Ni chaînes ni maîtres est un film français réalisé par Simon Moutaïrou et sorti en 2024. Il s'agit du premier long métrage du réalisateur, traitant de l'esclavage et du marronnage à l'île Maurice au ..
Il est sélectionné dans la section « Fenêtre sur le cinéma français » du Festival du cinéma américain de Deauville 2024, en avant-première mondiale..
Synopsis Isle de France, 1759. Deux esclaves, Massamba et sa fille Mati, travaillent, avec frayeur et labeur, dans la plantation appartenant à Eugène Larcenet.
Massamba n'a qu'une envie : que sa fille soit rendue libre. Mati a une folle idée : quitter cet enfer. Une nuit, elle s'évade. Eugène Larcenet compte sur Madame La Victoire, payée par le Roi pour chasser les esclaves fugitifs, pour la ramener.
Massamba fuit à son tour, devenant un « esclave marron ».
Fiche technique
Titre original : Ni chaînes ni maîtres Réalisation et scénario : Simon Moutaïrou Musique : Amine Bouhafa Décors : David Bersanetti Costumes : Pierre-Jean Larroque Photographie : Antoine Sanier Son : Katia Boutin, Nicolas Bouvet-Levrard et Olivier Dandré Montage : Pierre Deschamps Production : Nicolas Dumont et Hugo Sélignac Coproduction : Boris Vassallo Production exécutive : Niven Pareemanen Production associée : Antoine Lafon Sociétés de production : Chi-Fou-Mi Productions, en coproduction avec Les Autres Films, France 2 Cinéma, Studiocanal Sociétés de distribution : Studiocanal (France) ; O'Brother Distribution (Belgique)., Frenetic Films (Suisse romande) Budget : . Pays de production : Langues originales : français, wolof Format : couleur Genre : drame, historique Durée : Dates de sortie : France : (Festival du cinéma américain de Deauville) ; (sortie nationale) Belgique, Suisse romande :
Distribution Ibrahima Mbaye : Massamba, dit "Cicéron" Anna Diakhere Thiandoum : Mati, dite "Colette", fille de Massamba Camille Cottin : Madame La Victoire Benoît Magimel : Eugène Larcenet Félix Lefebvre : Honoré Larcenet Vassili Schneider : Baptiste Lancelot Courcieras : Joseph Swala Emati : Mame Ngessou Lazare Minoungou : Rado Marc Barbé : René Magon de La Villebague Bass Dhem : Barbe Blanche Issaka Sawadogo : Yoro Komi Amado : Khoulé Charlotte Saudrais : Ruba Odile Sankara : Ayadala
Production Développement Début , le scénariste Simon Moutaïrou obtient l’avance sur recettes du CNC pour son projet., avant que le magazine Le Film français ne révèle, en , qu'il passe à la réalisation de son premier long métrage intitulé Ni chaînes ni maîtres, sur le thème de l'esclavage et du marronnage, produit par Hugo Sélignac et Nicolas Dumont pour la société Chi-Fou-Mi Productions et distribué par Studiocanal. Le film est également coproduit par France 2 Cinéma, Les Autres Films et Studiocanal..
Avant d'écrire le scénario, Simon Moutaïrou part à Maurice, en 2009, pour travailler avec l'historienne Vijaya Teelock qui lui conseille de se procurer le livre Le Marronnage à l’Isle de France, rêve ou riposte de l’esclave ? (1999) d’Amédée Nagapen. Il y rencontre aussi d'autres historiennes : Gabriella Batour, Stéphanie Tamby, Élodie Laurent Volcy, Flossie Coosnapa. Il y découvre ainsi l’histoire des Mascareignes, la traversée par les Hollandais, les Anglais, les Français, l’esclavage et l'économie de la canne à sucre..
Attribution des rôles Simon Moutaïrou a longtemps cherché des acteurs pour incarner le père et la fille, Massamba et Mati, dans son film : il a finalement choisi le comédien sénégalais Ibrahima Mbaye parce qu'il a et Anna Diakhere Thiandoum, choisie parmi une centaine de candidature à travers le Sénégal, pour ..
Camille Cottin, se voit proposer son rôle par un producteur de Chi-Fou-Mi Productions en plein tournage de Toni, en famille (2023) de Nathan Ambrosioni.. Elle , chasseuse d’esclaves.. Quant à Benoît Magimel dans le rôle d'Eugène Larcenet, Simon Moutaïrou a vite pensé à lui parce qu'.
Tournage Le tournage débute le à l'île Maurice. Il se termine le suivant. Les scènes subaquatiques ont été tournées dans un bassin en région parisienne.
Olivier Sulpice, dirigeant l'agence de cascadeurs , a considéré le tournage .
