Nantes Université, université de Nantes jusqu’en 2022, est une université française implantée en Loire-Atlantique et en Vendée. Les principaux campus sont situés à Nantes Métropole tout en comptant des campus secondaires qui se localisent à La Roche-sur-Yon et à Saint-Nazaire. Elle a été créée sous sa forme actuelle en 1961, même si une première université, l'université ducale de Bretagne, avait été fondée en 1460 à Nantes par et dissoute en 1793.

Au , l'université de Nantes se transforme en établissement public expérimental, portant le nom de Nantes Université, avec l'École centrale de Nantes, l'ENSA Nantes et l'école des beaux-arts de Nantes et Saint-Nazaire comme établissements-composantes, conservant leur personnalité juridique, ainsi que l'IRT Jules Verne, le CHU de Nantes et l’INSERM.

Historique L'université ducale de Bretagne (1460-1793) La création L’université ducale de Bretagne est fondée par Bertrand Milon le , à l’initiative du duc , et ce par une bulle pontificale du pape , donnée à Sienne, que l'évêque de Nantes Guillaume de Malestroit promulgua le suivant en qualité de protecteur de la nouvelle institution avec le titre de « chancelier » et la dota d'or.

Le duc expédia une charte solennelle le , et les statuts de l'université furent publiés le de la même année, après avoir été longuement discutés dans la bibliothèque du chapitre de cathédrale de Nantes.

Celle-ci incarne le vœu de d’affirmer son indépendance vis-à-vis du roi de France, alors qu’aux abords du duché à Angers en 1432, Poitiers en 1432 et Bordeaux en 1441 s’ouvrent des universités. Les étudiants bretons représentent d'ailleurs à l'époque la deuxième population dans les universités françaises, après les étudiants normands, et sont structurés en nations dans celles-ci.

Déjà au début du , le besoin pour le duché de Bretagne de se doter d'une université se fit sentir, puisque le duc réclame et obtint du pape la délivrance d'une première bulle de création en 1414, laquelle fut renouvelée par les papes en 1424 et le .

En 1495, l'université quelque peu libérée de la tutelle épiscopale, obtint son propre sceau.

L'organisation

Créée sous la forme d'un studium generale, cette université peut enseigner toutes les disciplines traditionnelles (Arts, Théologie, Droit et Médecine) réparties dans cinq facultés différentes. Cependant les deux facultés de Droit, l'une enseignant le droit canonique et l'autre le droit civil, étaient jumelées et fonctionnaient comme si elles n'en formaient qu'une seule, à tel point que les cours étaient combinés. Ainsi, les étudiants en sortait gradués in utroque jure.

Chacune des facultés était dirigée par un « doyen » qui n'était pas élu puisqu'il s'agissait du plus ancien des « régents » (professeurs), contrairement au « procureur » qui avait pour charge de veiller aux intérêts collectifs de la faculté.

Au sommet de la hiérarchie, l'université était placée sur la direction d'un « recteur » qui, lors des processions suivait immédiatement l'évêque de Nantes, et avait le pas sur les autres évêques bretons. Il n'était pas nommé, mais élu pour quatre mois au moyen d'un suffrage à deux degrés : chaque faculté ayant élu l'un de ses « gradués », ceux-ci s'enfermaient dans une sorte de conclave dont la durée ne devait pas dépasser une demi-heure (temps mesuré par le brûlement d'une chandelle). Pour être éligible, le recteur devait être « gradué » mais pas « docteur ». Il ne devait être ni religieux ni homme marié. On veillait ainsi durant une année que chaque recteur soit issu de chacune des diverses facultés qui composaient l'université.

Étaient également élus, pour une année reconductible : le « procureur général », le « receveur général », le « scribe », le « grand bedeau », les clercs, les libraires, les relieurs, ainsi que le parcheminier.

Chaque vendredi, les procureurs des facultés se réunissaient en collège sous la présidence du recteur afin de gérer les affaires courantes. Ce collège devenait « solennel » lorsque deux notables députés par chaque facultés y étaient adjoints.

Une congrégation générale regroupait dans des circonstances importantes, l'ensemble des gradués de chaque faculté. Celle-ci votait séparément et les décisions étaient prises à la majorité des facultés. L'université n'ayant pas de siège attitrée, cette assemblée se réunissait au couvent des Cordeliers.

C'est justement dans les divers couvents de la ville qu'étaient dispensés les cours de théologie et de droit canon. Tandis que les autres matières étaient enseignées en plein air, dans les cloîtres ou les maisons privées.

L'année scolaire débutait chaque année par la fête en l'honneur du premier évêque de Nantes Saint Clair, célébrée le . Une messe du Saint-Esprit était célébrée le lendemain en la chapelle du couvent des Cordeliers. Cette année se terminait le jour de l'Assomption, le suivant. Néanmoins, les cours connaissaient trois interruptions durant cette période : de la veille de Noël au lendemain de l'Épiphanie, du samedi précédant le mercredi des Cendres au lendemain des Cendres, et du vendredi précédant les dimanche des Rameaux au lendemain de Quasimodo.

La population étudiante entre la fin du et durant les deux siècles suivants croît pour atteindre le millier voire , selon les estimations les plus hautes. Ces derniers venant de Bretagne, du Maine ou de la Saintonge se répartissaient en « Nations » selon leurs origines, lesquelles se donnaient un chef baptisé « Prieur » ou « Comte ».

L'université au Une première tentative de déplacement de l'université de Nantes à Rennes a lieu à la fin du : le roi cherchant ainsi à punir Nantes, ville ligueuse, pour son soutien au duc de Mercœur. L’université reçoit par lettre patente du l’ordre de transfert à Rennes, ville restée fidèle à la monarchie. L'institution n’est cependant pas déplacée, faute de financement. Une nouvelle lettre patente du réitère cet ordre de transfert, mais là encore reste inappliquée. Une dernière lettre patente d’ fixe la situation en confirmant l’établissement de l’université à Nantes.

