Les batailles de La Fluvià, sont la somme de trois combats qui se sont déroulés le , à , Pontós et , entre les troupes françaises dirigée par Barthélemy Schérer et les troupes espagnoles commandées par , lors de la guerre du Roussillon pendant les guerres de la Révolution française de la Première Coalition.
Préambule Par décret du , le Comité de salut public nomme le général Barthélemy Schérer à la place de Catherine-Dominique de Pérignon, sans compensation et sans récompense, qui était pourtant le général auquel la république devait les conquêtes de Figuères et de Roses en raison des résultats des derniers combats (combat de Cistella, combat de Bàscara et combat de Pontós). Le nouveau général en chef de l'armée des Pyrénées orientales arriva à Figueras deux jours après le combat de Pontós, le , et le , il entra en fonction. C'était la quatorzième fois, depuis deux ans, que le commandement de l'armée des Pyrénées orientales changeait de mains !
À l'arrivée du nouveau général l'effectif de cette armée parvenait à se maintenir, depuis trois mois, à hommes tout compris, le littoral et les garnisons depuis les sources de l'Aude jusqu'aux montagnes de la Sègre. Néanmoins le général Schérer osa proposer, comme son prédécesseur, l'invasion de la Catalogne.
Son plan était, à quelques modifications près, celui de du général Pérignon. Il débutait toutefois par une idée de barrer la plaine de l'Empordà par un retranchement qui devait courir sans interruption de Riumors à Aviñonet. Cette ligne terminée, le général Schérer consacrait à sa défense hommes et en laissait également hommes à Figueras, et autant à Roses ou sur la côte espagnole, hommes sur la côte française jusqu'à Aigues-Mortes, hommes à Perpignan, hommes entre le fort de Bellegarde et Prats-de-Mollo, et enfin hommes pour occuper Mont-Louis et la Cerdagne conquise soit au total, hommes à déduire de . Restaient donc combattants disponibles, lesquels étaient partagés en quatre divisions actives : trois en Empordà et une en Cerdagne.
Les trois divisions de l'Ampurdan, après avoir achevé la ligne de défense de cette plaine, se retiraient sur les collines qui s'étendent de Figueras à Cistella, pour y respirer un air moins impur que l'air pestilentiel des marais dont elles étaient entourées, puis elles attendaient ainsi les renforts que le général Schérer avait demandés pour l'exécution de ses projets ultérieurs. Ces renforts, c'étaient : hommes d'infanterie, de cavalerie, le complément de 4 batteries légères, 40 bouches à feu de siège, chevaux de trait, 600 milliers de poudre. Ces soldats, ajoutés aux des quatre divisions actives, portaient l'armée expéditionnaire à combattants. Cela posé, hommes de la division de Cerdagne, supposée complétée à , gagnaient les sources du Ter, descendaient cette vallée jusqu'à Ripoll, chassaient les Somaténs de toutes leurs positions, remontaient vers Olot, dispersaient également les bandes qui infestaient ces parages, et venaient alors appuyer à droite les deux divisions du centre. Ces deux divisions, chacune de combattants aussi, débouchaient simultanément, l'une de Besalú, l'autre de Bàscara, sur Banyoles, puis, ce camp emporté, elles s'avançaient sur Gérone. C'est dans ce dernier trajet que la division de Cerdagne opérait sa jonction. Cependant un corps de hommes, dont de cavalerie, eût suivi la grande route et manœuvré de manière à acculer les défenseurs du col Oriol sur les trois divisions françaises en marche pour Gérone. Le général Schérer ne doutait pas que les espagnols ne fussent ainsi contraint, ou de livrer une bataille qu'il devait perdre, ou de battre en retraite jusqu'aux montagnes de l'Aragon. Alors il attaquait Gérone et une fois cette forteresse emportée, il y laissait hommes, et avec les autres, il se décidait suivant les circonstances, soit à poursuivre l'armée battue ou dispersée, soit à marcher sur Barcelone. Quoi qu'il en soit, il devait tout faire pour empêcher que les débris de cette armée ne se jetassent dans la grande place dont il convoitait les portes, car le bombardement de Barcelone ne pouvait aboutir, qu'autant que la population de cette riche cité continuerait à dominer la garnison.
