, Marseille ou encore Saint-Paul. La droite arrive tout de même à reprendre quelques villes des mains de la gauche, telles que Metz. Le Rassemblement national (RN), quant à lui, arrive à se renforcer localement et gagne, entre autres, la ville de Perpignan, tout en conservant les communes déjà sous son pavillon, comme Hénin-Beaumont, gagnée en 2014.

Contexte politique français et européen au milieu des années 2020

L'élection présidentielle et les législatives de 2022 voient le pouvoir d'Emmanuel Macron, réélu, et de sa majorité présidentielle être affaibli par la montée de l'extrême droite et de la gauche, tandis que Les Républicains (LR) se retrouvent encore plus amoindris et leur groupe à l'Assemblée nationale est le plus petit que la droite ait connu depuis le début de la République.

Les élections européennes du voient le RN s'envoler, tout en voyant la liste de la majorité présidentielle perdre près de la moitié de ses sièges. La gauche y part éclatée, alors qu'elle s'était réunie en 2022 en formant la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES). La liste du Parti socialiste (PS) et de Place publique (PP) et celle de La France insoumise (LFI) arrivent à avoir de nouveaux sièges, tandis que le Parti communiste (PCF) n'obtient toujours pas de siège et que Les Écologistes (LE) se retrouvent à cinq sièges au lieu de treize.

La dissolution de l'Assemblée nationale par Emmanuel Macron au soir des résultats des élections européennes amène de nouvelles élections législatives ont donc lieu les et . Ces élections chamboulent le spectre politique français, déjà perturbé. La gauche s'unit à nouveau, cette fois-ci en ne se cantonnant pas aux quatre partis déjà présents dans l'hémicycle, et crée le Nouveau Front populaire (NFP) en quelques heures seulement. Les LR, quant à eux, vivent une crise sans précédent, en voyant leur président, Éric Ciotti, s'allier avec le RN. Le centre vit mal la décision du chef de l'État, mais conserve la coalition Ensemble pour la République. Lors de l'entre-deux-tours, au vu des résultats de l'extrême droite, la gauche appelle au front républicain, auquel la majorité des candidats qualifiés pour le second tour adhèrent. Les résultats voient l'union de la gauche emporter une très courte majorité relative de , tandis que le RN devient le premier groupe à l'Assemblée nationale, avec . Éric Ciotti arrive à former un groupe grâce aux l'ayant suivi. Le centre s'effondre, en perdant un tiers de ses députés.

Pour les élections municipales de 2026, les élus locaux craignent un effet ricochet de la crise politique nationale. Les triangulaires et quadrangulaires devraient être nombreuses, ouvrant la voie à des recompositions politiques.

Enjeux locaux liés au réchauffement climatique en France Le changement climatique a amené davantage d'épisodes extrêmes (tempêtes, inondations, sécheresses…) depuis les précédentes élections municipales. Il en résulte davantage d'enjeux à l'échelle locale en matière d'adaptation au changement climatique, comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la sobriété énergétique, la question des inondations. Selon une enquête de l’institut Terram, think tank dédié aux territoires, et de l’ONG Project Tempo, spécialiste des questions environnementales, parue début février 2026, 74 % des personnes interrogées indiquent que les propositions environnementales des candidats aux municipales auront une importance dans leur vote ; cette préoccupation dépasse les différences d'âges, de catégories socioprofessionnelles ou d'orientations politiques.

Campagne d'influence du milliardaire Pierre-Édouard Stérin Depuis le début des années 2020, l'entrepreneur et milliardaire français Pierre-Édouard Stérin tente d'exercer une influence sur les élections françaises par l'intermédiaire du « projet Périclès », qui vise à obtenir une victoire idéologique et politique d'une alliance entre l'extrême droite et la droite libérale conservatrice. Doté d'un financement annoncé de d'euros, ce projet recourt, notamment, au financement des partis politiques et à la création d'une école de formation de candidats en vue des élections municipales de 2026, afin de faire remporter des mairies à l'extrême droite et à la droite dans des communes petites ou moyennes.

Enjeux Pour Les Républicains et le Parti socialiste, l'objectif de ces élections est de conserver leur implantation locale. De leur côté, Renaissance et La France insoumise cherchent à se créer un ancrage local en s'implantant dans quelques grandes villes clés. Le Rassemblement national partage le même objectif, mais affiche un objectif bien plus ambitieux, plus de de listes devraient être investies (contre 410 en 2020), en plus de viser certaines villes stratégiques. Enfin, Les Écologistes fixent pour objectif de conserver les villes gagnées en 2020, tandis qu'Horizons cherche surtout à conserver ses villes, notamment Nice, où ils affrontent le président de l'Union des droites pour la République, Éric Ciotti, et Le Havre, sur laquelle Édouard Philippe compte s'appuyer pour lancer sa campagne présidentielle..

