Le parc naturel régional de Millevaches en Limousin est un parc naturel régional français créé en 2004, situé à cheval sur trois départements de la région Nouvelle-Aquitaine (Corrèze, Creuse, Haute-Vienne). Il est, dans l'ordre chronologique, le deuxième parc naturel du territoire régional limousin ; le premier, celui du Périgord-Limousin, date de 1998. Il est l'un des quatre PNR de la nouvelle grande région.
Il est présidé, depuis fin septembre 2020, par Philippe BrugèreAnnonce sur lamontagne.fr.« Le Parc naturel régional (PNR) de Millevaches en Limousin vu par son nouveau président Philippe Brugère » sur lamontagne.fr., maire de Meymac, qui succède à Philippe Connan, conseiller municipal de Saint-Sulpice-les-Bois, élu en 2016, et à l'ancien conseiller régional de Corrèze, Christian Audouin (PCF).
S'étendant sur , ce qui en fait le troisième PNR par la superficie, le parc s'organise autour du plateau de Millevaches, vaste ensemble hercynien de nature granitique de la périphérie occidentale du Massif central et qui s'étage entre 400 et d'altitude, et plusieurs plateaux et petits massifs périphériques (plateau de la Courtine, haute Combraille, Monédières, mont Gargan…). Le territoire concerné est représentatif d'une diversité de paysages humides de façade océanique (landes, tourbières, espaces boisés et prairies agricoles).
Le parc est peuplé de Recensements INSEE répartis sur .
La maison du parc se situe à Millevaches (Corrèze), depuis 2015.
Histoire du parc vignette|gauche|redresse=0.4|Logo du PNR. Dès la fin des années 1960.Alain Auclaire, Un projet de réanimation d'une zone en voie d'abandon : le parc naturel régional du plateau de Millevaches, Mémoire de stage, E.N.A., décembre 1967, 21 x 27, 26 p., V annexes., l'idée d'un parc naturel régional sur le territoire du plateau de Millevaches est avancée.
Elle est relancée en 1987 par Robert Savy, élu président du conseil régional du LimousinRobert Savy, Émergence d'une région : le cas du Limousin (1986-2004), Éditions L'Harmattan, 2010.. En 1989, la région charge le bureau d'accueil de la Montagne limousine (BAM) de réaliser une étude d'opportunité et de faisabilité, qu'elle cofinance avec la DATAR. En 1991, le périmètre d'étude et le comité de pilotage présidé par le maire de Sérilhac et conseiller général socialiste corrézien Yves Terrieux, sont définis, ne parvenant pas dans un premier temps à atténuer les craintes de certains agriculteurs et défenseurs de l'environnement.
vignette|Panneau placé à l'entrée de toutes les communes adhérentes (ici Magnat-l'Étrange). L'élaboration du projet (« PNR MillevachesPhilippe Bernard-Allée, Marie-Françoise André, Ginette Pallier, Atlas du Limousin, Limoges, Presses universitaires de Limoges, 1994. ») porté par la région, les conseils généraux de Haute-Vienne et Corrèze et plusieurs élus locaux dont le maire de Gentioux-Pigerolles., se heurte également au scepticisme du président RPR du conseil général de la Creuse, Bernard de Froment. Une séance plénière du conseil régional est consacrée au projet en septembre 1993. La mise en place en 1996 du syndicat de préfiguration est l'objet de vives querelles politiques. Il est finalement présidé par le maire de Gentioux, Pierre Derozier, remplacé en 2002 par Christian Audouin.
Le projet de la première charte du futur parc est présenté en juin 2003Rapport du projet de charte du Parc naturel régional de Millevaches en Limousin, juin 2003. et le parc est finalement créé par décret du ..
En 2010, des dissensions se font sentir entre la direction du parc et le conseil général de la Haute-Vienne, quand ce dernier vote son retrait de la structure en tant que partenaireLe Populaire du Centre - Parcs naturels régionaux. La réaction de Christian Audouin, 5 juillet 2010.
