La scission de la Belgique est une situation hypothétique, qui a été discutée par les médias belges et internationaux, envisageant la division de la Belgique selon des critères linguistiques, la communauté flamande (Flandre) et la communauté francophone (Wallonie) devenant des États indépendants. Plus rarement, on émet l'hypothèse que la Flandre pourrait rejoindre les Pays-Bas (mouvement des Grands Pays-Bas) et que la Wallonie pourrait rejoindre la France (mouvement rattachiste) ou le Luxembourg (après qu'il en a été détaché, déjà sur base de critères linguistiques en 1839).

Les entités fédérées et plus particulièrement les deux communautés, flamande et francophone, disposent déjà d'un large degré d'autonomie au sein de la fédération belge.

Les choses sont rendues encore plus complexes par l'existence de régions linguistiques ainsi que de deux entités au statut spécial : Bruxelles (une région autonome bilingue, géographiquement située dans la moitié flamande du pays), et la minorité de la communauté germanophone.

vignette|Les communautés en Belgique :

Officiellement bilingue thumb|Régions :

Contexte historique Origines de la Belgique

gauche|vignette| Les Dix-Sept Provinces (zones orange, marron et jaune) et la principauté de Liège (vert). Le territoire de la Belgique constitue la partie sud de la région historique appelée Pays-Bas. Ces derniers sont apparus à la fin du Moyen Âge comme une confédération politique très lâche de fiefs gouvernés en union personnelle par la maison de Habsbourg : les Dix-Sept Provinces. Les composantes les plus importantes de cette union étaient le duché de Brabant, le comté de Flandre, le comté de Hainaut et le duché de Luxembourg. La principauté épiscopale de Liège constituait une quasi-enclave au sein des Dix-Sept Provinces. La principauté épiscopale n'était pas formellement incluse dans la domination des Habsbourg mais était, depuis l'époque de l'empereur Charles Quint, sous leur étroite influence. La frontière qui apparaît après la révolte hollandaise et la guerre de quatre-vingts ans divise les dix-sept provinces en deux entités distinctes : République néerlandaise au nord et Pays-Bas espagnols au sud. Dans ces derniers, différentes dialectes du néerlandais et du wallon coexistent. Au sein des plus grands fiefs comme Liège, la Flandre et le Luxembourg, plusieurs langues et dialectes distincts étaient utilisés. vignette| Carte des départements impériaux français des Pays-Bas. Les frontières féodales qui séparaient la Belgique sous l'Ancien Régime n'ont rien à voir avec les frontières actuelles. La France révolutionnaire fait disparaître ces entités féodales et les remplace par des départements. Les nouveaux départements reflétaient approximativement la frontière linguistique : par exemple, la nouvelle subdivision séparait le noyau bilingue de la Principauté de Liège en deux régions plus ou moins monolingues. Les seules exceptions majeures étaient les départements bilingues de la Dyle et des Forêts. Les départements deviendront à terme les provinces du royaume uni des Pays-Bas et encore plus tard de la Belgique. Les noms des provinces sont inspirés de ceux des fiefs médiévaux correspondants. Le département de la Dyle devient par exemple la province du Brabant, correspondant à la partie la plus méridionale de l'ancien duché de Brabant.

Royaume uni des Pays-Bas

En 1815, après le congrès de Vienne, le territoire constituant aujourd'hui la Belgique fut incorporé au royaume uni des Pays-Bas, créé pour réhabiliter et consolider les anciennes dix-sept provinces et servir de tampon contre toute ambition expansionniste de la France. Cette création place cependant les provinces catholiques belges, y compris la Wallonie francophone, sous une domination à majorité néerlandaise et un roi hollandais calviniste : Guillaume . Les Belges avaient peu d'influence sur leur vie et étaient mécontents du contrôle et de la domination néerlandaise sur les institutions économiques, politiques et sociales, sentiment qui a culminé avec la révolution belge de 1830. gauche|vignette| Le plan de partage de Flahaut, proposé par la France en 1830. Les principales puissances européennes (dont la France, la Prusse et le Royaume-Uni) étaient divisées sur la réponse à donner à la révolution du peuple belge contre les autorités royales néerlandaises. La France était favorable à une sécession de la Belgique des Pays-Bas, dans l'espoir d'annexer tout ou au moins une partie de la région, ce qui était également l'objectif de la plupart des insurgés belges. Après que cette proposition eut été rejetée par les autres puissances européennes, qui soutenaient le maintien de l'union des Pays-Bas, Charles de Flahaut, un diplomate français, proposa une partition des Pays-Bas du Sud entre les grandes puissances. Ainsi, une partie des provinces de Liège, du Limbourg et de Namur à l'est de la Meuse ainsi que les villes de Maastricht et de Liège et le grand-duché de Luxembourg reviendraient à la Prusse ; tandis qu'une partie de la province de Flandre orientale, la quasi-totalité de la province du Brabant, la province du Hainaut et la province de Namur à l'ouest de la Meuse seraient attribuées à la France. La province d'Anvers — à l'exception de la ville d'Anvers elle-même — et la province du Limbourg, à l'ouest de la Meuse — à l'exception de Maastricht — resteraient aux Pays-Bas, tout comme une petite partie de la province du Brabant, l'ancienne seigneurie de Diest. La Flandre occidentale, la majeure partie de la Flandre orientale, y compris la Flandre zélandaise, et la ville d'Anvers devaient former un État libre d'Anvers, sous protection britannique.