Le Comité répondit au général Schérer C'était lui prescrire d'attendre, l'arme au bras, que l'Espagne se décidât à la paix. Mais il fallait vivre en attendant, et le cruel besoin fut plus impérieux que le Comité. En effet, ne voyant plus, pour nourrir ses soldats affamés, d'autres ressources que les blés au milieu desquels les Espagnols, régulièrement alimentés par leurs magasins, campaient sans y toucher, le général Schérer voulut s'emparer de la riche moisson qui achevait de mûrir sur la rive droite de la basse Fluvià, qu'on appelle le petit Ampurdan, et ce fourrage amena une batailla.
Batailles de La Fluvia Pour exécuter un fourrage dans le petit Ampurdan, il fallait forcer l'aile droite de l'armée espagnole. Cette tâche fut confiée à la division du centre sous le commandement du général Haquin. La division de gauche restait en réserve pour appuyer au besoin nos fourrageurs, car le général Sauret était malade et le général Augereau, qui avait toujours les missions périlleuses, devait masquer et contenir, avec la seule division de droite, les deux tiers de la ligne ennemie. Le jour fixé par Schérer était le .
En conséquence, dans la soirée du , quatre colonnes sortirent des cantonnements et se portèrent sur les bords de la Fluvià, où, avant la fin de la nuit, elles occupaient les positions qui leur avaient été assignées d'avance. La première, la colonne de gauche, spécialement chargée du fourrage, comptait fantassins, 300 hussards et 4 bouches à feu, aux ordres du général Rougé. Elle se déploya entre San-Pescador et un bois qui s'étend au-dessus et au nord de Torroella de Montgrí. Le village de Sant Pere Pescador, ainsi que le bois de Torruella, furent occupés par des détachements d'élite, et les hussards se formèrent en avant de Vilamacolum, à droite et en arrière du bois. La seconde colonne était séparée de la première par une distance de deux kilomètres. Son chef, le général Banel, qui conduisait fusiliers, 100 chevaux et 4 pièces de 4, vint couronner le plateau en avant de San-Tomas et les hauteurs boisées au nord-ouest de San-Miquel. Les généraux Rougé et Banel obéissaient au général divisionnaire Haquin, qui disposait en outre des brigades Point et Guillot, et de 600 chevaux. Cette réserve, de hommes, était rangée sur trois lignes : la première, cinq bataillons, général Point, touchant et débordant à droite Vilamacolum ; la troisième, quatre bataillons, général Guillot, à deux portées de fusil en arrière et à gauche de la précédente, et enfin la cavalerie, dans l'intervalle. Cette dernière était sous la main du général de division Dugua. Les deux autres colonnes, fournies par la division de droite, devaient à elles seules faire face au centre et à la gauche de l'ennemi. C'étaient les deux brigades Beyrand et Bon. Le général Beyrand, qui avait sous ses ordres hommes d'infanterie, 100 de cavalerie et 4 pièces d'artillerie légère, prit position sur les hauteurs de Pontós, et le général Bon, avec chasseurs à pied et 100 à cheval, s'établit au puig de las Forcas qui s'élève, entouré de bois, en arrière et à droite d'. Enfin le général Augereau, avec le reste de sa division campée sous Figueras, se tenait prêt à soutenir ses deux lieutenants.
Surpris et s'imaginant que les Français allaient attaquer avec toutes leurs forces, mit de suite en mouvement son armée tout entière, et la déploya sur les éminences de la rive droite, depuis L'Armentera en face de Sant Pere Pescador, jusqu'au-delà de qui regarde , puis il attendit un moment la détermination française. Mais comme, tonnés d'un déploiement qui annonçait une bataille, les Français restent immobiles, et le général espagnol, pour s'éclairer, ordonna à ses deux ailes de pousser une double reconnaissance.
