Lise Deharme, née Lise Anne-Marie Hirtz à Paris le et morte à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) le Acte de naissance du 8 mai 1898 avec mention marginale du décès, sur le site des archives de Paris., est une romancière et poétesse française ainsi que l'une des muses du surréalisme.
Biographie Née de Victoire Louis-Dreyfus et de Edgard Hirtz, médecin-chef de l'hôpital NeckerClébert, , elle fréquente très tôt les milieux artistiques et littéraires.
Elle rencontre André Breton en : Propos recueillis par Clébert et cités dans le Dictionnaire…, p. 199...
C'est à la suite de cette visite, au mois de André Breton Œuvres complètes, tome 1, éditions Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1988, ., que Breton lui demande de laisser l'un de ses pour en faire un moulage en bronze et l'utiliser comme symbole du mouvement surréaliste, accolant ainsi un surnom des plus évocateurs : .. L'épisode est relaté par Breton dans son récit Nadja, où Lise Deharme apparaît sous le nom de Lise Meyer (Lise Deharme était alors mariée avec Pierre Meyer)à compléter !.
En 1921, elle épouse à Paris, Pierre Meyer (1901-1933), danseur partenaire de Joséphine Baker, dont elle se sépare, puis divorce en . En 1933, ce dernier est retrouvé mort dans un hôtel de Rouen des suites d'absorption de stupéfiantsLe Petit Parisien, 14 mars 1933, p.1 : "L'acteur Pierre Meyer succombe à Rouen à l'abus des stupéfiants".
En , elle épouse Paul Deharme, producteur et réalisateur radiophonique, responsable de la publicité de Radio-Paris. C'est pour leurs enfants, Tristan et Hyacinthe, ainsi que pour Daniel, le fils de Darius Milhaud, que Robert Desnos écrira les poèmes réunis plus tard sous le titre de La Ménagerie de Tristan, Le Parterre d'Hyacinthe, La Géométrie de Daniel, réunis dans deux recueils Chantefleurs et ChantefablesDesnos, Robert (1900-1945), La ménagerie de Tristan; suivi de Le parterre d'Hyacinthe, illustré par Martin Matje, Paris, Gallimard jeunesse, 2014, dernière édition. Inédit du vivant de R. Desnos.
En 1933, elle est directrice de rédaction du Phare de Neuilly, revue surréaliste qui publie des textes poétiques et littéraires aussi bien que des articles ayant trait à la société et à la politique. Autour d'elle se constitue un cénacle où se croisent, outre des poètes et des écrivains, des personnalités comme Antonin Artaud, Max Ernst, Salvador Dalí, Wolfgang Paalen, Pablo Picasso et Jean-Louis Barrault. Parallèlement, elle fait paraître elle-même des recueils de poèmes. Durant l'Occupation, elle rejoint le Comité national des écrivains lancé par Paul Éluard, où se retrouvent entre autres Louis Aragon, Jean Cassou, Michel Leiris, Jean Paulhan, Jean Tardieu, Elsa Triolet et Vercors. Elle participe également à la publication clandestine L'Honneur des poètes.
Dans sa maison landaise, à Montfort-en-Chalosse, elle reçoit ses amis artistes : André Breton, Max Ernst, Paul et Nush Eluard, Dora Maar et Picasso. Man Ray y réalise des prises de vue pour un film improvisé par Breton et Paul Éluard. Le film n'aboutit pas et il ne reste de ce projet que quelques photos dont notamment, celle où Breton pose devant une fenêtre avec une libellule sur le front.
Au lendemain de la guerre, elle se lance dans le genre romanesque et publie une série de romans dont certains seront interdits à la vente aux mineurs.
Elle meurt en , à l'âge de quatre-vingt-un ans. Ses cendres, déposées au crématorium-columbarium du Père-Lachaise, en ont disparu..
Elle est la grand-mère de Caroline Deharme, de Nathalie Deharme, d'Aude Deharme et Laure Deharme. Elle est également l'arrière-grand-mère du plasticien Bastien Lecouffe-Deharme.
Romancière et poète Lise Deharme a été l’auteure prolifique de romans, de poésie, d’un récit autobiographique, d’un journal intime, de contes et de textes de théâtre et aussi directrice du Phare de Neuilly. En parallèle, elle a participé à plusieurs projets collaboratifs avec d’autres artistes surréalistes. La place de la collaboration comme moteur esthétique, comme « machine à influence amorcée », pour reprendre l’expression du chef de file du Surréalisme, André Breton, est grande dans ce mouvement avant-gardiste. L’auteure est en outre à l’origine de textes dans Il était une petite pie (1928) et Le Tablier blanc (1958), tous deux illustrés par Joan Miró ; elle est co-auteure de Farouche à quatre feuilles avec André Breton, Julien Gracq et Jean Tardieu.
