Les émeutes de au Royaume-Uni sont des émeutes déclenchées en et , dans diverses régions du Royaume-Uni, notamment en Angleterre, par des manifestants d'extrême droite, en réaction à l'attaque au couteau à Southport, dans le Merseyside, le . Elles sont suscitées par un sentiment anti-immigration et islamophobe et fondées sur des rumeurs : l'auteur de l'attaque aurait été un musulman demandeur d'asile.

Il s'agit selon The Guardian et la BBC des pires émeutes dans le pays depuis celles de 2011.

Elles déclenchent de vifs débats au Royaume-Uni vis-à-vis des politiques migratoires ou des questions sécuritaires, culturelles, migratoires et raciales.

Le 5 août, la situation revient à la normale. Au 23 août, le bilan est d'au moins arrestations et 200 condamnations, dont 177 avec exécution immédiate.

Contexte Origine

Le , quelques semaines après la victoire des travaillistes aux élections générales du 4 juillet, le nouveau Premier ministre Keir Starmer annonce de l'annulation du projet controversé d'expulsion des demandeurs d’asile au Rwanda. Une attaque au couteau a lieu lors d'un atelier de yoga et de danse pour enfants. Trois petites filles de six à neuf ans sont tuées et huit autres enfants sont blessés, dont cinq dans un état critique. Deux adultes présents à l'événement sont grièvement blessés..

L'agresseur est Axel Muganwa Rudakubana, un adolescent britannique, né le à Cardiff, au pays de Galles, de parents rwandais.. Il est décrit comme un élève timide et sans histoires, enfant de chœur, pratiquant le karaté et le théâtre scolaire, enfant d'une famille chrétienne impliquée dans l'Église locale. Ses motivations sont inconnues.

Rumeurs Peu après l'attaque, des spéculations circulent en ligne au sujet de l'assaillant présumé. Des informations inexactes, y compris de fausses affirmations sur l'identité, la nationalité, la religion et le statut d'immigrant du suspect, sont diffusées sur les réseaux sociaux, dans des comptes d'extrême droite.. La mésinformation ou désinformation selon laquelle l'agresseur s'appelait proviendrait du compte X d'un militant anti-confinements. Elle gagne en audience lorsqu'elle est reprise par le site web . Andrew Tate publie également sur Twitter que l'agresseur était un , et l'ex-boxeur déclare qu'il s'agissait d'un ... Un groupe Telegram, nouvellement créé sur le thème de Southport, est inondé de fausses informations. Le Front national britannique est diffusé sur les plateformes des réseaux sociaux., ainsi que le groupe néo-nazi British Movement..

La police de Merseyside confirme que le nom qui circule n'était pas lié à l'affaire, qu'il ne s'agissait pas du suspect., et rapporte ensuite que le suspect était né au Pays de Galles de parents rwandais et avait déménagé à Southport en . La diffusion de fausses informations est généralement considérée comme la cause des émeutes...

Déroulement

Les émeutes débutent le : une foule, dont la police pense qu'il s'agit de sympathisants de l'English Defence League, se rassemble devant la mosquée de Southport. Les manifestants croient que le suspect de l'attaque au couteau est un immigré musulman. Ils attaquent les policiers, lancent des projectiles sur la mosquée et mettent le feu à un véhicule de police. L'émeute fait plus de cinquante blessés parmi les policiers, dont certains grièvement, trois chiens policiers sont blessés et de nombreuses arrestations ont lieu. Les troubles s'étendent à d'autres endroits d'Angleterre dans les jours qui suivent. Plus de sont arrêtés et des manifestations ont lieu à Manchester, Hartlepool et Aldershot. Le , des émeutes éclatent à Sunderland. Un poste de police est incendié, trois policiers sont blessés et plusieurs personnes arrêtées. Le , des manifestants d'extrême droite affrontent à nouveau la police, ainsi que des contre-manifestants antiracistes. Des scènes de pogrom sont observées, comme l'attaque d'un hôtel pour demandeurs d'asile..

Les émeutes sont décrites comme étant islamophobes..., racistes.., anti-immigration.., et d'extrême droite. Le parti d'extrême droite Front national britannique et le groupe néonazi British Movement diffusent des informations erronées en ligne, et des membres du groupe néonazi Patriotic Alternative organisent les émeutes de Southport... Les actions ciblent la communauté musulmane et indo-pakistanaise (attaque de mosquée et vandalisme dans des cimetières), accusée d'être responsable, avant que l'identité réelle du tueur présumé ne soit révélée. Des émeutiers s'attaquent à toute personne de couleur, plusieurs sont agressées sans discernement, des maisons sont vandalisées par des jets de pavés dans les fenêtres.

Vers , des centaines de manifestants se sont rassemblés devant la mosquée de Southport en scandant () et (). Quelques minutes plus tard, les manifestants se heurtent à la police. Les manifestants se barricadent et crient le nom de , un militant d'extrême droite qui a fondé l'EDL. Robinson avait été arrêté puis relâché deux jours auparavant, avant de fuir le pays, ne s'est pas présenté à l'audience de la Haute Cour, à laquelle il avait été convoqué pour outrage présumé à magistrat .

À , des manifestants commencent à lancer des objets sur la mosquée et la police, blessant un agent. Un fourgon de police est incendié alors que la police déployait des fumigènes. La police de Merseyside a fait appel à des agents de la police du Grand Manchester, de la police du Cheshire, de la police du Lancashire et de la police du Nord du Pays de Galles. La police anti-émeute évacue la zone proche de la mosquée vers et les manifestants commencent à se disperser peu après, à la tombée de la nuit. À , l'émeute est terminée.

