La 133 division blindée « Littorio » () est une division blindée de l'armée royale italienne active pendant la Seconde Guerre mondiale. Le nom de la division provient du faisceau () porté par les licteurs de la Rome antique, que Benito Mussolini avait adopté comme symbole du pouvoir d'État du régime fasciste. Déployée en Afrique du Nord en pour la guerre du Désert la division est anéantie lors de la seconde bataille d'El Alamein en .
Historique Formation La division blindée « Littorio » est créée le à Parme par la réorganisation de certaines parties de la 4 division d'infanterie « Littorio », composée de « volontaires » de l'armée régulière et ayant participé à la guerre civile espagnole. L'unité est la troisième division blindée italienne, après la 131 division blindée « Centauro » et la 132 division blindée « Ariete ». Initialement, l'unité compte quatre bataillons de chenillettes, trois bataillons de bersagliers et deux groupes d'artillerie motorisés. Ses bataillons de chars sont équipés de chenillettes L3/35, qui à cette époque sont déjà obsolètes et inadaptées à la guerre moderneIron Arm – Sweet, John Joseph Timothy; Stackpole Books, 2007, Page 84.
Invasion de la France Le , l'Italie entre dans la Seconde Guerre mondiale et commence à envahir le sud de la FranceJowett, Philip S. The Italian Army 1940–45 (1): Europe 1940–1943. Osprey, Oxford – New York, 2000, pg. 5, . La division et la 101 division motorisée « Trieste » sont envoyés dans la vallée d'Aoste pour exploiter une percée prévue dans le col du Petit Saint-Bernard, objectif devant être réalisé par la sur le flanc gauche et la 2 division alpine tridentine sur le flanc droit, la division prenant elle-même le col. Après l'échec des premières attaques, un bataillon de chars du est déployé en avant-poste le , mais les chenillettes italiennes s'enlisent dans le terrain accidenté et enneigé. Les artilleurs antichar français détruisent alors un certain nombre de blindés italiens, provoquant le repli du bataillon. Le même jour, l'armistice franco-italien entre en vigueur et la guerre prend fin.
Invasion de la Yougoslavie Fin , la division est transférée à la frontière avec la Yougoslavie pour l'invasion de la Yougoslavie. Le , la division franchit la frontière et avance vers Postojna. Le , elle atteint Ogulin et le 14 Šibenik sur la côte dalmate. Les Italiens rencontrent une résistance minime de la part de la armée yougoslave et le , la division rencontre des unités de la 158 division d'infanterie « Zara » à Knin et atteint Mostar. Le 17, la division atteint Trebinje, où elle effectue la jonction avec la 131 division blindée « Centauro », qui avait avancé vers le nord depuis l'Albanie. Le , l'unité blindée est rapatriée.
Réorganisation droite|vignette| Canon automoteur 75/18. En , l'unité est réorganisée. Le , les chenillettes obsolètes du régiment de chars sont remplacées par des blindés M13/40 et M14/41 plus modernes provenant du . La division reçoit également des groupes d'artillerie automoteurs dotés de canons automoteurs 75/18.
Guerre du Désert En , la division reçoit l'ordre de se rendre en Libye pour renforcer la Panzerarmee Afrika, qui combat dans la guerre du Désert contre la 8 armée britannique. En raison des attaques aériennes et navales britanniques provenant de Malte, le transfert de la division prend des mois et s'accompagne de graves pertes d'hommes et d'équipement. Les premières unités arrivées sont plusieurs bataillons d'artillerie automotrice, immédiatement transférés sur le front dans la 132 division blindée « Ariete ». Entre-temps, un transport chargé de blindés appartenant à l'une des compagnies du bataillon de chars est coulé par des avions de guerre britanniques en Méditerranée et le navire transportant le bataillon de bersagliers est torpillé par un sous-marin britannique, perdant les 2/3 de ses hommes dans les eaux de la Méditerranée.
