La marocaine de montagne ( DMM) est une division française d'infanterie de l'armée d'Afrique, ayant existé entre 1943 et 1946, qui participe à la Seconde Guerre mondiale.
Formée à la suite de la libération de l'Afrique du Nord française, elle s'illustre particulièrement en Italie en 1944 au sein du Corps expéditionnaire français du général Juin, puis, à la suite du débarquement de Provence, lors de la libération de la France puis de la campagne d'Allemagne au sein de la Première Armée française du général de Lattre de Tassigny.
Création et différentes dénominations
: création de la division d'infanterie marocaine : renommée marocaine de montagne : dissolution
Devise
Chefs de corps
01/06/1943 : général Martin 01/09/1943 - 21/12/1944 : général Sevez 1944 - 1945 : général Navereau 1945 - : général de Hesdin
Encadrement La DMM comptait 615 officiers et 1668 sous-officiers français pour 8 officiers et 500 sous-officiers marocainsL'Armée d'Afrique .
Historique des garnisons, campagnes et batailles
Alors qu'en 1943 la campagne de Tunisie n'est pas encore achevée, de nouvelles divisions françaises se forment déjà dans le cadre du plan de réarmement de l'armée française, en collaboration avec les Américains. Au début de cette année est mise sur pied la DIM à Marrakech qui deviendra le la marocaine de montagne.
À cette époque elle possède la même puissance de feu que les autres divisions mais elle est dotée de véhicules US et d'équipages muletiers français.
Campagnes de Tunisie et de Corse
À partir du la DMM passe en Algérie et s'entraîne en zone montagneuse près de Tlemcen et d'Oran. Le elle constitue un groupe de combat, le groupement Louchet, qui participe, aux côtés du bataillon de choc et des Tabors marocains aux combats de reconquête de l'île de la Corse du au .
Campagne d'Italie
À partir du , la DMM débarque à Naples et rejoint les DIM et DIA.
Après avoir pris position au sud-ouest de Cassin elle forme, avec les Tabors marocains, le « corps de montagne » qui franchit les monts Aurunces au mois de mai. Elle ouvre le chemin de Rome dans laquelle elle défile le . En poursuivant les Allemands, elle enlève San Gimignano le , Certaldo le 19 et Castelfiorentino le 22. Elle se regroupe ensuite autour de Sessa Aurunca.
La division perd 74 officiers et 1538 sous-officiers et hommes de troupe tués durant cette campagne. À la suite de lourdes pertes, le est dissous et remplacé par le RTA.
Campagne de France
À partir du , la DMM débarque en Provence. Elle est intégrée dans la Première Armée française du général de Lattre de Tassigny. Un de ces groupements file alors vers la vallée de Thann en Alsace tandis que le reste de la division vient relever la DIM dans les Alpes face aux Gebirgsjäger.
Fin novembre, la DMM se porte sur Mulhouse, en Alsace. Dans la forêt de la Hardt la lutte est ardente. Le de tirailleurs soutient une longue série de combats meurtriers pour arrêter toutes les actions ennemies visant à repasser le canal de Huningue afin de reprendre Mulhouse qui soutient un véritable siège. Au plus fort de l'hiver, elle participe à la réduction de la poche de Colmar en progressant sur l'axe Thann-Cernay-Soultz-Rouffach du au . Une fois l'Alsace entièrement libérée, la division se voit confier la défense du Rhin entre Bâle et Sélestat.
Campagne d'Allemagne
Après avoir été dirigée vers Strasbourg, la DMM franchit le Rhin et pénètre en Allemagne le . Sa mission est alors de contourner la Forêt-Noire par sa lisière Est et de gagner au plus vite la frontière Nord de la Suisse. Bousculant les dernières résistances de la Wehrmacht, elle atteint le lac de Constance après être passée par Freudenstadt, Schwenningen et Donaueschingen. Elle entre alors en Autriche le et termine la guerre dans le Vorarlberg. Durant les trois semaines de cette campagne elle capture à elle seule ennemis.