Le parc s’attelle en 2013 à la révision de sa charte pour la période 2016-2028, qui prévoit notamment l'extension du périmètre à communes (14 en Creuse et 2 en Corrèze).. L'avant-projet de charte est rédigé en 2014 et 2015, mais le projet n'est finalisé qu'en 2017. L'enquête publique se déroule à l'automne 2017.. La charte 2018-2033 permet finalement l'intégration de communes (2 en Corrèze, 9 en Creuse)..
Depuis le , le parc est la quatrième réserve internationale de ciel étoilé labellisée en France., consacrant ainsi le ciel du plateau de Millevaches parmi les 19 plus beaux au monde.
Situation et périmètre Situation
Le territoire du parc s'étend sur la partie centrale et orientale de l'ancienne région administrative du Limousin, dont il occupe près de 19 % de la superficie totale. La majeure partie du parc ( soit 54 %) est située dans le département de la Corrèze, la partie creusoise s'étend sur (32 %), la partie haut-viennoise représentant (14 %).
Liste des communes
Corrèze : Affieux Aix Alleyrat Ambrugeat Bellechassagne Bonnefond Bugeat Chamberet Chaumeil Chavanac Chaveroche Combressol Confolent-Port-Dieu Corrèze Couffy-sur-Sarsonne Courteix Darnets Davignac L'Église-aux-Bois Eygurande Feyt Gourdon-Murat Grandsaigne Lacelle Lamazière-Haute Laroche-près-Feyt Lestards Lignareix Le Lonzac Madranges Maussac Merlines Meymac Meyrignac-l'Église Millevaches Monestier-Merlines Péret-Bel-Air Pérols-sur-Vézère Peyrelevade Peyrissac Pradines Rilhac-Treignac Saint-Angel Saint-Augustin Saint-Étienne-aux-Clos Saint-Fréjoux Saint-Germain-Lavolps Saint-Hilaire-les-Courbes Saint-Merd-les-Oussines Saint-Pardoux-le-Neuf Saint-Pardoux-le-Vieux Saint-Rémy Saint-Setiers Saint-Sulpice-les-Bois Saint-Yrieix-le-Déjalat Sarran Sornac Soudaine-Lavinadière Soudeilles Tarnac Treignac Toy-Viam Veix Viam Vitrac-sur-Montane
Creuse : Banize Basville Beissat Chavanat Clairavaux La Courtine Crocq Croze Faux-la-Montagne Felletin Féniers Flayat Gentioux-Pigerolles Gioux Magnat-l'Étrange Malleret Mansat-la-Courrière Le Mas-d'Artige Le Monteil-au-Vicomte La Nouaille Pontarion Pontcharraud Poussanges Royère-de-Vassivière Saint-Agnant-près-Crocq Saint-Frion Saint-Georges-Nigremont Saint-Pardoux-Morterolles Saint-Marc-à-Frongier Saint-Marc-à-Loubaud Saint-Martial-le-Vieux Saint-Martin-Château Saint-Maurice-près-Crocq Saint-Merd-la-Breuille Saint-Oradoux-de-Chirouze Saint-Oradoux-près-Crocq Saint-Pardoux-d'Arnet Saint-Quentin-la-Chabanne Saint-Yrieix-la-Montagne Soubrebost Thauron Vallière La Villedieu
Haute-Vienne : Augne Beaumont-du-Lac Bujaleuf Cheissoux La Croisille-sur-Briance Domps Eymoutiers Nedde Peyrat-le-Château Rempnat Saint-Amand-le-Petit Saint-Gilles-les-Forêts Saint-Julien-le-Petit Sainte-Anne-Saint-Priest Surdoux Sussac
vignette|redresse=1.2|Carte des communes du parc. Avec la nouvelle charte, de nouvelles communes sont venues s'ajouter, par rapport à la période 2004-2016 : en Corrèze : Confolent-Port-Dieu et Feyt en Creuse : Banize, Chavanat, Pontarion, Pontcharraud, Saint-Martin-Château, Saint-Maurice-près-Crocq, Saint-Oradoux-près-Crocq, Saint-Pardoux-d'Arnet et Thauron.