Campagne et polémiques Mort de Quentin Deranque

Le , sept militantes du collectif Némésis, collectif d'extrême droite identitaire et fémonationaliste, déploient vers une banderole devant l'Institut d'études politiques de Lyon, où Rima Hassan, eurodéputée de La France insoumise, est invitée à une réunion publique...

En face est entonné le slogan antifasciste Siamo tutti antifascisti et un groupe de personnes tentent de s'emparer de cette banderole.. Un quart d'heure plus tard, vers et à de la conférence, un affrontement oppose entre quinze et vingt militants de l'ultradroite lyonnaise . et un groupe d'extrême gauche antifascite, semblant du même nombre...

Après cet affrontement, le groupe d'extrême droite se disperse, mais Quentin Deranque et deux de ses camarades sont pris à partie, frappés au sol et reçoivent un grand nombre de coups de pied... Une riveraine appelle les pompiers mais un ami vient chercher la victime, qui refuse de recevoir des soins, puis la raccompagne en direction de chez elle, parcourant à pied un kilomètre et demi avant que son état ne se dégrade.. au niveau du quai Fulchiron, où il est pris en charge vers par les sapeurs-pompiers. Quentin Deranque meurt le d'un traumatisme crânien encéphalique majeur, associé à une fracture temporale droite.

Dès le lendemain de l'agression, le , la sphère politico-médiatique s'empare du sujet. Des militantes du collectif Némésis disent avoir reconnu plusieurs membres de la Jeune Garde antifasciste parmi les agresseurs, dont Jacques-Élie Favrot, collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. , qui annonce se le .. Avant même l'enquête policière, nombre de personnalités politiques et médias, tel qu'Emmanuel Macron, Gérald Darmanin, Laurent Nuñez, Le Figaro et allant jusqu'à l'extrême droite, affirment que les assaillants seraient d'extrême gauche...... D'autres, comme Jordan Bardella, pointent La France insoumise du doigt et demandent la démission de Raphaël Arnault, dont certains disent qu'...

De nombreux médias interrogent alors les liens entre LFI, Raphaël Arnault et les meurtriers présumés...

La mort de Quentin Deranque entraîne de la part de groupes d'extrême-droite divers représailles : à Toulouse, des font des descentes violentes le dans les rues de la ville et dans un bar réputé de gauche. ; dans la nuit du au , une dizaine de permanences de députés LFI sont dégradées. ; les locaux lyonnais du syndicat de gauche Solidaires sont vandalisés dans la nuit du au . ; dans la nuit du au , le domicile personnel d'une candidate de la liste insoumise aux élections municipales aux Lilas est tagué de l’inscription « LFI tue » ; le , le siège de LFI dans le 10 arrondissement de Paris est brièvement évacué, à la suite d'une menace à la bombe. ; le même jour, l'organisation syndicale Solidaires dénonce l'attaque de son local à Lyon et des « intimidations » et des « menaces de mort » portés après qu'Alice Cordier, porte-parole de Némésis, a donné le nom de l'organisation sur CNews le jeudi soir, procédés qui désigneraient de facto ses membres . d'après l'UD Solidaires du Rhône ; le , un meeting de campagne LFI à Faches-Thumesnil (Nord) est perturbé par une dizaine d'individus cagoulés faisant référence à la mort de Quentin Deranque, et quatre individus sont interpellés ; le même jour, une candidate LFI à Strasbourg est violemment agressée et menacée d'un couteau en pleine rue devant ses enfants. Un suspect est arrêté et placé en garde à vue le .

Alors que le Parti socialiste allait s'apprêter à ouvrir la porte à des négociations afin de nouer des alliances locales pour le second tour des élections municipales, Olivier Faure affirme qu'il n'y aura pas d'accord national avec LFI, que ce soit au premier ou au second tour.. Les Écologistes se posent alors la question sur la possible alliance avec LFI. et, à Lyon, Grégory Doucet, maire sortant, ne ferme pas la porte à une alliance avec la candidate LFI Anaïs Belouassa-Cherifi au second tour.. Des candidats PS et LFI ont fait liste commune au tour dans « au moins trente communes ».