vignette|Le décompte hivernal kiowa par Anko couvre les étés et les hivers pendant 37 mois, 1889-92, ca. 1895. Administration des archives et archives nationales "Pictures of Indians in the United States." The National Archives. (retrieved 4 Feb 2010) Les décomptes d'hiver (en lakota ou ) sont des supports d'information de type calendriers d'évènements ou des succession d'évènements historiques sur lesquels les Amérindiens d'Amérique du Nord consignaient les faits marquants. Les Pieds-Noirs, les Mandans, les Kiowas, les Lakotas ainsi que d'autres peuples des Plaines utilisaient régulièrement ces décomptes hivernaux. Environ une centaine de ces documents sont encore conservés, dont un grand nombre de doublons.
Description vignette|Une copie du décompte hivernal tenu par Lone Dog, Sioux Yanktonai.
Les décomptes d'hiver sont des calendriers sous forme de représentation picturale, traditionnellement peints sur des peaux de bison, qui présentent successivement les événements les plus remarquables d'une série d'années. Le terme décompte d'hiver lui-même vient du nom lakota waniyetu wowapi, « waniyetu » se traduisant par « hiver » tandis que « wowapi » fait référence à « tout ce qui est marqué et peut être lu ou compté ». La plupart des décomptes hivernaux ont un seul pictogramme symbolisant chaque année, basé sur l'événement le plus mémorable de cette année. Pour le peuple Lakota, les années s'écoulaient entre les premières chutes de neige et les premières chutes de neige de l'année suivanteHansen, 42-45. Les décomptes hivernaux des Kiowas comportent généralement deux marques par an : une pour l'hiver et une pour la danse du Soleil en étéGreene and Thorton, 300. Les glyphes représentant la succession des événements marquants servaient de référence. Elles pouvaient être consultées en cas de doute sur la séquence chronologique.
À l’instar d’autres traditions des nations autochtones d’Amérique du Nord, les décomptes hivernaux étaient utilisés comme documents mnémotechniques afin d’aider à structurer des récits plus complets de l’histoire qui seraient transmis oralement. Les peuples autochtones d’Amérique du Nord disposaient de nombreuses façons de consigner l’histoire au cours de la période pré-européenne qui ne dépendaient pas de l’écriture alphabétique. En l'absence de documents écrits, la tradition orale était un aspect extrêmement important des modes de vie autochtones et constituait le principal moyen de transmission des connaissances de génération en génération. Souvent, des images ou d’autres dispositifs mnémotechniques étaient utilisés comme guides pour la pratique de la transmission orale. C'est particulièrement le cas dans la tradition culturelle Sioux de préservation de l'histoire orale sous la forme de décomptes hivernaux. Situés dans les Grandes Plaines du Nord, les peuples Dakota, Nakota et Lakota ont physiquement enregistré les événements importants de chaque année sur divers matériaux avant mais également après leur contact avec les colons.
L'analyse des décomptes hivernaux permet de déduire l'année correspondante au glyphe par comparaison à d'autres sources. Par ailleurs, les similitudes entre certains décomptes hivernaux démontrent également les relations entre tribus, reflétant les systèmes d'alliances inter-tribus caractéristiques des populations des Grandes Plaines.Les chercheurs ont noté que les décomptes hivernaux de Lone Dog, The Flame, The Swan et Major Bush sont très similaires pour cette raison ; parce que ces tribus vivaient à proximité et interagissaient souvent les unes avec les autres.
Les décomptes hivernaux des Lakota révèlent des liens historiques précoces et importants avec les commerçants européens. Ces liens sont déjà observables dans la période qui précède l'expédition Lewis et Clark qui conduira à l'extrême marginalisation et à l'oppression des peuples autochtones d'Amérique du Nord. De la fin des années 1870 au début des années 1880, des copies de décomptes hivernaux (notamment l’American Horse, le Cloud Shield et le Battiste Good) ont été commandées par des collectionneurs européens en tant qu’objets ethnographiques autochtones.
Création de décomptes hivernaux Traditionnellement, chaque bande choisissait un seul "gardien du décompte hivernal". Jusqu'au , ces gardiens étaient toujours des hommes. Ils consultaient les anciens de la tribu pour parvenir à un consensus sur le choix d'un nom pour l'année. Le gardien choisissait son successeur qui était souvent un membre de sa famille. Dans de nombreux cas, les décomptes d'hiver étaient enterrés avec leurs gardiens à leur décès, de sorte que de nombreux décomptes hivernaux étaient des copies recréées réalisées par un apprenti ou un collectionneur.
