Tornos, dont le siège est à Moutier, est une fabrique suisse de machines-outils destinées à l’industrie du décolletage. L'entreprise est cotée à la bourse suisse SIX Swiss Exchange.
Histoire
Origines L'histoire de Tornos remonte à 1880, lorsque les premières machines destinées à la production de petites pièces pour l'industrie horlogère ont été fabriquées à Moutier.
Parmi les entrepreneurs de l'époque se trouvait le mécanicien thurgovien Nicolas Junker, né en 1851. En 1883, Junker et son associé Anselme Marchal ont fondé la société Junker et Cie. La même année, la production de tours automatiques et la fabrication en série de tours ont commencé. Les tours servaient principalement à la fabrication de vis, car celles-ci étaient davantage demandées par l'industrie horlogère. Junker a développé le tour dit "suisse" inventé par Jakob Schweizer en 1880. Après le départ d'Anselme Marchal, l'entreprise fut inscrite au registre du commerce en 1886 sous le nom de N. Junker« De Junker à Tornos 1880–1980: Un Siècle d´innovation et d´histoire industrielle de Moutier », sur Musée du tour automatique et d’histoire de Moutier, Moutier 2023. En 1891, l'entreprise achète un bâtiment qui avait appartenu depuis 1886 à l'industriel bâlois Emile Abt.
L'entreprise a été réorientée en 1896, lorsque Junker a repris l'entreprise sous son propre nom. À partir de ce moment, il fabriqua avec sa société des montres et des composants horlogers.
Une installation de production propre, fonctionnant avec une roue hydraulique, a été construite pour la fabrication de montres. En 1904, Junker vendit l'entreprise, qui connaissait des difficultés financières, à son fils Emile. Un an plus tard, l'entreprise lançait le tour automatique à poupée mobile Mettetal/Junker Fils, équipé de trois outils. La même année, Emile Junker dut déclarer la faillite de l'entreprise« L´eau de la Birse permet à Nicolas Junker de révolutionner le tour automatique », sur Le Quotidien jurassien, 2 septembre 2021. Ne supportant pas la faillite de l'entreprise, Nicolas Junker se suicida en 1907Antoine Membrez, « Nicolas Junker, cemécanicien de génie qui forma deux des fondateurs de Tornos », sur Le Quotidien jurassien, 28 septembre 2022.
Fondation et débuts La faillite de la société Junker et Cie donna naissance en 1914 à l'entreprise Tornos, qui fabriquait des tours automatiques et était en concurrence avec l'entreprise de Joseph Pétermann et d'André Bechler, un ancien apprenti de Junker. La même année, Bechler fonda sa propre entreprise qui produisit également des tours automatiques à partir de 1924« Wachstum noch nicht eingepreist », sur Handelszeitung, 25 janvier 2018.
Vers 1971, Tornos a repris l'usine Pétermann. Les trois entreprises Tornos, Pétermann et Bechler ont donné naissance en 1981 à la société Tornos-Bechler SA. En 1982, l'entreprise a fermé les succursales de Crémines et de Courroux. L'année suivante, Tornos a licencié et fermé la filiale de Fleurier. Le groupe allemand Rothenberger et Pittler a acquis 90 % du capital de l'entreprise en 1987.
Acquisitions et réorientation En 1988, Tornos présente le CNC 632, le premier tour CNC multibroches au monde. En 1989, Tornos-Bechler SA a pris une participation majoritaire dans la société française Wirth & Gruffat à Annecy. Parallèlement, Wirth & Gruffat a repris une partie de la production de Tornos-Bechler, en plus de son propre programme de production« Firmennotizen », sur Handelsblatt, 12 décembre 1989. En 1995, les succursales de Courrendlin et de Courgenay ont fermé leurs portes. L'introduction des concepts Tornos Deco et Multi Deco en 1996 été une innovation importante pour l'entreprise« Deco 2000 et Multideco sont les produits phares de Tornos », sur L’Agefi, 4 mars 2001.
En 1999, la société d'investissement britannique Doughty Hanson & Co rachète l'entreprise. À la suite du changement de raison sociale de Tornos-Bechler SA en Tornos SA en 2001, les trois anciens concurrents Tornos, Pétermann et Bechler ont été réunis sous une seule et même dénomination sociale. La même année, l'entreprise a été cotée en bourse. En outre, Tornos a licencié 200 de ses quelque . En 2002, la suppression de a suivi et Rothenberger et Pittler sont redevenus les principaux actionnaires. En 2005, l'entreprise a vendu les parts de Credit Suisse et de Doughty Hanson à des investisseurs institutionnels et à un groupe de membres de la direction et du conseil d'administration.
