Jef Elbers, né le à Ixelles, est un chanteur, auteur de scénarios, militant et homme politique flamand. Il a également travaillé comme scénariste indépendant de films publicitaires et de formation pour entreprises.

1947-1973

Enfance, études, chasse aux talents Jef Elbers est le fils d'un Bruxellois et d'une Ukrainienne. Son père a travaillé comme chef de secteur à la Régie des télégraphes et des téléphones (RTT) et sa mère était femme au foyer. Ses parents sont des rescapés des camps de concentration nazis : son père s'y est retrouvé comme prisonnier de guerre belge et sa mère comme « sous-homme » () à la suite des politiques raciales du Troisième Reich,.

Jef Elbers a fait ses études en latin et en sciences au collège des Jésuites. Il a été marié et est aujourd'hui divorcé. Il est père de cinq enfants. En 1973, il remporte un concours de talent de la Radio-Télévision belge, organisé par . C'est le début d'une carrière de chansonnier conduisant à la production, entre 1973 et 1984, de six disques microsillons.

Débuts d'activisme politique pour le mouvement flamand La supposée attitude condescendante et humiliante de la bourgeoisie francophone de Bruxelles, méprisant les Flamands bruxellois autant que les ouvriers étrangers, a raffermi son penchant flamingant.

Son engagement politique et sa compréhension de l'enjeu sont analogues à ceux de son ancêtre, Ferdinand Elbers, secrétaire de la fédération bruxelloise du Parti ouvrier belge qui, en raison des problèmes linguistiques au sein de cette fédération, pose la question en 1901 :

« Camarades, ne penseriez-vous pas qu'un député flamand devient nécessaire dans notre arrondissement, composé de 125 communes dont 112 sont exclusivement néerlandophones ? Nous croyons faire notre devoir en signalant que, hors de la capitale, on nous demande de désigner un député flamand, et que la Fédération agirait très judicieusement en désignant dans l'avenir un député qui sait parler et écrire la langue des gens hors de l'arrondissement de Bruxelleslvd, dans : du . »

Elbers, qui se profile dans ses chansons comme bohémien et anti-bourgeois, devient, à l'âge de seize ans, membre de l'association des militants flamands VMO, un groupe d'action, afin de pouvoir participer de manière plus structurée à la résistance. À l'âge de dix-neuf ans, il part pour le Canada pour y récolter du tabac. À son retour, il ranime, avec son frère Wim, le département peu actif du parti politique la Volksunie à Schaerbeek. En 1969, un militant du Front démocratique des francophones (FDF) à la santé fragile souffre d'une crise cardiaque au cours d'une action du VMO ; à la suite de cet incident, la (VU) semble se désolidariser de ses militants. Par la suite, Elbers, déçu, se retire de la vie politique activeMatthias Vandezande, Rechts-radicalisme tussen Noordzee en Leiestreek : een analyse van het Vlaams Blok in West-Vlaanderen, mémoire de licence inédit, année académique : 2001-2002, Université de Gand.

1973-1992

Chanter en bruxellois et en néerlandais À partir de 1974, Elbers commence à se faire apprécier en tant que chansonnier avec un répertoire en patois bruxellois. Des thèmes récurrents de ses textes deviennent alors la disparition de la vieille ville de Bruxelles et sa sympathie pour le prolétaire flamand. Sa chanson la plus célèbre est d'ailleurs Léopold II, une chanson où il traite ces deux sujets. La chanson parle d'un sans-abri, errant à Bruxelles, qui ressemble physiquement au second roi de la Belgique ; le chansonnier saisit l'occasion pour regretter le déclin de sa ville natale.

Entre-temps, le pacte d'Egmont de 1977, un pacte politique entre les partis de la majorité du gouvernement Tindemans II, renforce encore son aversion contre la VU, puisque ce parti s'avérait disposé à faire des concessions inacceptables afin d'obtenir la transformation de la Belgique en un État fédéral. Elbers passera au Parti populaire flamand de Lode Claes, qui se manifeste, à cette époque, surtout dans la région bruxelloise. Pour le Vlaams Blok, successeur de ce parti (et du Parti national flamand de Karel Dillen, puisque ce parti formait un cartel avec le premier), il posera sa candidature aux élections communales de 1988 à Schaerbeek.

Entre-temps, en 1978, le chansonnier passe du dialecte bruxellois au néerlandais. En 1983, il lance son disque vinyle (Au milieu de l'agitation). « Très ardent, pour ne pas dire virulent, dans ces protestations flamingantes a été le chanteur bruxellois Jef Elbers, qui s'est toujours profilé comme un adversaire notoire de la Belgique », comme l'écrit Peter Notte dans son mémoire inédit (excepté sur Internet), tout en notant que, de tous les chansonniers engagés dans la cause flamande, c'était probablement lui le flamingant le plus prononcé, alors que des chansonniers tels que Wannes Van de Velde représentaient plutôt une tendance plus indulgente, et qu'un groupe comme incarnait le superlatif sur lequel Elbers pouvait enchérirPeter Notte, De Vlaamse Kleinkunstbeweging na de Tweede Wereldoorlog, Een historisch overzicht (La nouvelle vague de cabaretiers et chansonniers après la Seconde Guerre mondiale. Une aperçue historique), mémoire de licence, Faculté des sciences et lettres, Groupe de la philologie germanique de l’université de Gand, année académique 1991-1992. La même année, Jef Elbers écrit un poème en hommage au dirigeant du VMO, Bert Eriksson.

