La Toccata en ut majeur, , de Robert Schumann est une pièce pour piano composée en 1830 et révisée en 1833. La pièce, dans sa version définitive, est un allegro de sonate de forme bithématique, l'une des premières réussites du compositeur dans le genre.
Composition thumb|Comparaison d'une section de la Toccata et de l'esquisse (en haut), publiée pour la première fois en 2009, par Ernst Herttrich chez Henle. L'œuvre, à l'origine en ré majeur, s'intitulait « Étude fantastique en doubles sons ». L'ébauche est composée à Heidelberg dès 1829 et en , alors que Schumann, âgé de dix-neuf ans est un élève en droit peu assidu à l'Université. La composition ne comptait que 184 mesures.
L'étude ayant été refusée par deux éditeurs (Haslinger à Vienne et Breitkopf), il retravaille la composition de retour à Leipzig, entre janvier et ; et la porte à 283 mesures en introduisant le second thème et lui donnant une forme sonate bithématique, l'une des premières réussites du compositeur dans le genre. Friedrich Hofmeister en assume finalement l'édition en après sa mise au propre à la Noël 1833. Le manuscrit de la version définitive n'a pas été conservé. Reste seul celui de la version de 1830.
En 1840, Schumann publie la Toccata chez Richault à Paris, en même temps que ses arrangements d’après Paganini et .
Création et postérité La pièce est créée en concert par la jeune Clara Wieck, le à Leipzig. La critique est positive :
Si en 1836, Schumann la qualifie de « pièce la plus difficile jamais écrite » et qu'elle reste à ce jour « l'une des pièces les plus férocement difficiles du répertoire pour piano », le jeune Schumann est fort étonné lorsqu'un de ses amis, avec qui il partage le logement à Leipzig, Ludwig Schuncke, pianiste de grand talent, la-lui joue sans préparation, en .
Le compositeur appose la dédicace rédigée ainsi : « à son ami Ludwig Schuncke » — Schuncke lui ayant offert sa Grande Sonate en sol mineur, . Ludwig Schuncke meurt le l'année suivante.
Analyse
Une série d'accords alternés introduit le thème principal. Le développement comprend des octaves rapides à l'unisson et un contrepoint. On retrouve un chromatisme et une syncope avancés tout au long de l'œuvre.
Elle est en partie basée sur la Toccata en ut majeur, , de Czerny, également en double notes, que Clara Schumann a passé une grande partie de sa jeunesse à pratiquer. Schumann lui-même, lorsqu'il écrit à l'éditeur Haslinger, relie l'œuvre
thumb|Comparaison de la Toccata op. 7 de Robert Schumann, avec des modèles possibles : Friedrich Wieck, Czerny et Cramer. Une interprétation typique de cette pièce (avec le signe de répétition observé) peut durer de six à huit minutes.
Éditions Robert Schumann, Toccata pour piano, op. 7 en do majeur. Alfred Cortot, éditeur. coll. Édition nationale de musique classique Salabert, 1956 Robert Schumann, Toccata en ut majeur op. 7, versions 1830 et 1834, Ernst Herttrich, éditeur. Henle Verlag NH 201 , 2009 préface en ligne VI-VIII..
Discographie Nombre de pianistes ont enregistré l'œuvre, dans une intégrale (ou semi-intégrale), ou au sein d'un récital. Mais certains, tels Alfred Cortot, Clara Haskil, Claudio Arrau, Wilhelm Kempff, Vladimir Ashkenazy et Maurizio Pollini, ne l'ont jamais gravé. En revanche, Sviatoslav Richter en laisse une dizaine d'enregistrements de concerts, captés entre 1951 et 1986.
Références
Bibliographie thumb|Page de titre de l'édition Richaud, Paris 1840.
Ouvrages généraux
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Notes discographiques
Liens externes
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