Le zōuyú (), également désigné sous les noms de zōuwú () ou encore zōuyá (), est une créature légendaire mentionnée dans la littérature chinoise.
Description Le Shuowen Jiezi décrit cet animal comme un tigre blanc avec des taches noires. Il serait féroce comme un tigre, mais surtout doté d’un caractère doux, dont le régime alimentaire serait strictement végétarienShuowen Jiezi, radical 虍 (tiger). Sur la plupart des illustrations le représentant, le zōuyú est représenté avec une très longue queue qui ondule tout le long de son corps. Il est décrit comme un animal doté du sens de la justice qui, à l'instar du qilin, n'apparaît que sous le règne d'un monarque bienveillant et sincère.
Mentions dans la littérature vignette | gauche | Illustration du zōuyú dans une édition du Wakan Sanzai zue de 1712.|298x298px La première mention connue des caractères utilisés pour décrire l'animal se trouve dans les Classique des versBook of Poetry: Zou Yu, en ces termes :
Cependant, la référence a cet animal dans le poème restait déjà peu crédible auprès de certains commentateurs de poèmes de l'époque des Hans 吉川幸次郎 『中国詩人選集 詩経国風 上』 岩波書店 1955年 93-94頁 , puis du sinologue néerlandais Jan Julius Lodewijk Duyvendak décrivant l'interprétation de ce petit poème comme "très douteuse" mentionnant plutôt un homme doué à la chasse qu'un quelconque animalDuyvendak, J.J.L. (1939), "The True Dates of the Chinese Maritime Expeditions in the Early Fifteenth Century The True Dates of the Chinese Maritime Expeditions in the Early Fifteenth Century", T'oung Pao, Second Series, 34 (5): 402, JSTOR 4527170 .
En 1404, sous le règne de l'empereur Yongle, le prince Zhu Su, un parent issu du Kaifeng (dans l'actuelle province du Henan ) lui envoya un zōuyú capturé à . Par la suite, plusieurs individus furent aperçus au cours des périodes ultérieures sans toutefois avoir été capturés, comme dans le le Shandong. À l'instar d'autres créatures du folklore, ces observations de zōuyú, ont été mentionnées par des auteurs contemporains comme vecteurs de bons présages ou d'événements extraordinaires. Faisant entre autres écho à la traversée du légendaire quilin sur le fleuve Jaune, qui était en fait la livraison de la girafe venue d'Afrique, par une délégation du Bengale arrivée en Chine à bord de la flotte de Zheng He, à l'époque.
La difficulté d'observation de cet animal lui donnait alors une certaine aura de mystère ; il fut alors illustré par la suite, par un artiste anonyme qui le représentant comme une sorte de tigre blanc très rare(2019), "Precious Birds and Strange Beasts", The NPM Zoo: Animal Paintings in the Museum Collection. Publisher: National Palace Museum. Access date: 6 October 2023. Cette représentation particulière, se retrouvera dans les productions ultérieures comme le sanzai zue au cours du , jusqu'à l'étranger comme dans le wakan sanzai zue dans la littérature japonaise, dans lequel il est désigné sous le nom de sūgu (騶罵).
L'identité du zōuyú Intrigué par la véritable identité zoologique du zōuyú qui aurait été capturé à l'époque de Yongle, de nombreuses intellectuels se sont penchés sur son cas : Dans un premier temps, des intellectuels occidentaux pensaient que le terme zōuyú faisait en fait référence au panda géant. Duyvendak s'était même exclamé en ces termes : "Pourraît-il s'agir d'un Panda ?" Mais cette supposition était entre autres basée sur une documentation incomplète ou biaisée.
Le sinologue et linguiste Wolfgang Behr inclut le zōuyú ~ zōuwú ~ zōuyá parmi plusieurs autres noms, comme shī-zǐ (), ou encore suān-ní (), des appellations habituellement utilisées pour désigner le lion dans les textes chinois anciensBehr, Wolfgang. (2004). "Hinc sunt leones – two ancient Eurasian migratory terms in Chinese revisited (I)". International Journal of Central Asian Studies. 9, 2004, p. 14-15 of pp. 1-25. Riordan & Shi (2016) ont proposé que le mot zōuyú () était une appellation dans les textes chinois anciens, servant à désigner d'autres prédateurs énigmatiques comme les panthères . Sa similitude avec le tigre, sa couleur blanche et ses taches noires, la longueur de sa queue, son caractère placide ainsi que son alimentation végétarienne, évoquent le léopard des neiges chez de nombreux auteursRiordan, Philip & Shi, Kun (2016). "Chapter 42 - China: Current State of Snow Leopard Conservation in China" in McCarthy, Malton, & Nyhus (editors) Snow Leopards: Biodiversity of the World: Conservation from Genes to Landscapes 1st Edition, p. 524.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie Behr, Wolfgang. « Hinc sunt leones – deux anciens termes migratoires eurasiens en chinois revisités (I-II) » . Revue internationale d'études sur l'Asie centrale . Volume 9, 2004, p. 1-25 ; Volume 10, 2005, p. 1-22.
Voir aussi
Catégorie:Félin légendaire Catégorie:Créature de la mythologie chinoise