vignette|alt=Nomination au poste de Premier ministre, 2024.|Nomination au poste de Premier ministre, 2024. Le gouvernement Barnier est le quarante-cinquième gouvernement de la française, le sixième sous la présidence d'Emmanuel Macron, en fonction du au à la suite du gouvernement Attal.

Sa composition a été annoncée le , seize jours après la nomination du Premier ministre Michel Barnier le , 51 jours après la démission de Gabriel Attal : c'est une des périodes les plus longues entre la démission d'un gouvernement et la nomination du suivant depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le , deux motions de censure sont déposées par le Nouveau Front populaire et le Rassemblement national à la suite du recours à l'article 49, alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter le budget de la Sécurité sociale. Le lendemain, la première motion de censure est adoptée par les députés, contraignant Michel Barnier à démissionner le Selon l'usage républicain, le gouvernement démissionnaire assure les affaires courantes jusqu'à la nomination du nouveau gouvernement le .. Son successeur François Bayrou est nommé le pour former son gouvernement.

Il s'agit alors de la seconde fois qu'un gouvernement de la est censuré, après le premier gouvernement Pompidou en 1962, du deuxième gouvernement le plus éphémère hors période de transition électorale (99 jours), derrière le troisième gouvernement Messmer (89 jours)Record qui sera battu par Sébastien Lecornu et son premier gouvernement en 2025, et du Premier ministre le plus éphémère de la .

Formation

Contexte

Après la dissolution de la législature par Emmanuel Macron le , à la suite de la victoire du Rassemblement national (RN) aux élections européennes, des élections législatives anticipées se sont déroulées les et . Alors que le Rassemblement national (RN) est dans les premières estimations pressenti pour obtenir une majorité relative, il est placé en troisième position derrière le Nouveau Front populaire (NFP), arrivé en première position, et Ensemble pour la République, arrivé en deuxième position dans un contexte de Front républicain.

Gabriel Attal présente la démission de son gouvernement à Emmanuel Macron, qui l'accepte le . La veille de l'ouverture des Jeux olympiques, le NFP s'accorde pour proposer au chef de l'État le nom de Lucie Castets pour Matignon. En réaction, arguant que « personne n'a remporté [les élections] », Emmanuel Macron annonce la tenue de consultations en vue de former un gouvernement.

Le , à l'issue des Jeux olympiques, Emmanuel Macron convie les chefs de partis et présidents de groupes parlementaires des deux chambres à l'Élysée le pour tenter de trouver une issue à ce blocage de fait. Après que le chef de l'État a reçu les chefs de partis et les présidents de groupes parlementaires, les services de l'Élysée font savoir par communiqué de presse du que Lucie Castets ne serait pas nommée à Matignon.

Le , Emmanuel Macron reçoit Bernard Cazeneuve (ex-PS ; Premier ministre sous François Hollande) et Xavier Bertrand (LR ; président de la région Hauts-de-France), alors pressentis pour le poste de Premier ministre.. Le nom de Thierry Beaudet est également évoqué le même jour. Face au risque de motion de censure, la candidature de Michel Barnier, déjà évoquée début juillet, est de nouveau envisagée le .. Le , soit quasiment deux mois jour pour jour après le second tour des élections législatives, Emmanuel Macron nomme celui-ci à la tête du gouvernement. Alors que le NFP a annoncé censurer tout gouvernement qui n'est pas issu de ses rangs, le RN annonce attendre la déclaration de politique générale du nouveau gouvernement avant de se décider à censurer ou non..

Formation du gouvernement Le , Michel Barnier reçoit les chefs de file des Républicains, respectivement Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine, Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, ainsi qu'Édouard Philippe, ancien Premier ministre et président d'Horizons, Gérard Larcher, président du Sénat., ainsi que Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République, et ancien Premier ministre, en vue de l'entrée de ces partis au gouvernement..

Le , Michel Barnier reçoit Édouard Philippe, président du parti Horizons et ancien Premier ministre, et François Bayrou, président du parti Modem.

Le , Michel Barnier reçoit les représentants du groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires..

La possibilité du maintien de ministres du gouvernement Attal est évoquée, notamment dans les cas de Catherine Vautrin, Rachida Dati, Gérald Darmanin et de Sébastien Lecornu, ce dernier serait « assuré de rester ». Bruno Retailleau est aussi envisagé comme ministre régalien.

Le , après le rejet d'une première liste de ministres par le président Macron et à la suite d'un accord entre le bloc macroniste et les Républicains, Michel Barnier soumet une liste de trente-huit ministres au président de la République.. Le gouvernement est ensuite annoncé le par Alexis Kohler, secrétaire général de l'Élysée..

Il est considéré, avant même sa formation, comme par la députée socialiste Céline Hervieu. Après sa formation, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, rejoint son point de vue. D'autres se montrent plus tempérés, à l'instar de l'eurodéputé socialiste Pierre Jouvet et du politologue Alain Duhamel, qui se contentent d'évoquer le . Plusieurs de ses ministres ont milité contre le mariage homosexuel ou étaient opposés à la constitutionnalisation de l'IVG. De plus, il s'agit du premier gouvernement de la cinquième république à recevoir le Rassemblement national pour discuter du budget.

La coalition gouvernementale, entre deux forces parlementaires jusqu'alors adversaires déclarés, est désignée par Michel Barnier comme un « socle commun » représentant la majorité « la moins relative » à l'Assemblée nationale. L'expression de « socle commun » est depuis fréquemment utilisée dans les médias et dans le monde politique pour désigner la base parlementaire du gouvernement Barnier et l'alliance entre le bloc macroniste et la droite conservatrice, y compris pour remettre en cause la solidité de cette coalition.

