Aileen Mercedes Cannon, née en 1981 à Cali (Colombie), est une avocate et magistrate américaine d'origine colombienne, juge de district au tribunal de district du sud de la Floride depuis 2020.
Elle travaille pour le cabinet d'avocats d'affaires Gibson Dunn de 2009 à 2012, avant de devenir procureure fédérale dans le district sud de Floride de 2013 à 2020. Le président Donald Trump la nomme juge de district après confirmation par le Sénat américain en .
Elle est principalement connue pour sa présidence de deux affaires judiciaires, l'une civile, l'autre pénale, visant Donald Trump après la perquisition de Mar-a-Lago. Durant celles-ci, elle se montre favorable à l'ancien président et est critiquée pour ses décisions, qui causent le retardement du procès.
Biographie
Jeunesse et formation Aileen Mercedes Cannon naît en 1981 à Cali, en Colombie. Elle a une sœur aînée. Elle est née d'une mère ayant fui Cuba dans sa jeunesse, après la révolution cubaine des années 1950 et d'un père originaire de l'Indiana. Aileen Cannon grandit à Miami, en Floride, où elle débute sa scolarité à la Ransom Everglades School, une école privée.
Aileen Cannon est diplômée de l'université Duke en 2003 avec un Bachelor of Arts. À l'université, elle étudie pendant un semestre en Espagne et écrit pour le journal espagnol de Miami, El Nuevo Herald ; ses articles portent notamment sur la danse flamenco, les festivals et le yoga. Aileen Cannon fréquente ensuite la , où elle est rédactrice d'articles pour le et arrive en quarts de finale au concours de plaidoirie de l'école. Elle obtient en 2007 un Juris Doctor, magna cum laude, ainsi que l'adhésion à l'ordre de la Coiffe.
Aileen Cannon est membre de la Federalist Society, une organisation de droite conservatrice, depuis 2005 ; elle s'y inscrit alors qu'elle est étudiante en droit. Alors qu'elle est pressentie pour occuper le poste de juge de district en 2020, elle explique qu'elle a rejoint la Federalist Society en raison d'une et aussi parce qu'elle .
Débuts de carrière professionnelle De 2008 à 2009, Aileen Cannon est juriste auprès de Steven Colloton, juge à la cour d'appel des États-Unis pour le huitième circuit de l'Iowa. De 2009 à 2012, elle est associée du cabinet d'avocats d'affaires Gibson Dunn, basé à Washington, DC. Dans une affaire datant de 2011, Cannon défend l'ancien chef du bureau des titres à revenu fixe de Thomas Weisel Partners, face à la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA) ; l'ancien dirigeant, accusé de fraude, est innocenté au terme de l'affaire.
De 2013 à 2020, Aileen Cannon est procureur adjoint des États-Unis pour le district sud de la Floride. En tant que procureure fédérale, elle travaille dans la division des crimes majeurs, qui traite notamment les affaires de drogue, d'armes à feu et d'immigration, puis rejoint la division d'appel, chargée des condamnations et de prononcer les peines. En 2018, elle fait partie de l'accusation lors d'un procès en appel impliquant l'ancien avocat de Mutual Benefits Corporation, Anthony Livoti Jr. Le procès, remporté, réaffirme sa peine d'emprisonnement de 10 ans pour fraude liée aux investissements dans les assurances. En 2019, Cannon, toujours responsable de l'accusation, remporte un procès en appel contre l'escroc Scott W. Rothstein, ce qui permet aux procureurs de retirer leur soutien à la réduction de sa peine de . Il avait été condamné pour avoir mis en place un système de Ponzi. En tant que procureure, Aileen Cannon contribue à la condamnation de , dont quatre lors de procès devant un jury.
Carrière au sein du service judiciaire fédéral En , le bureau du sénateur Marco Rubio fait savoir à Aileen Cannon qu'il envisage de la nommer à la fonction de juge de district. Elle exprime son intérêt ce mois-là et est ensuite interviewée par des représentants de Rubio et du sénateur Rick Scott, ainsi que par des responsables juridiques de la Maison-Blanche et du département de la Justice.
