Le Jardin d’Acclimatation est un parc d’attractions et de loisirs familial situé près de Neuilly-sur-Seine, dans le de Paris. Inauguré en 1860, il s’étend sur 18 hectares et propose 45 attractions destinées à différents publics, des attractions à sensations, familiales, aquatiques et pour les plus jeunes. Le parc comprend également des espaces de promenade, des aires de jeux et des espaces consacrés aux animaux.
Le parc abrite également environ 450 animaux, notamment au sein de sa ferme pédagogique et de sa Grande Volière. Certains animaux, comme les paons, évoluent également en liberté dans le parc.
Situation et accès Le parc est accessible par la ligne de métro 1 à la station Les Sablons, le RER C aux stations Neuilly–Porte Maillot et Avenue Foch, le RER E à la station Neuilly–Porte Maillot, les bus 43,63,73,82,93 et PC1, le tramway T3b Porte Dauphine et Porte Maillot.
Le Jardin est ouvert tous les jours de l’année y compris pendant les vacances scolaires, les jours fériés et les horaires d’ouverture varient selon les périodes et les jours de la semaine.
Les événements du parc
Le Jardin d’Acclimatation est également reconnu pour les nombreux événements qu’il organise. Parmi les plus importants on retrouve le festival des lanternes, généralement de fin novembre à fin février. Il s’agit d’un parcours nocturne au sein du parc où sont exposées des lanternes avec des thématiques différentes selon le thème de l’annéehttps://paris.kidiklik.fr/sorties-moment/393787-festival-des-lanternes-nuits-indiennes-au-jardin-dacclimatation-paris-16e.
Lors du weekend de Pâques, le Jardin organise également de grandes chasses aux œufs pour différentes tranches d’âge, à partir de . Des milliers d’œufs sont dissimulés dans différentes parties du parchttps://actu.fr/ile-de-france/paris_75056/chasse-aux-oeufs-de-paques-56-000-chocolats-caches-au-jardin-d-acclimatation-a-paris_58426177.html.
En mai, le Jardin d’Acclimatation célèbre la fête indienne des couleurs Holi. Pendant cette journée les visiteurs peuvent profiter de stands proposant de la nourriture indienne, voir des danses venant d’Inde et participer au lâcher de couleurs l’après-midi. Cet événement réunit en moyenne pendant la journéehttps://parisjetaime.com/evenement/holi-paris-jardin-acclimatation-e197.
Fin septembre le jardin fête également durant un week-end « Chuseok » la fête des moissons coréenne. Durant ces deux jours, il est possible de voir un défilé de costumes traditionnels coréens, une performance de calligraphie, une démonstration de taekwondo, la danse traditionnelle : Ganggangsullae, participer à des ateliers, écouter de la K-pop et goûter de la nourriture coréenne (K-food)https://cultucoree.fr/event/le-festival-de-la-moisson-chuseok/.
Enfin à l’occasion de la fête des morts mexicaine « Día de los muertos » le Jardin est décoré et des attractions éphémères sont installées dans le parc. De plus durant tout le mois d’octobre sont organisés des spectacles de danse, de chant, ou de magiehttps://www.leparisien.fr/etudiant/sortir/paris/eve-dia-de-los-muertos-au-jardin-d-acclimatation/.
Les animaux du parc
Le Jardin d'Acclimatation abrite environ , principalement des oiseaux et des animaux domestiques ou de ferme.
La Grande Volière, construite en 1860, accueille environ appartenant à une quarantaine d'espèces. Cinq espaces présentent des oiseaux provenant notamment d'Océanie, d'Australie, d'Asie du Sud-Est, d'Afrique et d'Amérique du Sud. Parmi les espèces présentées figurent notamment des loriquets, des perroquets, des grands éclectus, des ibis rouges et des gris du Gabon.
