La du Tour de France 1952 se déroule le entre les villes du Rouen, qui accueille le Tour pour la troisième fois, et Roubaix, ville-étape pour la sixième fois.

Profil de l'étape C'est la troisième fois que Rouen accueille le Tour de France (après 1949 et 1950). Le peloton quitte la place du Général-de-Gaulle pour le départ fictif et se déplace en groupe jusqu'à la route de Neufchâtel, d'où est donné le départ lancé. Il emprunte l'ancien tracé de la RN 28 de Rouen à Abbeville, l'ancien tracé de la RN 25 jusqu'à Arras, l'ancien tracé de la RN 37 jusqu'à Souchez, l'ancien tracé de la RN 25 de nouveau jusqu'à Seclin, puis l'ancien tracé de la RN 352 jusqu'à Roubaix, ville étape pour la sixième fois. Le profil est quelque peu accidenté sur la première partie, et davantage plat dans la seconde. En revanche de nombreuses sections pavées sont disséminées donnant au parcours une particularité et une difficulté singulière.

partie () : un tronçon accidenté avec quelques courtes côtes La première partie commence à la sortie du Rouen, avant de prendre la route nationale en direction de Neufchâtel-en-Bray et de traverser le Pays de Bray. La première difficulté arrive après Saint-Martin-Osmonville (km 28) avec une côte de à de dénivelé moyen. Viennent ensuite une côte de à après Neufchâtel-en-Bray (km 42), une côte de à entre Ménonval et Vatierville (km 51), une côte de à après Fallencourt (km 63) et enfin une côte d' après Blangy-sur-Bresle (km 73). Le dénivelé cumulé total sur cette portion est d'environ sur . Plusieurs sections pavées sont présentes sur le tronçon, dont la traversée de Neufchâtel-en-Bray, d'Abbeville ainsi que celle de Blangy-sur-Bresle.alt=Graphique représentant le profil altimétrique de la première partie de l'étape.|vignette|upright=2.5|Profil altimétrique de la première partie de l'étape ().|centré

() : un tronçon relativement plat mais avec des portions pavées

La deuxième partie commence avec la côte à la sortie de Doullens, longue d'1 km à 4% de dénivelé moyen, 25 km à parcourir sur un plateau avant de descendre sur Arras. La traversée du plateau de Vimy précède l'entrée dans le et plus tard les routes de . Le dénivelé cumulé total sur cette portion est d'environ sur . Plusieurs sections pavées sont présentes sur le tronçon, dont la traversée de Doullens, la traversée d'Arras (pavés en mauvais état), la traversée de Souchez (pavés en mauvais état) et enfin la dernière portion après Lens, où les sections pavés alternent avec des sections goudronnées. L'étape se termine après être entré dans Roubaix, par un tour et demi du vélodrome. alt=Graphique représentant le profil altimétrique de la deuxième partie de l'étape.|vignette|upright=2.5|Profil altimétrique de la deuxième partie de l'étape ().|centré

L'organisateur prévoit une fin d'étape difficile sur les pavés Dans les colonnes de L'Équipe, l'organisateur annonce que cette étape promet des écarts significatifs, notamment en raison d'une distance supérieure à 230 km et de l'apparition des pavés en fin de parcours, rappelant la dureté du Paris-Roubaix. Après quelques solides côtes dans le pays de Bray et celle de Coulonvillers, les coureurs , sur un terrain particulièrement difficile qui pourrait jouer un rôle décisif selon lui. Il prédit également que l'étape laisse des traces, tant physiquement que mentalement, même si le classement général ne devrait pas être chamboulé..

+Détail du parcours de la étapeDépartementLieukmDépartementLieukmSeine-InférieureRouen0SommeBernaville121Bois-Guillaume3Fienvillers126La Grande Route (Isneauville)7Hem-Hardinval133Quincampoix10Le Risquetout (Doullens)134Saint-Martin-Osmonville28Doullens137Neufchâtel-en-Bray44Pas-de-CalaisPommera145Ménonval53L'Arbret (Bavincourt)153Vatierville54Beaumetz-lès-Loges161Les Essarts (Callengeville)58Arras172Foucarmont62Souchez183Fallencourt64Liévin187Blangy-sur-Bresle72Lens191SommeBouttencourt73Carvin203Le Translay78NordSeclin211Saint-Maxent83Templemars213Villers (Huchenneville)91Vendeville215Abbeville96Lesquin217Saint-Riquier105Ascq223Coulonvillers110Forest-sur-Marque226Cramont113Hem228Longvillers115Roubaix232Beaumetz118

Contexte au départ de l'étape

Au lendemain de la troisième étape qui s'est déroulée entre Le Mans et Rouen, quelques enseignements ont pu être tirés par les journalistes qui suivent le Tour quant aux forces en présence et à la forme des différents coureurs et des équipes en ce début d'épreuve.