Elle a aussi été l’instigatrice de trois projets collaboratifs dans lesquels elle partage l’espace du livre avec la photographe Claude Cahun, dans le premier cas, et Leonor Fini, illustratrice, dans les deux suivants.
Le Cœur de Pic (1937) contient trente-deux poèmes pour les enfants rédigés par Deharme et vingt « saynètes » photographiques de Cahun qui mettent en scène plantes, animaux et objets divers composant l’univers merveilleux et fantasmé d’un petit personnage nommé Pic. D’après François Leperlier, l’album collaboratif « témoigne d’une grande liberté de ton qui n’allait pas sans une réelle âpreté, avec une inquiétude grave et malicieuse à la fois, une humeur rebelle et ténébreuse».
Le Poids d’un oiseau (1955), cette fois réalisé avec Leonor Fini, fait cohabiter quinze micro-récits deharmiens et cinq dessins à l’encre de Chine de Fini. Le livre narre des histoires sur fond de « contes de fées pour adultes » qui « abordent l’impuissance humaine devant la mort, le rapport au temps et l’éternel retour, motif emblématique de l’absurdité de l’existence ». L’apparence spectrale des dessins finiens dispersés çà et là sont cohérents avec l'aspect fantomatique remarquable des récits, avec cet « éternel retour » mis en mots par Deharme.
Oh ! Violette ou La Politesse des végétaux (1969) réunit à nouveau Deharme et Fini, cette fois dans un roman retraçant les aventures érotiques de la jeune comtesse de Lazagnon et où sont glissés huit dessins de Fini. Marie-Claire Barnet résume en ces termes une idée majeure de l’œuvre : « L’écrivaine montre ainsi, puisque son héros et son héroïne ne connaissent jamais d’heureux dénouement à leurs intrigues, qu’un tel idéal de couple harmonieux, d’amour éternel de contes de fées, est aussi une nouvelle perversion ».
Œuvres de Lise Deharme Sous le nom de Lise Hirtz Images dans le dos du cocher, Paris, Éditions des Feuilles libres, 1922 Il était une petite pie, sept chansons et trois chansons pour Hyacinthe avec huit dessins en couleurs par Joan Miró, Paris, Éditions Jeanne Bucher, 1928Voir Charles Plet et Andrea Oberhuber, « Il était une petite pie de Lise Deharme : un recueil faussement candide ? » Sous le nom de Lise Deharme Cahier de curieuse personne, Paris, Éditions des Cahiers libres, 1933 Le Cœur de Pic : trente-deux poèmes pour les enfants, illustré de vingt photographies par Claude Cahun, Paris, José Corti, 1937. Réédition Nantes, éditions MeMo, 2004Voir Andrea Oberhuber, « Le Cœur de Pic de Lise Deharme et Claude Cahun : album pour enfants ou recueil poïétique surréaliste ? » Cette année-là, préface de Paul Éluard, Paris, Gallimard, 1945Critique par Louis Parrot, Il était une fois..., in Les Lettres françaises du samedi 20 octobre 1945, Dédié à l'élégance. Textes de Jean Cassou, Lise Deharme, Paul Eluard, Clara Malraux,… Illustrations de Christian Bérard, Jean Effel, Fougeron, Valentine Hugo, Marie Laurencin, Matisse, Picasso, Touchagues. Union nationale des intellectuels, Paris, 1945 Insolence, Paris, Fontaine, 1946 Le Pot de mousse, Paris, Fontaine, 1946 La Porte à côté, Paris, Gallimard, 1949 Ève la Blonde, Paris, Gallimard, 1952 Portraits de famille . 6 gravures en couleurs de Léonor Fini. Textes par Audiberti, Marcel Béalu, Jean Cocteau, Lise Deharme, André Pieyre de Mandiargues, Francis Ponge, (Paris) 1952 Farouche à quatre feuilles (avec André Breton , Julien Gracq et Jean Tardieu ), Paris, Grasset, 2009, (1 ère edit. 1954) Le Poids d'un oiseau, illustrations de Léonor Fini, Paris, Le Terrain vague, 1955Voir Andrea Oberhuber et Caroline Hogue, « Le Poids d’un oiseau de Lise Deharme et Leonor Fini : parcours d’une revenante » Le Château de l'Horloge, Paris, Julliard, 1955 Les Quatre Cents Coups du diable, Paris, Deux-Rives, 