Le , la division doit céder son bataillon de chars « M » dans la division, tandis que le bataillon de chars doit céder tous ses chars restants aux unités déployées sur le front. Arrivé à Tripoli, le bataillon de chars « M » est immédiatement rattaché à la 101 division motorisée « Trieste ». La division perd également une partie de ses unités de défense aérienne, de transport et d'artillerie au profit d'autres divisions. Le , la division fut suffisamment reconstruite pour son transfert sur le front, où elle fut affectée au corps d'armée.
L'unité ne participe pas à la bataille de Gazala, bien que les comptes britanniques incluent généralement ses effectifs en troupes et en chars dans le total des forces de l'Axe. Un groupement tactique composé de deux bataillons de bersagliers, de deux compagnies de chars du bataillon de chars et d'une batterie du groupe d'artillerie arrive sur le front le et participe à l'attaque de Tobrouk. La division fait partie de la force d'investissement à Mersa Matruh et poursuit la armée britannique lors de sa retraite vers El Alamein. Dans cette avance, la division est harcelée par la Desert Air Force, comme toutes les formations de l'Axe, et elle s'engagea dans un certain nombre de combats en cours avec la division blindée britannique.
Première bataille d'El Alamein Lors de la première bataille d'El Alamein, le commandant allemand Erwin Rommel prévoit une pénétration des lignes de la 8 armée britannique entre Alamein et Deir el Abyad. Cette opération doit être effectuée par la 90 division légère, la 15 division blindée et la 21 division blindée. Le doit alors avancer vers le nord pour couper la route côtière et piéger les défenseurs d'Alamein entre les forces de l'Axe et la mer. La Panzerarmee Afrika doit virer à droite pour attaquer l'arrière du XIII corps britannique. Le XX corps d'armée italien suit les divisions allemandes et à pour objectif d'occuper la zone de Qattara, tandis que les unités de reconnaissance italiennes et allemandes (dont la division) protègent les avancées du flanc droitPlayfair Vol. III, p. 340. Les bataillons de l'unité seront lourdement engagés lors de la première bataille d'El Alamein, le bataillon de chars étant tombé à sept chars encore opérationnels à la fin de la bataille.
Bataille d'Alam el Halfa La seconde tentative de Rommel pour déborder les positions britanniques à El Alamein débute le . La bataille d'Alam el Halfa commence par une attaque de l'Afrika Korps allemand à l'aube, rapidement stoppée par une attaque de flanc de la 8 brigade blindée britannique. Les Allemands limitent les pertes, les Britanniques ayant reçu l'ordre d'épargner leurs chars pour l'offensive à venir, mais en échouant dans leur progression, ceux-ci seront intensément bombardésFraser, p. 359.. Pendant ce temps, les divisions Littorio et Ariete se sont avancés sur le côté gauche de lAfrika Korps et de la 90 division légère et des éléments du corps d'armée italien se sont rangés pour faire face au flanc sud des troupes néo-zélandaisePlayfair, p. 387.. Sous des raids aériens constants tout au long de la journée et de la nuit, Rommel voit son offensive échouer le matin du 2 septembre. Rester dans le saillant ne ferait qu'alourdir ses pertes, il ordonne donc à ses forces de se replierCarver, p. 67..
Seconde bataille d'El Alamein droite|vignette| Déploiement des forces à la veille de la seconde bataille d'El Alamein. On peut voir la division Littorio tenu en réserve derrière les divisions d'infanterie. La seconde bataille d'El Alamein est habituellement divisée en cinq phases, comprenant la percée (23 au 24 octobre), l'effondrement (24 au 25 octobre), la contre-attaque (26 au 28 octobre), l'opération Supercharge ( au 2 novembre) et l’effondrement (3 au 7 novembre). Aucun nom n'est donné à la période du 29 au 31 octobre pendant laquelle la bataille était au point mort.