Déclaration de politique générale Le Premier ministre prononce sa déclaration de politique générale le à . Le gouvernement ne sollicite la confiance ni de l'Assemblée nationale, ni du Sénat.

Le , les députés de gauche déposent une motion de censure en raison de la non nomination de Lucie Castets au poste de Premier ministre. Elle n'est pas adoptée.

Composition initiale Premier ministre Premier ministre, chargé de la Planification écologique et énergétique : Michel Barnier...

Ministres TitreTitulaireGarde des Sceaux, ministre de la JusticeMinistre du Partenariat avec les territoires et de la DécentralisationMinistre de l'IntérieurMinistre de l'Éducation nationaleMinistre de l'Europe et des Affaires étrangèresMinistre de la CultureMinistre des Armées et des Anciens combattantsMinistre de la Transition écologique, de l'Énergie, du Climat et de la Prévention des risquesMinistre de l'Économie, des Finances et de l'IndustrieMinistre de la Santé et de l'Accès aux soinsMinistre des Solidarités, de l'Autonomie et de l'Égalité entre les femmes et les hommesMinistre du Logement et de la Rénovation urbaineMinistre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de la ForêtMinistre du Travail et de l'EmploiMinistre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associativeMinistre de l'Enseignement supérieur et de la RechercheMinistre de la Fonction publique, de la Simplification et de la Transformation de l'action publique

Ministres auprès du Premier ministre +TitreMinistre de tutelleTitulaireMinistre chargé des Outre-merPremier ministreMinistre chargé du Budget et des Comptes publics

Ministres délégués TitreMinistre de tutelleTitulaireMinistre délégué chargé de l’EuropePremier ministreMinistre de l’Europe et des Affaires étrangèresMinistre déléguée chargée des Relations avec le ParlementPremier ministrePorte-parole du GouvernementMinistre déléguée chargée de la Coordination gouvernementaleMinistre déléguée chargée de la Ruralité, du Commerce et de l’ArtisanatMinistre du Partenariat avec les territoires et de la DécentralisationMinistre délégué chargé des TransportsMinistre délégué chargé de la Mer et de la PêcheMinistre délégué chargé de la Sécurité du quotidienMinistre de l’IntérieurMinistre délégué chargé de la Réussite scolaire et de l'Enseignement professionnelMinistre de l'Éducation nationaleMinistre déléguée chargée du Commerce extérieur et des Français de l’étrangerMinistre de l'Europe et des Affaires étrangèresMinistre délégué chargé de l’IndustrieMinistre de l'Économie, des Finances et de l’IndustrieMinistre déléguée chargée de l’Économie sociale et solidaire, de l’Intéressement et de la ParticipationMinistre déléguée chargée de l’Économie du tourismeMinistre déléguée chargée de l’ÉnergieMinistre de la Transition écologique, de l’Énergie, du Climat et de la Prévention des risquesMinistre déléguée chargée de la Famille et de la Petite enfanceMinistre des Solidarités, de l'Autonomie et de l'Égalité entre les Femmes et les Hommes

Secrétaires d'État TitreMinistre de tutelleTitulaireSecrétaire d'État chargé de la Citoyenneté et de la Lutte contre les discriminationsMinistre de l'IntérieurSecrétaire d'État chargé de la Francophonie et des Partenariats internationauxMinistre de l'Europe et des Affaires étrangèresSecrétaire d'État chargée de la ConsommationMinistre de l'Économie, des Finances et de l’IndustrieSecrétaire d'État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommesMinistre des Solidarités, de l'Autonomie et de l'Égalité entre les femmes et les hommesSecrétaire d'État chargée de l’Intelligence artificielle et du NumériqueMinistre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Évolution de la composition Ajustement du 27 septembre 2024 Après de nombreuses critiques sur la non-présence d'un ministre chargé des personnes handicapées, le portefeuille des Personnes en situation de handicap est attribué à Charlotte Parmentier-Lecocq, jusqu'alors députée du parti Horizons, qui devient ministre déléguée auprès du ministre des Solidarités, de l'Autonomie et de l'Égalité entre les Femmes et les Hommes.

En parallèle, Jean-Louis Thiériot, jusqu'alors député des Républicains, est nommé ministre délégué auprès du ministre des Armées et des Anciens combattants.

Organisation fonctionnelle

Organisation fonctionnelle du 21 au 27 septembre 2024 Premier ministre

Michel Barnier, Premier ministre, chargé de la Planification écologique et énergétique François-Noël Buffet, ministre auprès du Premier ministre, chargé des Outre-mer Laurent Saint-Martin, ministre auprès du Premier ministre, chargé du Budget et des Comptes publics Benjamin Haddad, ministre délégué auprès du Premier ministre et du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé de l'Europe Nathalie Delattre, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Relations avec le Parlement Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement Marie-Claire Carrère-Gée, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de la Coordination gouvernementale

Ministère de la Justice

Didier Migaud, garde des Sceaux, ministre de la Justice

Ministère du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation

Catherine Vautrin, ministre du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation Françoise Gatel, ministre déléguée auprès de la ministre du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation, chargée de la Ruralité, du Commerce et de l'Artisanat François Durovray, ministre délégué auprès de la ministre du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation, chargé des Transports Fabrice Loher, ministre délégué auprès de la ministre du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation, chargé de la Mer et de la Pêche

Ministère de l'Intérieur