Au sujet du nombre de tons de cantonais, la vue chinoise classique n'est pas d'accord avec la linguistique. Dans le monde cantonais on considère généralement aujourd'hui que le cantonais standard possède neuf tons avec six contours de ton distincts (), mais ce n'est pas nécessaire le cas dans les autres variantes régionales.

En linguistique les contours de tons s'appellent tout simplement les tons.

Les quatre catégories de ton Pour comprendre le nombre de neuf il faut savoir que, du point de vue chinois, il existe quatre catégories de tons (), nommées píng (), shăng (), qù () et rù (). Ces quatre catégories sont regroupées en deux supercatégories, les tons plats (), qui comprend la seule catégorie de píng, et les tons obliques (), qui comprend toutes les autres catégories.

Les tons qù et rù sont généralement traduits « sortant » et « entrant ». Or, ces noms ne portent pas ces significations. En effet, les noms de tons ne portent aucune signification sauf ses valeurs tonales.

D'ici, toutes les catégories sont divisées en deux genres, le yin () et le yang (). En théorie, il existe donc huit tons dans n'importe quelle langue chinoise.

Les neuf tons Dans le cantonais, le ton rù yin est divisé en deux, donc neuf tons. Ces neuf, du point de vue chinois, sont généralement numérotés ainsi :

Genre Tons plats Tons obliques Píng Shăng Qù Rù Yīn 1 2 3 7 8 Yáng 4 5 6 9

Plusieurs systèmes de nommage de ces tons existent, mais tous font référence au quatre grandes catégories de píng, shăng, qù et rù :

Numéro Tons classés par genre Tons classés par tonalité Trois genres Tons rù yins classés par tonalité Par hauteur Par position Par hauteur Par position 1 2 3 4 5 6 7 8 9

La catégorie de rù La catégorie de rù est en effet l'origine des numéros 7 à 9 dans certains systèmes de romanisation du cantonais (par exemple la romanisation de l'Institut d'éducation). En réalité, les contours des tons 7, 8 et 9 sont identiques à ceux des tons 1, 3 et 6.

Ces tons dits rù désignent effectivement une syllabe dont la finale est une occlusive non nasale. En cantonais, ce dernier peut être la consonne /p/, /t/ ou /k/. En linguistique, on dit que cette catégorie n'existe que « pour les nécessités de la poésie ».

Contour de ton(ton linguistique) Syllabes avec une finale occlusive non nasale Autres syllabes Ton Exemple Ton Exemple 1 (˥ / ˥˧) 7 色 sik7 1 詩 si1 2 (˧˥) 2 史 si2 3 (˧) 8 鍚 sek8 3 試 si3 4 (˨˩ / ˩) 4 時 si4 5 (˩˧) 5 市 si5 6 (˨) 9 食 sik9 6 是 si6

En réalité ce système de neuf tons n'est pas suffisant pour représenter toutes les possibilités dans la langue parlée. Par exemple, le contour de ton 2 avec une finale non nasale est très commun ; le contour de ton 4 avec une finale non nasale existe aussi dans plusieurs onomatopées. Pour refléter cette réalité, on peut réviser le tableau ci-dessus ainsi :

Contour de ton(ton linguistique) Syllabes avec une finale occlusive non nasale Autres syllabes Ton Exemple Ton Exemple 1 (˥ / ˥˧) 7 色 sik1 1 詩 si1 2 (˧˥) 9-2Numéro non officiel. Voir . 碟 dip2 'plat' 2 史 si2 3 (˧) 8 鍚 sek3 3 試 si3 4 (˨˩ / ˩) gut4 (onomatopée) 4 時 si4 5 (˩˧) 5 市 si5 6 (˨) 9 食 sik6 6 是 si6

Effets sur les paroles Contrairement au cas du mandarin, où on ignore généralement tous les tons, les tons de cantonais exercent un important effet sur l'écriture de paroles, particulièrement sur celles de chansons populaires.

Si le parolier ne tient compte de la tonalité inhérente du texte, la vraie mélodie peut perturber le sens du texte. Dans ce cas, on dit que le texte ne s'accorde pas à la mélodie (). Cette question de l'accord () résulte du fait que la tonalité du texte en cantonais constitue une mélodie prévue, avec qui la vraie mélodie du chanson interagit toujours.

Les tons montants (c'est-à-dire la catégorie de shăng) sont les plus difficiles.

Les tons rù présentent aussi des difficultés particulières. En raison de ses brièvetés inhérentes, il est inapproprié de mettre un mot rù sur une note avec une longue durée. Ce dernier peut provoquer aussi une perturbation de sens perçu.

Notes

Références

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