Les termes « suzerain » et « souverain » sont issus du latin « superanus » qui désigne la supériorité. Le suzerain est celui qui est placé en haut de la pyramide féodale (qui de bas en haut est composée des vavasseurs, vassaux, seigneurs, suzerain et enfin roi), il est le seigneur des seigneurs. La suzeraineté est une des qualités du suzerain. Il s'agit du droit exercé par ce dernier sur ses vassaux. Ainsi, dans un système féodal, le suzerain est un seigneur qui octroie un fief à son vassal lors de la cérémonie de l'hommage. La suzeraineté désigne aussi, en droit féodo-vassalique, le pouvoir de celui qui est notamment chargé de trancher les conflits et les différends entre vassaux.

On doit soigneusement distinguer suzeraineté et souveraineté. Cette dernière est inhérente à la notion d'État et caractérise celui qui a la charge de la chose publique ; ainsi conçu dans l'Antiquité et même encore à l'époque barbare, le pouvoir royal n'a en fait retrouvé le caractère de souveraineté qu'après l'intermède féodal, avec la renaissance du droit romain amorcée au et confirmée au .

Suzeraineté et souveraineté

À partir de la seconde moitié du les théoriciens du pouvoir s'appliquent à libérer le roi de l'enchevêtrement féodal, en rappelant notamment qu'il ne doit rendre hommage à personne en s'appuyant notamment sur les écrits de l'abbé Suger et en affirmant avec vigueur qu'il ne tient son pouvoir de personne (Livre de Jostice et de Plet).

Tout le travail des juristes de Philippe Auguste et de Louis IX, notamment, est d'imposer l'idée que le roi incarne un pouvoir lui permettant de contrôler tous les échelons de la pyramide féodale. Un cap est désormais franchi par rapport à la période précédente où le droit féodal ne faisait que placer le roi au sommet de la hiérarchie politique (suzeraineté).

Références

Catégorie:Vocabulaire du droit féodal