Le , à , Aileen Cannon est nommée par le président Donald Trump au poste de juge de district des États-Unis au tribunal pour le district sud de la Floride. Elle occupe le siège laissé vacant par le juge Kenneth Marra, qui a pris sa préretraite le . L'American Bar Association juge Cannon pour le poste. L'American Bar Association exige au moins douze ans de pratique du droit comme critères d'approbation de cette nomination, et Aileen Cannon remplit juste cette exigence au moment où elle est choisie. Alors que sa nomination est examinée par la Commission judiciaire du Sénat, elle décrit sa philosophie judiciaire comme originaliste et textualiste.
Le , sa nomination est validée par la Commission par contre 6. Le , le Sénat des États-Unis déclare la clôture de sa nomination par contre 21. Plus tard dans la journée, elle est définitivement confirmée par contre 21.
En , la National Public Radio révèle que Cannon a violé les règles judiciaires internes et la loi fédérale sur l'éthique en ne déclarant pas dans les temps avoir été remboursée en privé alors qu'elle assistait à deux séminaires juridiques. Organisés en 2021 et 2022 par l'université George-Mason, ceux-ci ont lieu dans un complexe de luxe du Montana. Elle ne transmet sa déclaration qu'après la révélation de l'affaire par la NPR. Le greffier du tribunal où siège Aileen Cannon justifie son retard en attribuant les informations manquantes à des problèmes techniques . La magistrate est remboursée par la faculté de droit Antonin Scalia de l'université, que le New York Times décrit comme un modèle de .
Affaires judiciaires
Premières décisions judiciaires En , il est révélé qu'Aileen Cannon a ordonné à la cimenterie suisse LafargeHolcim d'indemniser une famille américaine en vertu de la loi Helms-Burton, pour avoir utilisé une propriété de la famille à Cuba saisie par le gouvernement cubain en 1960. Avant l'ordonnance de la juge, personne n'a réussi à obtenir une compensation en vertu de cette loi pour des biens commerciaux confisqués à Cuba.
La juge est chargée du procès en appel de Christopher Tavorris Wilkins, un homme de résidant à Palm Beach Gardens qui, au tribunal, a jeté une chaise et menacé de tuer un procureur fédéral. Aileen Cannon ajoute en six ans et demi d'emprisonnement à sa peine pour des délits liés aux armes à feu, initialement fixée à .
En , elle doit juger Paul Vernon Hoeffer, un homme de habitant lui aussi Palm Beach Gardens, qui plaide coupable d'avoir menacé de mort trois personnalités démocrates : la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, la représentante Alexandria Ocasio-Cortez et le procureur Kim Foxx. Alors que les lignes directrices fédérales de détermination de la peine recommandent entre 33 et de prison et les procureurs requièrent , Aileen Cannon condamne Hoeffer à seulement de prison, puis à trois ans de probation, et lui inflige une amende de .
En , elle condamne Juan Antonio Garcia, un ancien policier de Sewall's Point, âgé de , à de prison fédérale, supplémentaires de probation et une amende de pour avoir sollicité sexuellement un adolescent. Les lignes directrices en matière de détermination des peines imposent pour cette affaire entre de prison et la réclusion à perpétuité, tandis que les procureurs réclament plus de d'emprisonnement.
Avec , Aileen Cannon préside une affaire complexe de fraude aux prestations de santé impliquant plusieurs accusés. Elle doit se prononcer sur des questions de secret professionnel, est confrontée aux tentatives de la défense de supprimer des preuves, faire rejeter les accusations et présenter des requêtes visant à limiter la portée des témoignages. Elle statue plutôt en faveur de l'accusation pour chacune de ces questions.