Faux-Mazuras, Saint-Junien-la-Bregère, Saint-Moreil, Saint-Pierre-Bellevue et Vidaillat ont également été consultées, mais n'ont finalement pas souhaité adhérer à la charte.
Géographie physique
Relief et géologie vignette|Carte physique du parc naturel régional de Millevaches en Limousin. En termes de relief, le territoire du parc se partage entre quatre zones plus ou moins distinctes : dans la partie centrale, ne couvrant en vérité qu'environ 40 % de sa superficie, le plateau de Millevaches dans son acception la plus précisément géographique, entre 800 et d'altitude, s'étendant de Felletin au nord aux Monédières au sud, suivant un arc légèrement ouvert en amphithéâtre vers l'ouest, et d'où émergent plusieurs grands cours d'eau comme la Vienne et la Vézère. Cette partie est la plus élevée du parc, on y trouve plusieurs sommets au-delà de d'altitude, dont le mont Bessou, point culminant du parc et du Limousin. à l'est, le plateau de La Courtine, entre 700 et d'altitude. au nord, les collines du pays de Vassivière et du plateau de Gentioux, entre 500 et d'altitude. à l'ouest, la partie la plus basse du parc, qui est en fait la bordure orientale du plateau du Limousin, entre 350 et d'altitude.
Géologie Le plateau est constitué d'un massif de granite à gros critaux, âgé d'environ , massif fortement érodé.
Sur ce sous-sol deux types de sols se sont mis en place : des podzosols de milieux acides ; des sols hydromorphes, gleys et sols tourbeux.
Hydrographie Le plateau est souvent décrit comme un « château d'eau »Y. Miras & F. Surmely (dir.), Environnement et peuplement de la moyenne montagne du tardiglaciaire à nos jours, Presses universitaires de Franche-Comté, 2006., sur lequel onze cours d'eau de longueur supérieure à prennent leur source : Vienne, Creuse, Vézère, Taurion, Corrèze, Tardes, Maulde, Luzège, Briance, Chavanon et Diège.
Climat Le climat du territoire est de type océanique, à mi-chemin entre la nuance parisienne au nord, plus fraîche, et, au sud, la nuance aquitaine, plus douce. L'altitude modère cette influence océanique, conférant au territoire un climat légèrement montagnard, avec des chutes de neige possibles jusqu'en avril. Dans les tourbières, du gel est même possible au mois d'août, pourtant le plus chaud de l'année, au petit matin.
La température moyenne annuelle se situe autour de et les précipitations oscillent entre sur le plateau de Millevaches proprement dit.
Sous-unités géographiques vignette|Carte des unités paysagères définies dans l'Atlas des paysages du Limousin de 2005, sur le territoire du parc. Deux découpages paysagers ont été effectués sur le territoire du parc. Le premier divise le parc en sept unités paysagères, définies dans le projet de charte du futur PNR en 2003, résultant d'interactions entre homme et nature, définies selon des critères géomorphologiques, anthropiques et hydrologiquesEntités et chartes paysagères.. Ce sont ces unités qui sont présentées dans la liste suivante. L'autre découpage a été proposé par l'agence de paysage Folléa-Gautier et la DREAL, en partenariat avec l'université de Limoges, dans un Atlas des paysages du Limousin édité en 2005. Dans ce découpage, qui recense trente-deux unités de paysage recouvrant l'ensemble de la région Limousin et qui sont principalement fondées sur des aspects géomorphologiques et naturels., le territoire du parc est réparti sur une quinzaine d'unités, pour certaines d'entre-elles de façon très partielle.
Les unités présentées ci-après renvoient donc à la liste proposée dans le projet de charte de 2003, et explicitement mise en place dans le contexte du territoire du parc.