L'équipe de France a pris le pouvoir avec Lauredi en jaune alt=Photo en noir et blanc montrant deux cyclistes professionnels assis l'un à côté de l'autre et souriants.|vignette|Lauredi (à gauche) et Gauthier (à droite) heureux et victorieux à Rouen à l'arrivée de la troisième étape. L'équipe de France a brillamment renversé la situation grâce à l'échappée chanceuse et victorieuse de Lauredi et Gauthier, qui ont franchi la ligne d'arrivée avec plus de dix minutes d'avance sur le peloton. Lauredi, déjà remarqué pour sa bonne forme lors de la première étape, a confirmé ses capacités en prenant le maillot jaune. Avec plus de onze minutes d'avance sur Coppi, il s'affirme comme un prétendant sérieux à la victoire finale, ayant réussi à creuser l'écart avant les étapes de montagne, où l'Italien est considéré comme le favori par les observateurs.

Alors que l'équipe de France ne comptait aucun coureur dans le Top 15 du classement général avant cette étape, elle se retrouve désormais avec deux hommes en tête, ce qui lui permet de remporter le classement par équipes de l'étape et de prendre la première place du classement général par équipes. Avec plus de quatre minutes d'avance sur une équipe de Belgique qui avait dominé le début du Tour, les Français renforcent ainsi leur position de force après cette troisième journée de course.

Van Steenbergen et les Belges déchus Après avoir dominé les deux premières étapes, l'équipe de Belgique a rencontré de nombreux déboires lors de cette troisième journée. Derijcke a abandonné, et les multiples crevaisons et chutes ont empêché les Belges de réagir efficacement à l'échappée des Français.. Van Steenbergen, déchu de son maillot jaune, a reconnu la fatigue de ses coéquipiers après leurs efforts initiaux, et a exprimé sa déception face à la malchance qui a frappé son équipe... Toutefois, les observateurs s'attendent à une réponse rapide de la part de l'effectif belge, le Tour arrivant sur des étapes du Nord de la France et de Belgique, comportant de nombreux secteurs pavés, terrain privilégié notamment de Van Steenbergen, vainqueur du Paris-Roubaix de cette année..

Coppi et les Italiens pris de court Coppi, grand favori du Tour, s'est montré critique envers la gestion de la course par son équipe. Frustré de voir Lauredi prendre tant d'avance, il a regretté que ses coéquipiers n'aient pas réagi plus fermement :. Coppi admet se trouver désormais dans une position délicate, devant combler un écart de plus de onze minutes.. Malgré l'inquiétude exprimée par le leader italien, les observateurs transalpins demeurent confiants dans l'ensemble. Selon eux, si les Italiens n'ont pas pris part à une contre-offensive en s'alliant avec les Belges, c'est bien parce qu'ils attendent les étapes de montagne pour s'exprimer...

Des écarts conséquents au classement général Après la étape, les écarts au classement général sont déjà significatifs, avec plusieurs minutes d'avance pour Lauredi sur les principaux favoris, alors qu'aucune étape de montagne ni de contre-la-montre n'a été couru. Les observateurs du Tour remarquent la singularité de cette édition, dans laquelle les équipes favorites n'hésitent pas à attaquer dès les étapes de plat pour créer des écarts. À titre de comparaison, lors du Tour 1950 et 1951, au soir de la 3e étape, le maillot jaune comptait moins de cinq minutes d'avance ( en 1950 et en 1951) sur le en comparaison avec les onze dont dispose Lauredi. +CoureurPaysEquipeTempsRésultats précédents leur position de favorisNello LaurediFranceen 2 victoires au Critérium du Dauphiné libéré (1950 et 1951)Fausto CoppiItalie + au Tour de France 1949, au Tour d'Italie 1952 (et 1940, 1947 et 1949)Jean RobicFrance + au Tour de France 1947Gino BartaliItalie + 2 victoires au Tour de France (1938 et 1948) et 3 victoires au Tour d'Italie (1946, 1937 et 1946)Raphaël GéminianiFrance + du Tour de France 1951Stan OckersBelgique + du Tour de France 1951, et du Tour d'Italie 1952Lucien LazaridèsFrance + du Tour de France 1951Fiorenzo MagniItalie + 2 victoires au Tour d'Italie (1948 et 1951)