La Ferme Saint-Hilaire est un espace pédagogique consacré aux animaux de la ferme. Elle accueille notamment des chèvres, des moutons d'Ouessant, des ânes, des lapins, des cochons d'Inde et des volailles. Le Jardin possède également trois ruches, dont les colonies d'abeilles peuvent compter plusieurs dizaines de milliers d'individus selon la saison.
Des alpagas, des chèvres naines et des chèvres de Rove sont également présents.
Historique Un jardin pour acclimater les animaux : 1852 - 1870 En 1852 le bois de bois de Boulogne subit de grandes transformations et le Jardin d'Acclimatation est ainsi créé par la Société impériale zoologique d'acclimatationActuellement Société nationale de protection de la nature (SNPN)., fondée le par le zoologiste Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (1805-1861). Cette société savante avait pour but de contribuer à l'introduction et à l'acclimatation d'espèces animales exotiques à des fins agricoles, commerciales ou de loisir.
Le , cette société obtient de la ville de Paris la concession d'un espace de quinze hectares à la bordure nord du bois de Boulogne pour y installer un « jardin d'agrément et d'exposition d'animaux utiles de tous pays ». Cette zone était en cours d'aménagement depuis 1855. La société confie en à l'architecte Gabriel Davioud et au paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps la poursuite des travaux. Dans le même temps, le , elle obtient de Napoléon III la concession de quatre hectares supplémentaires.. Le Jardin est inauguré par Napoléon III le après quinze mois de travaux. Dès son ouverture le , l'exotisme est bien présent : on trouve des ours, une girafe, des chameaux, des kangourous, des bananiers et des bambous.. En , un aquarium y est ouvertSite du jardin d'acclimatation...
En 1866, le Jardin compte plus de . En 1867 y sont exposés les douze Bœufs Gras du Carnaval de Paris, dont six défilent dans le grand cortège de la promenade du Bœuf GrasIllustration du Petit Journal, 26 février 1867, , et ..
Entre le jardin scientifique et le parc de loisirs : 1870 - 1930 Bien qu'il s'en soit peu à peu éloigné, le Jardin d'Acclimatation a longtemps gardé une dimension de loisir scientifique et d'éducation des familles. Dès 1900, on voit s'y tenir des conférences (sur l’hygiène, les voyages, la médecine, l’acclimatation, avec photos projetées sur écran), concerts, épreuves sportives, cinéma en plein air, cirque, en même temps que s'y installent des manèges pour enfants.
Le Jardin ferme ses portes au public pendant la guerre de 1870. Le bois, interdit au public, est utilisé pour installer des troupeaux qui serviront à nourrir la population en prévision d'un siège. Du 4 au , certains animaux sont évacués vers des parcs zoologiques à l'étranger mais très vite les moyens de transport sont paralysés et Paris est assiégé. L'hiver est particulièrement rude et le rationnement ne suffit plus : les derniers animaux pensionnaires du jardin sont abattus pour nourrir les Parisiens. À la fin du siège, il ne reste plus un seul animalHenri Corbel, Petite histoire du bois de Boulogne, Albin Michel, 1931, .. Il en ira de même avec la Ménagerie du Jardin des plantes.
Le Jardin est complètement restauré en 1872. Grâce aux donations, notamment de deux éléphants offerts par le roi d'Italie, Victor-Emmanuel II, la faune se reconstitue peu à peu. Jusqu'en 1877, les termes de la concession sont globalement respectés : les animaux sont surtout des animaux « utiles ». Les bêtes curieuses, comme les girafes et les éléphants sont néanmoins présentes dès les origines.
Tous les animaux disparaîtront dans les années 50, sauf des animaux de ferme, quelques oiseaux, un dromadaire et un ours.
