La pharmacopée chinoise Bencao congxin 本草從新 , formée de 18 chapitres décrivant 720 drogues, a été écrite par Wu Yiluo 吳儀洛 et publiée en 1757. L’auteur se place dans la continuation de la Bencao gangmu (1593) de Li Shizhen, mais en s’inspirant du caractère concis de la Bencao beiyao (1694) de Wang Ang.
À l’instar de la Bencao beiyao, la Bencao congxin est encore une des pharmacopées les plus largement disséminées.
Texte L’auteur Wu Yiluo se place dans la grande tradition des pharmacopées chinoises, dominée par la Bencao gangmu de Li Shizhen. La version plus courte et plus maniable de cette œuvre donnée par Wang Ang, sous le nom de Bencao beiyao, est toutefois un mélange non critique de diverses théories. C’est pourquoi Wu Yiluo a repris la moitié de ce texte et modifié l’autre moitié.
La préface indique
. Les notices sur les drogues contiennent les informations habituelles, la thermo-influence, la saveur, l’apparence, la couleur, l’affiliation à un méridien, et les principaux effets thérapeutiques.
La classification des drogues en sections et sous-sections, suit la Bencao gangmu. Toutefois Wu Yiluo ne suit pas exactement l’ordre de Li Shizhen, puisqu’il place en premier la description des herbes et des arbres, et non pas Eau, Feu, Terre et Métal comme l’avait fait Li Shizhen.
La première notice donne un traitement approfondi du ginseng dont voici un extrait
À partir du , sous la dynastie Jin (1115-1234) 金, des innovateurs médicaux comme Zhang Yuansu et Kou Zongshi ont ouvert la voie à l’introduction des principes explicatifs du yin et yang et des correspondances systématiques (développée dans le Huangdi nei jing) dans la pharmacopée.
Au fil des siècles, la doctrine médicale traditionnelle est devenue un savoir très élaboré, demandant un long apprentissage, qui entre les mains d’un habile dialecticien est capable de fournir des argumentations expliquant un grand nombre de propriétés. Mais il est aussi indéniable que la MTC et particulièrement la thérapie pharmaceutique, s’appuie aussi sur des observations cliniques (sur les effets des drogues sur les symptômes des patients) et depuis l’époque Song-Jin-Yuan, sur les quelques propriétés physiques et organoleptiques des substances médicinales. Cette dimension empirique est cependant beaucoup trop faible pour mettre en danger le système formel, c'est-à-dire de le confronter au réel. C’est pourquoi de nombreuses propositions ne sont pas empiriquement évaluables. On ne sait pas monter d’expérimentations capables de réfuter ou de corroborer une proposition comme le ginseng , parce que l’imprécision du concept de « qi originel » le laisse inobservable. Si bien que les « explications naturalistes » ne peuvent pas satisfaire les experts soucieux d’établir le savoir sur le réel.
Par exemple, le ginseng est « chaud » et sert à « dissiper le feu », proposition à première vue paradoxale. Mais un bon dialecticien rétorquera que le ginseng ne dissipe pas n'importe quel type de feu, mais spécifiquement celui causé par une déficience de yin, en rétablissant l'harmonie entre le yin et le yang dans le corps. Ainsi, en médecine traditionnelle chinoise, cette apparente contradiction s'explique par la distinction entre les types de chaleur et la manière dont le ginseng agit sur le corps.
Ce système explicatif puissant est certainement une raison de la pérennité de la MTC. C’est lui a donné à la médecine chinoise l’apparence d’une doctrine scientifique sans en avoir tous les moyens.
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