25 octobre 1942 Initialement, la 133 division est tenue en réserve derrière les divisions d'infanterie à l'arrière de la crête de Miteirya. Le 25 octobre, les forces de l'Axe lancent une série d'attaques en déployant la 15 division blindée et la et 133 division Littorio. Au coucher du soleil, l'infanterie alliée passe à l'attaque et vers minuit, la 51 division britannique lance trois attaques, mais se perd dans l'obscurité. Les 15 et 133 divisions résistent aux unités blindées alliées aux prix de lourdes pertes, la plupart des unités étant épuiséesPlayfair, P. 50.. Rommel, convaincu que l'assaut principal se déroulera au nordWatson (2007), p.23, est déterminé à reprendre le « point 29 ». Il ordonne une contre-attaque contre celui-ci à 15 heures, mais sous l'artillerie lourde et les attaques aériennes, la 15 division, la 164 division légère et des éléments du XX corps d'armée ne concrétisent aucune avancée majeurePlayfair, pp. 50–51.. Pendant la journée, Rommel commence également à attirer ses réserves vers ce qui deviendra le point central de la bataille : la 21 division blindée et une partie de la division Ariete se déplacent vers le nord pendant la nuit pour renforcer les 15 et 133 divisions, la 90 division légère à El Daba reçoit l'ordre d'avancer, tandis que la division Trieste doit se déplacer de Fuka vers le front pour les relever. La 21 et la 132 progressent lentement pendant la nuit car celles-ci sont intensément bombardésPlayfair, p. 51..
Les archives allemandes du 28 octobre 1942 révèlent que les trois divisions les plus touchées sont les 15, 21 et 133 divisions, unités ayant perdus 271 chars depuis le début de la bataille le 23 octobre. Ce chiffre inclut les chars hors de combat pour cause de panne mécanique, de mines ou tous autres dégâts résultant des combats, mais à cette époque, les réparations et les remplacements suivaient à peine le rythme des pertes quotidiennes. Les états blindés ennemis survivants indiquent que du 28 au 31 octobre, les deux divisions allemandes ont peiné à rassembler 100 chars en ordre de bataille, la division Littorio italienne en disposant quant à elle 30 à 40.
2 novembre 1942 Le 2 novembre à 11 heures, les restes des 15, 21 et 133 divisions contre-attaquent la division blindée britannique. Les restes de la 9 brigade blindée britannique, retranchés avec un écran de canons antichar et d'artillerie, bénéficient d'un soutien aérien intensif. La contre-attaque échoue sous une couverture d'obus et de bombes, entraînant la perte d'une centaine de charsWatson, p. 24.. Les combats se poursuivent tout au long du 3 novembre et la brigade blindée britannique est arrêtée par les restes de l'''Afrika Korps et les derniers chars de la 133 division LittorioPlayfair, p. 71..
4 novembre 1942 droite|vignette| Le 4 novembre, la division Littorio est attaqué par les et 10 divisions blindées britanniques. Le 4 novembre, les divisions italiennes Littorio, Ariete et Trieste sont détruits lors d'une attaque des et 10 divisions blindées britanniques. Rommel voyant les lignes entre El Daba et la frontière impossible à tenir, ordonne une retraite, les unités italiennes restant sur place pour mener une action d'arrière-garde. La division Littorio est déclarée perdue en raison des événements de guerre le 25 novembre 1942 et le reste de son personnel est affecté dans le groupe tactique « Ariete ».
Organisation En Italie 33x33px 133 division blindée « Littorio », à Parme , à Reggio d'Émilie Compagnie de commandement 21 bataillon de motocyclistes bersagliers (réorganisé en 21 bataillon d'armes de soutien bersagliers en septembre 1941) 23 bataillon de bersagliers auto-transporté 36 bataillon de bersagliers auto-transporté 12 compagnie antichar (canons antichar 47/32 ; entrée dans le 21 bataillon d'armes de soutien de bersagliers en septembre 1941) 12 compagnie de motocyclistes bersagliers (créée en septembre 1941) , à Parme (remplacé par le 133 régiment de chars le 27 novembre 1941) Compagnie de commandement bataillon de chars « L » (chenillettes L3/35) 2 bataillon de chars « L » (chenillettes L3/35) 3 bataillon de chars « L » (chenillettes L3/35) 4 bataillon de chars « L » (chenillettes L3/35)