Lors d'un procès fédéral en 2023 contre un homme originaire de l'Alabama, accusé de maintenir un site Web de pédopornographie, la juge Cannon décide d'organiser à huis clos la sélection du jury en raison de restrictions d'espace et ne prête pas serment devant le jury. Selon les retranscriptions du tribunal le , les procureurs et l'avocat de la défense demandent à plusieurs reprises à Aileen Cannon d'ouvrir la salle d'audience. Un avocat s'oppose à la fermeture de la salle d'audience, arguant que cela viole le sixième amendement à la Constitution, que la juge outrepasse. Elle est contrainte de reprendre la sélection du jury, avant que le procès ne se termine par une négociation de peine sans que le jury n'ait délibéré. La sélection du jury à huis clos est décrite comme par les experts juridiques. La salle d'audience dans laquelle ce procès a lieu est la même que celle dans laquelle doit avoir lieu le procès pénal en 2024, ce qui suscite des inquiétudes chez un juriste quant à la manière dont Cannon devrait gérer l'affluence.
, procès civil Aileen Cannon est chargée de l'affaire de 2022, qui débute le , lorsque l'ancien président américain Donald Trump demande au tribunal de nommer une tierce personne, appelée pour examiner les documents saisis lors de la perquisition du FBI à Mar- a-Lago quelques jours plus tôt. Le , avant d'entendre les arguments du département de la Justice, Aileen Cannon déclare son de nommer un . Deux jours plus tard, le département de la Justice déclare avoir terminé l'examen des documents qui auraient pu relever du secret professionnel de l'avocat.
Le , Aileen Cannon accède à la demande de Trump et accepte qu'un examine les documents saisis au regard du secret professionnel de l'avocat et du privilège exécutif ; Raymond J. Dearie doit jouer ce rôle. Elle ordonne au département de la Justice de cesser d'utiliser les documents saisis dans son enquête jusqu'à ce que l'examen de la personne choisie à cette fonction soit terminé ou jusqu'à ce qu'une nouvelle ordonnance du tribunal l'y autorise. Elle fait ainsi mention d'une , Donald Trump étant un ancien président, ainsi que d'une atteinte potentielle à sa réputation en cas d'inculpation basée sur .
Des experts juridiques, dont Orin Kerr, professeur de droit à l'université de Californie, Steve Vladeck, professeur à la faculté de droit de l'université du Texas, et Mark J. Rozell, professeur à l'université George Mason, expriment leur surprise face à la décision de la juge Cannon, la trouvant problématique. Le site d'actualités juridiques Law360 désigne finalement cette affaire comme l'une des dix de 2022. Le média estime qu'Aileen Cannon a , et dans une démarche , a autorisé l'utilisation du privilège exécutif , ce qui a fait .
Le département de la Justice fait à nouveau appel à Aileen Cannon peu de temps après, lui demandant d'autoriser la reprise de son enquête sur les documents classifiés saisis. Ils demandent à la juge qu'elle exempte ces documents de l'examen du , mais celle-ci rejette cette requête le , en raison de . En outre, Cannon rejette l'argument du département de la Justice, qui affirme que la possession des documents par Donald Trump présente des risques de . Elle met en avant des des documents, sans préciser quelles sources sont responsables de ces fuites.
Le , le cour d'appel pour le onzième circuit suspend certaines parties de la décision d'Aileen Cannon, autorisant l'utilisation d'environ classifiés dans l'enquête du département de la Justice et annulant l'obligation pour le d'examiner les documents classifiés. La cour d'appel déclare au sujet de cette affaire que, sous la présidence d'Aileen Cannon, . Cette décision sanctionne principalement la propre conclusion de la juge selon laquelle Trump , un facteur crucial dans la détermination de la compétence de la juge. En outre, alors que la juge Cannon a statué que Trump avait un intérêt dans certains des documents saisis, la cour d'appel juge que cette décision ne s'applique pas aux documents classifiés et que, sous la présidence de la magistrate, des raisons pour lesquelles Donald Trump , ce qui constitue un autre facteur dans la détermination de la compétence de la juge.