La Merseyside Police Federation rapporte que plus de cinquante agents avaient été blessés lors de l'incident de Southport ; le North West Ambulance Service indique que vingt-sept d'entre eux ont été hospitalisés et que douze sont sortis de l'hôpital. La police de Merseyside a déclaré que huit agents ont été gravement blessés et trois chiens policiers. Un homme de Standish a été arrêté, soupçonné d'être en possession d'une arme blanche. La police a mis en place une ordonnance de au titre de l', donnant aux agents des pouvoirs supplémentaires en matière d'interpellation et de fouille, ainsi qu'une ordonnance au titre de l', permettant à la police d'éloigner de la zone les personnes qui se livrent à certaines activités. La police de Merseyside a déployé des agents supplémentaires après l'émeute, et les ambulances sont restées sur place.

Le lendemain, le groupe antifasciste a mis en garde contre la possibilité de nouvelles manifestations de groupes d'extrême droite dans plusieurs villes du pays. La police de Merseyside s'est fait l'écho de ces craintes.

À Londres, la police métropolitaine a établi des conditions restreignant une manifestation intitulée (), le slogan de Patriotic Alternative. Des manifestants d'extrême droite se heurtent à la police près de Downing Street, le . La police métropolitaine arrête , pour des infractions telles que : agressions contre des agents, possession de couteaux et d'armes offensives et désordres violents.

Dans la soirée du , un groupe d'environ s'est rassemblé à l'extérieur d'un Holiday Inn à Manchester, censé héberger des demandeurs d'asile. Des chants ont été entendus, le groupe crie : , expression associée aux groupes d'extrême droite au Royaume-Uni. Deux personnes sont arrêtées.

Des manifestations ont également éclaté dans la ville de Hartlepool, dans le comté de Durham, le même soir. Des objets, des œufs et des bouteilles en verre, sont lancés sur les boucliers anti-émeutes de la police. Plusieurs policiers sont blessés et une voiture de police incendiée. Huit personnes sont arrêtées.

Une manifestation a lieu devant un hôtel hébergeant des migrants à Aldershot. Donna Jones, commissaire de police et chargée de la criminalité du Hampshire, a décrit un comportement de type « émeutier » ; la police du Hampshire fait état d'une foule de , une minorité lançant des objets, et criant des insultes raciales.

L'organisateur d'une marche à Middlesbrough est arrêté par la police de Cleveland, qui le soupçonne de posséder une arme à feu

Dans la soirée du , des manifestants se sont rassemblés sur la de Sunderland, en vue d'une marche dans le centre-ville. Des policiers à cheval, de la police de Northumbria, ainsi que des policiers en tenue anti-émeute affrontent les manifestants devant la mosquée de St Mark's Road, quand certains manifestants tentent de s'approcher du bâtiment. Les manifestants ont scandé et , ainsi que des slogans de soutien à Tommy Robinson et des insultes islamophobes. Un taxi Uber a été incendié et des magasins pillés. Le poste de police de Sunderland Central a été incendié et les trains à destination de la ont été annulés ou détournés vers St Peter's. Quatre officiers ont été hospitalisés et ont été arrêtées.

Une centaine de manifestants, criant des slogans anti-immigrés, se sont rassemblés à Liverpool le même soir.

Dans la nuit du au , l'hôtel Britannia de Leeds, qui accueille (dont une majorité de réfugiés et de demandeurs d'asile), est visé par des jets de pierres endommageant ses fenêtres. À la suite de cet incident, la police est appelée sur place le et le gérant de l'hôtel ferme son établissement au public.

Le , de nombreux rassemblements et contre-manifestations d'extrême droite ont lieu en Angleterre. À Leeds, environ scandent des slogans tels que (« Vous n'êtes plus anglais »), tandis qu'environ ont scandé (). À Manchester, 150 manifestants participent à la manifestation , tandis que 350 habitants se rendent à la contre-manifestation . À Nottingham, des affrontements sont signalés entre des groupes opposés.

À Liverpool, deux groupes qui avaient participé à des manifestations séparées se rejoignent à Pier Head avant de se rendre à The Strand et . De nombreux magasins sont endommagés et pillés, une bibliothèque de Walton est incendiée et des poubelles incendiées. Un policier est agressé après avoir été arraché de sa moto, un autre est frappé à la tête par une chaise, les manifestants lancent des bouteilles, des briques et une fusée éclairante sur les officiers. sont arrêtées et deux policiers hospitalisés pour une fracture de la mâchoire et une du nez.

À Stoke-on-Trent, une marche d'extrême droite se heurte à des groupes locaux de contre-manifestation, à l'extérieur d'une mosquée locale. Des pétards sont lancés sur la police anti-émeute. Trois agents sont blessés et dix personnes sont arrêtées.

À Manchester, des « échauffourées » avec la police donnent lieu à deux arrestations. Deux personnes sont arrêtées dans le centre-ville de Leicester et une manifestation sur à Leeds donne lieu à une arrestation.

Vingt arrestations ont eu lieu à Blackpool après que des troubles violents ont éclaté parmi près de mille manifestants ; des bouteilles et d'autres projectiles ayant été lancés sur la police. Les participants au festival punk annuel , qui se tient à proximité, ont formé une contre-manifestation antifasciste ; elle cause un affrontement au cours duquel des chaises, des bouteilles et des planches de bois sont lancées. La police a également signalé des « perturbations mineures » à Blackburn et Preston.