Musique La musique du film est composée par Amine Bouhafa..
Accueil Sorties et festival Début , le distributeur Studiocanal annonce la sortie de Ni chaînes ni maîtres : le . Anne Gagnot, directrice marketing, assure que c'est .. Finalement, il sort le .. Le , Le Soir révèle l'avant-première du film ayant lieu le à l'UGC Toison d'or à Bruxelles, en Belgique, soit une semaine avant sa sortie nationale..
Le , le film est sélectionné dans la section « Fenêtre sur le cinéma français » du Festival du cinéma américain de Deauville, aux côtés de Finalement de Claude Lelouch, en avant-première mondiale..
Accueil critique Le site Allociné mentionne une moyenne de , d'après l'interprétation de de presse..
La journaliste de France Info, Falila Gbadamassi, décrit : ..
Eva Sauphie décrit dans Jeune Afrique . Marion Lecas du journal France Antilles écrit à son sujet : .
Clément Colliaux dans Libération livre une critique positive mais plus nuancée d'un film qui , mais qui .
Le chercheur historien du CNRS Emmanuel Garnier évoque .
En revanche, pour Damien Leblanc de Première, « le recours constant aux codes du survival et la volonté de charger ce tragique récit d’un mysticisme magique et d’une esthétique fantastique atténuent étrangement la portée des personnages et limitent le réalisme de ce témoignage historique pourtant précieux ».
Enfin, dans Télé-Loisirs, Sébastien Ors déplore qu'« après une saisissante exposition des horreurs d'un système dont la France a amplement profité, le film sombre dans un académisme qui en atténue le propos et suscite un ennui poli ».
Pour le premier jour de sa sortie, ayant lieu le , il accueille spectateurs, dont en avant-première, et se classe à la sixième place du box-office français.. La première semaine, il compte spectateurs et se place au septième rang..
Distinctions Nomination et sélection Festival du cinéma américain de Deauville 2024 : section « Fenêtre sur le cinéma français », avant-première mondiale
Analyse
Inspiration vignette|Le « morne Brabant », à l'Île Maurice (culminant à 555 mètres), où se passe une partie de l'intrigue du film. Le scénario du film s'inspire d'un des mythes locaux liés à la période coloniale française de l'île Maurice (), faisant état d’un suicide collectif d'esclaves marrons au sommet du Morne Brabant .. Ayant trouvé un ultime refuge en ce lieu, ces derniers, pourchassés par des soldats et des chiens, choisissent d’y mourir en se jetant du haut de la falaise plutôt que se laisser capturer. Mais les locaux disent qu'il s'agissait de militaires anglais venant leur annoncer l'abolition de l'esclavage. Or, pensant qu'ils venaient pour les capturer, les esclaves marrons se rejetèrent de la falaise. En 2003, des anthropologues et des archéologues de l’université de Maurice effectuent des recherches, mais elles n'ont pas pu démontrer la véracité de ces faits. Réalité ou légende, cette fin tragique des marrons reste néanmoins ancrée dans la mémoire collective et les traditions orales des Mauriciens.
L'existence du personnage de Madame La Victoire, chasseresse de noirs marrons, est attestée par l'abbé Nicolas-Louis de La Caille et Joseph Maximilien Cajetan, Baron de Wiklinskÿ. Bernardin de Saint-Pierre, qui l'a rencontrée, la décrit comme «une grande créole sèche qui allait nus pieds suivant l'usage du canton … Mme de la V*** tenait à la main une queue de raie épineuse : elle en lâcha un coup sur les épaules nues de l'esclave qui en furent marqués d'une longue taillade … Elle allait dans les bois, à la chasse aux Noirs marons ; elle s'en faisait honneur… » . Madame La Victoire est le surnom de Michelle Christine Bulle, née en 1724 à Périgueux (Dordogne), une première fois mariée avec un ancien militaire, Joseph Le Masson dit "La Victoire", devenu propriétaire d'une habitation prospère, demeurant près de la Pointe du Diable, sous la Montagne des Bambous, dans le sud de l'ile. Madame La Victoire meurt en 1791.
Anachronismes Eugène Larcenet, testant le produit du moulin à sucre, évoque son alors que ce composé ne sera caractérisé qu'au siècle. Honoré Larcenet, racontant l'histoire de Madame la Victoire, dit qu'elle a été la première femme de l'île à divorcer, alors que le divorce ne sera possible en France qu'à partir de la Révolution Française.
Notes et références
Annexes Bibliographie
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Articles connexes Esclavage au cinéma Histoire de l'esclavage Histoire de Maurice Île de France (Maurice) Marronnage (esclavage)
Liens externes
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