Zoo humain : 1877-1931
L'exposition d'êtres humains présentés comme des « sauvages » est un fait avéré de longue date sur ce site. En 1877, le naturaliste Albert Geoffroy Saint-Hilaire, directeur de 1865 à 1893, y organise un « spectacle ethnologique », présentant une petite troupe de Nubiens, pour attirer le public. Pendant un quart de siècle, ce sont vingt-deux expositions d'êtres humains qui sont organisées. Il s'agit majoritairement d'Africains, même si l'on trouve aussi des Indiens, des Lapons ou des Cosaques. Les troupes présentées le sont parfois en même temps que des animaux issus de la même région. Ces « exhibitions de sauvages » alimentèrent dès le de vifs débats car les hommes, les femmes, les enfants étaient présentés derrière des barreaux ou des grilles, comme les animaux dans leurs cages voisines. Des Kanaks ont été placés dans la fosse aux ours, désignés comme de dangereux cannibales. Le public payait « pour voir des êtres hors norme ». Des trente-deux amérindiens exposés dans ce zoo humain, plusieurs sont mortes de froid ou de maladie au Jardin d'acclimatation, ayant été exhibées à l'extérieur en hiver, presque sans vêtements, et seules dix reviendront vivantes en Guyane.
Des anthropologues viennent étudier les « spécimens », qui leur inspirent des articles publiés dans les revues scientifiques reconnues de l'époque. Des photographes comme Roland Bonaparte prennent là des images « ethnographiques ». Selon l'historien Pascal Blanchard, « ces articles et ces photos contribuent alors à la propagation de clichés et d’idées reçues sur le “sauvage”. Autant de représentations qui légitiment l’ordre colonial, popularisent la théorie et la hiérarchie des races, le concept de peuples “inférieurs” qu’il convient de faire entrer dans la lumière de la civilisation ».
Pendant le quart de siècle qui suit, le rythme de ces exhibitions ralentit : on n'en compte qu'une dizaine entre 1903 et 1931, date de la dernière exposition humaine en marge de l'exposition coloniale internationale. Elles prennent en revanche un tour plus nettement colonial, les tribus exposées étant sélectionnées dans diverses contrées de l'Empire colonial français : Sénégal, Afrique du Nord, Nouvelle-Calédonie.
En 1909 l'impresario Nicol Gerson recrute un grand nombre de personnes atteintes de nanisme (la publicité affirmait 300) et monte le Royaume de Lilliput au Jardin d’Acclimatation Observations sur les nains du jardin d'acclimatation. Comparaison avec d'autres nains déjà décrits, et avec les Pygmées, Adolphe Bloch, 1909. Cette attraction, dans la tradition des freak show, reconstituait un village a échelle réduite et présentait des numéro de cirquesArtistes lilliputiens, Dominique Denis, 2016.
En 2013, une plaque commémorative est posée au Jardin d’acclimatation, évoquant les « zoos humains », « symboles d’une autre époque où l’autre avait été regardé comme un “animal” en Occident ». Le , le Parlement adopte le retour en Guyane de six dépouilles de personnes amérindiennes exposées au jardin d’acclimatation en 1892, décédées sur place, et dont les corps étaient restés bloqués en France métropolitaine.
La reconversion en parc de loisirs : 1930 - 2016 En 1929, le territoire du Jardin, propriété privée de la ville de Paris, est transféré de la commune de Neuilly-sur-Seine au de Paris.
Sous la pression des riverains, la vocation du jardin change profondément dans les années 1950. En 1952, le jardin devient principalement un « parc de promenades, de loisirs de plein air dont les attractions doivent avoir un caractère instructif, sportif et familial. » Un castelet de Guignol est ouvert, les fauves disparaissent et la fête foraine est réduite.
Dans les années 1960, le jardin est réaménagé et le musée national des arts et traditions populaires est implanté en 1969 dans un nouveau bâtiment de type moderne spécialement construit sur son terrain. La petite ferme est ouverte en 1971, le théâtre en 1973, le musée en Herbe en 1975. Le chapiteau de Silvia Monfort s'y installe pour deux ans en 1978.
Les années 2000 voient de nouveaux changements : le jardin s'orientalise en acquérant une maison de thé, un pont laqué de noir, puis un jardin coréen symbolisant l'amitié entre Paris et Séoul.