Cependant, ce projet a été rejeté comme absurde par l'ambassadeur de France au Royaume-Uni, Talleyrand, ce dernier soulignant le danger que représenterait une base britannique sur le continent européen. La Belgique est donc constituée en royaume indépendant. Selon les nationalistes flamands et wallons, il a été créé comme « État tampon » pour contrôler les ambitions de la France. Le Congrès national du royaume choisit un prince allemand, Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha, comme chef de l'État. Un historien de la révolution belge disait qu'« en Belgique, il y a des partis et des provinces, mais pas de nation. Comme une tente dressée pour une nuit, la nouvelle monarchie, après nous avoir abrités de la tempête, disparaîtra sans laisser de trace ». Cette opinion n’est cependant pas partagée par l’écrasante majorité des historiens "Quoted in Hasquirt [sic; error for "Hasquin" in bibliography] 22: 'En Belgique, il y a des partis et des provinces, et point de nation. Cornme une tente dressee pour une nuit, la monarchie nouvelle, apres nous avoir abrites contre la ternpete, disparaitra sans laisser de traces.' All English translations of French quotations are my own.".

Indépendance

L'antagonisme entre les locuteurs du français et du néerlandais s'est accru après l'indépendance de la Belgique en 1830, lorsque les habitants du sud des Pays-Bas se sont rebellés contre la nouvelle hégémonie des provinces du nord du royaume uni des Pays-Bas. Les grandes puissances européennes étaient divisées quant aux conséquences à tirer de la révolution mais reconnaisse celle-ci lors de la conférence de Londres. Finalement, l'État belge, composé de provinces francophones et néerlandophones ainsi que du grand-duché de Luxembourg, annexé dès 1830, a obtenu son indépendance en tant qu'État tampon entre la France et les Pays-Bas ; le français en devient la seule langue officielle. En 1839, les frontières de la Belgique sont définitivement clarifiées avec les Pays-Bas et le jeune royaume doit rendre une partie du Luxembourg annexé. Cette scission du Luxembourg s'opère déjà sur base de critères linguistiques : le quartier wallon, à l'ouest, étant laissé à la Belgique tandis que la partie orientale, de langues germaniques (luxembourgeois) et rendue à Guillaume , roi des Pays-Bas et grand-duc de Luxembourg (à l'exception notable du pays d'Arlon, pour des raisons politiques).

Les néerlandophones ont revendiqué l’égalité des droits dès la fin du , particulièrement au travers du mouvement flamand mais la législation sur l'usage des langues en Belgique ne les a introduits que progressivement, tout au long du . Si les timbres-poste sont devenus bilingues dès 1893, ce n’est qu’en 1967 qu’une version officielle néerlandaise de la Constitution a été acceptéeKris Deschouwer. . Depuis l’indépendance, les déséquilibres socio-économiques ont alimenté les ressentiments entre les deux communautés. Since the publication of this book, there are other figures and the Flemish daily newspaper De Standaard wrote it in 2007 : Guy Tegenbos "Scheeftrekkingen in ziektekosten bijna weg" (Imbalance almost vanished). in De Standaard, April 10, 2007..

Évolution moderne

Depuis les années 1960, une série de réformes majeures ont radicalement modifié les institutions belges en faisant passer la Belgique d'un État-nation unitaire à un état fédéral composé d'entités fédérées : les communautés et les régions. Celles-ci ont été créées suivant la division linguistique du pays, notamment après le tracé de la frontière linguistique entre la Flandre et la Wallonie en 1962. En conséquence, les minorités de certaines zones (à Bruxelles et ses environs ainsi que le long de la frontière linguistique) prétendent être privées de leurs droits dans le gouvernement et les services locaux. Le système des facilités linguistiques est alors créé pour tenter d'apporter une solution à ce problème. À la division politique habituelle gauche-droite s’ajoute une division linguistique, provoquant un système de double parti qui complique la création de coalitions au niveau national. La crise liée à la formation d'un gouvernement de coalition au lendemain des élections de 2007, associée au problème non résolu de la circonscription électorale de Bruxelles-Halle-Vilvorde et à la montée des partis politiques extrémistes, a donné un nouvel élan à la question, avec de récents sondages d’opinion montrant un large soutien en faveur d’une partition du pays. Cependant, le soutien à un État unifié reste majoritaire au sein de la population belge. Les unitaristes prétendent que la monarchie, des institutions nationales fortes et l'importance géopolitique de Bruxelles, linguistiquement et ethniquement mixte, servent d'éléments unificateurs, tandis que les séparatistes prétendent plutôt que ces facteurs (et la considérable dette de l'État ) ne sont que des obstacles à une inévitable partition. Certains observateurs politiques ont suggéré qu’une éventuelle partition de la Belgique pourrait porter un coup au modèle de l'Union européenne, où diverses cultures travaillent ensemble.

Selon un sondage d'opinion réalisé en 2019 par le journal flamand Het Belang van Limburg, 28,4 % de la population sont favorables à une partition de la Belgique tandis que 62,7 % s'y opposent ; les 8,8% restants n'ayant pas d'opinion. Cependant, l'enquête d'opinion s'est limitée à la province flamande du Limbourg, qui est considérée parmi les moins nationalistes de Flandre, surtout comparée à la province d'Anvers.

Données démographiques régionales