Le déclin (transfert de Nantes à Rennes) Au début du , l’université rentre dans une phase de déclin. Nantes est tout entière tournée vers le commerce et ses élites s’intéressent peu à cette institution. En 1728, le maire de la ville, Gérard Mellier, écrit que l’université bretonne serait mieux placée « à Rennes, pays de lettres, qu’à Nantes où l’on ne respire que le commerce ». De plus, la ville serait ainsi dédommagée des pertes causé par l'incendie de 1720 qui, grâce à la réédification des édifices détruits offrirait des locaux plus fonctionnels à l'université bretonne. Par conséquent, la faculté de Droit est effectivement transférée à Rennes en 1735 où siège le Parlement de Bretagne. L'ouverture officielle est faite le . À partir de ce moment, l'université cesse alors d'être exclusivement nantaise, Rennes devenant le centre névralgique d'une institution qui devient bipolaire. Les facultés de lettres, de théologie et de médecine sont conservées à Nantes, néanmoins celle de médecine était déclinante, tandis que celle de théologie minée par l’influence du jansénisme. Cette situation fit de la « Cité des Ducs » une ville universitaire de second plan par rapport à sa rivale rennaise.

Les enseignements de droit se tiennent dans un premier temps dans l'hôtel de ville de Rennes avant d'être transférés en 1753 dans le couvent des cordeliers, puis à partir de 1762 et jusqu'à la dissolution des facultés en 1793 dans la chapelle des jésuites après l'expulsion de ceux-ci.

Il est par la suite plusieurs fois question de transférer le reste des facultés de Nantes à Rennes, notamment en 1778. Cependant, les trois facultés nantaises s’opposent avec vigueur à ce projet, en mettant en avant le mauvais traitement de la faculté de droit après son transfert dans l'actuelle capitale bretonne.

La suppression En 1793, la Convention nationale ordonne la suppression de toutes les universités et facultés. Lors de la création de l’université impériale par Napoléon en 1806, Nantes est oubliée. Certaines écoles la remplacent cependant et la médecine, notamment, continuera d’être enseignée à Nantes et plus tard le droit et les lettres.

La renaissance d'une université à Nantes au vignette|156x156px|Logotype de l'université de Nantes. L'université actuelle a été créée par le décret 61-1519 du qui ré-institue une université à Nantes, avec date d'effet au . En , Michel Debré, Premier ministre vient poser la première pierre de la Faculté des sciences en présence du maire de la ville Henry Orrion. En 1962, trois facultés nouvelles (sciences, lettres, droit) s’installent sur le campus des bords de l’Erdre sur les domaines du Tertre et de la Lombarderie récemment acquis par la ville de Nantes.

Le campus voit la construction de la Résidence universitaire Launay-Violette, plus ancienne résidence universitaire de la région nantaise, qui a joué un rôle important lors de la contestation des règlements administratifs pendant les événements de Mai 68"Jour de rentrée dans une Cité Université de Nantes, la cité Launay Violette", par France 3 Pays de la Loire, le .

Dans les cités universitaires nantaises, à la fin des années 1960, l'administration n'autorise le libre accès qu'aux locaux communs comme les foyers et les bibliothèques ; l'administration universitaire se considère comme responsable des étudiants mineurs, c'est-à-dire tous ceux qui ont moins de 21 ans.

Durant mai 68 à Nantes, des actions pour la mixité des résidences sont menées.

La Loi Faure qui fait suite aux événements de supprime les facultés et institue des « unités d’enseignement et de recherche » au sein des nouveaux établissements publics universitaires désormais autonomes. En 1970, les statuts de l’université de Nantes sont adoptés : ils font mention de six unités de formation et de recherche (UER) littéraires, cinq UER scientifiques, l’UER de droit, de sciences économiques, de gestion des entreprises, de médecine, de pharmacie et d’odontologie.

En 1996, sous l'impulsion de Catherine Cuenca alors directrice du muséum, l'université est pionnière en France pour la sauvegarde du patrimoine scientifique et technique contemporain. La mission s'étend à partir de 1999 à l’échelon de toute la région Pays de la Loire puis devient en 2003 le programme national PatSTeC porté par le Conservatoire National des Arts et Métiers.

En 2009, l’université est membre fondateur du pôle de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) Université Nantes Angers Le Mans. Elle accède aux « compétences élargies » au Yasmine Tigoé, « L'Université se construit un nouveau modèle », Ouest-France, édition Nantes, vendredi , consulté sur www.ouest-france.fr le . En 2016, dans le cadre de la mise en œuvre des COMUE (Communautés d'universités et établissements), l'université de Nantes rejoint l'université Bretagne Loire (UBL) en tant que membre fondateur. Cette dernière, face aux difficultés du terrain, n'existe plus aujourd'hui.

La création de Nantes Université vignette|Logotype de Nantes Université. Depuis 2017, l'université de Nantes songe à édifier un établissement en France situé à Nantes. Ainsi émerge le projet nantais, Nantes Université — un anglicisme. Celui-ci a pour finalité de rapprocher des écoles, centres de recherches ou instituts experts en leur domaine pour bâtir un label reconnu en France et à l'international.

Après des sollicitations à l'École Centrale de Nantes, à l'ENSA Nantes, à l'École des beaux-arts de Nantes et Saint-Nazaire, à l'IRT Jules Verne et au CHU de Nantes, les futurs membres ont des difficultés à s'entendre sur leur statut respectif et sur le principe d'absorption par l'Université de Nantes de ces futures composantes. Ainsi, des votes ont lieu ne débouchant pas plus loin que des pourparlers.