En 2008, Tornos a racheté le fabricant de machines Almac à La Chaux-de-Fonds, en Suisse« Tornos setzt auf Flexibilität », sur Der Bund, 17 mars 2009. La même année, Tornos a conclu une alliance avec la société japonaise Tsugami.
En 2012, Tornos a supprimé sur ses sites de Moutier et de La Chaux-de-Fonds.
En 2014, Tornos a orienté sa stratégie de produits vers , s'écartant ainsi de l'orientation antérieure qui consistait à vendre des machines à prix élevés. Dans cette optique, l'entreprise a ouvert des sites de production à Xi'an en Chine et à Taichung à Taïwan« Tornos weiter unter Druck », sur Neue Zürcher Zeitung, 18. mars 2014. La même année, l'industriel suisse Walter Fust a détenait 45 % des actions de Tornos, comme l’a rapporté la SRF en 2016. Auparavant, le journal économique suisse Finanz und Wirtschaft avait déjà rapporté que Fust ne souhaitait pas augmenter sa participation à plus de 45%.
Histoire récente Un site de production en Pologne employant a été ouvert par l'entreprise en 2022. Le site de production de La Chaux-de-Fonds a été fermé en 2021. Tornos Holding SA a fusionné le avec Starrag Group Holding SA pour former Starrag Tornos Group SAAlexandre Steiner, Aline Bassin, « Le jour où Tornos est devenu saint-gallois », sur Le Temps, 8 décembre 2023. À cette occasion, Tornos Holding AG a été rebaptisée Tornos AG en tant que filiale de Starrag Tornos Group AG.
En mars 2024, Tornos a inauguré une nouvelle usine de production dans la région de Taïwan.
En 2024, Tornos a développé, en collaboration avec la société Paul Horn GmbH de Tübingen, un procédé de fabrication permettant l'usinage de composants en laiton sans plomb sur des tours multibroches de type MultiSwiss. Ce procédé a permis de transférer la production des machines monobroches vers les machines multibroches et de réduire le temps d'usinage par pièce.
Structure de l'entreprise Depuis la fusion avec Starrag Group Holding AG le , Tornos AG est une filiale de Starrag Tornos Group AG.
Michael Hauser est directeur et président du conseil d'administration de Tornos SA. Au cours de l'exercice 2022, l'entreprise employait 681 collaborateurs et a réalisé un chiffre d'affaires consolidé de de francs suisses.
Le groupe dispose de quatre sites de production : Moutier en Suisse, Xi'an en Chine et deux à Taichung à Taiwan. Tornos est représenté par des filiales en Europe, aux États-Unis, en Asie et en AustraliePirmin Schilliger, « Wir sind gesund und fit genug », sur Handelszeitung, 16. August 2006..
Produits L'entreprise fabrique des tours automatiques monobroches, des tours multibroches« Spots », sur Handelszeitung, 9 août 2006, des systèmes périphériques, des centres d'usinage pour les domaines microtechniques« Zuverlässig und hoch präzise », sur Fertigung, 7 âout 2017 et des ravitailleurs de barres« Drehautomat Tornos Deco 8sp: Präzise und effizient in neue Märkte », sur Industrieanzeiger, 9 janvier 2006. Les appareils sont pilotés par le logiciel de communication et de programmation Tisis, développé par l'entreprise, et trouvent des applications dans l'industrie automobile, la médecine, l'électronique, l'horlogerie et la sous-traitance« Dentalimplantate produktiv gefertigt », sur SMM Schweizer Maschinenmarkt, 14 mai 2019« Stangen-Bearbeitung langer und kurzer Werkstücke », sur MAV Maschinen, Anlagen, Verfahren, 11 septembre 2017.
Les sites de production de Taïwan et de Chine fabriquent des machines d'entrée de gamme et de milieu de gamme, tandis que le site de Moutier en Suisse produit des tours monobroches à poupée mobile et des tours multibroches tels que la Multiswiss, l'Evodeco ainsi que la Swissnano.
Notes et références Tornos rapport annuel
Liens externes
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