Depuis le débarquement en Provence ses pertes s'élevèrent à 28 officiers et 565 sous-officiers et soldats.
Après quelques mois d'occupation de l'Autriche, la division rentre en France jusqu'à sa dissolution le dans la région lyonnaise.
Composition Débarquée en Italie en , ses effectifs étaient alors de 20 450 hommes dont environ 65 % de Maghrébins et 35 % d'EuropéensPaul Gaujac, Le Corps expéditionnaire français en Italie, Histoire et collections, 2003, p.31.
Unités d'infanterie Commandants de l'infanterie divisionnaire : général Louchet puis général Bondis à partir de (avec interruption du au )
de tirailleurs marocains de tirailleurs marocains (dissous en et remplacé par le de tirailleurs algériens) de tirailleurs marocains de tirailleurs algériens (remplace le de tirailleurs marocains en ) d'infanterie (remplace le de tirailleurs algériens en )
Un régiment d'infanterie type montagne comporte près de 4 000 hommes (dont près de 600 officiers et sous-officiers) et 170 véhicules. La proportion de Maghrébins atteint 77 % pour le régiment, 79 % pour le bataillon, 82 % pour la compagnie de fusiliers-voltigeurs et 77 % pour la compagnie motoriséePaul Gaujac, Le Corps expéditionnaire français en Italie, Histoire et Collections, 2003, p.33.
Arme blindée de spahis marocains
Les régiments de spahis et de chasseurs comprennent entre 900 et 1 000 hommes dont d'environ 15 % de Maghrébins chez les spahis et 25 % chez les chasseursPaul Gaujac, Le Corps expéditionnaire français en Italie, Histoire et Collections, 2003, p.48-50.
Artillerie d'artillerie de montagne de FTA 64ème régiment d'artillerie d'Afrique
Autres unités Compagnie de transmissions 88/84 Bataillon du Génie Bataillon Médical Train de quartier général
Décorations La division a été citée deux fois à l'ordre de l'armée et ses principaux régiments ont obtenu la fourragère récompensant au moins deux citations à l'ordre de l'arméeLes fourragères sur le site de france-phaleristique.com.
Fourragère avec olive aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1939-1945 (2-3 citations à l'ordre de l'armée) de tirailleurs marocains de tirailleurs marocains de tirailleurs marocains de spahis marocains
Citations militaires de la division Magnifique Division, qui après avoir participé à la libération de la Corse, en , s'est illustrée sur les champs de bataille d'Italie. Débarquant en France en , elle monte la garde sur les Alpes et achève le nettoyage des hautes vallées avant de venir prendre part à la bataille d'Alsace, menant de très durs combats dans les Vosges et dans la Hardt. Placée sous les ordres du général Hesdin, elle joue, à partir du , un rôle capital dans la réduction de la poche de Colmar, prenant pied sur les hauteurs Nord de la Thur, malgré des circonstances atmosphériques extrêmement dures et une résistance acharnée, puis s'emparant de Cernay dans la nuit du 3 au et réalisant en faisant sa jonction à Rouffach à l'aube du avec le C.A.US l'encerclement de tous les éléments ennemis demeurés dans les Vosges. Maintenue jusqu'au à la garde de Rhin, de Bâle à Strasbourg, elle franchit alors le fleuve, et en 48 heures traverse la Forêt-Noire. Poussant alors rapidement vers le Sud, dans le sillage d'une Division Blindée dont elle assure les communications, elle verrouille successivement tous les débouchés du Massif montagneux. Elle se distingue tout particulièrement, du 24 au , en brisant les très nombreuses et très violentes tentatives des divisions allemandes, qui, encerclées dans la Forêt Noire, s'efforcent de se frayer un passage ver l'est; en quatre jours, elle anéantit le Corps d'Armée allemand détruisant ou capturant la totalité de ses éléments. Ce résultat brillamment obtenu, elle repart à marches forcées vers l'Autriche et, malgré les obstacles accumulés par l'ennemi, les difficultés du terrain de haute montagne et la résistance farouche de l'ennemi, nettoie le Vorarlberg de ses derniers défenseurs.
