Julia Romera Yáñez, née à Mazarrón (Murcie) le et morte le dans la prison pour femmes de Les Corts de Barcelone, est une syndicaliste espagnole, militante de la Confédération nationale du travail (CNT).
Biographie Julia Romera Yáñez est la fille de Matilde Yáñez Pérez et du mineur Francisco Romera Rodríguez. En 1918, à la suite de l'épidémie de grippe qui frappe la région de Murcie, ses parents meurent à trois jours d'intervalle. Orpheline, elle demeure, avec sa sœur María, chez ses grands-parents maternels à Carthagène, puis chez ses grands-parents paternels à Mazarrón.
En 1921, la province de Murcie est en pleine crise économique; la paralysie des mines, la sécheresse des champs et le manque de travail provoquent une émigration massive vers les zones industrialisées. La famille Romera décidé d'émigrer à Santa Coloma de Gramanet, en Catalogne. En 1930, à l'âge de 14 ans, Julia est ouvrière de textile aux Pañolerias Baró (Can Baró), où beaucoup d'ouvriers sont adhérents de la CNT.
En 1931, la République espagnole est proclamée. La jeune Julia milite dans les années 1934-1935. Lors du déclenchement de la guerre d'Espagne, en , Julia est nommée secrétaire générale et trésorière du Secours rouge et responsable d'édition de la revue Aurora Libre.
Le , les troupes nationalistes envahissent Santa Coloma de Gramanet. De nombreux Républicains sont contraints à l'exil en France lors de l'épisode de la Retirada, mais Julia, devant notamment s'occuper de sa grand-mère malade, restent sur place et rejoint la résistance.
La résistance et la création de l'UJA Julia rejoint l'UJA (Union des jeunesses antifascistes), un groupe de jeunes résistants âgés de 15 à 23 ans, certains avec une expérience militaire comme Epifanio García Murcia et Joaquim Miquel. Ils n'acceptent pas la défaite et mettent en place la guérilla anti-franquiste.
La répression nationaliste Le , les nationalistes commencent les arrestations. Julia est emmenée au commandement local de la Garde civile. Pendant trois jours, elle est interrogée et torturée, mais ne parle pas.
Le , sans pouvoir marcher, défigurée et le ventre gonflé par les lésions internes, elle est déplacée au théâtre Cervantes de Badalone, réaménagé comme prison. Elle est incarcérée ensuite à la prison pour femmes de Les Corts de Barcelone.
Le , lors d'un conseil de guerre dans lequel vingt-cinq personnes (dont trois mineurs) sont jugés, Julia est condamnée à la peine de mort, commuée en perpétuité.
Dans la prison de Les Corts, dans des conditions déplorables, Julia partage sa cellule avec Conxita Vives et l'actrice .
À la fin de l'été 1941, après avoir souffert de fièvres récurrentes, le médecin de la prison lui diagnostique une tuberculose avancée, aggravée par les graves lésions internes entrainées à la suite des tortures. Elle entre à l'infirmerie de la prison dans laquelle est meurt le , en rejetant l'extrême-onction proposée par l'aumônier de la prison.
Ses camarades se côtisent pour offrir à Julia un enterrement digne.
Postérité
Le conseil municipal de Santa Coloma de Gramenet a nommé une rue de la ville en sa mémoire.
Références
Catégorie:Naissance en mars 1916 Catégorie:Naissance à Mazarrón Catégorie:Membre de la Confederación Nacional del Trabajo Catégorie:Féministe catalane Catégorie:Santa Coloma de Gramenet Catégorie:Antifranquiste espagnol Catégorie:Syndicaliste espagnole du XXe siècle Catégorie:Femme dans la guerre d'Espagne Catégorie:Victime de la répression durant le franquisme Catégorie:Prisonnière politique de la prison de Les Corts durant la dictature franquiste Catégorie:Personne torturée au XXe siècle Catégorie:Décès en septembre 1941 Catégorie:Décès à Barcelone Catégorie:Mort de la tuberculose Catégorie:Personnalité morte en prison en Espagne Catégorie:Décès à 25 ans