Déroulement de la course Résumé de l'étape Départ de Rouen et premières attaques Le matin du , les cyclistes ont un programme précis à suivre avant le départ de la course : : signatures et ravitaillement place du Général-de-Gaulle devant l'Hôtel de Ville de Rouen ; : appel des coureurs ; : début du défilé par la rue Thiers, la rue et place Beauvoisine, la route de Neufchâtel ; : départ effectif à hauteur de la rue de l'Avalasse. La météo prévue est ensoleillée de plus en plus chaude, avec un vent du nord défavorable au début, puis favorable sur la fin.

Dès le départ, les Belges, dont Ockers, Blomme, Close et Vanderstockt, attaquent. Les Français réagissent, Lauredi, soutenu par Géminiani et Gauthier, ramènent le peloton. Au km 9, Zaaf (Afrique du Nord) tente une échappée, prenant jusqu'à d'avance, mais est repris au bout d'une dizaine de kilomètres. Suivent la tentative infructueuse d'un groupe composé de Vanderstockt (Belgique), Rolland (France) et Sowa (Nord-Est / Centre). Au km 30, Lafranchi (Suisse) attaque dans une petite côte, suivi par les Nord-Africains Kebaili et Zelasco et créent l'écart. Au km 40, ils possèdent d'avance sur le peloton. La chasse est menée dès le km 52 par Dekkers (Hollande), Decaux (Paris), Vitetta (Sud-Est) et le maillot jaune Lauredi (France). Le peloton revient, seul Zelasco persiste et retente une attaque au niveau de Foucarmont (km 62). Il parvient peut à peur à prendre une courte avance. Au km 44, le Suisse Reiser, malade et pris de vomissements, abandonne. Peu après, Caput (Paris), blessé la veille au bras, abandonne également.

Premières échappées sérieuses Zelasco (Afrique du Nord) est rejoint plus tard dans la côte de Blangy-sur-Bresle, au km 72, par Molinéris (Sud-Est), Martini (Italie), Nolten (Hollande), Dotto, Quentin, Lazaridès (France), Rossinelli (Nord-Est / Centre) et Metzger (Suisse), et l'écart continue de se creuser. Derrière ce groupe de tête, Decaux (Paris) et Berton (Ouest / Sud-Ouest) suivent à , Coste (Paris) et Van Breenen (Hollande) à , puis le peloton à . Au km 85, le groupe de neuf ne compte plus que d'avance suite à une réaction du peloton, mais l'écart se remet à grandir sous l'impulsion des trois coureurs de l'équipe de France. Le premier groupe est rattrapé par le second à la sortie d'Abbeville, avec d'avance sur le peloton. Au km 101, les treize hommes comptent sur un groupe composé de De Hertog (Belgique), Sowa et Pardoën (Nord-Est / Centre) et Gauthier (France) en chasse pour défendre le maillot jaune de Lauredi, son coéquipier, sur Serra (Espagne) et sur le peloton.

Sur les routes du Paris-Roubaix, le peloton mène la poursuite mais l'échappée tient bon Dans le groupe de tête au km 139, Decaux (Paris) s'échappe et prend d'avance mais est repris peu après. Le peloton reste à 7 minutes. Meunier, intercalé 50 secondes devant le peloton, n’insiste pas car ce dernier a accéléré sous l'impulsion notamment des coureurs Italiens autour de Coppi. L'écart, qui atteint au km 142, diminue progressivement : au km 156, au km 168, au km 187 dans Liévin. Le groupe perd deux hommes : Coste (Paris) sur crevaison à Arras, et Metzger (Suisse) sur ennuis mécaniques à Souchez (km 183). Pendant ce temps, Van Der Stock et Close (Belgique), Rolland (France), Weilenmann (Suisse), Carrea (Italie), Lajoie (Nord-Est / Centre) et Goldschmit (Luxembourg), s’émancipent du peloton et comptent une trentaine de secondes d'avance.