L'Alliance de l'opposition du Soudan du Sud (en anglais : South Sudan Opposition Alliance ; SSOA) est une coalition de partis politiques et de groupes armés du Soudan du Sud s'opposant au gouvernement du président Salva Kiir. Elle est formée en par neuf groupes à Addis-Abeba, capitale de l'Éthiopie. En , l'alliance adhère à un accord de paix amendé avec le gouvernement qui inclut également la principale faction rebelle, le Mouvement populaire de libération du Soudan en opposition, ce qui provoque le départ de certains membres, en désaccord avec la décision. La SSOA connaît des tensions continues entre ses membres, ainsi qu’avec le gouvernement.

Formation Les neuf groupes originaux de l'Alliance sont :

le Parti démocratique fédéral/Forces armées du Soudan du Sud (FDP/SSAF), dirigé par Gabriel Changson Chang le Front du salut national (NAS), dirigé par Thomas Cirilo Swaka le Mouvement national démocratique (NDM), dirigé par Lam Akol le Mouvement démocratique populaire (PDM), dirigé par Hakim Dario Moi le Mouvement/Armée de libération du Soudan du Sud (SSLM/A), dirigé par Bapiny Montuil Wegjang le Mouvement national pour le changement du Soudan du Sud (SSNMC), dirigé par Bangasi Joseph Bakosoro le Mouvement/Armée patriotique du Soudan du Sud (SSPM/A), dirigé par Costello Garang Ring le Mouvement/Armée unie du Soudan du Sud (SSUM/A), dirigé par Peter Gadet Yak l'Alliance républicaine démocratique unie (UDRA), dirigée par Gatweth K. Thich

La faction des anciens détenus du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-FD), dirigée par Pagan Amum, est également mentionnée comme membre dans la charte de la SSOA, mais les médias rapportent ultérieurement qu'elle n'y est pas incluse. Le Front/Armée uni du Soudan du Sud, dirigé par Paul Malong Awan, déclare son intention de rejoindre la SSOA en sans que cela ne semble se concrétiser.

Dans sa déclaration fondatrice, la SSOA promet « d'accélérer les efforts pour rétablir une paix juste et durable, la démocratie et pour préserver les droits de l'homme et les droits démocratiques fondamentaux de notre peuple ». Le groupe condamne le « chauvinisme ethnique, l'oppression despotique et la corruption institutionnalisée » qui affligent le pays et appelle au fédéralisme. Elle critique les accords de paix antérieurs, estimant qu'ils se concentrent trop sur la satisfaction des factions en guerre et pas assez sur la résolution durable des conflits ; elle impute en outre l'échec de ces accords en grande partie au gouvernement.

Histoire En 2017, l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) amorce une révision de l'accord de paix de 2015 en vue de le faire renaître. Des groupes politiques et milices nouvellement fondés espèrent obtenir une place à la table des négociations. De juin à , des accords intérimaires destinés à mener à un accord concluant sont signés par le président Salva Kiir et l’ancien vice-président Riek Machar. Bien qu'ils aient participé aux pourparlers qui ont précédé ces signatures, le SPLM-FD et la SSOA sont marginalisés.

Première scission Au crépuscule des négociations, Cirilo, le leader du NAS, exige l'introduction complète du fédéralisme et accuse le Soudan et l'Ouganda d'être plus préoccupés par la préservation de leurs intérêts matériels au Soudan du Sud que par l'instauration d'une paix durable. Ses partisans affirment en outre que Riek Machar ne se préoccupe que des intérêts du peuple nuer duquel il est issu.

Le , l'Accord revitalisé sur la résolution du conflit au Soudan du Sud (R-ARCSS) est signé par le gouvernement, le SPLM-IO de Machar, le SPLM-FD de Pagan Amum et la faction de la SSOA dirigée par Changson.

Les groupes de l'Alliance qui acceptent l’accord sont :

FDP/SSAF de Changson NDM d'Akol SSNMC de Bakosoro SSPM/A de Garang SSLM/A de Montuil

SSUM/A de Gadet La faction dissidente du PDM dirigée par Josephine Lagu (qui sera plus tard rebaptisée Mouvement démocratique populaire pour la paix) La faction dissidente du NAS dirigée par Khalid Butros Bora

L'accord est cependant rejeté par les groupes suivants, qui forment par la suite l'Alliance démocratique nationale du Soudan du Sud (SSNDA), à l'exception du PDM :

Le NAS de Cirilo Le PDM de Dario L'UDRA de Thich La faction dissidente du NDM dirigée par Emmanuel Aban (qui sera plus tard rebaptisée Mouvement national démocratique-PF) La faction dissidente du SSNMC dirigée par Vakindi L. Unvu

SSNDA et SSOMA/NSSSOG Au début de 2019, le SSNDA, dirigé par Cirilo et dominé par le NAS, est considéré comme le plus grand groupe rebelle en dehors du SPLM-IO de Machar. Le , il fusionne avec le Mouvement populaire de libération du Soudan réel (formé par Amum après avoir quitté le SPLM-FD) et le SSUF/A de Malong pour former l'Alliance des mouvements d'opposition du Soudan du Sud. Ce groupe amorce des négociations avec le gouvernement, facilitées par la Communauté de Sant'Egidio, et signe un accord le . Les combats persistent néanmoins et la SSOMA se scinde en deux factions, la SSNDA d'un côté et en R-SPLM et SSUF de l'autre, qui continuent de se nommer SSOMA. En , les factions se réconcilient et forment le Groupe d'opposition sud-soudanais non signataire, avec Amum comme chef.

Deuxième scission, réunion et troisième scission Le , des dissensions importantes frappent la SSOA, entre les partisans de Peter Gadet de la SSUM/A et Gabriel Changson. Gadet décède le , alors que bon nombre de ses subordonnés au sein du SSUM auraient fait défection et rejoint le gouvernement Kiir.

En juillet, les deux factions de la SSOA se réconcilient, notamment par l'instauration d'une présidence tournante de six mois répartie par chacun des huit partis membres. En 2020, Changson et Chagor s'étaient apparemment réconciliés avec la nouvelle direction et avaient rejoint la SSOA.

Membres actuels En date du mois d', la SSOA compte huit groupes membres :

Front du salut national (NAS), dirigé par Khalid Butros Bora Mouvement national démocratique (NDM), dirigé par Lam Akol Mouvement démocratique populaire pour la paix (PDM-P), dirigé par Josephine Lagu Mouvement/Armée de libération du Soudan du Sud (SSLM/A), dirigé par Bapiny Montuil Wegjang Mouvement national pour le changement au Soudan du Sud (SSNMC), dirigé par Bangasi Joseph Bakosoro Mouvement/Armée patriotique du Soudan du Sud (SSPM/A), dirigé par Costello Garang Ring Parti démocratique fédéral/Forces armées du Soudan du Sud (FDP/SSAF), dirigé par Gabriel Changson Chang Mouvement/Armée unie du Soudan du Sud (SSUM/A), dirigé par Denay Jock Chagor

Références

Catégorie:Parti politique au Soudan du Sud Catégorie:Parti politique fondé en 2018