Jusqu'à la fin du , les décomptes hivernaux étaient enregistrés sur les peaux de bisons. Lorsque les bisons sont devenus rares, les gardiens du décompte hivernal ont eu recours à la mousseline, au lin ou au papier. Les pictogrammes correspondant à chaque année commençaient sur le côté gauche ou droit de la surface de dessin et pouvaient être tracés en lignes, en spirales ou en serpentins. Les maladies épidémiques étaient couramment décrites dans les décomptes hivernaux, fournissant des documents historiques sur les effets des maladies sur les tribus. En étudiant les récits écrits des commerçants de fourrures, des missionnaires et du personnel militaire de l'époque et du lieu d'origine d'un décompte hivernal, les chercheurs acquièrent une compréhension plus large des effets des épidémies.
De nos jours, les décomptes hivernaux sont des sources historiques de grande valeur pour la reconstitution de la chronologique des évènements majeurs concernant les amérindiens des grandes plaines. Ils permettent également de mieux comprendre le point de vue de ces peuples sur leur expérience du processus de colonisation.
La colonisation du a conduit à la marginalisation de nombreux groupes de Sioux. Du fait de l'absence de registre écrit (d'un point de vue européen) des Sioux, leur histoire a été largement ignorée dans les récits historiques américains, qui sont principalement basés sur des sources écrites..
Datation Garrick Mallery, un chercheur du Smithsonian, a reconnu que l'un de ces événements, "L'année où les étoiles sont tombées", était corrélé avec la tempête de météores Léonides de . Il a utilisé cet événement pour corréler les décomptes hivernaux des Lakotas avec les calendriers occidentaux et analyser l'histoire de ce peuple.
Décomptes hivernaux connus
Oglala Lakota Tradition 1: No Ears, John Colhoff, Flying Hawk, Baptiste Garnier Tradition 2: Short Man Tradition 3: White Cow Killer Tradition 4: Iron Crow, Wounded Bear Tradition 5: Red Horse Owner Tradition 6: Cloud Shield Tradition 7: American Horse Tradition 8: Breast
Brulé Lakota Battiste Good et High Hawk Rosebud Swift Bear Swift Dog Iron Shell
Hunkpapa Lakota Iron Dog Lone Dog Long Soldier Major Bush
Miniconjou Lakota Swan Thin Elk / Wata Peta (Steamboat), 1821-1877Sundstrom, Linea. "The Thin Elk/Steamboat Winter Count: A Study in Lakota Pictography", Buechel Memorial Lakota Museum, 2003 (retrieved 3 May 2010)
Autres Lakotas et Dakotas Hardin Winter Count Mato Sapa Northern The Flame Lone Dog's winter count
Pieds-Noirs Bad Head, 1810-1883, oral count recordedGreene and Thornton, 301 Bull Plume, 1794-1924, survives only as copied drawings from 1912 Percy Creighton, 1831-1938Greene and Thornton, 314
Mandans Butterfly, 1833-1870sGreene and Thornton, 302 Foolish Woman, 1833-1870s
Kiowas TohausenGreene and Thornton, 300 Silver Horn, 1860-1940 Haba, 1828-1909Greene and Thornton, 304 Settan, 1833-1892 Anko Seasonal, 1864-1892; and Anko Monthly, August 1889-August 1892Greene and Thornton, 306 Harry Ware, 1860-1887Greene and Thornton, 309 Quitone, 1825-1921Greene and Thornton, 310
Voir aussi
Ledger art Plains hide painting
Bibliographie Greene, Candace S. and Russell Thornton, eds. The Year the Stars Fell: Lakota Winter Counts at the Smithsonian. Washington, DC: Smithsonian Institution, 2007. . Greene, Candace S. "Winter Counts and Coup Counts: Plains Pictorial Art as Native History." AnthroNotes: National Museum of Natural History Bulletin for Teachers AnthroNotes: Museum of Natural History Publication for Educators Anthro Notes: A Newsletter for Teachers 26, no. 2 (2014). Hansen, Emma I. Memory and Vision: Arts, Cultures, and Lives of Plains Indian People. Cody, WY: Buffalo Bill Historical Center, 2007:42-45. . Mooney, James. Calendar history of the Kiowa Indians. US Bureau of American Ethnology, 1895-6 Annual Report, 1898.
Liens externes
Winter Count, National Museum of the American Indian, Washington, DC Lakota Winter Counts: An Online Exhibit by National Anthropological Archives, Smithsonian Institution (after clicking winter count site link, click on "View HTML Version" in lower right) Waniyetu Wowapi (Winter Count) - Reliable information and interesting lesson plans. Lone Dog's Winter Count (YouTube) Winter Count, Lakȟóta at the Minneapolis Institute of Art Good summary video on Lakota Winter Counts by the Smithsonian Education youtube channell Personal description of Winter Counts by Lakota Hehakapa Mahto, vocal recording
Notes et références
Catégorie:Calendrier Catégorie:Lakotas Catégorie:Nord-Amérindiens