Citations militaires des unités de la division
Armée française Etat-Major - Bureau N° 3483 CH/DC
P.C le Le Général d'Armée de Lattre de Tassigny Commandant en Chef de la Armée Française Cite à l'ordre de la Division La Compagnie Mixte de Transmissions 88/84
Unité d'élite qui, depuis le début de l'attaque sur le garigliano, le , et durant la percée des lignes " Gustav et Hitler " , a pris une part glorieuse à tous les combats qui menèrent la DMM jusqu'aux avances de Florence
Par l'allant de ses monteurs et de ses radios, a permis une liaison constante entre les éléments avancés d'infanterie et le Commandement.
Travaillant dans des terrains minés, sous les feux de l' artillerie et parfois de l'infanterie ennemies, Officiers, sous-Officiers et Télégraphistes ont rivalisé d'ardeur et d'abnégation pour suivre au plus près les unités et les PC tactiques.
La C.M.T. 88/84 a continué à manifester son esprit de dévouement et son sens du devoir durant les deux combats d'Alsace, à Cernay, Soultz et durant l'Avance en Allemagne, qui mena la DMM après les traversées du Rhin et du Danube jusqu'au Tyrol Autrichien
P.O le Lieutenant Colonel Pernot du Breuil Sous chef d'Etat-Major
Pour copie certifiée conforme Le Chef de Bataillon Delestrée Commandant les Transmissions de la DMM
régiment de tirailleurs marocains (2 citations)
Régiment Marocain animé d'un esprit offensif et d'un allant remarquable qui, sous les ordres du Lieutenant Colonel Brissaud-Desmaillet, a, sans arrêt pendant trois semaines, du au , en région montagneuse, poursuivi et attaqué un ennemi qui tentait de s'installer défensivement sur des positions successives organisées antérieurement. Grâce à ses manœuvres et malgré les tirs violents d'artillerie et de mortiers a conservé constamment l'ascendant sur l'ennemi ; en particulier le au Fragotoso, le à Modane et le à la Madone Monte Vetro, a chassé l'ennemi de ses positions, repoussant ses contre-attaques et l'obligeant à de nombreux morts sur le terrain. Le sur l'Appiolo et le sur le Chiarello, par des attaques répétées, a obligé l'ennemi à se replier en laissant entre ses mains un matériel de guerre important. Les 29, 30 et , au cours de plusieurs actions de vive force a occupé les villages de San-Stephano, San-Giullano, s'emparant du col de la Palombara et du Monte Cacume, obligeant l'ennemi à fuir en désordre. Au cours de cette période, a capturé 233 prisonniers dont 16 officiers, 24 mitrailleuses et 5 canons anti-chars. Reprenant sa marche en avant au nord de Rome, a, à partir du , pendant 15 jours, poursuivi et attaqué l'ennemi qui tentait de ralentir notre avance, enlevant les villages de Monte Latterone et Montenero par des actions de surprise et se maintenant sur ses positions malgré les réactions violentes de l'ennemi. Soutenant ensuite l'action du détachement blindé et attaquant sans répit les nombreuses résistances ennemies, a réussi après plusieurs jours de combat à le chasser de toutes ses positions, en particulier à Santo, Pescini, San Lorenzo, La Getinale. A puissamment aidé à la prise de Sienne.
Régiment marocain d'une haute valeur combative qui, depuis son arrivée en France sous les ordres du colonel Deleuze, n'a cessé d'affirmer ses qualités exceptionnelles. Enlevé du front des Alpes où il s'est illustré lors des affaires de Clavières et de l'observatoire du Chenaillet le , le R.T.M. est engagé sur le front de la Haute-Alsace. Ses trois bataillons participent, du au , aux opérations de dégagement de Mulhouse, puis de débordement par la forêt de la Hardt des positions ennemies au nord de cette ville et ont à faire face à de furieuses contre-attaques.