1956 Et la bête, Paris, Fasquelle, 1957 La Comtesse Soir, Paris, Julliard, 1957 Le Tablier blanc, avec deux gravures de Joan Miró, Alès, Pab, 1958Voir Alexis Lacasse et Andrea Oberhuber, « Le Tablier blanc de Lise Deharme : un livre “nain” » Laissez-moi tranquille, Paris, Julliard, 1959 Les Années perdues, Journal, 1939-1949, Paris, Plon, 1961 Carole ou Ce qui plaît aux filles, Paris, Julliard, 1961 Pierre de la Mermorte, Paris, Julliard, 1962 L'Enchanteur, Paris, Grasset, 1964 Les Chats. Photographies de Hanns Reich, Paris, Hazan, 1965 L'Amant blessé, Paris, Grasset, 1966 Oh ! Violette ou la Politesse des végétaux, illustrations de Léonor Fini, Paris, Losfeld, 1969Voir Charles Plet et Daisy Le Corre, « Oh ! Violette ou la Politesse des végétaux : le conte érotique qui déshabille les genres » Le téléphone est mort, Paris, Losfeld, 1973 La Marquise d'Enfer, Paris, Grasset, 1976 La Caverne, Troyes, Librairie bleue, 1984
Images et voix de Lise Deharme Émissions TV L'Ile des voix, d'après Robert Louis Stevenson, réalisée par Paul Deharme, avec les voix de Lise Deharme, Marcel Herrand, Jean Marchat, Sylvain Itkine, diffusion le 02/03/1935 sur Radio Luxembourg, diffusion le 07/04/1935 Poste Parisien à 20h15 ; Notice Ina PHD86065833 Le prix Max Jacob de poésie, le grand prix du disque du bonheur, 25/03/1954, INA Lectures pour tous, 04/11/1959, INA Vacances d'hier, d'aujourd'hui et de demain, 21/06/1961, INA Lectures pour tous, 02/08/1961, INA Lectures pour tous, 06/05/1964, INA L’œil écoute, Paris : les surréalistes, 29/05/1964, SONUMA-RTBF Panorama Lise Deharme et André Breton, 30/09/1966, INA Lectures pour tous, 01/03/1967, INA Dans la mémoire de Lise Deharme : un poète nomme André Breton, documentaire de J.J. Bloch, 25/09/1974, INA
Émissions Radio (INA) Amitiés musicales des écrivains, Archives littéraires : Lise Deharme, 30/06/1948 Boris Vian sur La porte à côté, roman de Lise Deharme, 13/12/1949, ORTF L'art et la vie, 02/02/1950, ORTF Tête de ligne : Lise Deharme, 28/04/1950, ORTF Le goût des livres, Eve la blonde de Lise Deharme, 09/07/1952, ORTF Plein feu sur les spectacles du monde, 25/12/1953, ORTF Dormeurs éveillés, 29/12/1953, ORTF Poésie pas morte, 06/04/1954, ORTF Rendez-vous à cinq heures, Lise Deharme : ses goûts musicaux, 23/05/1955, ORTF Premier poème et poèmes d'aujourd'hui : Lise Deharme, 15/12/1957, ORTF Les premiers pas, 03/07/1962, ORTF L'étoile de chance, 02/01/1963, ORTF Cher ami, 02/04/1963, ORTF Les histoires extraordinaires, 22/09/1964, France Inter Les rêves perdus de Lise Deharme, 14/01/1965, France Inter Le texte et la marge, 12/04/1973, France Culture Radioscopie, 25/05/1973, France Inter Entretiens avec Lise Deharme, interviewée par Dominique Rabourdin, 10 parties, diffusées entre le 15 et le , France Culture À voix nue : grands entretiens d'hier et d'aujourd'hui, 21/12/1993, France Culture (reprise)
Portraits : photos Portraits photographiques par Man Ray, Dora Maar https://www.centrepompidou.fr/fr/recherche?terms=Lise%20Deharme https://www.pinterest.fr/pin/Ae_XkNrubO734ujYKynhEByzCJyhckS7mY5-D86iyBcqSv5DFdvFQtg/
Portraits : tableaux dessins Pierre LEAUTE, (1905-1984), Portrait de la poétesse essayiste " Lise Deharme ", Huile sur panneau parqueté, 1943, 71 x 48,5 cm Jean Gabriel DOMERGUE (1889 -1962), Portrait de Lise Deharme, 1922. Valentine Hugo, (1890 - 1968), Portraits de Lise Deharme, dessin http://www.artnet.fr/artistes/valentine-hugo/lise-deharme-portraits-9DzdMpPqXJHmKD7Rga0nYg2 http://www.artnet.com/artists/valentine-hugo/portrait-de-lise-deharme-W5r_DSE87cRi-NH_ANgapA2
Pour approfondir Bibliographie Marie-Claire Barnet, La femme cent sexes ou les genres communicants. Deharme, Mansour, Prassinos, Bern, Éditions Peter Lang, 1998.