Judith Gigault de Bellefonds, connue en religion sous le nom d'Agnès de Jésus-Marie, née en à Caen en Normandie et décédée le à Paris, est une religieuse française du Carmel de l'Incarnation.

Biographie

Famille Judith Gigault de Bellefonds naît d'une famille noble en à Caen en Normandie.

Sa mère est Jeanne aux Epaules, dame de l'île Marie. Elle est très pieuse et charitable, et connue pour loger, nourrir et soigner les pauvres dans son hôtel particulier. Son père est Bernard de Bellefonds, seigneur de la Faye, de l'île Marie, du Chef-du-Pont et du Guillin.

Elle a deux sœurs et un frère :

La marquise Marie de Villars, mère du vainqueur de Denain, très liée à Madame de Sévigné. L'abbesse Laurence de Notre-Dame des Anges à Rouen, connue comme la plus éminente religieuse de l'Ordre des bénédictins en France. Henri-Robert Gigault, seigneur de Bellefonds, de Gruchy et de Chef-du-Pont, gouverneur de Valognes et intendant de la généralité de Caen. Son neveu est Bernardin Gigault, marquis de Bellefonds, maréchal de France.

Judith de Bellefonds est initiée aux usages de la Cour chez sa tante maternelle, la maréchale de Saint-Gérant. Celle-ci l'introduit à la Cour à l'âge de 12 ans à Paris où elle évolue dans l'entourage de Marie de Médicis. Elle l'accompagne régulièrement au Carmel de l'Incarnation, le couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques, où elle se lie avec Madame de Bréauté, dite Marie de Jésus, puis la mère supérieure et se trouve une vocation.

Carmélite Le , Judith Gigault de Bellefond devient novice à 17 ans et demi au même couvent carmélite grâce à l'appui de la prieure et mère Madeleine de Saint-Joseph auprès de qui elle passe ses premières années et la voit devenir infirme. Etant la veille de la Sainte Agnès, elle endosse le nom de sœur Agnès de Jésus-Marie. Elle reçoit l'habit en mars et fait profession le , un an plus tard.

En 1641, elle devient sous-prieure à 30 ans au couvent et devient la conseillère spirituelle de Louise de La Vallière, acquérant ainsi une importante renommée.

Elle reçoit différentes personnalités régulièrement comme Mme de Sévigné ou la reine d'Angleterre. L'évêque et écrivain Jacques-Bénigne Bossuet la tient en haute estime et ils correspondent régulièrement.

En 1674, à la suite de la recommandation de son neveu et de Bossuet, elle obtient l'admission de la duchesse Louise de La Vallière au Grand couvent auprès de ses sœurs du Conseil de l'ordre. En effet, le statut de transfuge de la duchesse va à l'encontre de la règle du Carmel qui veut que « les postulantes soient de bonnes mœurs, qu'elles entrent avec l'innocence ou le repentir, mais jamais poussées par de mélancoliques regrets ». Elle plaide alors le changement de vie de la duchesse à la suite de sa longue maladie. La duchesse prononce ses vœux perpétuels le .

Elle décède le à Paris et c'est la mère Marie du Saint-Sacrement, Mlle de La Thuillerie, qui lui succède à la tête du couvent des Carmélites.

Représentation

Peinture à l'huile sur toile, Mère Agnès de Jésus Maria (1611-1691), au monastère du Carmel, 27,8cm x 23,3 cm, inscription sur le bord supérieur « La Mère Agnès de Jésus Maria morte le . »

Armoiries FigureBlasonnement90x90px 99x99pxD'azur au chevron d'or accompagné de trois losanges d'argent.

Bibliographie

Bossuet, Oeuvres complètes, vol. XXVI, lettre XXXVII. Bossuet à la mère Agnès de Bellefonds : éloge de la conversion de Madame de la Vallière, sœur Louise de la Miséricorde, p.175

Notes et références

Liens externes

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