Scénario pour une série télévisée pour la jeunesse À partir des années 1980, Jef Elbers est également collaborateur de la Radio et Télévision belge, émissions néerlandophones (BRT). Sous le pseudonyme Dick Durver, il écrit des scénarios de programmes télévisés pour la jeunesse, tels que Merlina, et Interflix. Merlina est une série de détectives pour enfants. Initialement, l'intention était de ne produire que vingt épisodes, mais finalement on en crée 95vdb dans du . Pour la radio, il travaille sur le programme , diffusé en dialecte bruxellois.

Au milieu des années 1980, Elbers abandonne sa carrière d'auteur-compositeur-interprète.

1992-2000

Le conseil d'administration de la BRT À partir d'avril 1992, en tant que premier représentant du Vlaams Blok, le parti pour lequel il a été candidat aux élections municipales de 1988 à Schaerbeek, Elbers siège au conseil d'administration de son ancien employeur, la BRTN. Après l'avoir désigné comme leur représentant au sein du conseil d'administration, le Vlaams Blok précise en février 1992 que le parti politique veut contribuer de manière constructive à la gestion de la BRTN, « une institution qui s'est montrée, dans le passé, l'un des opposants les plus amers du Vlaams Blok. » Le parti veillera à ce que la BRTN ne se livre plus à la désinformation, la manipulation ou l'interprétation et souhaite la stimuler à promouvoir le civisme flamand et à mettre l'accent sur la culture flamandeNN dans De Tijd du . Jef Elbers lui-même, déclare vouloir œuvrer pour « une diffusion publique de radio et de télévision plus proche du peuple, qui impose le respect, fait preuve de joie au travail et donne la priorité à sa propre culture néerlandaise. »NN dans De Tijd du Elbers est un des rares artistes que le parti ait pu attirer jusqu’iciStijn Tormans dans Knack du .

À une époque d'affolement politiquement correct et d'hypercorrection, non peureux d'émettre une opinion différente, il s'attaque aussi à « l'agence de l'émancipation » de la BRTN :

« Ce service a été mis en place afin de faire plaisir à Miet Smet et s'occupe soi-disant "d'actions positives" pour les femmes de la Maison » (NDLR : la BRTN). « Cette agence d'émancipation ferait mieux d'examiner pourquoi les femmes de la BRTN sont, en moyenne, malades quatre jours de plus que leurs collègues masculins, plutôt que d'étudier, avec Paula D'Hondt, la façon dont un étranger pourrait obtenir un petit poste à la BRTN. »

Knokke-Heist et une nouvelle série de programmes pour les jeunes En 1993, après avoir vécu de nombreuses années à Schaerbeek, Jef Elbers déménage et s'installe dans la ville côtière Knokke-Heist où, en décembre de cette année, il devient (temporairement) président du département du VB de Knokke-Heist.

En 1994, la BRTN lance une nouvelle série pour jeunes, Interflix : une production de la BRTN réalisée avec un petit budget et beaucoup d'enthousiasme, selon un article du journal . Comme Postbus X, Interflix est un feuilleton léger, à la fois passionnant et relaxant, pour des jeunes entre dix et quatorze ans. Les histoires écrites par Dick Durver/Jef Elbers sont aussi simples et fort structurées que celles des bandes dessinées populaires. « Quelques héros, l'un un peu plus malin que l’autre, sont confrontés à une situation qui cause des petits problèmes. À la fin de l'épisode, les problèmes sont résolus : les héros sont les vainqueurs et les coupables éventuels courbent la tête en remords. » « S'il s'agissait encore, dans Merlina, d'une véritable agence de détectives et, dans Postbus X, de la rédaction d'un journal, Interflix est l'histoire d'une agence intérimaire qui, organisée de façon un peu chaotique, tombe, de différentes manières, dans des problèmes. » mcr dans Het Belang van Limburg du

Quand Elbers prend la décision de réorienter ses activités vers les programmes de télévision, il quitte le conseil d'administration, puisque cela n'aurait pas été compatible avec sa fonction au sein de la direction de la BRTNBelga, , . En 1996, le Vlaams Blok le remplace comme représentant du parti au sein du conseil d'administration par Inge Vanpaeschen, photographe et conseillère municipale à Knokke, qui avait manqué sa cooptation comme sénatriceNN dans De Tijd du . En outre, sous le sobriquet Telemacho, Elbers écrit pour la rubrique TV du magazine .

2000 et après La liberté d'expression et la liberté artistique mises en cause Aux élections communales de 2000, en sa qualité de candidat du VB à une place sur la liste où il ne peut être élu, Jef Elbers déclare :

« Knokke-Heist est une ville touristique. Nous sommes donc pleinement conscients qu'il existe une grande colonie d'allophones. Malgré cela, Knokke-Heist ne peut pas être une commune à facilités. L'hospitalité et la courtoisie ne sont pas identiques à la servilité commerciale…PPK dans Het Nieuwsblad/Bruges du »

Cette même année, Jef Elbers est convoqué devant le tribunal correctionnel à cause de sa chanson Mohammed Ambras, qui a immédiatement été déclarée de tendance raciste dans le journal . La chanson avait été écrite en réponse aux émeutes causées par des immigrés en novembre 1997 ; elle commence par les mots :

« J'ai vu, récemment, à Anderlecht, la réalité de l'Intifada : une bande de racaille brune s’y livrait aux pires excès. »