Aussi, vers huit heures du matin, les Français sont brusquement attaqués à droite et à gauche.
À gauche, sous la protection d'une infanterie nombreuse et de plusieurs batteries de position, qui viennent border la rive droite de la Fluvià, à cavaliers espagnols, accompagnés d'une troupe de voltigeurs, franchissent le torrent en deux colonnes : la première, entre San-Miquel et , à hauteur du général Banel ; la seconde, à en amont de Torroella, face aux hussards du général Rougé.
Le général Banel, qui occupait une position excellente, repoussa facilement quelques escadrons, mais il n'en fut pas de même du côté de Torroella.
Sur ce point pourtant, la cavalerie espagnole n'avait pas plutôt pris pied sur la rive gauche, que les voltigeurs qui la flanquaient à son passage s'étaient repliés sur la rive droite, et cette cavalerie elle-même, qui, à peine formée en bataille, avait été assaillie par les Français et fusillée à bout portant par les carabiniers de la légère embusqués dans le bois de Torroella, cette cavalerie se retirait déjà, poursuivie par les hussards, quand ceux-ci se virent tout à coup chargés en flanc droit par les escadrons que Banel venait de repousser.
C'était bien, en effet, la colonne refoulée de San-Miquel, qui, au lieu de chercher un abri derrière la Fluvià, en avait bravement descendu la rive gauche sous le feu du plateau de , et, par une manœuvre d'une rare audace, accourait au secours de la colonne de Torroella. Les 300 hussards Français furent culbutés, et sauf l'escadron Pinon, 60 chevaux, qui soutinrent la retraite avec un grand sang-froid, les autres se réfugièrent en désordre sous Vilamacolum. Là, en tête de la réserve, se tenaient les généraux général de division Dugua et général Haquin, qui s'empressent de réparer l'échec des hussards.
Le général Dugua les rallie et en prend le commandement, car leur chef, le colonel Louis Jean Charles Bougon-Duclos est blessé. Le général Hacquin appelle à lui les quatre bataillons du général Guillot, en place trois en avant de Vilamacolum, à droite des hussards, qui s'étaient reformés, et le quatrième à gauche, avec ordre de marcher au pas de charge sur Torroella et tous ensemble ils allaient reprendre l'offensive, lorsque les cavaliers espagnols, qui n'avaient en vue qu'une simple reconnaissance, la jugeant terminée, repassèrent la Fluvià.
Le général , qui commandait l'aile gauche de l'armée castillane, venait aussi d'achever sa reconnaissance sur la colonne française de droite. Il avait traversé la Fluvià à et s'était avancé au-delà d', sur la position qu'occupait, à un quart de lieue de la rivière, le général Bon. Mais il avait été si rudement accueilli, qu'il s'était imaginé que Bon dissimulait dans les bois qui l'entouraient, la majeure partie de ses forces. Il était donc revenu sur ses pas jusqu'au bord du torrent, y avait massé sa colonne, et s'était hâté de rendre compte à son chef de sa découverte.
Plan d'attaque d'Urrutia On vient donc annoncer coup sur coup à Urrutia, que les Français avaient concentrés leurs forces à gauche et à droite : à notre gauche, quatre brigades et presque toute notre cavalerie et à droite, nos bataillons de chasseurs dont une partie doit être dissimulée dans les bois d'Espinavesa. Des hauteurs du col Oriol où il est placé, n'aperçoit d'ailleurs aucun mouvement parmi les Français qui occupent Pontós. Alors, bien convaincu que nous n'en voulons qu'à ses deux ailes et que notre centre est dégarni, il prend une énergique et grande résolution : il jettera de à hommes sur Pontós, écrasera ce poste isolé, puis, se rabattant à droite, il tournera et acculera à la Fluvià, à la mer, les quatre brigades de notre gauche, tandis que notre droite aura à lutter contre les combattants de la .
Combat d'Espinavessa